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Rédaction

 

 

La police interdit un séminaire sur les droits de l'homme et la réconciliation nationale

 

Radio belge - La Première - journal de 19h00 du 07/02/2007

En Algérie, la police interdit un séminaire sur les droits de l'homme et la réconciliation nationale.  Ce colloque était organisé par plusieurs organisations de défense des victimes civiles du conflit qui a ravagé le pays dans les années 90, un conflit qui opposait le pouvoir et la insurrection islamiste.  Officiellement, les organisateurs n'aurait pas reçu l'autorisation nécessaire qu'ils avaient pourtant demandée depuis des mois.

Nous venons de joindre à Alger Nassira Dutour du collectif des disparus d'Alger :

C'est un état de non-droit, c'est un état fermé au dialogue, ils ne veulent pas entendre la voix des Algériens, la voix des victimes.  Pourtant ce séminaire, c'est une main tendue vers les autorités en essayant de leur soutirer la vérité.  Si, comme ils le disent, tous les disparus sont morts, où sont-ils ?  Et s'ils sont morts, pourquoi sont-ils morts ?  Qu'ils répondent à nos questions !  Toutes ces questions que se posent les familles dont je fais partie.  Je suis mère d'un disparu aussi.  Quand ils vous enlèvent votre enfant, ils viennent le chercher : la police ou les militaires ou les gendarmes.  Ils l'arrêtent devant chez lui, devant tout le monde et puis des années après, le Président de la République dit qu'il faut oublier, tourner la page, c'est terminé.  Mais il est impossible de reconstruire un pays de cette façon.

La Première : Cela veut dire que les autorités algériennes ne sont pas prêtes à faire toute la lumière ?

Nassira Dutour : Ce n'est pas qu'ils ne sont pas prêts, ils ne veulent pas faire la lumière !  Ce n'est pas comme cela que l'on va reconstruire l'Algérie.  Quand vous voyez de grands criminels, tristement célèbres, qui étaient au maquis.  Ces criminels ont emmené des milliers de jeunes se faire tuer dans les maquis.  Les citoyens vivaient entre la répression de l'Etat et le terrorisme islamiste.  Pendant des années, on a baigné dans le sang.  Et le Président et tous ceux qui tiennent ce pouvoir pensent que comme ça, en décrétant une loi (1), ils vont nous faire oublier d'un revers de main tout ce qu'on a enduré pendant toutes ces années.  Est-ce qu'une mère va oublier son enfant ?  C'est impossible !

(1) NDLR : Nassira Dutour parle ici de la loi d'amnistie proposée par Abdelaziz Bouteflika, adoptée, qui amnistie quasi tous les terroristes et les fait sortir des prisons.  Par ce biais, le Président a la prétention que les milliers de familles ayant eu des victimes dans les carnages des années 90 vont tout oublier et ne plus se poser une seule question.

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