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Quelque 26 personnes ont trouvé la mort à Anefgou dans le Moyen Atlas suite à une vague du froid qui s'est abattue sur cette région montagneuse située à environ 500 kilomètres de Rabat.
Les victimes, 24 bébés dont l'âge varie entre 3 et 13 mois et deux femmes, sont décédés d'une pneumopathie aiguë causée par le froid. La température a chuté pour atteindre mois 10 et mois 16 à Anefgou, Tounfiyt, Anemzi et autres localités environnantes qui souffrent d'une absence chronique de structures de santé et de l'enclavement.
Une vague similaire du froid glacial avait causé en 1980 plus de 80 morts dans la même région. 27 ans après, rien n'a été fait pour aider la population locale pour combattre la rigueur des hivers infernaux dans ces villages berbères isolés.
De sources officielles (Ministère de la santé et presse affiliée au pouvoir), on apprend que le nombre des victimes est limité à 12 et que des aides ont étés acheminées aux sinistrés. Des villageois joints par téléphone nous ont assuré que rien n'a été fait pour sauver Anefgou et ses habitants des griffes du froid et de la misère.
Coupés du reste de monde par les neiges et les pistes impraticables en hiver, les villageois ont subi la famine, la maladie et l'indifférence des pouvoirs en place, occupés à s'encquérir des problèmes des autres "peuples" au Proche Orient.
Selon des informations qui nous sont parvenues cette semaine de Tounfiyt, village situé à 70 km du village sinistré, la piste qui mène à Anefgou est complètement coupée par la neige. Les habitants sont parfois obligés d'attendre trois mois avant de pouvoir rallier Imilchil ou Tounfiyt pour s'approvisionner en vivres.
A Anefgou, Imilchil et autres villages du grand Atlas, une appendicite ou un mal de tête peut ôter la vie. Ne parlons pas des femmes enceintes qui perdent leurs bébés, des enfants malades ou des dispensaires qui n'existent pas. Dans ces régions, les discours officiels, l'ère nouvelle, la démocratie et les droits humains sont une chimère. Le "Maroc indépendant" et moderne qu'on offre aux touristes et aux médias étrangers, n'a rien apporté à ces montagnards sauf de la souffrance, de la famine et de la répression.
Les habitants avaient auparavant organisé deux marches à Khénifra et à Imtghren pour revendiquer le désenclavement de leurs villages. Les promesse des autorités sont restées, comme d'habitude, sans lendemains. Aujourd'hui, On constate amèrement le résultat de ce mépris affiché par le pouvoir de Rabat à l'égard de la population locale. Le gouvernement n'a même pas présenté ses condoléances aux familles des bébés morts, alors qu'il envoie des aides pour nourrir les palestiniens, kamikazes potentiels, les libanais et autres "peuples frères" (!).
Il parait qu'au Maroc, les Berbères n'ont les mains libres que pour enterrer leurs enfants et leurs espoirs. Si les balles des pouvoirs mafieux qui gouvernent l'Afrique du Nord n'arrivent pas à les atteindre, alors, la faim, le froid, la marginalisation et l'indifférence se chargent de les tuer à petit feu.
Ainsi est fait le destin du peuple berbère sur sa propre terre. Triste réalité...
Par: Lhoussain Azergui - journaliste et auteur berbère |