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L'Algérie,
la Kabylie et la "charte pour la paix et la réconciliation
nationale"
Un référendum
visant à plébisciter une " charte pour la paix
et la réconciliation nationale " en Algérie
est projeté pour le 29 septembre 2005. Peut-on sérieusement
accorder à ses initiateurs, à leur tête Bouteflika,
le bénéfice de louables intentions ou doit-on considérer
leur jeu comme suffisamment connu pour n'inspirer que répulsion
et horreur à la Kabylie ? La question est trop importante
pour se permettre la moindre légèreté. Aussi,
revenons à l'essentiel de cette démarche. De quoi
s'agit-il au juste ? Est-il réellement question de paix
dans cette charte soumise à référendum comme
le répète la propagande officielle ou sommes-nous
devant un simple tour de passe-passe, une de ces manipulations
à ciel ouvert dans lesquelles le système algérien
est passé maître ? Pour nous en rendre compte, commençons
par le début.
A - L'opportunité
:
Ce n'est nullement
le moment. Une " réconciliation nationale " suppose
une paix déjà rétablie entre les éléments
nationaux naguère en conflit. Nous n'en sommes pas encore
là, tout le monde le sait. La guerre terroriste que mènent
les islamistes algériens pour instaurer chez nous un ordre
théocratique à l'iranienne, est loin de prendre
fin. L'un des deux principaux belligérants, en l'occurrence
le GSPC, continue de semer la mort et l'insécurité
à l'intérieur comme à l'extérieur
du pays et ne cesse de faire connaître son opposition à
cette initiative. Pour le moment, ce sont les rues d'Alger qui
sont investies par des hommes portant barbes et " qamis "
comme avant l'arrêt du processus électoral de janvier
1992.
Plutôt qu'une
réconciliation nationale, il aurait fallu dès la
première année du terrorisme islamiste constituer
un gouvernement d'union nationale pour faire face au fléau
avec l'ensemble des forces politiques du pays acquises à
la démocratie et à la république. Les tenants
du système avaient alors craint qu'en contrepartie de cette
lutte commune ils ne soient amené, au bout du compte, à
la logique du partage du pouvoir puis à celle de l'alternance.
Ils avaient préféré confisquer à leur
seul profit le combat national contre l'intégrisme au point
de compromettre un rapide retour à la paix et de se rendre
responsable de la mort de deux cent mille vies humaines. C'est
là, pour eux, le prix à payer pour la réhabilitation
de leur régime. Aujourd'hui, non seulement il est trop
tôt pour engager un tel processus mais en plus, il est trop
tard pour appeler à la rescousse tous ceux qu'on a délibérément
exclu hier du combat contre l'islamisme. Il est vital que l'Etat
se réconcilie d'abord avec ceux-ci avant d'aller à
une réconciliation avec ceux qui ont du sang sur les mains.
Alors, il préfère de nouveau, le camp intégriste
à celui de la démocratie.
Et puis, s'il s'agissait
vraiment de paix et de pardon, pourquoi alors tant de gesticulations
devant la loi que la France a adoptée sur l'enseignement
de " l'uvre coloniale ", chez elle, le 22 février
2005 ? Il est pour le moins paradoxal que pour des crimes commis
il y a plus de cinquante ans, on refuse de passer l'éponge
et pour ceux plus récents, donc plus douloureux, nous soyons
enclins à fermer les yeux. Les crimes commis sur des Algériens
par des étrangers sont-il plus odieux que ceux commis par
des nationaux ? Au vu de ce référendum, nous sommes
tentés de le croire.
B - La confusion
:
À travers cette
charte attribuée à Bouteflika mais dont l'idée
lui aurait été soufflée par Ben Bella, le
sommet de l'Etat s'octroie le confortable rôle d'arbitre
dans un conflit qu'il a provoqué, nourri et dans lequel,
pourtant, il est toujours aux avant-postes. C'est à la
société qu'il fait endosser la responsabilité
de la violence comme si, elle était l'un des belligérants.
Cette manuvre lui permet de faire de la victime un bourreau
puisqu'il substitue les Algériens au pouvoir et va jusqu'à
leur faire porter, à eux, le poids de la culpabilité
qui est la sienne dans cette affaire. C'est ainsi qu'il charge
le citoyen d'un acte qu'il n'a pas le courage d'assumer lui-même
vis-à-vis de l'Histoire et de l'opinion nationale et internationale
: effacer des crimes contre l'humanité par une perversion
et un dévoiement de la démocratie. De quel droit
pourrait se prévaloir l'électeur de ce référendum
pour pardonner aux assassins de Boudiaf, de Matoub, de Senhadri...
? Comment pourrait-on expliquer aux filles de Tahar Djaout que,
par la puissance d'un bulletin de vote, nous soyons en droit d'absoudre
ceux qui ont tué leur père ? En dehors des familles
et des proches des victimes de cette violence terroriste, qui
peut s'arroger le droit de pardonner aux criminels ? Sinon, seul
le Président de la République a le droit de grâce.
Si Bouteflika veut se montrer clément, magnanime et généreux
à ceux qui ont assassiné, torturé ou violé
d'autres personnes, la Constitution le lui permet. Il n'a pas,
par ruse ou par peur de se griller vis-à-vis du Droit international,
à se décharger sur le citoyen pour accomplir un
acte dont il est le seul à en avoir les prérogatives.
Or, non content de se servir de la légitimité populaire,
de manipuler l'opinion publique pour faire porter à la
société le poids de cette ignominie , le pouvoir
algérien impose de fait un macabre compromis entre deux
parties dont un côté n'en est pas une. Il entend
ainsi confisquer aux victimes et à leurs proches leur droit
au deuil et à la mémoire contre une somme d'argent.
Une vie humaine peut-elle se résumer à une valeur
marchande ? Il est vrai que la communauté internationale
a créé un grave précédent en réintégrant
Kadhafi sur la scène diplomatique après paiement
d'indemnités aux familles des victimes des attentats contre
des avions civils dont on lui attribue la responsabilité.
Cela voudrait-il dire que dès lors qu'on peut payer, on
peut tuer ??...Si tel est le cas, il y a lieu de s'attendre à
des milliers de massacres et de génocides à l'échelle
de la planète. Non ! Aucune somme d'argent, astronomique
soit-elle, ne vaut une vie humaine, même si, pour ceux qui
nous gouvernent, le pouvoir vaut toutes les vies.
Quant à la précision apportée dans le texte
soumis à référendum sur les personnes exclues
de l'amnistie, notamment celles ayant participé à
des massacres collectifs, comment peut-on savoir qui a fait quoi
? Si ces personnes étaient identifiées, pourquoi
n'a-t-on pas au préalable rendu publics leurs noms pour
qu'elles soient mises au ban de la société ? Et
celles ayant tué tel jour un intellectuel, tel autre un
policier, un peu plus tard une femme dans une cité, sont-ils
amnistiables ? La raison et la morale y perdent leur latin.
C - Violation
des conventions internationales :
Les atteintes aux droits humains, notamment les crimes de guerre
et ceux contre l'humanité sont imprescriptibles. Même
si, officiellement l'amnistie projetée ne toucherait pas
les terroristes ayant participé à des massacres
collectifs, ce qui restera à démontrer, il n'en
demeure pas moins qu'elle sera appliquée à des criminels
ayant agi par haine idéologique et ayant commis des actes
relevant de la Cour Pénale Internationale ou du TPI. Personne,
aujourd'hui ou demain, n'a le droit de les soustraire à
la justice. Opposer le référendum national à
la loi internationale est une manuvre que les ONG chargées
des droits humains comme Amnesty International dénoncent
déjà. L'Algérie, à travers ce référendum
enfreint les conventions internationales qu'elle a signées
et ratifiées et se met au ban des nations. On peut, sans
coup férir, tricher avec ses citoyens muselés mais
pas avec les sentinelles internationales qui veillent toujours
sur le respect des textes consacrés par l'ONU. Pour que
ce référendum se conforme au Droit, il est nécessaire
qu'il soit précédé par des procès
publics pendant lesquels les criminels seront amenés à
expliquer leurs gestes, à être confrontés
à leurs victimes, si elles sont encore vivantes, ou à
leurs proches. C'est seulement après l'expression du repentir
accompagné d'une demande de pardon que l'on pourra accepter
le principe d'une amnistie. Toute autre démarche viserait
l'amnésie générale et l'impunité.
Cela condamnerait le pays à revivre demain, sûrement
à plus grande échelle, ce qu'il refuse aujourd'hui
de regarder en face. Comme le dit une expression kabyle ce référendum,
" d aserwet verra i wennar ! ", autrement dit, il est
illégal.
D - Les véritables
objectifs du référendum :
Officiellement, le pouvoir qui a initié cette opération
chercherait à ramener la paix dans le pays. Ce n'est pas
la première fois. Il y a déjà eu la "
Rahma " (miséricorde ?) du Général président
Zeroual dans les années 90 et la " concorde civile
" du premier mandat de Bouteflika dont les résultats
sont plus que mitigés. Pourquoi ce qui avait lamentablement
échoué hier réussirait-il mieux aujourd'hui
avec la " réconciliation nationale " ? Quels
nouveaux arguments et quels autres avantages contiendrait cette
nouvelle initiative pour avoir plus de succès que ses devancières
? Personne ne peut décemment en énumérer
un. Les plus optimistes vous diront juste pourquoi ne pas lui
offrir cette nouvelle chance ? Nous voudrions bien leur faire
plaisir tant l'aspiration à la paix est d'abord la nôtre,
malheureusement, pour nous tous, aucun indice ne milite pour le
moment en faveur de cet optimisme béat. Dans toute guerre,
les victimes sont dans leur écrasante majorité des
innocents. Et à chaque fois qu'il y a paix, des vies humaines
sont sauvées. Dans les années 90, il y avait eu
une armistice signée entre deux parties belligérantes
: l'Etat et l'Armée Islamique du Salut (AIS) dont une partie
des troupes avaient déposé les armes et sa réinsertion
dans la société était financée par
les monarchies du Golfe. Il y avait une comptabilité des
terroristes ayant abandonné le maquis que l'on peut brandir.
Avec Bouteflika, ce n'est pas le cas. La " Concorde civile
" était une offre unilatérale d'amnistie lancée
dans le vent à tout terroriste acceptant juste de rentrer
à la maison sans obligation de déposer les armes.
Un chantre du pouvoir de l'époque parlait de 4500 repentis.
Le premier ministre vient de porter ce chiffre à 6000.
On escompte combien de redditions cette fois-ci ? 10000 ? On peut
toujours spéculer sur les prévisions mais peut-on
par contre nous dire combien sont " montés "
au maquis depuis et combien vont leur emboîter le pas ?
Dès lors que le terrorisme est une activité lucrative
à travers le racket, les kidnappings et les assassinats,
chaque opération assurant l'impunité à ceux
qui se sont enrichis par les crimes de sang la prochaine amnistie
n'est qu'un encouragement pour de nouveaux adeptes de la Kalachnikov.
L'amnistie est aux terroristes ce qu'une régularisation
massive de clandestins en Europe est aux candidats à l'immigration
: un appel d'air ! Pas plus que la " rahma " et la "
concorde civile " qui l'ont précédée
n'avaient ramené la paix, le référendum du
29 septembre 2005 ne mettra fin à notre calvaire terroriste.
Bien au contraire ! Puisque la paix n'est pas au bout du référendum,
puisqu'il n'appartient pas à la société de
se substituer au pouvoir, puisque ce n'est pas encore le moment
pour cette amnistie, pourquoi alors fait-on cette mascarade référendaire
?
1 - l'un des
véritables objectifs de ce référendum est
donné dans le chapitre I de la charte objet de cette consultation.
Intitulé " Reconnaissance du peuple algérien
envers les artisans de la sauvegarde de la république...
" ce texte énonce dans son deuxième paragraphe
: " En adoptant souverainement cette Charte, le peuple algérien
affirme que nul, en Algérie ou à l'étranger,
n'est habilité à utiliser ou à instrumentaliser
les blessures de la tragédie nationale pour porter atteinte
aux institutions de la République Algérienne Démocratique
et Populaire, fragiliser l'Etat, nuire l'honorabilité de
tous ses agents....ou ternir l'image de l'Algérie sur le
plan international.
Tiens, tiens, tiens
! Ce n'est donc pas la paix et la réconciliation nationale
qui sont recherchées mais bel et bien l'impunité
de ceux qui incarnent l'Etat et ses institutions. C'est juste
une auto amnistie à brandir devant le TPI, on ne sait jamais
! L'image du régime militaire algérien étant
trop abîmée sur le plan international, il y a lieu
d'interdire toute revendication de vérité sur les
assassinats et les responsabilités qui y sont liées,
que ce soit à l'intérieur du pays ou à l'extérieur.
Ce qui semble gêner les rédacteurs de ce texte incohérent
c'est le fait de pouvoir " ternir " l'image du pays
à l'étranger. Ils oublient que ce qui porte atteinte
à l'image de l'Algérie, je dirais même à
l'image de l'Algérien à l'étranger, ce sont
les pratiques déshonorantes du régime en place qui
n'a pas le droit d'attenter à nos libertés et à
notre honneur en essayant de nous réduire à l'état
de zombies. Les auteurs de cette " Charte " oublient
deux choses. La première est que ce sont ceux qui dénoncent
les crimes de ce régime et ceux des terroristes, qui sont
les véritables défenseurs de l'image et de l'honneur
de l'Algérie. L'Algérien se sentira plus fier à
l'étranger le jour où il n'aura plus honte de son
régime politique. Recourir à la répression
des démocrate et des militants des Droits de l'Homme pour
protéger le système est le réflexe qui ternit
le plus l'image du pays à l'étranger. Comme nous
savons que le pouvoir a les techniques, peu scrupuleuses du Droit,
pour faire plébisciter sa " Charte " le 29 septembre
prochain, il est nécessaire de le mettre en garde contre
la promulgation, au lendemain de cette consultation, des lois
scélérates qui remettront en cause la liberté
d'expression des Algériens. Faire de tous les partisans
de la liberté de pensée et de parole des prisonniers
comme Mohammed Benchicou est la meilleure manière de salir
l'image du pays dans l'opinion internationale. La deuxième
chose que les organisateurs de ce référendum omettent,
ce sont les dommages collatéraux qu'occasionne leur entreprise.
Ils confisquent aux familles des victimes de cette violence terroriste
le droit à la vérité, au deuil et au pardon,
tout comme ils portent atteinte à la mémoire de
ceux qui en sont morts.
2 - Le deuxième
objectif assigné à cette consultation référendaire
est d'ouvrir la voie pour une révision constitutionnelle
afin de permettre à Bouteflika de briguer un ou plusieurs
autres mandats présidentiels, ce que la loi fondamentale
lui interdit formellement aujourd'hui. Mais, ne sommes-nous pas
dans un pays du tiers-monde où les Constitutions ne sont
que chewing-gum dans la bouche du pouvoir ? Arbitraire quand tu
nous tiens !
E - La Kabylie
et la réconciliation nationale :
S'il y a une réconciliation
nationale à réaliser dans notre pays et dans l'immédiat,
c'est d'abord et avant tout celle qui se fera entre l'Algérie
officielle et la Kabylie. Depuis l'indépendance nationale
en 1962, le pouvoir et la Kabylie sont en conflit permanent, sourd
ou fracassant. En faisant de la Kabylie l'éternel ennemi
interne, les gouvernants successifs du pays ont délibérément
choisi la voie de l'agression et de la répression de notre
région à celle du dialogue avec elle, de l'entente
et de la construction nationale. C'est ce qui a creusé
chaque jour un peu plus le fossé qui sépare les
deux entités depuis plus de quarante ans maintenant. C'est
cette oppression au quotidien qui a façonné l'identité
actuelle du peuple kabyle. Continuer à traiter la Kabylie
par le mépris, à la désigner comme bouc émissaire
de l'ensemble des problèmes nationaux, à y entretenir
une clientèle de corrompus qui sont vécus comme
des traîtres ne fera que renforcer la conviction de notre
région qu'il n'y a, pour elle, de destin accompli que dans
le rejet de toute officialité algérienne. Il y a
un lourd contentieux entre cette terre rebelle et le pouvoir algérien.
Contrairement à ce que croient les tenants du régime
en place, la Kabylie a une mémoire collective forgée
dans la douleur des épreuves qu'elle a endurées
face au système militaire depuis que celui-ci lui a confisqué
l'indépendance de l'Algérie qu'elle avait arrachée
de haute lutte.
La Kabylie ne se résout
à aucun oubli : ni Abane Ramdane ni Krim Belkacem, ni les
497 martyrs du FFS de 1963 à 1965 ni les torturés
en toutes périodes de cette histoire commune, ni la répression
de 1980 ni le quasi génocide du " printemps noir ".
Elle n'est pas près d'oublier l'interdiction de sa langue
des décennies durant, la dévalorisation de son identité
et de sa culture, le sabotage économique de son territoire
et le déni opposé à son existence. La Kabylie
n'oublie ni les insultes de Ben Bella, de Chadli Bendjedid, de
Ali Kafi ni celles de Bouteflika qui a poussé l'outrecuidance
jusqu'à traiter les Kabyles de " nains " !. Pour
qu'il y ait réconciliation nationale il faut d'abord commencer
par demander pardon à la Kabylie. L'actuel président
qui avait juré que la langue amazighe ne serait jamais
langue nationale et officielle au moment où il offrait
sa première amnistie aux sanguinaires islamistes, semble
récidiver. Non seulement, il entend par ce référendum
du 29 septembre lui confisquer sa mémoire en lui interdisant
de revendiquer ses martyrs de 1963 à 1965 et ceux du "
printemps noir " mais en plus il se donne les moyens politiques
pour officialiser demain la répression anti-kabyle. En
effet le chapitre que d'aucuns présentent comme celui qui
est consacré à la Kabylie est écrit en termes
sibyllins qu'il pourrait autoriser les détenteurs du pouvoir
à en faire l'interprétation qui leur sied. Pour
s'en convaincre relisons le passage : "Tout en soulignant
sa volonté d'ancrer l'Algérie dans la modernité,
il proclame sa détermination à uvrer à
la promotion de sa personnalité et de son identité.
Le peuple algérien appelle chaque citoyen et chaque citoyenne
à apporter sa contribution au renforcement de l'unité
nationale, à la promotion et à la consolidation
de la personnalité et de l'identité nationales et
à la perpétuation des nobles valeurs de la déclaration
du 1er Novembre 1954, à travers les générations.
Convaincu de l'importance de cette uvre qui mettra les générations
futures à l'abri des dangers d'un éloignement de
leurs racines et de leur culture, il charge les institutions de
l'État de prendre toutes les mesures de nature à
préserver et à promouvoir la personnalité
et l'identité nationales, à travers la valorisation
de l'histoire nationale ainsi que dans les domaines religieux,
culturel et linguistique". Allez comprendre ce que cela veut
dire ! Si c'est l'amazighité qui est visée par cette
" personnalité " et cette " identité
" mentionnées ci-dessus, pourquoi ne la désigne-t-on
pas par son nom ? C'est quoi l'unité nationale, l'identité
nationale auxquelles se réfère cet extrait ? De
quel domaine linguistique parle-t-on ? Nous avons tellement souffert
depuis très longtemps de la signification de ces notions
dans la bouche des chantres du régime, avalé de
couleuvres de la part de Bouteflika et de ses prédécesseurs
que nous sommes incapables de croire en des engagements formulés
vaguement dans cette " charte " et sur lesquels, de
toutes les façons, ils sont déjà revenus
plusieurs fois.
La Kabylie fidèle
à sa mémoire, à son histoire, à ses
martyrs et à ses valeurs, la Kabylie fidèle à
elle-même et à ses aspirations les plus profondes,
n'a aucune raison pour aller voter le 29/09/05. Déjà
trop singulière, elle gagnera davantage de lauriers que
vont lui tresser ses générations futures en prenant,
une fois de plus, l'Histoires à témoin. Notre région
a appris à se méfier des sollicitations dont elle
fait régulièrement l'objet pour venir en renfort
à des entreprises qui visent sa propre destruction. Elle
entend désormais ne se consacrer qu'à ses propres
intérêts pour lesquels elle a besoin, elle aussi,
de la sympathie, de l'aide et du renfort de tous ceux qui jusqu'ici
demandaient son intervention.
Alors, le seul vote,
le seul référendum que la Kabylie attend est celui
qui lui demandera de se prononcer sur son autonomie régionale.
Toute autre consultation est diversion et mascarade pour elle.
Celle du 29 septembre 2005 comprise..
Kabylie le 16/09/05
Tamurt Leqvayel
Ferhat MEHENNI
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