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L'Etat libyen présente
aujourd'hui, 16 novembre 2005, son rapport sur les mesures prises
pour la garantir à ses "citoyens" les droits
économiques, sociaux et culturels devant le Comité
des droits économiques, sociaux et culturels (CESCR) des
Nations Unies.
A cette occasion, Tamazgha, Organisation de défense des
droits des Imazighen, a présenté un rapport alternatif
par lequel elle relève les contradictions du rapport libyen
et met le doigt sur l'injustice et les discriminations dont sont
victimes Imazighen dans cette région de Tamazgha.
Ci-après le communiqué de Tamazgha à ce sujet,
rendu public aux Nations Unies à Genève ou une délégation
s'est rendue pour présenter son rapport.
35ème session
du Comité des droits économiques, sociaux et culturels
(CESCR)
L'Etat libyen devant des experts du Haut commissariat aux droits
de l'Homme des Nations Unies
COMMUNIQUE
Conformément au Pacte international relatif aux droits
économiques, sociaux et culturels, l'Etat libyen présente
son deuxième rapport périodique.
Lors de la 35eme session
du Comité des droits économiques, sociaux et culturels
(CESCR) des Nations Unies qui se tient du 7 au 25 novembre 2005
à Genève, la Libye est appelée à fournir
un rapport sur les mesures législatives, judiciaires et
administratives qui ont été prises pour s'acquitter
de ses obligations en vertu du Pacte.
Comme à son
habitude, l'Etat libyen présente, en la circonstance, un
texte mettant en scène une mécanique institutionnelle
tout à fait formelle d'allure hautement protectrice des
libertés publiques et des droits conférés
par le Pacte international relatif aux droits économiques,
sociaux et culturels, mais en totale contradiction avec la réalité
de tous les jours en Libye.
Ce formalisme de façade
cache l'énorme fossé qui s'est structurellement
installé entre la légalité libyenne qui,
seulement dans ses textes (et encore !), se veut respectueuse
des traités internationaux relatifs aux droits de l'Homme
et l'application réelle de ces instruments ainsi que la
protection effective des droits qu'ils reconnaissent, cependant
très formellement, aux ressortissants de l'Etat libyen.
La principale contradiction
à soulever est le traitement réservé par
l'Etat à la question amazighe (berbère). En effet,
le rapport présenté par l'Etat libyen ne reconnaît
aucunement la langue amazighe, les Imazighen (Berbères)
ni leurs droits. Le rapport note qu'il n'y aucun différence
entre tous les citoyens de Libye qui sont tous Arabes et Musulmans.
La dénomination même de l'Etat libyen est claire
à ce sujet : " Jamahiriya arabe libyenne populaire
et socialiste ".
Les membres du Comité
des droits économiques, sociaux et culturels avaient pourtant
posé des questions claires au sujet des Imazighen. En effet,
dans la liste des points que le Comité voulait traiter
à l'occasion de l'examen du deuxième rapport de
l'Etat libyen concernant les droits visés aux articles
1er à 15 du Pacte international relatif aux droits économiques,
sociaux et culturels, il était demandé à
l'Etat libyen, au sujet des droits culturels (article 15) d'"indiquer
les mesures prises pour préserver le patrimoine culturel
de la société libyenne, outre le patrimoine conservé
au musée de Tripoli, et plus particulièrement celui
des minorités ethniques à savoir les Imazighen (Berbères),
les Touaregs et les Tebous.". Cette demande du Comité
est restée sans réponse.
Tamazgha, ONG de défense
des droits des Imazighen (Berbères), a présenté
à cette occasion un rapport alternatif intitulé
"Les Berbères en Libye". Dans ce dernier, Tamazgha
revient sur la présence linguistique et culturelle incontestables
des berbérophones en Libye ainsi que sur les principales
violations du Pacte international relatif aux droits économiques,
sociaux et culturels. Dans ce même rapport, Tamazgha formule
des propositions pour éliminer les discriminations dont
sont victimes Imazighen (les Berbères).
Tamazgha s'élève
contre l'injustice dont sont victimes Imazighen de Libye et attire
l'attention des membres du Comité et des Nations Unies
sur les violations caractérisées des droits des
amazighophones en contradiction avec les conventions et pactes
de protection des droits de l'Homme pourtant signés et
ratifiées par l'Etat libyen. Elle attire leur attention
particulièrement sur la politique délibérée
d'arabisation forcée que mène l'Etat libyen à
l'égard des Imazighen, une politique qui est officiellement
assumée par les textes institutionnels de l'Etat libyen
dont le Décret constitutionnel.
Une délégation
de Tamazgha s'est rendue à Genève pour présenter
son rapport aux membres du CESCR et leur fournir les éléments
d'information illustrant la politique raciste du régime
de Kadhafi ainsi que son attitude négatrice du fait amazigh.
La délégation de Tamazgha est composée de
trois membres dont deux amazighs d'Adrar n Infusen.
Tamazgha appelle de
tous ses vux pour que les experts, membres du Comité
des droits économiques, sociaux et culturels, interpelle
l'Etat libyen sur sa politique de marginalisation et de répression
des Imazighen (Berbères) et lui rappelle la nécessité
de prendre les mesures nécessaires pour que les amazighophones
(Berbérophones) accèdent à leurs droits linguistiques
et culturels que leur garantit Pacte international relatif aux
droits économiques, sociaux et culturels.
Tamazgha,
Genève, le 16 novembre 2005.
N.B. Le titre de l'article
se justifie par un contexte où des individus qui prétendent
représenter des Imazighen sont entrain de "légitimer"
l'un des pires dictateurs que connaît le monde. Il y a même
tendance à faire de lui un exemple en matière de
reconnaissance de tamazight.
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