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En octobre dernier nous vous démontrions de quelle manière la radio publique
algérienne s'applique « à arabiser Tamazight d'office ! ». Le Maroc n'est
pas en reste. La chronique de Lahsen Oulhadj, ce militant de la cause
amazighe qu'on ne présente plus, prouve encore si besoin était que les deux
ennemis jurés que sont les États algérien et marocain trouveront toujours un
terrain d'entente s'agissant d'étouffer « à mort » l'identité amazighe.
Rivalisant « d'ingéniosité » pour ce faire, l'Algérie de Bouteflika n'a pas
hésité à sombrer dans le ridicule (les chefs d'États arabes ayant décliné
son invitation) en décrétant "Alger Capitale de la culture arabe 2007" en y
incluant Yennayer qui est le nouvel an berbère célébré depuis des temps
immémoriaux en Kabylie. La puérilité de ce stratagème a été de donner le
coup d'envoi de "cette année arabe" le 1er Yennayer 2957 alors que les
arabes inauguraient leur nouvelle année de l'hégire 1428 !...
Médias marocains : toujours deux poids deux mesures
J'ai jeté un coup d'oeil furtif sur la une du journal d'Assabah de ce lundi
29 janvier 2007. Le titre d'un article a retenu particulièrement mon
attention. Car il est plus qu'accrocheur. Oui, oui, il arrive quelque fois
que les journalistes marocains réussissent leur titraille. Curieux que je
suis, j'ai donc voulu en savoir davantage. Je ne vous dis pas ma surprise
lorsque j'ai lu que les indéboulonnables responsables de 2M ont été «sanctionnés». Oui, croyez-moi sur parole. Ils ont été «sanctionnés».
Rassurez-vous tout de suite, chers lecteurs, cela n'a absolument rien à voir
avec le sujet dont je vous entretiens souvent, l'amazighité. Que vous
vous le mettiez tout de suite dans la tête : ce n'est pas demain la veille
que des personnalités haut placées dans l'organigramme de 2M et consorts
vont tomber pour cause de leur antiamaizghisme légendaire. Il ne faut pas
non plus trop rêver et gober bêatement les boniments que vous entendez à
souhait ici et là. Il y a loin de la coupe aux lèvres.
De quoi il est exactement question dans le dit papier ? Chose très
surprenante, car rarissime dans les mours marocaines. Voilà, le ministre de
la com (c'est un poste qui n'existe dans aucune démocratie au monde) et le
président des télévisions arocaines (je vous fais l'économie de leurs noms
car je pense que vous les connaissez déjà) sont entrés, tous les deux, dans
une colère noire. Parce que les deux chaînes marocaines -qui ne sont
nationales que pour ceux que vous connaissez- n'ont pas couvert je ne sais
quel festival de chanson arabe au Qatar.
Je vous vois déjà sourire. Crouler même de rire. Je vous comprends tout à
fait, car je suis passé dans les mêmes phases. Intelligents que vous êtes,
je suis sûr et certain que vous avez tous pigé. Mais cela n'empêche pas de
vous dire, même si je fais un abus de langage, la morale de l'histoire :
lorsqu'il s'agit de la culture arabe, nos deux responsables médiatiques ne
rigolent plus. Ils peuvent même être très méchants. Vous ne savez pas
pourquoi ? En fait, c'est très simple, il s'agit de leur propre culture. Età ce titre, elle mérite toutes les ires possibles et imaginables. Quid de l'amazighité
? Qu'elle aille donc au diable vauvert !
Toujours dans le cadre des médias, il y a quelques jours, j'ai regardé un
peu 2M. Je vois déjà certains me pointer du doigt en disant dans leur for
intérieur : « quelle honte ! » . Mais qu'ils n'aillent pas vite en besogne !
Je m'explique : je regarde cette chaîne à trois heures du matin. Pour les
non avertis, c'est à cet horaire tardif que l'on nous passe généralement la
musique amazighe. Si dans le cas où l'on veuille bien la programmer. Les
responsables de cette téloche horriblement moche doivent certainement penser
que les Amazighs ne dorment pas la nuit. C'est vrai que nous sommes tous de
la « race » des chauves-souris. Choqués ? Allez, trouvez moi une autre
explication ! Chiche ! Quant à moi, c'est juste que je suis antipodes. Donc
décalage horaire expliquant cela. Sinon, plutôt « dormir » que de rester
comme un zombie pour être pilonné toute la nuit avec les âneries
débilissimes de 2M. Non, non, je ne suis pas quand même fou à ce point.
Cependant, ce jour-là, manque de bol, au lieu de la musique amazighe , j'ai
eu droit à un speech d'un animateur presque chauve dont je serais incapable
de vous dire le nom. Le sourire qui va d'une oreille et à l'autre, il m'annonce -
car je suis sûr que je suis le seul à le regarder -, très fier et tout
content, dans un arabe presque châtié qu'il a invité je ne sais quel obscur
chanteur... libanais. Un chanteur.... libanais. Wak wak. ! Non pas qu'il en
ait fini avec tout ce que le Maroc comme chanteurs pour penser à desétrangers. Je n'ai jamais vu par exemple Izenzaren, Walid Mimoun, AZA,
Mellal...sur 2M. A moins que notre animateur très inspiré ne les connaisse
pas. Ce qui ne serait vraiment pas étonnant. Pour ne plus supporter le
supplice qu'il m'impose, je n'ai pas cherché midi à quatorze heures, je l'ai
donc zappé. Impitoyablement. Illico presto. Pour regarder je ne sais plus
que film américain.
Mais le coeur n'y est plus, le pourquoi et le comment du Libanais m'a
vraiment secoué ? J'ai trouvé ce choix on ne peut plus absurde. Car nous
avons au Maroc, walhamdoulillah comme dirait l'autre, des gens qui vont vous
imiter je ne sais qui. ? des prix défiant toute concurrence. Abreuvés jusqu'à
la nausée de séries arabes à l'eau de rose, des décennies durant, les
Marocains et surtout les Marocaines sont devenus des perroquets passés
maîtres de l'imitation de tous les dialectes du Moyen-Orient. A tel point qu'ils
ne savent plus ce qu'ils sont.
Vous êtes certainement au courant de l'armada de chanteuses marocaines au
Moyen-Orient qui y vendent leurs « services » moyennant des dinars sonnants
et trébuchants. Certaines pour plusieurs années d'affilée. Comme si là-bas,
ils ont un déficit chronique de femmes. Mais là c'est un autre sujet.
Passons ! En tant que soussi qui se respecte, j'ai vu le problème de notre
Libanais sur un autre angle. Financier celui-là. Je me suis dit qu'inviter
un tel chanteur -je ne saurais vous dire s'il est réellement un véritable
artiste- d'un pays aussi lointain doit coûter la peau des fesses. La liste
des frais est très très très longue : le billet d'avion aller et retour, la
suite à l'hôtel 5 étoiles, l'argent de poche, le cachet de son spectacle...
Armé de ma seule et unique calculatrice, j'ai trouvé que la facture peut
facilement friser au bas mot les 100.000 dirhams. Vous vous rendez compte !
Plus « amère » (à force d'être salée) que cela, tu meurs. Dans ce cas, le
ministre de la com et le président des télévisions marocaines ont des moyensà en revendre. Mais lorsqu'il s'agit de l'amazighité, tout d'un coup, comme
par enchantement, ils n'ont plus un seul « arryal » dans leur bas de laine.
Deux poids, deux mesures. Plus que cela. En fait, ils ne veulent pas de l'amazighité.
Voilà ce que certains se refusent de voir. Avec beaucoup d'entêtement. Parce
que ce n'est pas leur culture. C'est aussi simple que cela. La leur, ils s'en
occupent à merveille. Ils sont même prêts à y mettre le prix fort. En
utilisant allègrement l'argent du contribuable marocain qui est
majoritairement amazigh. Est-ce qu'ils le savent ? Sans doute. Mais ils n'en
ont cure. Et comme le dit si bien le fameux adage bien de chez nous : que
celui qui n'est pas content aille boire toute la mer avec une cuillère. Ce
que je ferais bien volontiers, mais il y a un hic. Là où j'habite il n'y en
as pas. Il y a juste un fleuve, qui est, à cette période de l'année,
complètement gelé. Que faire ? Bénis soient les Américains qui nous ont
inventés Internet, une petite connexion sur le site www.imurig.net me ferait
le plus grand bien.
Allez, tifawin fulkinin à tous !
Lahsen Oulhadj
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