ACCUEIL Activités associatives Toute notre actualité Brèves Liens

 

Contact :

Association culturelle N'Imazighen

Bruxelles

Rédaction

 

 

Qui sommes-nous ? Quand un groupe de personnes a enfin décidé de fonder en Belgique une association culturelle amazighe en avril 1994, bien des gens se sont demandés pourquoi une organisation de façade où l'on ne retrouvera qu'une poignée de Kabyles qui finiront de toute façon au bout de quelques mois par exploser pour ensuite se déchirer.
Il fallait se montrer prudent, ne pas se précipiter pour rejoindre ce groupe qualifié de division entre Algériens, de semeurs de troubles, mieux valait attendre la suite des événements pour voir à l'œuvre le savoir-faire de cette équipe hétéroclite composée de rigolos. Ainsi l'équipe était déjà jugée et condamnée avant même d'entrer en action.

Cependant, ce groupe avait réellement de bonnes intentions et animé par la seule volonté de combler un grand vide dans cette capitale de l'Europe qu'est Bruxelles, en s'efforçant modestement d'assurer la présence amazighe en Belgique et rien de plus. Le programme était réduit à sa plus simple expression, facile à concrétiser même si les objectifs contenus dans les statuts dégageaient quelques ambitions. La première intention était d'ouvrir un cours de langue berbère dans un centre culturel de la ville de Bruxelles, d'organiser certaines manifestations afin de réhabiliter les fêtes et traditions amazighes, comme YENNAYER le nouvel An berbère, la fête des fleurs associée à la journée internationale de la femme et bien évidemment commémorer dignement l'anniversaire du " Printemps berbère " en hommage aux événements du mois d'avril 1980 qui ont vu l'émergence de l'identité amazighe éclater en plein jour.

Ce n'était certainement pas pour répondre à une espèce de mode qui voyait les associations amazighes fleurir un peu partout en Europe et en Afrique du Nord, mais bien pour relever ce défi et mener à bien cette entreprise. Il n'était nullement question de regrouper tout le monde autour d'une idéologie, de s'improviser sous forme syndicale, connaissant la méfiance et l'indifférence de nos " amis " kabyles, libre à tout un chacun de venir et de …partir.

Voilà donc en gros pourquoi la naissance de l'association culturelle n'Imazighen de Belgique a vu le jour et ses statuts enregistrés, dans les deux langues nationales du pays, publiés officiellement dans le " Moniteur Belge " (Journal Officiel), un 20 avril 1994. C'était là l'essentiel de nos principales motivations. Personne dans le groupe n'avait l'intention de nuire et encore moins de diviser quiconque surtout que, si l'on considère ceux qui propageaient l'idée de l'union étaient plutôt des individualistes et égoïstes notoires.

Depuis le 20 avril 2005 cela fait exactement 11 ans que l'association culturelle n'Imazighen occupe le terrain en Belgique, son bulletin d'information trimestriel Tiziri édité à temps et régulièrement, son prochain n° 41 sortira dans la première semaine du mois d'octobre 2005. Une centaine (100) d'exemplaires de cette revue sont, à chaque parution, expédiés gratuitement en Algérie et 25 au Maroc à des associations et enseignants de tamazight.

Si l'association n'Imazighen n'existait pas, il faudrait l'inventer !

L'équipe avait naturellement besoin d'un petit journal c'est ainsi que TIZIRI (Clair de lune) est devenu le bulletin d'information de l'association culturelle n'Imazighen et a pour objectif la diffusion la plus large possible de tout ce qui concerne et se rapporte à la culture amazighe.
Tiziri se veut être également l'interprète et le fidèle reflet de l'identité amazighe, le cri de révolte d'une culture bafouée et la frustration d'une langue volontairement occultée.

La langue et la culture amazighes représentent incontestablement la composante essentielle de notre identité et du patrimoine culturel algérien, une grande richesse de notre passé, notre présent et notre avenir. Une société qui se veut démocratique ne peut plus continuer décemment à les refouler, faire semblant de les ignorer si elle désire vivre en parfaite symbiose avec la majorité de son peuple.

Qu'est-ce qu'être Amazigh aujourd'hui et comment le rester ?
Salem Chaker écrit : " Etre amazigh et vouloir le rester est un acte militant, culturel, scientifique, éminemment politique. L'avenir des Amazighs dépend plus que jamais de leur rapport aux éléments constitutifs de leur identité (…) face à une situation difficile marquée par la scolarisation dans les langues autres que maternelle, les médias, les institutions, qui accélèrent la destruction (…) et ne lui laissent qu'une seule alternative : disparaître ou survivre dans le folklore. En dépit de cela, la langue et la culture amazighes résistent par elles-mêmes, mais jusqu'à quand ?
La lourde responsabilité incombe à l'intellectuel amazighophone, dont la mission est de briser le cercle idéologique de l'arabisme réducteur et d'imposer la légitimité de la langue et la culture des Imazighen dans un Maghreb présent et à venir ".

La dernière déclaration faite à Tizi-Ouzou par A. Bouteflika confirme la même vision réductrice appliquée par les tenants de l'arabo-islamisme au pouvoir et vient de renvoyer la reconnaissance officielle de la langue amazighe aux calendes grecques. Il n'a pas encore digéré sa fuite de cette ville suite aux jets de pierres lancés par les jeunes contestataires kabyles en 1999, après une mise en scène digne du temps du parti unique et inique du temps du dictateur Boumediene, Bouteflika s'est présenté en Emir arrogant pour narguer et insulter la Kabylie, sachant pertinemment bien qu'en s'attaquant à cette région, il est certain de s'allier le reste de l'Algérie. Ainsi tout sera prêt pour la prochaine mascarade électorale, quoi de plus normale que d'exprimer sa haine légendaire contre les Kabyles et d'afficher sa vision raciste de la Kabylie qu'il doit probablement traîner depuis sa planque à Oujda durant la guerre de libération nationale.

Pas un seul mot n'a été entendu sur les 125 jeunes kabyles assassinés durant les événements du printemps noir par la gendarmerie " nationale " au seul service de Bouteflika orchestrés par son fidèle serviteur et ministre de l'Intérieur Zerhouni, ce sont eux les premiers véritables responsables de ces crimes. Le premier en tant que chef des armées et ministre de la Défense, la gendarmerie est attachée et dépend de ce ministère, le second en tant que responsable des forces de l'ordre ou plutôt du désordre en accordant un permis de tuer avec utilisation d'armes de guerre contre des jeunes manifestants pacifiques.

Il ne peut y avoir une ouverture démocratique dans la vie politique algérienne tant que la négation et l'exclusion de tamazight resteront les seuls mots d'ordre du pouvoir arabo-islamisme car nous assistons bien à une recomposition d'une alliance entre l'intégrisme radical et les conservateurs-revenchards de l'ex-parti unique le néo FLN.

Cependant, quoi que fasse ce pouvoir corrompu et incompétent, les Kabyles demeureront amazighs, Africains du nord et méditerranéens, personne ne réussira à nous " arabêtiser ".

Enfin, pourquoi créer un site amazigh … un de plus à partir de Bruxelles ?

C'est assez simple pour celui qui veut comprendre, se rendre à l'évidence que nous sommes dans l'air du temps, celui des routes et autoroutes de l'information et de l'informatique. En effet, comment communiquer, promouvoir la langue et culture amazighes, diffuser ses nouvelles sur nos manifestations culturelles organisées à Bruxelles ou dans villes de Belgique en se passant du Net ? Quand une association ne possède point ou peu de moyens financiers pour se permettre d'expédier un courrier à chaque personne répertoriée sur son mailing, il est plus judicieux et sûr de passer par des e-mails qui ne coûtent presque rien comparer à l'expédition postale.

Nous serons libres d'annoncer notre couleur, affiches et pubs sur nos manifestations sans ne devoir rien à personne, la communauté berbérophone intéressée par nos activités consulteront notre site qui s'ajoutera à d'autres médias existants. Nous ne connaissons pas, jusqu'à présent du moins, l'existence d'un quotidien spécifique qui s'adresse uniquement aux berbérophones les informant des actualités ou fêtes amazighes.

Le seul lien simple, rapide, efficace pour les Imazighen est encore le Net, d'où l'intérêt pour les associations amazighes d'ici et d'ailleurs de créer chacune son moyen de diffusion.

C'est pour toutes ces raisons que l'association culturelle n'Imazighen lance son propre site.

Chérif Hamdis

Agenda