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GOUVERNEMENT PROVISOIRE KABYLE
Devoir de vacances au président de l’Assemblée populaire nationale (APN)
algérienne
A
l’occasion de son discours de clôture de la session de printemps, le 22 juillet
dernier, le Président de l’Assemblée populaire nationale (APN) algérienne, A.
Ziari, a tenté de diaboliser les visée autonomistes du MAK, du Gouvernement
Provisoire Kabyle, l’Anavad et de son Président Ferhat Mehenni.
Est-il surprenant, dans un pays où le système éducatif est en complète
déliquescence, où la formation professionnelle reste une notion abstraite, où
le système universitaire est tombé en dessous du niveau de l’indigence, que le
Président de l’assemblée ne sache rien des notions les plus
fondamentales du droit ?
Est-il étonnant, dans un pays qui subventionne et finance à tour de bras
mosquées et autres édifices islamiques, où la priorité reste l’installation de
plus de 150 imams fondamentalistes pour "rééduquer" la Kabylie, que
le Président de l’assemblée populaire nationale ressorte les plus vieilles
antiennes et les mensonges
les plus éculés concernant la Kabylie ?
Il
est certes difficile quand on n’a pas été baigné dans une culture de tolérance,
d’accueil, d’ouverture et de respect, de comprendre le combat des militants
kabyles engagés en faveur du droit le plus fondamental qui est l’aspiration
pour tout peuple à s’autogouverner et à choisir son propre modèle politique,
économique, social et idéologique. Il est beaucoup plus simple effectivement de
déclarer que c’est la main de l’étranger qui est sans cesse derrière la moindre
revendication émanant de la Kabylie.
Ces arguments surannés n’enlèveront rien à la réalité de la Kabylie,
stigmatisée de tout temps et niée dans son existence par le pouvoir algérien
depuis 1962. C’est également ce type de déclaration dangereuse qui participe à
la radicalisation des discours et pousse à l’imploser du pays.
La Kabylie a une très forte identité et le peuple kabyle veut s’autogouverner
loin de ceux qui le répriment, tuent ses enfants, brûlent ses oliveraies, sabotent
son économie et lui envoient des
bataillons de soldats et de
salafistes.
Le président de l’assemblée était resté muet en 2001 quand le bras armé du
régime d’Alger tirait à balles réelles sur les jeunes manifestants kabyles.
Aussi, les Kabyles ne lui reconnaissent aucun droit sur les aspirations
légitimes et profondes de notre nation, lui qui préside une assemblée croupion
qui s’affiche comme le symbole même du déni de démocratie en Algérie. Il a par
ailleurs cautionné le viol d’une constitution, en volant la vedette aux
républiques bananières, instituant une grotesque présidence à vie de l’Algérie.
Masquer ainsi son incompétence, sa compromission et sa trahison des principes
fondateurs de la République en invoquant le peuple algérien "uni"
derrière
des corrompus n’est en
réalité qu’un acte de diversion.
L’avenir
lui montrera très vite à quel point la voie de la libération et l’émergence d’une
nation
kabyle est « crédible » tant
elle va dans le sens de l’Histoire.
Vive la Kabylie libre.
Vive le peuple kabyle.
Paris, le 24 juillet 2010.
Le Porte-parole du Gouvernement - Makhlouf Idri
GOUVERNEMENT PROVISOIRE
KABYLE
PROVISIONAL GOVERNMENT OF KABYLIA
Libération de
l’entrepreneur kidnappé en Kabylie :
Une
mobilisation citoyenne exemplaire
A la suite de la libération de Lounès,
entrepreneur kabyle kidnappé il y a 8 jours par un groupe armé, l?ensemble des
membres de l’Anavad (Gouvernement provisoire kabyle) a manifesté son soutien et
adressé ses plus chaleureuses félicitations aux comités de Villages d’At
Jennad. Quelques minutes après cette heureuse nouvelle, le Président, Ferhat
Mehenni, les a contactés par téléphone pour les féliciter personnellement,
redire qu’elle est uniquement l’aboutissement de l’exceptionnelle mobilisation
citoyenne et partager la joie de cette issue heureuse. Les habitants du Aarch
d’At Jennad et des environs se sont ainsi mobilisés sans relâche dès les
premières heures et de manière exemplaire face à l’incurie d’un état algérien
incapable d’assurer les libertés les plus fondamentales, et notamment la
sécurité. En exigeant cette libération sans conditions, en organisant des
manifestations populaires et des grèves, les habitants ont permis non seulement
de libérer le jeune homme de 35 ans mais il donne également un signal fort aux
groupes armés quant à la détermination de la Kabylie contre ces rapts et contre
ces injustices.
L’Anavad se réjouit de cette libération
obtenue grâce à la formidable mobilisation citoyenne et félicite les
protagonistes de leur civisme et de leur détermination. La Kabylie montre ainsi
toujours plus qu’elle reste fondamentalement autonome quant aux voies et moyens
qu’elle met en œuvre pour soigner ses maux et conjurer le sort qui s’acharne
sur ses habitants.
L’Anavad s’attèle d’ores et déjà à remettre
en œuvre les mécanismes sécuritaires propres à la Kabylie.
La seule voie de salut reste celle de
l’autonomie, les autorités algériennes étant incapables de mettre un terme aux
kidnappings, rapts et rapines de toute sorte..
Vive la Kabylie libre et autonome.
Paris, le 13 juillet 2010.
Makhlouf IDRI -
P/Porte-parole du Gouvernement
porte-parole@kabylie-gouv.org
http://www.anavad.org
GOUVERNEMENT
PROVISOIRE KABYLE
Kabylie - 5
juillet 1962 : Le rêve devenu cauchemar
Le 5
juillet évoque pour la Kabylie deux événements historiques d’un même drame : La
perte de sa souveraineté. Par l’invasion coloniale en 1830 qu’elle avait
contenue pendant plus de quarante ans, et l’indépendance confisquée en 1962 par
la force brutale du pouvoir algérien.
La
Kabylie bafouée et martyrisée depuis 48 ans ne peut se reconnaître dans une
date anniversaire qui a inauguré pour elle une nouvelle colonisation pire que
celle dont elle venait de se défaire au prix d’indicibles souffrances. Elle ne
donc peut célébrer une date qui a doublement fait son malheur.
La
guerre de Kabylie, de fin septembre 1963 à la mi-mars 1964, a définitivement dressé
le peuple kabyle contre le pouvoir algérien.
Le
fossé qui les sépare aujourd’hui est un abîme de souffrance engendrée par cette
répression antikabyle aussi vieille que l’Algérie « indépendante ». L’acharnement
du pouvoir algérien à gommer la langue et l’identité kabyles n’a d’égale que la
détermination du peuple qui les porte à arracher sa reconnaissance officielle
et la plénitude de ses droits légitimes.
La
Kabylie qui a payé le prix le plus fort pour l’indépendance du pays ne peut
pardonner à l’Algérie officielle les 400 morts de 1963-64, l’exil de ses hommes
politiques, les souffrances de 1980, le boycott scolaire et tous les
assassinats ayant ciblé nos hommes politiques et nos intellectuels et qui n’ont
pas épargné les 128 victimes du Printemps Noir (2001-2003). Tel est le bilan de
ces 48 ans de chaines et de malheur que l’Algérie officielle exhibe comme
trophée, haut-fait d’armes.
La
Kabylie porte, dans sa chair et dans son âme, toutes les épreuves sanglantes et
les humiliations qu’elle a subies depuis l’indépendance de l’Algérie, comme sa
plus belle parure sur le front de sa mémoire.
Elle n’oubliera
jamais que c’est le 5 juillet 1962 que son rêve de liberté s’est transformé en
un horrible cauchemar de répression, de déni et de dictature.
Aujourd’hui,
c’est au nom de toutes ses douleurs qu’elle exige repentance de la part de l’Algérie
officielle et qu’elle se fraye son chemin d’émancipation de la tutelle morbide
d’un pouvoir criminel.
En se
dotant d’un Gouvernement Provisoire Kabyle, l’Anavad, comme elle dota hier l’Algérie
d’un GPRA, elle sait que le jour n’est pas loin où elle se réconciliera avec
son environnement politique immédiat, mais avant tout, dans le respect de ses
propres valeurs, de sa propre identité et de sa liberté.
Le
Gouvernement Provisoire kabyle lance un appel aux villages et aux quartiers
kabyles pour se tenir à l’écart des « réjouissances » célébrant la domination
antikabyle. Il les invite à se rapprocher davantage de l’Anavad pour que
celui-ci subventionne en partie leurs projets dans les domaines de la langue et
de la culture, de l’eau et de l’électricité.
Avec le
Gouvernement kabyle, le rêve est de nouveau permis.
Vive la Kabylie libre et
autonome
Vive l’Anavad
Pour le gouvernement provisoire
kabyle en exil
Le Président, Ferhat At Siid
Site internet de l'Anavad, le Gouvernement Provisoire Kabyle :
http://www.kabylie-gouv.org
KABYLIE : UNE AUTONOMIE DE FAIT
Mobilisation At Jennad
Le 30 octobre 2010, un citoyen du village Isennajen a été
kidnappé par des individus armés qui ont exigé une rançon de 700 millions de
centimes contre sa libération. Une mobilisation générale des citoyens des
villages des Iflisen a été décrétée le samedi 31 octobre, au lendemain de l’enlèvement.
Le lundi 2 novembre la victime a été libérée sans condition.
Le 22 mars 2010, un vieil homme de 80 ans est kidnappé au
village At Kufi (Boghni). Les citoyens de la région appellent à une
mobilisation citoyenne pour traquer les ravisseurs. Devant la détermination
inébranlable des populations, la victime a été libérée sans conditions après 25
jours de séquestration.
Après ceux d’Iflissen et d’At Koufi, les citoyens d’At Jennad
prennent à leur tour leur responsabilité en décidant d’une mobilisation
générale afin de faire libérer un jeune citoyen entrepreneur enlevé par un
groupe de personnes armées.
Depuis l’émergence de ce phénomène inconnu en terre kabyle et
sa récurrence quasi hebdomadaire, le MAK a, à chaque fois, mis l’état algérien
en responsabilité d’assurer la sécurité du peuple kabyle avec l’ensemble des
moyens dont il dispose. Devant la passivité des forces militaires et policières
installées en surnombre sur le territoire kabyle face à la recrudescence des
assassinats, des incendies volontaires et des rapts des citoyens, il en a
appelé à l’opinion.
Sur le terrain, les militants et sympathisants du MAK
participent solidairement et activement aux actions décidées par les assemblées
citoyennes dans le cadre de l’autodéfense qui s’est imposée au peuple kabyle.
Aujourd’hui, en Kabylie, l’État refuse délibérément d’assumer
sa première mission qui est celle d’assurer la sécurité des citoyens. Au
contraire de cela, il déploie des moyens militaires et policiers démesurés et
ostentatoires dans le seul but d’inspirer la peur parmi les populations. La
dernière décision de l’Etat algérien de confisquer un financement du
gouvernement canadien destiné à la Kabylie dans le cadre d’un programme du PNUD
pour l’environnement est l’expression ultime de l’oppression qu’il affiche à l’endroit
du peuple kabyle en même temps qu’un mépris pour des élus locaux qui prennent
enfin la mesure de la vacuité de leur représentation dans le système politique
algérien actuel.
La prise de conscience générale de notre peuple est aujourd’hui
l’éclatante démonstration de la justesse des fondements politiques du MAK et du
sens civil et civique de son combat.
Le MAK salue le courage et la détermination des citoyens d’At
Jennad. Comme pour les agressions perpétrées à At Wasif, Tirmitine, Vuandas,
Iflisen, At Kufi, ses militants et sympathisants se tiennent à leurs côtés avec
tous les moyens dont ils disposent. Votre mobilisation d’aujourd’hui est le
signe annonciateur de la très prochaine autodétermination de notre peuple,
droit naturel qu’aucune force ne pourrait contrarier.
Le MAK et le Gouvernement Provisoire Kabyle (ANAVAD) sont d’ores
et déjà à pied d’œuvre pour étudier les voies et moyens d’assurer la sécurité
permanente du peuple kabyle.
Vive la Kabylie
libre et autonome. Vive le peuple kabyle.
Kabylie, le 7
juillet 2010
Pour le MAK, le
Président PI, Mohand Larvi Tayev
TIMANIT I TMURT N IQVAYLIYEN
MOUVEMENT POUR L’AUTONOMIE
DE LA KABYLIE
CARAVANE D’HONNEUR DU
MAK
AFFIRMATION DE LA
KABYLITÉ
Dix
heures du matin. Place de Tizi n Wuccen où sont érigées les stèles dédiées aux
martyrs Matoub Lounès et Amezyan Mehenni. Les militants du MAK prennent place.
Ce point de départ de la Caravane d'Honneur du peuple Kabyle a été choisi en
raison de la symbolique que représentent ces 2 martyrs tombés à 5 ans d’intervalle
pour un idéal partagé.
En
ce jour de samedi 17 avril 2010, comme une symphonie non écrite mais exécutée
avec brio par tous ses acteurs dont aucun rôle n'est consigné mais compris par
tout un chacun, les militants du Mouvement pour l'Autonomie de la Kabylie,
armés de leur abnégation et de leur conviction se sont ébranlés à travers la
Kabylie du sud-est pour saluer, chérir et conforter les citoyens de Azazga,
Ifigha, At Vughda, At Issad, At Wizgan, At Zik, At Illulen Umalu, Iferhunen,
Micli, Larvâa n At Yiraten, Irdjen, Tizi Wezzu. La liste est longue des
agglomérations où fusaient des hourras et des youyous en leur honneur. La
procession d?une trentaine de véhivules bariolées de drapeaux kabyles et de
posters de Ferhat Mehenni a eu souvent du mal à se frayer un chemin parmi les
citoyens sympathisants qui ne pouvaient trouver d’expression qu’à travers la
soif d’avoir une relique de drapeau ou de poster de cette épopée qu’ils sentent
instinctivement comme le prélude à leur propre libération.
En
cours de ce périple, la Caravane d’Honneur de la Kabylie n’a subi aucune
malveillance de la part des services de sécurité. Connaissant la propension du
régime à user de la répression et de la rétention à tout-va, il était important
de le souligner.
En
cette journée du 17 avril 2010, le Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie a
démontré de façon responsable et solidaire à tous les Algériens que la Kabylie
est résolue à arracher son autonomie. Cette démonstration n’est pas pour se
départir des peuples algériens mais au contraire, de les conforter dans leur
droit à disposer chacun, de ses prérogatives et de sa libre gouvernance.
Hier
comme aujourd’hui, durant la guerre et en indépendance, la Kabylie, fer de
lance de la libération, reste solidaire
de tous ces peuples qui composent aujourd’hui l’Algérie que seule le régime
continue de nier.
Le
MAK remercie les acteurs parmi ses cadres qui ont proposé et mené à bien ce
pèlerinage qui est compris et assimilé par nos citoyennes et citoyens comme une
communion à laquelle ils ont adhéré de bout en bout de la procession.
LA
KABYLIE EST LIBRE. ELLE LE SAIT MAINTENANT.
L’Etat
algérien est en train de commettre un crime contre la Kabylie
L’Etat
algérien est en train de commettre un crime contre la Kabylie. N’ayant pu la
dompter, les détenteurs du pouvoir ont alors décidé de l’anéantir. Et le pire est à venir à moins
que le peuple kabyle décide de riposter à la mesure de l’agression dirigée
contre lui en réussissant à déjouer le plan machiavélique élaboré dans les
laboratoires des hautes sphères et mis à exécution depuis plus d’une dizaine
d’années. Les Kabyles doivent effectivement se poser au moins deux questions
jugées comme fondamentales.
La
première : pourquoi seuls les forêts et bois de la Kabylie demeurent «des
fiefs terroristes» ?
La
seconde : pourquoi l’islamisme ne cesse d’envahir la Kabylie, à commencer
par la ville de Tizi-Ouzou appelée communément la capitale du Djurdjura ?
Tentons
un tant soit peu de répondre à la première question ! La présence de
«terroristes» dans les maquis de Kabylie signifie avant tout que la région
n’est pas sécurisée. Et par conséquent, elle ne peut être que fuie par des
investisseurs. Le dernier acte «terroriste» ayant ciblé des vigiles d’une
entreprise algéro-turque dans le département de Béjaia en est un petit exemple.
Cela sans compter les opérations de kidnappings qui se comptent par dizaines ou
des faux barrages qui sont dressés par des bandits portant un armement de
guerre. En somme, les commanditaires des attentats terroristes et autres actes
relevant du brigandage, poussés par le désespoir, tentent de faire détacher le
peuple kabyle de sa première et unique représentation politique légitime :
le Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie (MAK). La deuxième
explication : l’Etat algérien aurait le loisir de présenter le peuple
kabyle vis-à-vis de l’opinion internationale comme un peuple terroriste et
sauvage. Si seulement un tel argument était retenu par les nations unies, il
faudrait longtemps au peuple kabyle pour réussir à s’en disculper. A la
deuxième question, à savoir, rappelons-le, l’islamisme qui progresse de jour en
jour en Kabylie, celui-ci est présenté en premier lieu comme la principale
source du terrorisme. En deuxième lieu, l’Etat algérien le destine à casser la
dynamique et l’essence kabyles. En effet, il est connu qu’un islamiste, même
d’origine kabyle, se donne l’identité d’un arabo-musulman et ses origines
historiques, il ne peut en aucun cas les
situer au-delà de l’avènement de l’islam. En somme, l’Etat algérien exécute son
crime contre le peuple kabyle idéologiquement, économiquement, socialement,
culturellement, administrativement et militairement. Le siège de la préfecture
de Tizi-Ouzou est devenu un véritable bunker. La route jouxtant l’ex-jardin se
trouvant en face la maison de la culture est fermée à la circulation
automobile. D’énormes blocs de ciment sont dressés au milieu de la chaussée. En
voyant de tels obstacles, un étranger aurait le sentiment que le pays est en
guerre. Avoir accès à la préfecture, relève des Ecuries d’Augias. Avec un excès
de zèle, les vigiles dont bon nombre d’entre eux sont recrutés dans les milieux
de voyous et malfrats vous font voir des vertes et des pas mûres. En sus du
scanner placé devant la porte d’accès aux bâtiments, ces pseudos agents de
sécurité vous poseront tout un tas de questions sur les motifs de votre visite
et sur la personne ou le service à voir. Et ne vous dites pas qu’ils seront
sensibles à votre cause car ils ne sont pas plus sentimentaux que les
bourreaux. Même la presse est soumise au même régime. Autrefois, l’accès au
siège de l’Assemblée Populaire de Wilaya (APW, équivalent du Conseil Régional
en France mais sans les prérogatives de celui-ci) est relativement facile. Mais
à présent, le nouveau Président de l’APW qui voit des terroristes « par
tout » a donné la ferme instruction aux gardiens de ne laisser personne
aller le voir sauf si lui-même l’autorise. Mais comment le P /APW peut-il
savoir que quelqu’un désire le voir ?
Sur les routes, un automobiliste ne peut rouler plus de mille mètres
sans rencontrer un barrage de police ou de gendarmerie avec leur habituel
arsenal d’obstacles. Des deux côtés de la chaussée, les redoutables crève-pneus
sont dressés. Et par conséquent, le passage est si rétréci que l’homme au
volant est obligé de circuler très doucement. Une telle situation engendre
naturellement d’énormes embouteillages et bouchons. Une fois quitté le
territoire de Kabylie, un autre monde s’ouvre à vous. Plus d’embouteillages sur
les routes, plus personne à vous tirer les vers du nez devant l’entrée
principale d’une institution de la république et, surtout, vous ne risquez pas
de tomber sur des bandits armés de pistolets-mitrailleurs prêts à vous délester
de vos biens. Le peuple kabyle est conscient des crimes commis contre lui. Il
doit être conscient aussi que lui seul
est capable de procéder aux réparations nécessaires. On n’est mieux servi que
par soi-même, dit le vieil adage.
De
Tizi-Ouzou. Par Saïd T.
LA CRISE EGYPTO-ALGERIENNE
NATURE ET ENJEUX
Le football est
conjoncturellement un autre opium des peuples. Même s’il ne provoque pas encore
de guerre entre pays, il les y incite comme c’est le cas actuellement entre
l’Egypte et l’Algérie.
Le match retour
Egypte-Algérie pour la qualification au mondial 2010, à la surprise générale, a
engendré une crise politique inattendue et sans précédent entre les deux Etats.
Pendant que, depuis plus d’un mois, la déferlante médiatique égyptienne apporte
chaque jour son lot d’insultes et d’invectives suivies de mesures officielles
de rétorsion contre les Algériens, les autorités de ces derniers font le dos
rond, adoptent une sorte de profil bas et appellent toujours au calme au nom de
la fraternité arabe. Scandalisée par tant de mollesse et de lâcheté de ses
gouvernants, piquée dans son honneur, la presse algérienne dite libre ne cesse
de s’interroger sur leur mutisme et particulièrement sur le silence coupable du
premier d’entre eux, Bouteflika.
Or, s’il
fallait quelqu’un pour défendre l’honneur des Algériens contre la montée
hystérique en force des médias égyptiens, il ne faut surtout pas compter sur le
pouvoir d’Alger, qui cherche, à la différence de l’Egypte, à calmer le jeu.
Bouteflika ne voulait instrumentaliser les Verts qu’à travers une sorte de mise
en scène par laquelle il s’attirerait la sympathie de leurs centaines de
milliers de supporteurs.
Pourtant, ce
silence étrange des autorités algériennes s’explique par des raisons toutes
simples. A la base, il y a chez elles un grand complexe d’infériorité qui les
tétanise devant cette Egypte.qui était jusque-là leur point cardinal. Elles
sont encore tellement en adoration devant les Egyptiens qu’ils ne trouvent ni
armes ni intérêt à s’attaquer ou, tout au moins, à répondre aux attaques
avilissantes du « grand frère ».
L’analyse la
plus plausible de cette attitude est celle qui mettrait en avant la relation
incestueuse entre le clan d’Oujda, toujours au pouvoir en Algérie, et sa
mère-patrie idéologique, l’Egypte, et ce, depuis Gamal Abdel Nasser des années
50. Ce Clan est lui-même une pure fabrication des laboratoires égyptiens qui
l’ont instrumentalisé pour l’extension de l’hégémonie nassérienne sur le
« monde arabe » auquel fut ainsi annexée l’Afrique du Nord. Aussitôt
commença à déferler sur notre sous-continent le panarabisme au nom de la
« oumma-el-ârabiya », cette expression si courante et si chère dans
la bouche du Raïs. Bien entendu, l’Afrique du Nord n’était qu’un appoint
politique pour faire pencher la balance des rapports de force proche-orientaux
en faveur de Nasser. L’histoire égypto-algérienne a retenu à tort le soutien de
Gamal Abdel Nasser à la « révolution algérienne », autrement dit au
FLN de la guerre d’indépendance. En réalité, la délégation étrangère basée au
Caire n’était acceptée que dans la mesure où elle permettait à l’Egypte d’être
plus informée des luttes intestines des dirigeants du FLN pour mieux les
accentuer en sa faveur. Pour cela, elle n’hésita pas à pousser ses pions parmi
eux à liquider leurs adversaires. Le Caire a ainsi une implication directe ou
indirecte dans plusieurs assassinats politiques dont celui d’Abane Ramdane.
Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à lire les mémoires de Fethi Dib, bras droit
de Nasser et chef des « Moukhabarates », publiées chez l’Harmattan, à
Paris. Son poulain favori était Ben Bella, tête de file du Clan d’Oujda dont
Bouteflika est aujourd’hui le parrain. Cette histoire a également été manipulée
pour lui faire dire une contrevérité : L’Egypte n’a jamais été le premier
pays à avoir reconnu l’indépendance de l’Algérie, ce mérite revient en réalité
à …Israël. C’est en apprenant cette nouvelle que Nasser s’était dépêché
d’envoyer son communiqué en le faisant passer pour antérieur à celui d’Israël.
Par ailleurs,
l’Egypte de son côté, et à cause de cet ascendant pris très tôt sur le Clan
d’Oujda, avait de tout temps considéré l’Algérie comme relevant de sa politique
intérieure. Elle avait toujours pris l’Algérie pour une de ses provinces, voire
pour une de ses colonies. Elle ne s’attendait pas à ce que le nègre se permette
de botter le derrière du Maître, y compris sur le plan sportif. Visiblement,
elle croyait qu’à la suite de l’agression préméditée contre le bus transportant
les joueurs algériens, ceux-ci allaient perdre et le match qualificatif et leur
honneur. « Ad rzen deg sen tissas » comme on le dit si bien en
Kabyle.
Le silence du
pouvoir algérien observé depuis un mois et les déclarations mi-figues
mi-raisins de son chef de la diplomatie sont globalement la marque des faibles.
C’est l’attitude d’un enfant au bord des larmes devant son père ou sa mère qui
le gronde. L’idée de croiser le fer avec l’un ou l’autre le tétanise. Il n’ira
donc pas vers le clash. Ce conflit est dans toute sa manifestation celui d’un
Œdipe non assumé, un Œdipe castré.
Le pouvoir
incarné par Bouteflika n’entretient de rivalité vive et manifeste qu’envers ses
voisins. Il n’ira donc jamais titiller un pays arabe du Moyen-Orient sur
quelque sujet que ce soit. Devant son manque de courage à défendre, face à
l’Egypte, l’honneur bafoué des Algériens, c’est la rue qui s’en est chargée, et
particulièrement la rue kabyle.
Bouteflika,
même après la démonstration de son incompétence et de sa lâcheté dans cette
affaire dont il aurait tant aimé faire l’économie, espère toujours s’adjuger
les dividendes d’une victoire sportive à laquelle il n’a participé ni de près
ni de loin. C’est le propre des prédateurs et des charognards, comme les
hyènes, que de se tenir à l’écart des combats à mort, de ne pas risquer sa vie
et d’attendre tranquillement que le travail soit terminé par plus vaillant
qu’eux pour leur subtiliser le trophée.
L’autre angle
d’éclairage de cette affaire est celui de la lutte entre deux hommes pour la
commission d’un contrat de vente d’armes par la société américaine Lockheed à
l’Algérie. Cette information a été publiée par la revue égyptienne « Inqad
Misr ». Elle nous informe que c’était le fils du Raïs Moubarak qui devait
au départ empocher une commission de quelques millions de dollars US. Il était
jusque-là, le VRP de la dite compagnie. Au final ce fut le frère du président
algérien, Saïd pour ne pas le nommer, qui rafla la mise. Ce serait donc Ala’
Moubarak, en voyant la commission lui passer sous le nez, le bonbon enlevé de
sa bouche, qui aurait préparé, pour se venger, l’agression contre le bus
transportant les joueurs algériens à leur arrivée au Caire ! Le football
ne serait donc qu’un moyen au service d’un règlement de comptes mesquin et
bassement mercantile entre familles présidentielles, égyptienne d’un côté et
algérienne de l’autre. Le choc entre deux pays, n’était au départ qu’une
escarmouche entre deux individus cupides et aux égos démesurés. C’est davantage
à la psychanalyse qu’il y a lieu de confier l’explication de ce phénomène qu’à
la politique.
En prenant les
aspects monstrueux d’une affaire d’Etat, des deux côtés de la Lybie,
télévisions, radios et presse écrite sont mises au service de délires nationaux
comme seul le fascisme sait en produire. Médias et oppositions que pourtant
Egypte et Algérie tentent de réduire à de vulgaires faire-valoir des régimes en
place, sont tous mobilisés pour un seul objectif : Empester l’air de
macabres et nauséabonds relents de nationalisme. Celui-ci dont les fonds de culotte
étaient naguère usés jusqu’à la peau des fesses a miraculeusement ressurgi de
ses basses fosses, le temps d’une illusion, d’une erreur, d’une griserie, d’une
folie collectives ! Ce délire des
rues va servir de sève nourricière à deux régimes politiques aux abois.
Cependant, à la
première défaite de l’Algérie au Mondial, les choses vont prendre une toute
autre tournure.
Côté algérien,
les citoyens seront moralement de nouveau abattus, regagnés par le fatalisme,
la peur et la résignation, tout comme leur quotidien reprenant sa fadeur sera
dangereusement et étroitement encadré par les militaires et les terroristes
islamistes. Les jeunes vont se livrer un peu plus à la drogue, la boisson et
autres fléaux. Le désespoir qui va s’emparer d’eux leur fera miroiter encore
une fois une lueur d’espoir dans des barques de fortune au moyen desquelles ils
seront plus nombreux qu’auparavant à tenter de gagner un rivage de fortune,
pourvu qu’il soit européen, quittes à servir de repas aux poissons.
Côté égyptien,
la colère d’aujourd’hui va céder la place à une explosion de joie. La défaite
de l’Algérie sera la victoire de l’Egypte. Allah sera invoqué pour louer la
sanction divine infligée aux Algériens pour venger l’affront d’une déculottée
sportive égyptienne osée contre les « vrais musulmans et les vrais
Arabes » qu’ils ne sont pas !
Quelques mois
plus tard, les deux pouvoirs vont se remettre aux embrassades et à la
coopération économique et culturelle tous azimuts, pendant que leurs peuples
reprendront leur vie de misère et de répression.
La fraternité
interarabe sera plus valorisée que jamais et ce seront les Kabyles qui, comme
d’habitude, se réveilleront avec la gueule de bois en découvrant une fois trop
tard que dans toute cette affaire, ils étaient les seuls dindons de la farce.
Pourquoi ? Parce qu’ils oublient souvent qu’ils sont l’ennemi commun des
deux pouvoirs, hier comme aujourd’hui.
La Kabylie comme ennemi commun,
depuis Abane Ramdane.
Tout commença
en 1956, par la délégation du FLN établie au Caire. Nul ne peut passer sous
silence le rôle joué par l’Egypte pour s’assurer la docilité de quelques
dirigeants de la guerre de libération. Ainsi, l’histoire aura retenu que Gamal
Abdel Nasser avait interdit à ses adeptes algériens dont Ben Bella qui, laisse-t-on
dire, allait devenir son gendre, de participer au Congrès de la Soummam.
D’après le Pr Belaid Abane, « Le projet soummamien initié par Abane était
algérien, citoyen et politique ». Abane pensait ériger un Etat algérien,
Nasser le voulait arabe pour qu’il lui soit inféodé. Ainsi, en
établissant « le principe de primauté de l’intérieur sur
l’extérieur » l’artisan d’Ifri contrariait les visées nassériennes.
Aujourd’hui,
l’implication des services égyptiens dans l’assassinat de Abane n’est plus à
démontrer. Pourtant ce dernier, tout en étant un Kabyle de Larvâa Nat Yiraten,
refusait de mettre en avant sa kabylité, au nom de son algérianisme.
Pire ! Il était parmi ceux qui avaient signé une lettre collective
ordonnant à la Fédération FLN de France, la « liquidation » entre
autres des « berbéristes » de son temps. Malgré son algérianité qui
phagocytait sa kabylité, il était probablement à cause des deux, trop gênant
pour le projet panarabe du Raïs. Nasser lui préféra Ben Bella, l’actuel soutien
et ami de Bouteflika.
L’idée d’une
armée des frontières trouva très vite ses adeptes parmi les membres de la
délégation FLN du Caire. Une fois mise sur pied, elle adopta déjà la stratégie
des hyènes. Elle ne devait pas avoir pour mission de venir en renfort à celle
de l’intérieur mais d’attendre la fin de la guerre pour rentrer en force et
confisquer l’indépendance de l’Algérie pour laquelle la Kabylie allait payer le
prix le lus fort. Les récents déballages sous forme de règlement de comptes
entre ex-dignitaires du régime, Chadli et Nezzar, en ont révélé quelques
épisodes. C’est au sein de cette armée
des frontières que naquit ce Clan d’Oujda qui a gardé de l’épisode Abane la
haine du Kabyle.
Depuis 1956, le
plan des Egyptiens avait fonctionné de bout en bout. Ils croyaient en récolter les fruits pour
l’éternité. C’était le cas jusqu’à ce 8 novembre 2009 où, au détour d’une
vulgaire commission d’un marché, suivie d’un match de football, tout se
retrouve en ruines. Le château de cartes n’avait pas résisté au souffle
momentané des passions. Serait-ce définitif ?
Il est difficile de croire aujourd’hui que la
mainmise égyptienne sur l’Algérie serait derrière nous. Ni les prises de
pouvoir en Algérie par la force de Ben Bella à Bouteflika, ni les hordes islamistes
dont se débarrassait l’Egypte en nous les envoyant comme des enseignants ayant
fini par engendrer les scieurs de poteaux électriques, le FIS, les GIA, le GSPC et l’AQMI, ni les navets
cinématographiques sous forme de sitcoms qui ont pollué le petit écran algérien
et la tête de générations de femmes algériennes incultes pendant près de
cinquante ans, ne survivraient à ce coup de tonnerre dans un ciel serein ?
Allons donc ! Les dirigeants algériens se nourrissent trop du rêve
égyptien pour soupçonner un revirement de leur part. Ils en sont prisonniers
pour toujours. Ils sont incapables d’autonomie vis-à-vis de leur parent, voire
de leur parrain, égyptien. L’Egypte est leur principale matrice idéologique.
Un clash avec
elle remettrait à l’ordre du jour la question fondamentale de l’identité
algérienne. Cela risquerait de mettre fin à une idéologie politique qui reste
le seul fondement du pouvoir illégitime d’Alger.
C’est pourquoi,
entre autres raisons, dans tout ce capharnaüm, Bouteflika et ses ouailles
baissent l’échine et sont prêts à tous
les sacrifices, à commencer par la dignité et l’honneur des Algériens. Mais en
plus et surtout, brouiller ses rapports avec l’Egypte risquerait de donner
raison au combat du MAK en faveur de la Kabylie. L’autonomie de cette région
est comprise par eux comme une remise en cause des fondements-mêmes du régime
despotique algérien.
Amnay Ait Ifilkou (Kabylie)
Ferhat
Mhenni - Paris
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