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Ne vous étonnez
pas ! Vous avez bien lu ce qui est écrit et j'ai bien voulu
dire ce que j'ai écrit.
La dichotomie entre
mot Arabe et mot Berbère, je la fais. Pourtant, la confusion
existe. Détrompez vous, il ne s'agit pas uniquement de
moi mais d'un tas de jeunes marocains qui se sont rarement posé
la question sur l'origine des mots
Surtout quand les livres
d'histoires ne les évoquent pas voire même que les
mots ne soient plus au goût du jour. Ce n'est donc qu'au
cours de discussion avec de vieux loups que les louveteaux sortent
de leur ignorance. Sans doute, est ce pour cela que l'étymologie
existe. Que Dieu ne nous prive pas de la mémoire des vieux
!
Bien des villes marocaines
ont reçu un imperceptible cachet berbère jusqu'à
même se tailler un nom de son vocabulaire ! Je ne les énumérerai
pas. Cependant, je me pencherai sur une découverte personnelle
du même registre.
Casablanca, ville tumultueuse
et changeante, métropole marocaine est le pôle indéniable
de l'économie du Maroc. Elle n'a de semblable sur tout
le royaume de par son développement. La ville est devenu,
au fil du temps, un melting-pot, regorgeant d'habitants venus
presque de tout le Maroc. Si bien même que Casablanca, à
mes yeux, était assez nouvelle pour avoir une histoire
datée de centaines de centenaires. Son nom n'a rien de
berbère, effectivement. Traduite fidèlement, celui-ci,
hérité par la suite d'un antécédent
espagnol, signifie Maison Blanche. A mon grand étonnement,
la ville traîne bien une histoire berbère au moins
derrière le nom d'une de ces communes, Anfa. Anfa, mot
berbère chleuh m'a-t-on dit, signifie le sommet de la montagne.

Grand saut en arrière
vers le 11ème siècle. La maison blanche, sous le
nom d'Anfa, n'était alors pas aussi blanche que l'on pourrait
prétendre. Une tribu berbère, les Berghouata, y
avait élu domicile. L'emplacement était des plus
stratégiques. Bordée par l'océan atlantique,
elle était facilement le lieu de négoce avec les
Européens et la loge des pirates. A la tête de la
peuplade, une princesse nommée El Beyda exerçait
ses fonctions de chef ethnique despote, rapporte le Bimensuel
Marocain Madinati (1). Sa beauté
était grandiose autant que sa tyrannie. Néanmoins,
la destinée du Chef sera plus tard, selon M. Akhmisse (2),
bouleversée par la rencontre avec le wali Sidi Belyout,
encore le nom d'une autre commune. En effet, l'homme de foi musulmane
se sentait la mission de répandre la bonne parole et de
montrer le droit chemin partout où il allait. Le Saint
Homme, arrivant à Anfa, voulut faire de même. Il
désira voir la fieffée des pirates. Et ce fut le
coup de foudre. Frappait-il à cette époque là
?!
Et comme toutes les
belles histoires d'amour, ils se marièrent. Elle abandonna
son règne pour se vouer à la droiture absolue. Le
couple s'installa à Anfa dans une maison blanchie à
la chaux qui porta depuis le nom de la mariée, Dar El Beyda.
Paradoxalement, Dar El Beyda signifie littéralement la
Maison Blanche.
Plus tard, Anfa sera
Dar El Beyda, nom qu'elle gardera en arabe, Casa Branca avec les
Portugais qui vinrent par la suite et enfin deviendra celle que
l'on connaît aujourd'hui Casablanca. N'est-ce pas étrange
que le lot des mots, transmis au fil des civilisations, attachés
à des histoires insoupçonnées ? Sans doute,
ne faudrait-il jamais admettre comme acquis un mot sans auparavant
se poser la question "pourquoi ce nom ?".
El_safia
(1) Madinati, N°7,
du 1er au 15 Mai 2005.
(2) Cf. " Rites et
secrets des marabouts à Casablanca " de Mustapha Akhmisse
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