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" L'arrestation
des mis en cause, dont une partie a fait l'objet d'une procédure
de flagrant délit, fait suite à une note de la Direction
générale de la Sûreté nationale (DGSN)
émise la veille du Ramadhan et qui prévient que
tout citoyen surpris par les agents de l'ordre public en train
de manger de manière " ostentatoire " durant
ce mois sera interpellé et présenté devant
la justice ", rapporte le quotidien El watan.
Ce fait divers qui prêterait à sourire en ce début
du troisième millénaire n'en est pas moins gravissime
dans la mesure où ses conséquences pourraient avoir
des prolongements dangereux pour l'avenir de notre société.
D'abord, il y a les victimes privées de leur liberté
et sur lesquelles l'expérience de la prison laissera certainement
d'importantes séquelles alors qu'elles n'ont enfreint aucune
loi de la République.
Ensuite, au nom de quel principe et depuis quand une circulaire
administrative de la DGSN a-t-elle valeur de loi pour un magistrat
du Parquet? Ce cas va-t-il faire jurisprudence ?
Tout porte à croire que c'est là, plutôt,
une décision politique qui traduit, dans les faits, un
début d'application de " la charte pour la paix et
la réconciliation nationale " et qui scelle l'alliance
de l'arabisme du pouvoir d'avec l'islamisme des maquis, contre
la Kabylie. Celle-ci, dont la pratique religieuse est spécifique,
loin de tout zèle, a de tous temps érigé
la tolérance au rang de vertu cardinale. Ainsi, sans jamais
s'en offusquer, elle a toujours connu des " mangeurs de ramadhan
" et des femmes et des hommes qui ont vieilli sans qu'ils
aient, un jour, fait la moindre génuflexion pour les prières
de l'islam.
Il ne manque pas d'endroits en Algérie où de jeunes
adultes ne respectent pas le ramadhan. Toutefois, c'est en Kabylie
qu'il fallait frapper pour donner l'exemple et, surtout, un avant
goût de la future évolution du régime qu'appellent
de ses vux le couple Bouteflika -Belkhadem, dans les années
à venir : le régime islamo-baathiste. Avec le référendum
du 29 septembre 2005, on nous promettait la paix, aujourd'hui,
nous avons l'inquisition. La régression du champ des libertés
telle que programmée a commencé. Au moment où
le régime amnistie les criminels de sang, les terroristes
islamistes, au moment où il couvre les profanateurs de
tombes de martyrs de l'indépendance en en niant la réalité,
il met en prison de pacifiques et respectables citoyens qui, naïvement,
croyaient pouvoir jouir en 2005 de leur droit constitutionnel
en matière de liberté de culte, dans leur pays.
Une fois de plus, le pouvoir se couvre de ridicule et s'apprête
à s'embourber dans une voie aux conséquences dramatiques
pour les démocrates.
Le Mouvement pour l'Autonomie de la Kabylie alerte l'opinion nationale
et internationale sur les dérives actuelles de l'Algérie
officielle dans le domaine du respect des Droits Humains et appelle
les ONG à réclamer la remise en liberté immédiate
des six personnes emprisonnées pour délit religieux
imaginaire.
Le 02/11/05
Pour le MAK,
Ferhat MEHENNI, Porte-parole
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