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L'histoire
falsifiée par le Makhzen marocain !
Le
représentant des associations des parents d'élèves
interpelle le ministre de l'éducation.
Monsieur le ministre,
Dans le cadre de la participation à l'amélioration
et à la convenance du système de l'éducation
national, nous le représentant des associations des parents
d'élèves cycle de primaire de la province d'Errachidia,
et soucieux du devenir de nos enfants, nous nous faisons un devoir
d'invoquer votre bienveillance sur certains dossiers et des pratiques
qui ne peuvent plus avoir cours dans nos établissements
scolaires. En effet, certains programmes n'honorent aucunement
ni la fonction de l'éducation, ni la mémoire des
ascendants et ni le devenir de notre pays.
Suite à une
enquête que nous avons menée nous-mêmes, sur
le terrain dans des zones oubliées de la province d'Errachidia,
nous avons relevé que bien des manières de discrimination,
de désistement et d'acculturation sont une monnaie courante
dans nos écoles. C'est pourquoi nous avons décidé
d'agir, en vous appelant à prendre des mesures qui s'imposent
pour mettre fin à ces pratiques qui déshéritent
les préceptes de notre civilisation.
Nous joignons
ci-après des points relatifs aux constations avancées
:
Le constat
Les programmes
La dénomination
L'éducation : veut dire connaissance et pratique des bonnes
manières des usages de la société. Dans ce
cas, celui de l'école, c'est un ensemble des valeurs morales
qu'on est appelé à inculquer à des enfants
innocents qui formeront la société de demain. Notre
pays le Maroc, aux origines plurielles, a grandement besoin d'un
apprentissage plus moralisant et plus civique. Il a besoin d'une
société civilisée et plus tolérante
pour le bien de l'harmonisation de son atavisme. Pourtant, des
idées, qu'on inculque au quotidien à des anodins
dans nos écoles, ne vont pas malheureusement dans ce sens.
Je cite ici, le syntagme " Barbare " que les maîtres
utilisent à longueur des journées dans des classes
d'enseignement "nationale " pour désigner une
majorité de leurs propres concitoyens. Le mot " barbare
" en arabe et en français veut dire : Sauvage. Quant
un enseignant vous déclare que vos parents sont d'origines
sauvages, nous aujourd'hui parents, nous connaissons les ravages
que vous cause ce traumatisme difficilement cicatrisable. Une
mascarade primitive qui ne peut provenir que des incultes. Tout
le monde sait que ses exploitants visaient à ridiculiser
et donc à trafiquer l'influence sur le peuple Amazighe.
Ce dernier, de sa langue Tamazighit, veut dire dans la réalité
: homme noble et émancipé. Le sauvage, c'est plutôt
celui qui incite à l'insulte de la mémoire de ses
propres concitoyens et surtout quand ils sont des enfants inoffensifs
?
C'est pourquoi, nous exigeons l'abolition pure et simple du mot
"barbare"- désignant bien entendu la majorité
du peuple marocain- et le remplacer par sa véritable dénomination
: AMAZIGH.
Nous demandons également à ce que soit bannit des
écoles toutes les formes de discriminations : de couleurs,
de religion, d'idéologie ou des origines. Nous avons relevé
bien des pratiques de ségrégations de la part de
quelques enseignants qui infligent aux enfants des traitements
de distinctions. Nous demandons à ce qu'ils soient cités
devant vos conseils disciplinaires. De notre coté, nous
vous informons que nous les poursuivrons désormais en justice.
L'histoire
Nous avons constaté, avec consternation, que l'histoire
de notre pays, de nos aïeux, et de l'Afrique du nord en générale,
à laquelle nous appartenons, n'est pas le centre d'intérêt
des programmes de nos écoles. Nous connaissons tous, pourtant,
l'utilité fondamentale d'un passé et d'une mémoire
antérieure pour chaque peuple. C'est même futile
de l'étaler ici ! Un peuple qui ne sait pas d'où
il vient ne saura pas où il va. Cependant, le premier contact
de l'enfant marocain avec les leçons de l'histoire - classe
du cinquième primaire - lui parle d'une tribu arabe : "Banou
Koulaib" quelque part au désert d'Arabie. La deuxième
leçon parle d'une autre tribu de la même région.
Ce n'est qu'à la troisième qu'on parle de l'Afrique
du nord pour dire qu'elle était habitée par une
tribu non organisée appelée : Senhaja ! Il y dit
également que notre pays est arabe et musulman depuis la
vingt-deuxième année après l'apparition de
l'islam ! Inculquer des mensonges à des innocents ne serait-il
pas un acte d'aliénation ? Tromper la conscience des enfants
ne serait-il pas un crime tout court ?
L'histoire connue de l'Afrique du Nord tire ses révérences
des milliers d'années. Un passé retentissant fait
par des augustes figures dont les Gaia, Massinissa, Jugerten,
Kuceila, Dihia, Bochus, les Juba et la liste est longue. Une histoire
à foison glorieuse que n'importe quel pays au monde en
ferait non seulement sa condescendance mais également un
jalon dont il tirera des enseignements pour son devenir. Le nôtre,
aveuglé par une idéologie importée, l'a plutôt
repoussé aux confins des oubliettes.
Nous demandons donc à notre pays de se réconcilier
avec lui-même en levant le voile sur son véritable
passé.
Il faudrait que nos enfants apprennent officiellement la vérité
sur les antécédents de leur propre pays dont certains
accords qui avaient drainé l'assassinat des millions de
victimes innocentes notamment : les accords d'Algésiras
en 1908 et ceux de Fès en 1912. D'autres accords ont dénué
à dessein les trois quarts de la population marocaine et
ont froissé le développement de tout un peuple ;
pour exemple l'accord d'Aix-les-bains en France. Des vérités
qu'il ne faudrait surtout pas passer sous silence.
Les nouvelles générations doivent avoir conscience
de la résistance du Rif, celle du moyen Atlas, celle de
l'Est du haut Atlas( Baddou et Hemdoun), celle de Saghro et Bougafer,
Celle de souss, celle d'Ayet Baâmran...etc.
La langue Tamazighet
Pour rester habile ou alors pour le devenir, un peuple doit être
instruit. L'édification réelle ne peut être
nécessairement faite en dehors du prolongement de sa propre
tradition et en l'absence de sa vision propre du monde acquise
dans le cadre de sa propre civilisation et dans celui de sa propre
culture. Il se trouve également qu'une langue donnée
est la locomotive de ces valeurs justement pour chaque peuple.
Par ce biais, on transmet l'âme de sa sagesse, les fondements
de sa pensée et l'héritage multiple de son état
d'être.
Rare dans l'histoire des peuples habiles ceux qui ont labouré
la mer ; c'est à dire ceux pour qui la mémoire est
au compteur zéro.
Après plusieurs siècles d'existences, le peuple
Amazigh, lui, aux valeurs universalistes et humanistes, est maintenu
à la marge de l'héritage de sa civilisation. Voilà
maintenant plus de cinq décennies qu'il n'a droit officiellement
ni à sa langue, ni à sa culture et ni même
d'être cité comme tel depuis 1962. Cela sur la terre
de ses ancêtres ! Il n'est pas chassé non plus de
son territoire mais il est chassé sur son espace. Pour
avoir l'entrée à l'usage de sa langue, le peuple
Amazigh subit toujours des entraves qui ne se comptent plus sur
les doigts d'une seule main dans le cas général.
Ici, à mon sens il reste et de loin le cas le plus complexe,
voire le plus fou ! Oui, à cause de l'école, il
est le plus fou car d'habitude il y a le jeu et l'enjeu, mais
pour Imazighen on leur a administré l'enjeu du jeu. Comment
un peuple civilisé et sédentaire sur sa terre où
il a vu le monde est contraint à participer par ses propres
moyens au gommage de sa propre mémoire ? Comment un peuple
devient-il un ustensile dans l'éradication de sa propre
civilisation pour se démettre de son propre mode de vie
si ce n'est pas par un bourrage de crâne déguisé
en éducation ? Il n'y a pas de démocrate au monde,
il n'y a pas de morale qui se respecte et il n'y a pas non plus
de religion capable de justifier cette mascarade singulière
en son genre. C'est une inculture de penser que Tamazighet est
un mythe et Imazighen sortent de la terre ! Le laisser pour compte
de la langue de la majorité du peuple marocain est une
trahison à la conscience collective de tout le pays.
L'école marocaine doit refléter la maturité
des idées du peuple Amazigh plusieurs fois millénaires
et donc assume le besoin de l'éducation, d'arts, de littérature,
de communication... etc.
C'est pourquoi la langue Tamazighet s'impose et doit être
généralisée positivement et réellement
pour tous les niveaux de l'enseignement de notre pays au même
titre que sa consur arabe.
Le maniement des matières
Nous avons relevé avec stupeur la gestion des matières
par un facteur des coefficients très excentrique. En effet
des matières reconnues de base dans le monde, telles les
mathématiques, ne représentent pour nos écoles
que le un cinquième des autres grandement privilégiées.
Nous notons également, que les matières islamiques
sont multipliées par six ; pour des enfants de six à
dix ans. Les mômes de cet âge ne peuvent pas encore
assimiler toutes les recommandations concurremment. Les mathématiques
sont enseignées, approximativement, en langue arabe pour
un certain épisode. Sachant que, par la suite, elles seront
enseignées en langue française ! C'est pour ce fondement
que nous nous demandons pourquoi une telle aventure au détriment
du sort des enfants ?
Nous demandons donc à ce que les matières de nos
écoles soient gérées par un ordre de mérite
conventionnel, hors de toute incursion idéologique quelle
que soit son origine.
Les enseignants
Sur le terrain, nous avons vu bien des maîtres compétents,
honnêtes et autodidactes ; mais marginalisés et considérés
comme rebelles par leur propre hiérarchie : des directeurs
et des inspecteurs. Par contre, ceux qui n'ont plus lu un seul
livre depuis leur centre de formation sont couverts de largesse.
La compétence, qui devrait être un critère
de choix premier, n'est pas prise en considération par
le système de notre éducation nationale. Pour progresser,
légitimement dans leurs carrières, les enseignants
sont forcés de chercher d'autres formules gagnantes au
détriment de la qualité de la formation.
Nous avons vu également deux maîtres pour une soixantaine
d'écoliers dont six niveaux ; alors que d'autres sont considérés
comme des excédents et s'entassent au quotidien sur des
terrasses des cafés !
Nous avons relevé à ce point, dans des régions
dites " indésirables ", que bien des maîtres
ne travaillent en moyenne que deux à trois mois par an
à la périphérie des régions suivantes
:
Bou Ouzmo
Ayet Hani
Agdal
Amsed
Amellago
Idelsen
Rissani
Alnif
Ces pratiques nous ont amené à nous rendre compte
que certains établissements, ouverts il y a trente ans,
n'ont produit à ce jour que des bergers. Sur des hauteurs
comme au désert, nous avons rencontré des centaines
d'enfants qui n'ont jamais vu un tableau noir.
C'est pourquoi nous vous demandons que l'école nationale
soit pour tous les Marocains sans distinction aucune.
Nous vous faisons part aussi, de la modification délibérée
et abusive des noms de nos écoles. Elles portent, désormais,
des dénominations étrangères d'origines du
Liban, de Syrie, d'Arabie... etc. Nous refusons à ce que
notre mémoire soit biffée et nous vous sollicitons
à ce que nos établissements d'instructions retrouvent
leur postérité naturelle et des appellations nationales.
Le représentant des associations Des parents d'élèves
d'Errachidia, cycle du primaire
M. Zaid Ouchna - Goulmima.
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