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L'Association du Service
Social de Sauvegarde de l'Enfance, de l'Adolescence et des Jeunes
Adultes des Bouches-du-Rhône (ASSSEA 13) a décidé
de réunir les 19, 20 et 21 juin 2006, à Marseille,
des professionnels intervenant au sein de diverses institutions
des secteurs judiciaire, socio-éducatif, médico-social
et sanitaire tels que : assistants de service social, éducateurs
spécialisés, infirmières, puéricultrices,
médecins, psychologues, juristes, magistrats...
Ces professionnels
sont régulièrement confrontés, dans leur
pratique quotidienne, à la souffrance de familles issues
de la migration. La prise en charge de ces familles s'avère
particulièrement délicate du fait que leur souffrance
et/ou leur plainte ne peuvent être appréhendées
qu'en lien avec des références culturelles propres
à leur pays d'origine, et souvent bien éloignées
des nôtres.
D'autre part, le mouvement
migratoire lui-même, en tant que processus de rupture d'une
existence pour l'individu et pour le groupe vient encore aggraver
les conséquences des mouvements propres à la société
d'accueil : ainsi, de nombreux changements, lents ou rapides,
de la société globale ont provoqué les mutations
identitaires qui s'expriment aujourd'hui par la peur de l'autre
et produisent ainsi un cloisonnement entre les différents
groupes familiaux, sociaux et culturels.
Le bouleversement des
systèmes d'appartenance traditionnels (famille élargie,
village, région, etc...) et le refoulement de certains
événements traumatiques et des groupes qui en sont
porteurs (harkis, rapatriés, survivants de la Shoah, enfants
placés, etc...) agissent comme de véritables secrets
généalogiques sur les jeunes de la seconde et de
la troisième générations des migrants de
l'intérieur et de l'extérieur (déracinement
local, exil, etc...).
Ces difficultés,
associées aux conséquences de la migration externe
(2 pays, 2 langues, 2 systèmes de valeur perçus
comme contradictoires) provoquent chez une grande partie des jeunes
un mal-être profond qui s'exprime par des ruptures familiales,
scolaires et sociales.
Ce mal-être peut
s'enkyster et évoluer à bas bruit avant de se manifester
par une violence de groupe. En effet, ces enfants traversent des
épisodes critiques liés aux problématiques
de filiation et de transmission de l'univers culturel des parents
au moment où, jeunes adultes, se pose pour eux la nécessité
d'être inscrits dans la lignée ancestrale tout en
intégrant ou en s'adaptant aux valeurs propres du pays
d'accueil.
La République
impose, en effet, un nouveau découpage entre l'espace privé
et l'espace public d'une part, et d'autre part entre la vie religieuse
et la vie civile.
Les parents, quant
à eux, se murent dans un silence qui suspend le temps et
prive les enfants des richesses culturelles véhiculées
par la langue d'origine et portées par la mémoire
familiale et l'histoire collective. Coupé de ces univers
de sens, l'adolescent ne peut répondre aux questions qu'il
se pose et pose à l'autre (parents, éducateurs,
enseignants, etc
).
On peut interpréter
son comportement délictueux ou dépressif latent
comme un questionnement désespéré sans destinataire
possible : qui suis-je ? A quel groupe j'appartiens ? Comment
puis-je rester moi-même quand tout change autour de moi
?
Soumis à de
constantes injonctions paradoxales, souvent non verbalisées
(demeurer fidèle à ses origines mais s'inscrire
et réussir dans le pays d'accueil), ne pouvant opérer
de compromis satisfaisant (culpabilité, sentiment de trahison,
etc
), l'adolescent se structure sur le mode du clivage :
fragmentation du Moi selon des espaces relationnels qu'il investit
différemment (la maison, l'école, la rue...).
Au cours de ces
3 journées de "palabres", nous voulons rompre
le cloisonnement entre les professionnels et les usagers, entre
les professionnels eux-mêmes, mais aussi entre les nations
du Nord et celles du Sud, et favoriser l'ouverture de la communication
entre ces différents groupes et instances institutionnelles.
Nous souhaitons permettre
aux professionnels qui participeront à nos journées
d'établir (ou de rétablir) la communication entre
les différents groupes et instances institutionnelles.
Nous avons la volonté
de les aider à réfléchir et à travailler,
pendant ces 3 jours, autour de l'articulation des différentes
interfaces, sociale, éducative, psychologique, juridique,
pour mieux expliciter et formuler les conflits larvés ou
manifestes ainsi que les malentendus qui existent entre les différents
partenaires-adversaires : familles, jeunes, migrants, groupes
de professionnels, élus locaux, etc...
La démarche de médiation ethnoclinique, éminemment
présente dans ce concept de formation, invite chacun à
se mettre en rupture avec son cadre culturel de références,
de pensée. Ainsi, de manière fortement symbolique,
pour faciliter tout à la fois la mise en retrait et la
mise en commun, notre action de formation se déroule sur
une île, en rade de Marseille, créant à échelle
réduite un sentiment de rupture, de départ évoquant
l'ex " île ".
L'espace-temps est
ici un élément essentiel de la formation. L'expérience
démontre combien un enseignement magistral est trop difficilement
reproductible par la suite dans la majeure partie des situations
de travail.
Ici, le dispositif
informel proposera un esprit de convivialité associant
les dimensions culturelle et artistique, au travers d'ateliers-découverte
exploitant les différents champs d'expression culturelle
tels que la danse et l'expression par le corps, la langue, la
parole et le conte, la voix, le chant et la musique, enfin les
saveurs d'ici et d'ailleurs.
OBJECTIFS POURSUIVIS
- Réunir en un même lieu et dans un même temps
un certain nombre de professionnels des champs social, médicosocial,
sanitaire, judiciaire et juridique confrontés à
la souffrance de familles issues de la migration afin d'établir
la communication entre les différents groupes et instances
institutionnelles.
- A cette fin, mettre
en uvre une médiation-concertation et une traduction
multiforme (concepts, cultures professionnelles, langues, expressions
artistiques
) menées par des spécialistes de
ces articulations et de leurs expressions sur le terrain.
- Rompre ainsi un certain
cloisonnement pour faire émerger une parole collective
et solidaire à partir d'un récit de vie des intervenants
au travers de laquelle ils feront part de leurs doutes, de leurs
échecs mais aussi de leurs satisfactions, expériences
existentielles heureuses ou douloureuses, indispensables à
l'élaboration intellectuelle et à la découverte.
- Faire que cette rencontre,
qui se veut d'abord un espace de dialogue et d'échanges,
aboutisse à des propositions concrètes de nouveaux
dispositifs, pour recréer des lieux et des liens entre
jeunes et adultes , migrants et autochtones, citoyens et élus,
patients et soignants, usagers et professionnels, etc
PUBLIC
CONCERNE
Cette formation intéresse
l'ensemble des professionnels, salariés comme libéraux,
des différents champs social, enseignant, judiciaire, médico-social
et sanitaire, confrontés aux familles issues de la migration
dont la prise en charge s'avère particulièrement
délicate du fait que la souffrance et/ou la plainte ne
peuvent être appréhendées qu'en lien avec
des références culturelles propres à leur
pays d'origine, et souvent bien éloignées des nôtres.
MOYENS ET MÉTHODES
La démarche de formation associe des séquences de
travail en ateliers-découverte, avec un nombre volontairement
limité de stagiaires dans chaque atelier, et des séquences
de travail en plénière, intitulées "palabres".
4 ateliers seront organisés autour d'un mode particulier
d'expression culturelle, évocateur d'un ou plusieurs des
5 sens fondamentaux qui sont à la source de toute communication
humaine : l'art culinaire, la danse et l'expression corporelle,
la musique et le chant, l'expression verbale et le conte
Dans
chaque atelier doit naître une véritable interaction
entre les stagiaires et les artistes.
Chaque atelier est animé par un formateur, chargé
d'assurer le lien entre la pratique artistique, support de la
communication, et le dispositif recherché de médiation
transculturelle en lien direct ou indirect avec la pratique professionnelle.
Les séances plénières, quant à elles,
réuniront l'ensemble des stagiaires des 4 ateliers pour
une mise en commun des acquis, une analyse et une synthèse.
Pour des raisons d'efficacité pédagogique, le nombre
de stagiaires sera volontairement limité à une cinquantaine
de personnes.
LIEU
DE LA FORMATION
La formation, ainsi
que l'hébergement collectif (en pension complète,
du lundi au mercredi) se déroulera dans les locaux du Club
Léo Lagrange, à Marseille Ile du Frioul (13001)
Tél. (0033) 04.91.59.01.73

L'Association
du Service Social de Sauvegarde de l'Enfance,de
l'Adolescence et des Jeunes Adultes des Bouches-du-Rhône
(A.S.S.S.E.A. 13)
28, boulevard de la Corderie
13007 MARSEILLE
Tél. (0033) 04.91.54.92.86
Autre contact : hamid_salmi@hotmail.fr
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