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fallait se montrer prudent, ne pas se précipiter pour rejoindre
ce groupe qualifié de division entre Algériens, de
semeurs de troubles, mieux valait attendre la suite des événements
pour voir à l'uvre le savoir-faire de cette équipe
hétéroclite composée de rigolos. Ainsi l'équipe
était déjà jugée et condamnée
avant même d'entrer en action.
Cependant, ce groupe
avait réellement de bonnes intentions et animé par
la seule volonté de combler un grand vide dans cette capitale
de l'Europe qu'est Bruxelles, en s'efforçant modestement
d'assurer la présence amazighe en Belgique et rien de plus.
Le programme était réduit à sa plus simple
expression, facile à concrétiser même si les
objectifs contenus dans les statuts dégageaient quelques
ambitions. La première intention était d'ouvrir
un cours de langue berbère dans un centre culturel de la
ville de Bruxelles, d'organiser certaines manifestations afin
de réhabiliter les fêtes et traditions amazighes,
comme YENNAYER le nouvel An berbère, la fête des
fleurs associée à la journée internationale
de la femme et bien évidemment commémorer dignement
l'anniversaire du " Printemps berbère " en hommage
aux événements du mois d'avril 1980 qui ont vu l'émergence
de l'identité amazighe éclater en plein jour.
Ce n'était certainement
pas pour répondre à une espèce de mode qui
voyait les associations amazighes fleurir un peu partout en Europe
et en Afrique du Nord, mais bien pour relever ce défi et
mener à bien cette entreprise. Il n'était nullement
question de regrouper tout le monde autour d'une idéologie,
de s'improviser sous forme syndicale, connaissant la méfiance
et l'indifférence de nos " amis " kabyles, libre
à tout un chacun de venir et de
partir.
Voilà donc en
gros pourquoi la naissance de l'association culturelle n'Imazighen
de Belgique a vu le jour et ses statuts enregistrés, dans
les deux langues nationales du pays, publiés officiellement
dans le " Moniteur Belge " (Journal Officiel), un 20
avril 1994. C'était là l'essentiel de nos principales
motivations. Personne dans le groupe n'avait l'intention de nuire
et encore moins de diviser quiconque surtout que, si l'on considère
ceux qui propageaient l'idée de l'union étaient
plutôt des individualistes et égoïstes notoires.
Depuis le 20 avril
2005 cela fait exactement 11 ans que l'association culturelle
n'Imazighen occupe le terrain en Belgique, son bulletin d'information
trimestriel Tiziri édité à temps et régulièrement,
son prochain n° 41 sortira dans la première semaine
du mois d'octobre 2005. Une centaine (100) d'exemplaires de cette
revue sont, à chaque parution, expédiés gratuitement
en Algérie et 25 au Maroc à des associations et
enseignants de tamazight.
Si l'association n'Imazighen
n'existait pas, il faudrait l'inventer !
L'équipe avait
naturellement besoin d'un petit journal c'est ainsi que TIZIRI
(Clair de lune) est devenu le bulletin d'information de l'association
culturelle n'Imazighen et a pour objectif la diffusion la plus
large possible de tout ce qui concerne et se rapporte à
la culture amazighe.
Tiziri se veut être également l'interprète
et le fidèle reflet de l'identité amazighe, le cri
de révolte d'une culture bafouée et la frustration
d'une langue volontairement occultée.
La langue et la culture
amazighes représentent incontestablement la composante
essentielle de notre identité et du patrimoine culturel
algérien, une grande richesse de notre passé, notre
présent et notre avenir. Une société qui
se veut démocratique ne peut plus continuer décemment
à les refouler, faire semblant de les ignorer si elle désire
vivre en parfaite symbiose avec la majorité de son peuple.
Qu'est-ce qu'être
Amazigh aujourd'hui et comment le rester ?
Salem Chaker écrit : " Etre amazigh et vouloir le
rester est un acte militant, culturel, scientifique, éminemment
politique. L'avenir des Amazighs dépend plus que jamais
de leur rapport aux éléments constitutifs de leur
identité (
) face à une situation difficile
marquée par la scolarisation dans les langues autres que
maternelle, les médias, les institutions, qui accélèrent
la destruction (
) et ne lui laissent qu'une seule alternative
: disparaître ou survivre dans le folklore. En dépit
de cela, la langue et la culture amazighes résistent par
elles-mêmes, mais jusqu'à quand ?
La lourde responsabilité incombe à l'intellectuel
amazighophone, dont la mission est de briser le cercle idéologique
de l'arabisme réducteur et d'imposer la légitimité
de la langue et la culture des Imazighen dans un Maghreb présent
et à venir ".
La dernière
déclaration faite à Tizi-Ouzou par A. Bouteflika
confirme la même vision réductrice appliquée
par les tenants de l'arabo-islamisme au pouvoir et vient de renvoyer
la reconnaissance officielle de la langue amazighe aux calendes
grecques. Il n'a pas encore digéré sa fuite de cette
ville suite aux jets de pierres lancés par les jeunes contestataires
kabyles en 1999, après une mise en scène digne du
temps du parti unique et inique du temps du dictateur Boumediene,
Bouteflika s'est présenté en Emir arrogant pour
narguer et insulter la Kabylie, sachant pertinemment bien qu'en
s'attaquant à cette région, il est certain de s'allier
le reste de l'Algérie. Ainsi tout sera prêt pour
la prochaine mascarade électorale, quoi de plus normale
que d'exprimer sa haine légendaire contre les Kabyles et
d'afficher sa vision raciste de la Kabylie qu'il doit probablement
traîner depuis sa planque à Oujda durant la guerre
de libération nationale.
Pas un seul mot n'a
été entendu sur les 125 jeunes kabyles assassinés
durant les événements du printemps noir par la gendarmerie
" nationale " au seul service de Bouteflika orchestrés
par son fidèle serviteur et ministre de l'Intérieur
Zerhouni, ce sont eux les premiers véritables responsables
de ces crimes. Le premier en tant que chef des armées et
ministre de la Défense, la gendarmerie est attachée
et dépend de ce ministère, le second en tant que
responsable des forces de l'ordre ou plutôt du désordre
en accordant un permis de tuer avec utilisation d'armes de guerre
contre des jeunes manifestants pacifiques.
Il ne peut y avoir une ouverture démocratique dans la vie
politique algérienne tant que la négation et l'exclusion
de tamazight resteront les seuls mots d'ordre du pouvoir arabo-islamisme
car nous assistons bien à une recomposition d'une alliance
entre l'intégrisme radical et les conservateurs-revenchards
de l'ex-parti unique le néo FLN.
Cependant, quoi que
fasse ce pouvoir corrompu et incompétent, les Kabyles demeureront
amazighs, Africains du nord et méditerranéens, personne
ne réussira à nous " arabêtiser ".
Enfin, pourquoi créer
un site amazigh
un de plus à partir de Bruxelles
?
C'est assez simple
pour celui qui veut comprendre, se rendre à l'évidence
que nous sommes dans l'air du temps, celui des routes et autoroutes
de l'information et de l'informatique. En effet, comment communiquer,
promouvoir la langue et culture amazighes, diffuser ses nouvelles
sur nos manifestations culturelles organisées à
Bruxelles ou dans villes de Belgique en se passant du Net ? Quand
une association ne possède point ou peu de moyens financiers
pour se permettre d'expédier un courrier à chaque
personne répertoriée sur son mailing, il est plus
judicieux et sûr de passer par des e-mails qui ne coûtent
presque rien comparer à l'expédition postale.
Nous serons libres
d'annoncer notre couleur, affiches et pubs sur nos manifestations
sans ne devoir rien à personne, la communauté berbérophone
intéressée par nos activités consulteront
notre site qui s'ajoutera à d'autres médias existants.
Nous ne connaissons pas, jusqu'à présent du moins,
l'existence d'un quotidien spécifique qui s'adresse uniquement
aux berbérophones les informant des actualités ou
fêtes amazighes.
Le seul lien simple,
rapide, efficace pour les Imazighen est encore le Net, d'où
l'intérêt pour les associations amazighes d'ici et
d'ailleurs de créer chacune son moyen de diffusion.
C'est pour toutes ces
raisons que l'association culturelle n'Imazighen lance son propre
site.
Chérif Hamdis
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