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Association culturelle N'Imazighen

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Le Rif persécuté

"L'esclavage est aussi naturel à l'Homme que ne l'est la cage au lion."


Par Tarek Ayt Belaïd


Le Rif, région berbérophone du nord du Maroc subit en 2004 un violent séisme faisant des centaines de victimes et des milliers de sans abris.
Une aide considérable arrive aussitôt d'Europe, des Amériques et d'Afrique du nord à destination des survivants.

Les Rifains et l'ensemble des communautés marocaines résidants hors de leur pays et notamment en Belgique se mobilisent pour aider leurs compatriotes.
La situation sanitaire est catastrophique et il faut agir d'urgence.

Sa Majesté le roi Mohamed VI se rend auprès des sinistrés et leur promet des initiatives de reconstruction de l'infrastructure rifaine et un développement économique et social de cette région marginalisée par le pouvoir car traditionnellement rebelle au Makhzen (l'autorité).

La population se met à espérer et offrir sa confiance au nouveau monarque à l'aspect moderniste et soucieux du bien-être de son peuple.

Désenchantement. Un an après cette douloureuse épreuve, rien n'a changé. Les victimes se fondent dans l'oubli et vivent toujours dans les tentes montées juste après la catastrophe. Elles étaient pourtant provisoires, avait-on dit alors. Les populations sont désespérées. Rappelons que cette année des précipitations importantes et une neige abondante se sont abattues sur le pays.

Ni emploi, ni logement, ni conditions sanitaires humaines décentes amènent les habitants des communes les plus touchées avoisinant la ville d'El Hoceima, la plus densément peuplée, à manifester leur désarroi. Plusieurs manifestations non violentes sont organisées.

Jusqu'à ce jour du 19 mai 2005. Les villageois de Tamassint, bourgade de 15 000 habitants, se dirigent vers El Hoceima située à une quarantaine de kilomètres de là.
Alors qu'ils n'ont parcouru que sept kilomètres, un barrage composé de troupes de police, de la gendarmerie et de forces militaires les empêche " manu militari " d'atteindre leur but.

Des provocations verbales et physiques venant des forces de l'ordre (ou du désordre), aboutissent à de violentes confrontations. Des lacrymogènes sont jetées depuis les hélicoptères rappelant ainsi les procédés usités par l'ancien monarque Sa Majesté le roi Hassan II durant " les années de plomb ", lorsque ce dernier envoya des hélicoptères pour bombarder les villes et villages du Rif en révolte, faisant ainsi plus de 3000 morts.

Et ce 19 mai 2005 l'on compte quatorze hospitalisés du côté des forces de l'ordre et des centaines de blessés au sein des manifestants. Mais les violations des droits de l'Homme ne s'arrêtent pas là. Toute la commune est bouclée, encerclée et des habitations sont violées. L'on procède à des arrestations arbitraires et l'on condamne les organisateurs de la revendication à 3 mois de prison ferme. Un séisme makhzénien (l'autorité) s'est abattu une nouvelle fois sur le Rif, provoquant ainsi la colère des émigrés à travers le monde. Bruxelles, Oslo, Barcelone, La Haye, Amsterdam et plusieurs villes de France, Danemark, Allemagne se sont mobilisées. Au total des milliers de Rifains et de sympathisants ont démontré aux autorités marocaines leur soutien inconditionnel à leurs compatriotes victimes d'une double agression.

Il est grand temps que cette terre amazighe, ravagée par le clientélisme, la corruption, la drogue et la prostitution se réveille ! Les lions rifains en ont assez de n'être que les esclaves de ce système ethnocide. L'esclavage est aussi naturel à l'homme que ne l'est la cage au lion.

Aujourd'hui, de Tanger à Oujda, en passant par Hoceima et Nador, l'on prône l'autonomie culturelle et économique du Rif. L'Etat centralisateur aura-t-il l'intelligence d'entendre ces revendications

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