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Rédaction

 

 

Mémoire française : les ouvriers kabyles

Des plaques commémoratives dans le métro parisien ?

L'émission " Mots Croisés " sur France 2, diffusée le 12/12/2005 à 23h consacrait une partie de l'émission à un débat sur le thème : " Colonisation : la France doit-elle se repentir ? "

Cette émission avait pour but de débattre sur la loi du 23 février 2005 portant sur " le rôle positif de la présence française outre-mer ", sur la situation des banlieues et aussi sur la loi Taubira.

 

Plusieurs intervenants ont fait remarquer que les manuels scolaires français ne mentionnent pas la vraie histoire de la France. Certaines parties de l'histoire sont occultées, dirigées.

Voici quelques extraits de cette émission, concernant les interventions de Pascal Blanchard, Historien, chercheur associé au CNRS :

" On a l'impression qu'on a deux visions du monde, déformées en permanence, deux formules lorsqu'on aborde la question de l'histoire que nous avons en commun les anciennes colonies et la France. "

" Les Députés ont perdu un peu de temps à attendre 40 ans à voter une loi. Si depuis 40 ans les députés avaient abordé cette question, on ne ferait pas des débats en vitesse au Parlement, il y aurait eu plus de députés présents. Il y a des problèmes et des sujets qui ne sont pas abordés depuis 40 ans en France. C'est un des derniers grands débats que la France n'a pas abordé. C'est une cocotte minute qui couve depuis 40 ans et là, ça vient d'exploser. On se rend seulement compte qu'il y a 10 millions de personnes dont les parents sont nés outre-mer. C'est la morale qui intervient dans cette histoire, on est même plus loin que le bilan comptable. On est en train de se demander " qu'est-ce qu'on va faire avec nos étrangers aujourd'hui ? " On parle du présent et on va chercher les réponses dans le passé. "

" La fracture coloniale, c'est ce qu'on est en train de vivre. Si on en est encore à parler comme ça au bout de 40 ans, c'est qu'il y a une fracture des pensées, des mémoires, des histoires. Nous remarquons seulement qu'il n'y a pas de place aujourd'hui dans notre histoire nationale pour l'histoire coloniale. Les Harkis n'y ont pas leur place, les Pieds noirs non plus, les enfants d'outre mer ne sont jamais présents dans notre histoire nationale. Les banlieues n'existent que quand elles explosent, les Dom Tom que quand il y a des élections présidentielles. Ils n'existent même pas dans les statistiques nationales. Il y a une " non place " dans la nation.

Quelque part, elle fait sens parce que même dans les manuels scolaires, on a du mal à comprendre l'histoire de France à l'aube de l'histoire de l'outre mer. Pour comprendre le 19 et 20e siècle, il est indispensable d'intégrer l'histoire coloniale. Aujourd'hui en vivant en France si l'on est originaire des anciennes colonies, on n'a pas l'impression qu'on fait partie du pays. Combien de manuels scolaires disent qu'il y avait des ouvriers kabyles pour la construction du métro en 1900 ? On pourrait mettre au moins une petite plaque dans le métro, ce n'est pas énorme ! Et tout à coup les gens se disent : tiens il y avait déjà des ouvriers kabyles en 1900 … Cela contribue à légitimiser une présence.

Combien de Français savent que le Médaillé d'or aux jeux olympiques de 1928 est Ahmed El Ouafi ? Ouvrir un manuel scolaire et n'avoir jamais personne dans ce manuel qui vous ressemble, ça c'est du concret. C'est aussi dire : " tiens des ancêtres ont aussi participé à la construction de la France ". L'immigration algérienne n'a pas eu le même destin que l'immigration polonaise parce que le grand-père algérien était indigène alors que le polonais était étranger. Il faut le dire car on comprendra alors que tous les Français on un destin commun, avec des histoires différentes mais tout cela c'est passé dans la République ! "


La loi Taubira

Loi n° 2001-434 du 21 mai 2001 tendant à la reconnaissance, par la France, de la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité.
L'adoption de cette loi fait suite au dépot à l'Assemblée Nationale, le 22 Décembre 1998, d'une proposition de loi de Christiane Taubira, députée de la Guyane.

Article 1er
La République française reconnaît que la traite négrière transatlantique ainsi que la traite dans l'océan Indien d'une part, et l'esclavage d'autre part, perpétrés à partir du xve siècle, aux Amériques et aux Caraïbes, dans l'océan Indien et en Europe contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes constituent un crime contre l'humanité.

Article 2
Les programmes scolaires et les programmes de recherche en histoire et en sciences humaines accorderont à la traite négrière et à l'esclavage la place conséquente qu'ils méritent. La coopération qui permettra de mettre en articulation les archives écrites disponibles en Europe avec les sources orales et les connaissances archéologiques accumulées en Afrique, dans les Amériques, aux Caraïbes et dans tous les autres territoires ayant connu l'esclavage sera encouragée et favorisée.

Article 3
Une requête en reconnaissance de la traite négrière transatlantique ainsi que de la traite dans l'océan Indien et de l'esclavage comme crime contre l'humanité sera introduite auprès du Conseil de l'Europe, des organisations internationales et de l'Organisation des Nations unies. Cette requête visera également la recherche d'une date commune au plan international pour commémorer l'abolition de la traite négrière et de l'esclavage, sans préjudice des dates commémoratives propres à chacun des départements d'outre-mer.

Article 4
Le dernier alinéa de l'article unique de la loi no 83-550 du 30 juin 1983 relative à la commémoration de l'abolition de l'esclavage est remplacé par trois alinéas ainsi rédigés :
" Un décret fixe la date de la commémoration pour chacune des collectivités territoriales visées ci-dessus ;
En France métropolitaine, la date de la commémoration annuelle de l'abolition de l'esclavage est fixée par le Gouvernement après la consultation la plus large ;
Il est instauré un comité de personnalités qualifiées, parmi lesquelles des représentants d'associations défendant la mémoire des esclaves, chargé de proposer, sur l'ensemble du territoire national, des lieux et des actions qui garantissent la pérennité de la mémoire de ce crime à travers les générations. La composition, les compétences et les missions de ce comité sont définies par un décret en Conseil d'Etat pris dans un délai de six mois après la publication de la loi no 2001-434 du 21 mai 2001 tendant à la reconnaissance de la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité. "

Article 5
A l'article 48-1 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, après les mots : " par ses statuts, de ", sont insérés les mots : "défendre la mémoire des esclaves et l'honneur de leurs descendants,".

Laurence D

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