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Compte rendu de quelques
minutes à la gendarmerie Aujourd'hui
01.06.2006, aux environs de 8h 30, je me suis rendu à la gendarmerie
de Chorfa - localité sise à 15 Km de Takerboust - en réponse
à une convocation reçue la semaine en cours. Dans ma chemise, deux
dossiers : l'un relatif au service national et l'autre aux écrits publiés
sur internet et autres quotidiens nationaux. Surprise ! On m'annonce que le problème
pour lequel j'ai été convoqué a un rapport avec la Sonelgaz.
Cependant, pour des raisons inconnues, on me demande de revenir l'après-midi,
aux environs de 14h 30. Je suis donc revenu chez moi sans avoir réglé
aucun des trois problèmes suscités. J'ai décidé d'y
retourner le samedi prochain. Observation : depuis les événements
du Printemps Noir, la gendarmerie est devenue très docile avec les citoyens
de la Kabylie. C'est un grand acquis pour nous autres Kabyles. Avant, les gendarmes
nous accueillent avec des " wach rebbek ? ", " nik yemmak ! "
et autres incivilités ; d'ailleurs la dernière fois où j'ai
mis les pieds dans leur local il y a de cela près de 10 ans, on m'a manqué
énormément de respect. Mais il ne faut pas croire que ces enfants
du pouvoir sont respectueux des citoyens ; en fait ils craignent la réédition
du Printemps Noir si un Kabyle subit leur insulte, humiliation, etc. Hors de la
Kabylie, ils continuent à mordre et à griffer. Voici maintenant
quelques détails sur les problèmes en questions : - En novembre
dernier, j'ai demandé une copie de mon casier judiciaire pour compléter
un dossier. Quand on me l'a délivré, j'ai constaté qu'il
n'était pas vierge : il portait une condamnation par contumace pour 5 ans
de prison ferme pour motif d'insoumission ! Or, et ma carte militaire plus mon
avis de radiation, prouvent que j'ai effectué mon service militaire le
plus normalement du monde. Depuis donc ce jour-la, j'ai multiplié les appels
et interventions pour régler ce problème, en vain. Récemment,
j'ai demandé audience au procureur de la république auprès
du tribunal de Bouira. Il m'a convoqué pour le 07 de ce mois, mais je ne
sais si c'est pour le problème dont je vous parle ou non ; les convocations
de la police, gendarmerie et justice algériennes ne portent pas de précisions.
- En raison de la grande censure exercée sur les quotidiens nationaux
- j'y ai publié quand même quelques articles en français et
en arabe, mais en consentant des coupures - je me suis efforcé d'apprendre
à utiliser l'internet afin de publier mes articles tels que je les ai écrits.
Je traite de tout ; vous pouvez lire des articles sur l'enseignement, la culture
et langue amazighes, y compris la politique. J'ai dénoncé le sabotage
de l'école algérienne par nos responsables, le déni de notre
langue et culture par l'état algérien, et les multiples abus de
pouvoir du régime algérien. Mes articles sont donc dérangeants
et je m'attendais par conséquent à des réactions. Peut-être
que ces convocations émanant de la gendarmerie et de la justice ne sont-elles
en réalité que des intimidations ou un début d'un feuilleton
judiciaire visant à me jeter en prison. On se rappelle que Benchicou a
été arrêté pour ses écrits, mais la justice
algérienne prétendait l'avoir emprisonné pour le transfère
illégal de capitaux ! - La Sonelgaz n'a jamais respecté l'accord
Arch-Ouyahia qui stipule que les sommes dues au non-paiement des frais d'électricité
consommée pendant les événements du Printemps Noir, sont
effacées du début des événements jusqu'au janvier
2004. J'ai en ma possession des preuves irréfutables. D'ailleurs j'en ai
déjà exposé quelques-unes dans certains articles publiés
sur le net. Pour cette raison, j'ai refusé de payer et j'ai l'intention
de camper sur ma position jusqu'au règlement juste du problème aussi
bien pour moi que pour mes co-villageois et pourquoi pas pour tous les Kabyles.
Ce sont donc trois problèmes en suspens ; des problèmes
que les autorités algériennes vont sûrement exploiter pour
me harceler et me distraire (car quand on a des problèmes, on ne pense
qu'à eux dans l'espoir de trouver des issues) ou m'emprisonner, comme cela
été le cas avec le journaliste du Le Matin, Benchicou.
Compte
rendu de quelques minutes à la gendarmerie
Ce
matin du samedi 03.06.2006, vers 14h, je suis allé à la gendarmerie
de Chorfa, qui m'a adressé une convocation il y a quelques jours de cela.
L'accueil, comme je vous l'ai dit auparavant, est dans les normes du respect,
mais trompeur. La discussion a tourné autour du refus des villageois de
Takerboust de payer les redevances d'électricité et les démarches
entreprises par la Sonelgaz auprès de la gendarmerie et de la justice.
Comme mon nom figure sur la liste des non-payeurs, le brigadier m'a questionné
sur les raisons de mon refus de régler mes factures. Alors, je lui ai répondu
que la Sonelgaz, sans parler des mauvais services qu'elle offre à ses clients,
est entrain de nous arnaquer. Je leur ai rappelé l'accord conclu entre
le mouvement citoyen kabyle et le gouvernement algérien, lequel accord
stipule que les redevances d'électricité de la période "
début du Printemps Noir-janvier 2004 " sont effacées, mais
que la Sonelgaz n'a pas respecté cet accord, puisqu'elle procède
à la récupération des sommes effacées par des opérations
basées sur des prétendues erreurs et autres astuces. Pour les convaincre,
je leur ai montré des factures exorbitantes, comme celle d'un retraité
qui comporte 90000 DA pour un seul trimestre ! Ensuite, je leur ai montré
des coupures d'articles de presse (plaintes des citoyens contre la Sonelgaz) qui
soutiennent mes arguments. Après la fin de " l'interrogatoire
" et de la rédaction du procès verbal que j'ai signé,
le brigadier m'a demandé si j'allais répondre à la convocation
de la justice à ce sujet. Je lui ai répondu que j'irais au tribunal
pour dénoncer le comportement de la Sonelgaz et défendre mes droits
et que si la justice algérienne se montrait juste, je m'en sortirais certainement
indemne. J'ai quitté la brigade vers 14h 45 et retourné chez-moi.
Quelques minutes à la cour de justice de Bouira Le
07.06.2006. Je devais répondre à la convocation du procureur
de la république auprès du tribunal de Bouira. Je suis arrivé
à cette ville distante de mon village de près de 50 Km vers 8h.
Une demi heure plus tard, je suis dans l'enceinte de la cour de justice. Au guichet
des renseignements, il n'y avait personne ! J'ai dû par conséquent
faire quelques allés et retours afin de situer le bureau du procureur.
Me voyant marcher ça et là en murmurant (c'était en fait
des insultes à l'encontre de tout le système de ce bled), un homme
debout près dudit guichet (il serait le chargé d'orientation des
gens !) me demande ce que je cherchais. Après lui avoir exhibé le
télégramme faisant office de convocation, il m'oriente vers le premier
étage, bureau 74. Une fois arrivé, j'ai constaté que s'était
le secrétariat qui s'occupe de la réception des convocations. Je
frappe sur la porte. J'entre. Je remets mon télégramme et on me
dit d'attendre dans les couloirs pour quelques instants. Ressorti, j'ai su que
j'allais rencontrer non pas le procureur lui-même, mais son adjoint. Car
sur la porte du bureau d'à côté s'est écrit "
adjoint du procureur de la république ". Normalement, comme
s'est écrit sur la convocation, l'audience aurait lieu à 8h 30.
Mais j'ai dû attendre dans les couloirs, tantôt debout tantôt
assis sur une chaise de bois, comme beaucoup d'autres citoyens d'ailleurs, jusqu'à
11h 30 ! à vrai dire, une minute de plus d'attente et j'aurais craqué
et pris le chemin de retour sans avoir rencontré celui qui me donnerait
les clefs du puzzle à 3D auquel je me suis confronté ces derniers
mois. Mais, au moment où je pensais au départ, le secrétaire
de monsieur l'adjoint du procureur appelle le premier de la longue liste. Et comme
je n'y étais que deuxième, je me suis résolu enfin à
attendre la suite. Quelques minutes plus tard, le premier convoqué
ressort et on m'appelle à mon tour. J'entre et, avant même que je
m'assis sur une chaise, monsieur l'adjoint du procureur se met à me parler
d'une manière inconvenante. Au lieu de m'expliquer tout simplement que
s'est au procureur de la république auprès du tribunal militaire
de Blida de régler le problème (je viens donc de savoir l'objet
de ma convocation avec exactitude), il s'est mis à se moquer de moi avec
des expressions telles que " quand on veut acheter de la viande, on va chez
le boucher et non pas chez le pharmacien " ; ce qui peut se comprendre par
" tu est si idiot que tu t'es entièrement trompé de lieu où
exposer ton problème ". Il ne m'a même pas laissé le
temps de lui expliquer quoique se soit. Il m'a dit, et encore une fois avec mépris,
de le quitter et d'aller régler le problème au tribunal d'où
émane la sentence. À vrai dire, avant de recourir au procureur
de la république auprès de la cour de Bouira, j'ai adressé
plusieurs lettres recommandées aussi bien au tribunal militaire de Blida
qu'au centre de recrutement de Blida et sans omettre le ministère de la
Justice. Jusqu'à aujourd'hui, je n'ai reçu aucune réponse
de ces institutions. Aux yeux de la justice algérienne, et ce malgré
la carte militaire et l'avis de radiation en ma possession, je reste donc un insoumis
; une personne recherchée qui passerait 5 ans derrière les barreaux
au cas où l'on l'arrêterait. Dans un pareil cas, et de surcroît
en raison de mes problèmes de santé et les frais que nécessite
le voyage - je dois louer un taxi - et le séjour de un ou deux jours à
Blida (en tout pas moins de 5000 DA), je ne peux me déplacer jusqu'à
cette ville pour régler une erreur que l'armée algérienne
a commise intentionnellement ou pas contre moi. Cependant, je ne compte
pas rester inactif jusqu'au jour où l'on me mettra les menottes. Dans les
prochains jours, je contacterai de nouveau toutes les institutions suscitées
et j'exposerai mon cas dans la presse indépendante algérienne. Bref,
je ferai bouger les choses. Ou ça passe, ou ça casse.
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