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Plusieurs intervenants
ont fait remarquer que les manuels scolaires français ne
mentionnent pas la vraie histoire de la France. Certaines parties
de l'histoire sont occultées, dirigées.
Voici quelques extraits
de cette émission, concernant les interventions de Pascal
Blanchard, Historien, chercheur associé au CNRS :
" On a l'impression
qu'on a deux visions du monde, déformées en permanence,
deux formules lorsqu'on aborde la question de l'histoire que nous
avons en commun les anciennes colonies et la France. "
" Les Députés
ont perdu un peu de temps à attendre 40 ans à voter
une loi. Si depuis 40 ans les députés avaient abordé
cette question, on ne ferait pas des débats en vitesse
au Parlement, il y aurait eu plus de députés présents.
Il y a des problèmes et des sujets qui ne sont pas abordés
depuis 40 ans en France. C'est un des derniers grands débats
que la France n'a pas abordé. C'est une cocotte minute
qui couve depuis 40 ans et là, ça vient d'exploser.
On se rend seulement compte qu'il y a 10 millions de personnes
dont les parents sont nés outre-mer. C'est la morale qui
intervient dans cette histoire, on est même plus loin que
le bilan comptable. On est en train de se demander " qu'est-ce
qu'on va faire avec nos étrangers aujourd'hui ? "
On parle du présent et on va chercher les réponses
dans le passé. "
" La fracture
coloniale, c'est ce qu'on est en train de vivre. Si on en est
encore à parler comme ça au bout de 40 ans, c'est
qu'il y a une fracture des pensées, des mémoires,
des histoires. Nous remarquons seulement qu'il n'y a pas de place
aujourd'hui dans notre histoire nationale pour l'histoire coloniale.
Les Harkis n'y ont pas leur place, les Pieds noirs non plus, les
enfants d'outre mer ne sont jamais présents dans notre
histoire nationale. Les banlieues n'existent que quand elles explosent,
les Dom Tom que quand il y a des élections présidentielles.
Ils n'existent même pas dans les statistiques nationales.
Il y a une " non place " dans la nation.
Quelque part, elle
fait sens parce que même dans les manuels scolaires, on
a du mal à comprendre l'histoire de France à l'aube
de l'histoire de l'outre mer. Pour comprendre le 19 et 20e siècle,
il est indispensable d'intégrer l'histoire coloniale. Aujourd'hui
en vivant en France si l'on est originaire des anciennes colonies,
on n'a pas l'impression qu'on fait partie du pays. Combien de
manuels scolaires disent qu'il y avait des ouvriers kabyles pour
la construction du métro en 1900 ? On pourrait mettre au
moins une petite plaque dans le métro, ce n'est pas énorme
! Et tout à coup les gens se disent : tiens il y avait
déjà des ouvriers kabyles en 1900
Cela contribue
à légitimiser une présence.
Combien de Français
savent que le Médaillé d'or aux jeux olympiques
de 1928 est Ahmed El Ouafi ? Ouvrir un manuel scolaire et n'avoir
jamais personne dans ce manuel qui vous ressemble, ça c'est
du concret. C'est aussi dire : " tiens des ancêtres
ont aussi participé à la construction de la France
". L'immigration algérienne n'a pas eu le même
destin que l'immigration polonaise parce que le grand-père
algérien était indigène alors que le polonais
était étranger. Il faut le dire car on comprendra
alors que tous les Français on un destin commun, avec des
histoires différentes mais tout cela c'est passé
dans la République ! "
La loi Taubira
Loi n° 2001-434
du 21 mai 2001 tendant à la reconnaissance, par la France,
de la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité.
L'adoption de cette loi fait suite au dépot à l'Assemblée
Nationale, le 22 Décembre 1998, d'une proposition de loi
de Christiane Taubira, députée de la Guyane.
Article 1er
La République française reconnaît que la traite
négrière transatlantique ainsi que la traite dans
l'océan Indien d'une part, et l'esclavage d'autre part,
perpétrés à partir du xve siècle,
aux Amériques et aux Caraïbes, dans l'océan
Indien et en Europe contre les populations africaines, amérindiennes,
malgaches et indiennes constituent un crime contre l'humanité.
Article 2
Les programmes scolaires et les programmes de recherche en histoire
et en sciences humaines accorderont à la traite négrière
et à l'esclavage la place conséquente qu'ils méritent.
La coopération qui permettra de mettre en articulation
les archives écrites disponibles en Europe avec les sources
orales et les connaissances archéologiques accumulées
en Afrique, dans les Amériques, aux Caraïbes et dans
tous les autres territoires ayant connu l'esclavage sera encouragée
et favorisée.
Article 3
Une requête en reconnaissance de la traite négrière
transatlantique ainsi que de la traite dans l'océan Indien
et de l'esclavage comme crime contre l'humanité sera introduite
auprès du Conseil de l'Europe, des organisations internationales
et de l'Organisation des Nations unies. Cette requête visera
également la recherche d'une date commune au plan international
pour commémorer l'abolition de la traite négrière
et de l'esclavage, sans préjudice des dates commémoratives
propres à chacun des départements d'outre-mer.
Article 4
Le dernier alinéa de l'article unique de la loi no 83-550
du 30 juin 1983 relative à la commémoration de l'abolition
de l'esclavage est remplacé par trois alinéas ainsi
rédigés :
" Un décret fixe la date de la commémoration
pour chacune des collectivités territoriales visées
ci-dessus ;
En France métropolitaine, la date de la commémoration
annuelle de l'abolition de l'esclavage est fixée par le
Gouvernement après la consultation la plus large ;
Il est instauré un comité de personnalités
qualifiées, parmi lesquelles des représentants d'associations
défendant la mémoire des esclaves, chargé
de proposer, sur l'ensemble du territoire national, des lieux
et des actions qui garantissent la pérennité de
la mémoire de ce crime à travers les générations.
La composition, les compétences et les missions de ce comité
sont définies par un décret en Conseil d'Etat pris
dans un délai de six mois après la publication de
la loi no 2001-434 du 21 mai 2001 tendant à la reconnaissance
de la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité.
"
Article 5
A l'article 48-1 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté
de la presse, après les mots : " par ses statuts,
de ", sont insérés les mots : "défendre
la mémoire des esclaves et l'honneur de leurs descendants,".
Laurence D
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