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TIMANIT
I TMURT N IQVAYLIYEN
MOUVEMENT
POUR L’AUTONOMIE DE LA KABYLIE
CONSEIL
UNIVERSITAIRE DE TUVIRETT (Bouïra)
MISE AU POINT À KABYLE.COM ET M.
STEPHANE ARRAMMI
Dans votre livraison de jeudi 15 juillet 2010, vous annoncez
une prétendue démission collective d’une cinquantaine de militants du Conseil
Universitaire MAK de Tuvirett (Bouïra).
J’annonce solennellement à l’opinion publique qu’il n’y a
aucune démission du MAK au sein de notre Conseil Universitaire.
La liste que vous vous êtes empressé de présenter comme une
démission collective est en fait celle de nos militants qui doivent participer
à l’Université d’Été du MAK qui va débuter dans quelques jours.
M. Stéphane Arrami, votre malveillance maladive à l’égard de notre
Mouvement vous fait piétiner les règles les plus élémentaires de la déontologie
inhérente à la noble mission de journalisme.
De ce point de vue, vos confrères auront certainement à cœur
d’apprécier vos méthodes et le déchaînement de haine à l’endroit du MAK, depuis
l’installation de notre Gouvernement Provisoire Kabyle, l’Anavad (Gouvernement).
Qui a pu intercepter cette liste en dehors des services
algériens qui vous l’auraient directement ou indirectement remise ? Vous
vous croyez manipulateur là où vous n’êtes qu’un pauvre manipulé.
De notre côté, nous considérons votre fausse information
comme une attaque et un outrage à chacun d’entre nous et nous n’allons pas
lâcher cette affaire de diffamation. Nous donnons pleins pouvoirs à notre
représentation de MAK-France quant aux suites à donner.
Pour terminer, sachez, M. Arrami, vous vous faites
consciemment ou non le relais et le complice du pouvoir algérien. En tous les
cas, votre site web devrait désormais s’appeler antikabyle.com.
Notre collectif militant prendra part à l’Université d’Été du
MAK (dans la limite des places disponibles) et surtout à déployer toute son
énergie pour faire aboutir le plus rapidement possible le combat de notre
Mouvement.
Tuvirett, le 15 juillet 2010
POUR LE CONSEIL UNIVERSITAIRE
MAK DE TUVIRETT - FARID HIMOUM
TIMANIT I TMURT N
YEQVAYLIYEN0
MOUVEMENT POUR L’AUTONOMIE
DE LA KABYLIE
L’AMITIE
FLANDRES-KABYLIE
Sur invitation d’amis
Flamands, une délégation kabyle composée du MAK et du CMA avait séjourné à Gent
(Gand) du 23 au 25 février 2010.
Les rencontres ayant eu lieu avec des
instances démocratiques flamandes et avec la société civile de ce peuple nous
avaient permis d’exprimer
un certain
nombre de souhaits et d’inquiétudes.
Parmi ces dernières figurait le surinvestissement militaire algérien en Kabylie
et la crainte de voir, de nouveau, un corps d’armée tirer sur la foule,
particulièrement le 20 avril 2010,
comme en 2001.
Ce cri d’alarme a reçu l’attention
qu’il mérite de la part de nos partenaires
flamands.
Ainsi, avec beaucoup de satisfactions,
nous avons appris par note transmise en mains propres, l’information suivante.
« Suite aux interpellations et aux
questions posées par des députés, élus,
membres de la Chambre des Représentants et du Sénat belges,
le Ministre
belge des Affaires Etrangères a insisté auprès du Gouvernement Algérien pour
que la commémoration du Printemps Berbère et
du Printemps Noir,
le 20 avril
2010, se déroule en toute sérénité et sans violence ».
« A la même occasion, et de leur
côté, plusieurs députés/élus, membres du
Parlement Autonome Flamand, ont adressé une lettre à l’Ambassadeur
d’Algérie à Brussel (Bruxelles), exprimant
leur fort souhait pour que la commémoration du Printemps Noir (…) le 20 avril 2010, puisse se dérouler
sans incident. »
Le MAK tient à exprimer ses vifs
remerciements aux élus flamands pour leur grande solidarité avec la Kabylie et
le peuple kabyle.
Paris,
le 15 avril 2010
P/
Le MAK, Ferhat Mehenni, président en exil.
TIMANIT I TMURT N YEQVAYLIYEN
MOUVEMENT POUR L’AUTONOMIE DE LA KABYLIE
DIPLOMATIE
LE MAK RECU AU QUAI D’ORSAY
Mardi
23 mars, le MAK a été reçu au Quai d’Orsay par Mme Legendre chargée de la
Section Algérie, de 18h 30 à 19h 30.
La
délégation du MAK était composée de MM Ferhat Mehenni et Arezki Boussaid
(Président du MAK-France) ainsi que de
Mme Djamila Amgoud, membre du Bureau
Exécutif.
Après
avoir passé en revue l’histoire chaotique des relations entre la France et la
Kabylie, la Kabylie et l’Algérie, la délégation kabyle
a expliqué sa démarche
pacifique pour une autonomie régionale que prône le MAK.
Elle a
attiré l’attention sur les renforts militaires qui ne cessent d’arriver en
Kabylie et le redéploiement annoncé de la Gendarmerie dans
toutes les municipalités
kabyles, avec en plus, la mise sur pieds d’unités spéciales, les SS-I, aux
prérogatives dépassant l’entendement.
Le MAK
qui craint un nouveau massacre en appelle à l’opinion française et
internationale pour éviter un nouveau drame.
Concernant
la communauté kabyle en France, la délégation a formulé le souhait qu’elle ait
plus de visibilité dans les médias français,
tant sa réussite et sa parfaite
insertion dans la société française pourrait servir de modèle au reste des
communautés immigrées.
Le MAK
a également attiré l’attention de la diplomate française sur la nécessité de
dispenser un enseignement de la langue kabyle pour
les scolarisés kabyles qui
le souhaitent, dans l’Hexagone.
En plus
de la répression permanente du fait kabyle en Algérie, l’accent a été mis sur
la condition de la femme kabyle qui rejette le Code de la famille algérien
bafouant ses droits légitimes.
Les
actions que le MAK projette pour le 30e anniversaire du Printemps
Berbère et le 9e du Printemps Noir (marches en Kabylie, rassemblement
à Paris le 18 avril à 14h à République et le Sit-in devant l’Ambassade
d’Algérie, le 20 avril à partir de 17H) ont été portés à la connaissance de la
représentante de M. Kouchner.
Mme
Legendre a tenu à rassurer la délégation du MAK en lui affirmant que la
position exprimée par la France en matière de respect des droits de l’homme, au
début des événements sanglants de 2001, reste inchangée.
Pour
elle, la France reste attachée au respect des droits identitaires et
linguistiques des peuples.
Paris
le 24/03/2010
Arezki Boussaid - Président du MAK en France.
L’Autonomie, seule alternative viable du combat
politique de la Kabylie
1. L’Etat-Nation
ou la stratégie politique de décimation des cultures autochtones
Ainsi, il se trouve
que je n’avais à aucun moment réussi à me donner le temps suffisant pour
effectuer sereinement une analyse critique, lucide et objective de cette
lumineuse proposition de l’autonomie de la Kabylie avant de me prononcer en
conséquence. Car, je n’avais jamais pris le recul nécessaire pour la considérer
des points de vue historique, sociologique et politique dans toute leur
rigueur.
Bref, comme vous,
je me suis invariablement prononcé par un conditionnement quasi-pavlovien voire
par zèle irrationnel contre une telle proposition que je considérais
déconcertante, dans le meilleur des cas, anachronique sinon carrément absurde.
Brouillon, approximatif, expéditif, je le fus moi aussi ! Cependant, petit
à petit, je me rendais compte que j’étais piégé par un substrat conceptuel
profondément « ingurgité » et tout-à-fait arbitraire. C’est celui de
« l’Etat-nation en construction », dérivant de l’adoption de la
pensée jacobine, héritée de l’ex-puissance coloniale. Il est depuis 1962 le
soubassement conceptuel et doctrinal de l’Etat Algérien. C’est à partir de ce
faux postulat de base que je tentais inefficacement de me déterminer face à
cette audacieuse alternative. Ce faisant, je réalisais subrepticement que je
demeurais toujours aliéné par un lourd fardeau, en partie hérité de nos ainés,
et surtout par des reflexes psychologiques et une mentalité saturée de
conventions d’origine coloniale desquelles ma pensée n’avait pu se libérer totalement.
Je suis encore tout confus de me découvrir à ce point aliéné. Mais, en
persévérant honnêtement dans ma studieuse réflexion, car vouant toujours le
même amour charnel à ma patrie et mon peuple kabyles, le même attachement totalement
désintéressé, je découvrais l’extrême fragilité et l’inconsistance de mon
argumentaire et, du coup, je me sentis paradoxalement devenir un Kabyle,
d’origine amazighe, encore plus libre que je ne croyais l’être ! En osant
soumettre à l’analyse objective le concept même d’Etat-Nation et son pendant,
le jacobinisme doctrinal de l’Etat central, toutes les apparentes apories
s’effilochaient une à une comme les frêles flocons de neige fondant aux
premiers rayons du soleil printanier ! Que pouvais-je sauver de consistant
de cette imposture conceptuelle d’ « Etat-Nation en
construction » ? Rien d’autre qu’un mauvais souvenir, désormais
évanescent, une vision de l’esprit parfaitement illusoire et sans aucune portée
sur le vécu réel du peuple kabyle. Il ne reste que cette lancinante question de
savoir comment construire un avenir à mes enfants de manière pragmatique, en
rapport avec cet ensemble algérien auquel je continue toujours de revendiquer
fermement mon appartenance et que, raisonnablement, nul ne peut me contester.
Les Kabyles et le
concept d’Etat-Nation
Au terme de cette profonde réflexion, je réalisai en
fait, que nous les Kabyles, nous sommes parmi les Algériens les plus fortement
aliénés par ce concept d’Etat-Nation et les plus fervents défenseurs
« pavloviens » de cette pensée jacobine d’essence foncièrement
colonialiste. Nous sommes ainsi pris dans notre propre piège : nous nous
découvrons partagés entre le désir de reconnaissance de notre spécificité
nationalitaire kabyle par l’Etat algérien, d’une part et notre irrationnel
désir d’adhésion à un nationalisme mythique, un algérianisme outrancier,
univoque et uniforme, façonné cependant selon nos propres repères, nos propres
valeurs socioculturelles et notre propre conception politique de l’Etat !
Or, celui qui donne du contenu aux mots et du sens aux identités est
celui qui détient le pouvoir qui nous est hostile. Où est alors la cohérence
dialectique dans cette démarche pour le moins inconsistante ? Où est, chez
nos adversaires, le respect dû à l’Autre, cette vertu cardinale que nous
valorisons tant, en tant que Kabyles? Où est chez les Algériens avec lesquels
nous pensons devoir partager le même destin de citoyenneté, le scrupule du
respect inconditionnel des différences culturelles et des valeurs qu’assument
librement d’autres groupes et d’autres communautés humaines? Que faire
alors ? Doit-on continuer de réprimer implacablement nos pulsions
identitaires et nos aspirations nationalitaires légitimes ? Doit-on, à ce
prix, continuer à se complaire dans la vaste entreprise de dépersonnalisation
mise en branle par le pouvoir et devoir accepter d’être déchus de notre dignité
humaine comme au temps de la colonisation ? A quoi auront servi alors les
innombrables et héroïques luttes multiséculaires de nos ancêtres acharnés
contre les envahisseurs successifs de l’Afrique du Nord et celles de nos ainés
contre le colonisateur français, ou encore celles plus récentes, de 1963 à ce
jour ? Doit-on répudier froidement notre héritage identitaire multimillénaire
sur l’autel et au nom d’une uniformité algérianiste, forcément
réductrice ? Au nom d’un supranationalisme hégémonique, douteux et
hypothétique qui, au bout de bientôt un quart de siècle, n’a même pas pu
tenir la promesse de nous réconcilier avec nous-mêmes, allons-nous répudier
notre dignité citoyenne et la plénitude de notre personnalité authentique
? Ce sont là des questions auxquelles tout Kabyle soucieux de préserver sa
personnalité, sa langue, son identité et son héritage culturel ancestral pour
sa descendance, est mis en demeure de répondre.
Nécessité de répudier le jacobinisme de l’Etat
Algérien
Pour ma part, il devient désormais clair que le
centralisme uniciste de l’Etat Algérien est un avatar de l’époque coloniale
dont il faut se débarrasser au plus vite. C’est aujourd’hui une nécessité
vitale, absolue. Et c’est précisément l’un des objectifs doctrinaux que vise le
combat politique que mène actuellement le Mouvement pour l’Autonomie de la
Kabylie au sein d’une Algérie qu’il souhaiterait résolument plurielle. En
effet, de par sa nature, le jacobinisme ne pourra jamais s’adapter à la
mosaïque des peuples et des cultures qui emplissent nos terres nord-africaines,
qui constituent l’ancienne colonie française, incidemment baptisée
« Algérie ». Celle-ci en a gardé, après la libération, la même
dénomination que lui voulurent ses ex-Maîtres. Il s’en fallut de peu qu’elle
gardât les mêmes sceaux de souveraineté de tous points de vue :
structure ethnologique, anthropologique, sociologique, linguistique, politique
et historique de l’ensemble Nord-africain (Tamazgha). La libération totale et
effective de cet ensemble algérien aurait dû devenir réalité immédiatement
après le départ des Colons et restituer à l’ensemble de ses habitants
autochtones, leur dignité humaine dont ils furent spoliés durant plus d’un
siècle. Il aurait fallu également les réhabiliter dans leur personnalité
identitaire, culturelle et politique en leur conférant pleine jouissance d’un
digne statut de citoyen. Force est de constater que tel n’a malheureusement pas
été le cas. Bien au contraire, les pseudo-citoyens algériens, y compris leurs
plus hauts responsables politiques du pays, croyant s’être libérés du joug
colonial, portent jusqu’à ce jour, bien inscrits sur leurs documents
d’identité, des patronymes aussi fantaisistes que méprisants que les sinistres
Bureaux Arabes coloniaux leur avaient, non sans arrogante moquerie d’ailleurs,
arbitrairement assignés. Ces pseudo-citoyens de l’Algérie
« indépendante », totalement dépersonnalisés se retrouvent dans un
pays censé être le leur mais sans jouir de leur véritable identité, ni même des
droits fondamentaux dont disposent tous les hommes libres de ce monde :
les libertés individuelles, liberté de pensée, d’expression, de
confession, d’association, de création artistique, de circulation, et surtout
de choisir et d’élire souverainement leurs représentants et leurs responsables
politiques. Ceux qui s’étaient emparés du pouvoir par trahison, alors que le
peuple n’avait pas encore fini de défiler avec ses drapeaux dans les rues
d’Algérie pour fêter sa soi-disant victoire, se sont substitués par des crimes
de sang à l’ex-puissance coloniale. Ainsi, tout ce jargon des droits de l’Homme
et leurs pendants, les libertés fondamentales, nobles attributs et synonymes de
dignité humaine entière, n’est malheureusement devenu pour les pseudo- citoyens
d’Algérie que littérature creuse.
Quand réalisera-t-on, enfin, que l’ensemble algérien
ne pourra jamais être viable avec une organisation jacobine de l’Etat ?
Quand est-ce que les Algériens réaliseront-ils que le jacobinisme est tout à
fait incompatible, voire incohérent avec les réalités sociologiques,
culturelles et linguistiques des peuples qui composent l’Algérie ? Refuser
d’en prendre acte c’est donc assumer le fait de commettre le crime de décimer
des communautés humaines entières, aux réalités culturelles bien spécifiques.
Le centralisme étatique n’est d’ailleurs qu’un schéma d’organisation
politico-administrative destiné à les opprimer pour les dépersonnaliser jusqu’à
leur totale extinction, Le centralisme jacobin est un procédé
« moderne », ou « civilisé » des génocides culturels. A peu
près comme ceux qui veulent appliquer la charia et qui sont partisans de
l’anesthésie pour amputer la main du voleur. De fait, le jacobinisme est une
politique d’oppression, de dépersonnalisation et d’acculturation, une relique
du colonialisme. Il constitue de ce fait un facteur d’agression
permanent, endémique à l’encontre du peuple kabyle. A ce titre, son destin est
d’être résolument combattu par des moyens politiques adéquats. Ainsi, nous le
voyons, pour prémunir notre identité culturelle contre ce processus
d’extermination qui ne dit pas son nom, pour sauvegarder notre dignité
citoyenne pleine et totale, nous n’avons aucune autre alternative que de
répudier le jacobinisme de l’Etat algérien tout comme cela a été conséquemment
fait pour son géniteur, le colonialisme.
Affirmation du nationalisme kabyle
Si bien qu’aujourd’hui, il y a un fait que nul ne peut
honnêtement feindre d’ignorer encore moins de nier : En Algérie, il n’y a pas une seule nation, pas
plus qu’il n’y a qu’un seul peuple. Il est vrai cependant que pour des
raisons stratégiques, les vicissitudes de l’histoire ont parfois amené ses
diverses composantes à agir momentanément ensemble, à contracter des alliances
conjoncturelles plus ou moins longues. Organiser la résistance dans des rangs
unitaires pour combattre quelque envahisseur ou ennemi commun, poursuivre
ensemble des objectifs ponctuels a été un fait récurrent de l’Histoire de
l’Afrique du Nord. Cependant, il serait erroné d’admettre que les 7 années et
demi de guerre contre l’ex-puissance coloniale française aient été suffisantes
pour effacer et gommer toutes les spécificités identitaires et culturelles
propres à chacune de ces entités que
l’Histoire a mis plus de deux mille ans à façonner ! Cela relève d’un
mythe, c’est une aliénation profonde que de le penser. Du au brassage
multiséculaire d’une multitude de groupes de peuples venus de diverses
longitudes et latitudes du globe tout au long de l’histoire multimillénaire
nord-africaine, il en résulte plusieurs entités sociologiques, communautés et
nations, chacune unie soit par une même langue, soit un même rite religieux,
une même histoire régionale, ou tous ces éléments combinés, tel le cas du
peuple kabyle précisément, qui a ainsi gardé une très forte spécificité
historique et identitaire. Durant plus de deux millénaires, le peuple kabyle a
résisté successivement aux Romains, aux Byzantins, aux Arabes, aux nombreuses
dynasties musulmanes y compris à celles nées chez lui comme la Fatimide, aux
Espagnoles, aux Turcs et aux Français jusqu’à 1871. Son destin aujourd’hui est
de restaurer son autorité ancestrale sur son territoire. Malgré le brassage
ininterrompu avec d’autres cultures, d’autres civilisations, l’usure du temps
et les bouleversements politiques qu’il a connus à travers les siècles n’ont pu
réussir à anéantir l’esprit unitaire, nationalitaire et de liberté chez chacun
de ses habitants. Aujourd’hui, le nationalisme kabyle longtemps demeuré latent,
sans cesse refoulé par ceux qui ont profondément intériorisé ce concept
aliénant et létal d’Etat-nation, semble s’affermir au sein même de la jeunesse.
Cependant, pour en parler, beaucoup d’intellectuels kabyles, souvent frileux ou
soucieux de préserver un obséquieux conformisme, préfèrent plutôt user de
l’ubuesque euphémisme « particularisme kabyle», non sans connotation
péjorative d’ailleurs, là où, par honnêteté intellectuelle, par rigueur morale,
ils devraient le désigner tout simplement par son nom. C’est là même une preuve
supplémentaire, s’il en fallait, de leur degré d’aliénation. Par le passé, il y
a un peu moins d’un siècle maintenant, nos ainés avaient une maturité et un
réalisme qui faisaient de la fin du colonialisme leur obsession et leur
priorité absolue. Cela avait restreint leur champ de vision qui se retrouva
amputé de leurs intérêts et de l’avenir des générations qui allaient vivre dans
une Algérie indépendante. Nous ne pouvons que saluer leurs sacrifices et leur
générosité et ce, en dépit de tout ce qui en a découlé comme conséquences dont
nous pâtissons encore et ce temps perdu !
2. Le problème
identitaire en Algérie, analyse critique : quelle solution ?
C’est désormais un anachronisme historique. Depuis la
naissance du mouvement national (1926), nous tentons d’intégrer la dimension
amazighe à la diversité algérienne, que ce soit dans les résolutions et statuts
des partis nationalistes ou dans le corps doctrinal des textes fondamentaux de
l’Algérie postindépendance. Ce faisant, nous nous montrions toujours les
défenseurs zélés du concept de l’Etat-Nation. Plus opiniâtre et plus
contradictoire que nous tu meurs ! A travers notre combat politique autant
résolu que généreux, nous espérions parvenir un jour à démocratiser le pays,
sans nous soucier à aucun moment si notre objectif était ou non partagé par les
autres peuples et les autres régions de
ce si vaste pays commun ! Ce fut une incohérence, voire une erreur
monumentale ! Il est toujours malsain d’imposer ses valeurs à l’autre, on
les assume soi-même ; il est toujours déplacé de prendre ses désirs et ses
revendications pour ceux des autres y compris lorsque la différence n’est pas
conçue comme un danger mais plutôt comme une richesse à partager. Ainsi, pour
résoudre le problème des langues, nous demandions résolument que tamazight soit
la langue de tous les Algériens, sans nous soucier pour autant si ces derniers
partageaient cette aspiration. On se retrouve malgré nous dans une posture
d’oppresseurs, une attitude similaire à celle du pouvoir qui impose l’arabe à
tous les Algériens, et que nous sommes censés pourtant combattre ! L’autre
illustration de nos chroniques inconsistances est la revendication du triptyque
identitaire, politiquement formulé par nous-mêmes, les Kabyles, et fait d’un
montage identitaire de compromis à travers lequel nous tentions de faire une
place à notre « composante amazighe ». Ce bricolage identitaire était
dès le départ voué à l’échec pour au moins deux raisons. La première est que,
nous-mêmes, nous n’avons jamais été prêts à assumer l’arabité, voire même l’islamité pour
certains d’entre nous, comme un élément constitutif de notre identité. La
deuxième fait que notre kabylité était
sacrifiée sur l’autel du générique qu’on appelle
« amazighité » ! Comment
fut-ce possible ? Il est difficile pour les Algériens et en particulier
nous les Kabyles de concevoir que nous puissions dans un même Etat-Nation
cohabiter avec d’autres peuples quand rien ne nous unit, quand nos identités
respectives nous opposent. Il apparait donc clairement que la seule solution
envisageable pour cette problématique réside simplement dans le rétablissement
du peuple kabyle dans sa spécificité identitaire propre à lui : Taqbaylit (intraduisible en français) en
laissant toute la latitude aux autres citoyens algériens de se définir
eux-mêmes comme ils l’entendent. Soulignons ici que le seul élément Taqbaylit renvoie, dans la langue
kabyle, à un syllogisme identitaire complet. En effet, à lui seul, il englobe
toutes les spécificités identitaires kabyles. On lui rattache à la fois :
1 - la langue kabyle
2 - l’ensemble des
valeurs sociales et code d’honneur kabyles, traduit quelquefois par
« kabylité ».
3 - la femme kabyle
(matrice génitrice, féconde et gardienne de ses valeurs ancestrales)
4 - et enfin, le pays, la
KABYLIE, comme le chantait entre autres, feu MATOUB Lounès dans « W’akka i m-d-yessawlen », album
édité en 1980 :
Kker a Taqbaylit Sbedd lqedd-im
Zig macci d targit Iban-ed yisem-im,
……
Ssendjaq yuli deg igenni ad yettrefrif.
Xas isah yezri newwi-t-id
s nnif
……
W’akka i m-d-yessawlen d
arraw-im ay-en
3. Unité territoriale et unité historique de la Kabylie
Unité territoriale
de la Kabylie
Au début du 20ème
siècle, Boulifa décrivait le territoire de la Kabylie en ces termes [1]. Du point de vue géographique déjà, la chaine
du Djurdjura, décrivant un arc de cercle, partant de Cap Djinet près du col de
Tizi n’At Aicha (Thenia) à l’Ouset jusqu’au piton Yemma Gouraya qui domine
Bgayet à l’Est constitue un rempart hermétique isolant la Kabylie du reste de
l’Algérie en lui conférant une certaine unité territoriale. Par ailleurs,
dotée d’un système de ramifications
continues et régulières, celui-ci a de tout temps protégé, le pays et ses
habitants Iqvayliyen (Izwawen, Kabyles), sédentaires depuis au moins deux
millénaires, contre toutes les incursions possibles du dehors. Du coté du Nord, une série de chainons
parallèles au littoral complète cette protection ; quoique d’une altitude
moins élevée que la chaine-mère, leur masse, également peu accessible, se
présente comme une muraille, un rempart qui s’oppose aux moindres tentatives
d’empiètements extérieurs aussi bien des hommes que des éléments. Cette
configuration géographique confère donc l’unité territoriale à la Kabylie. Tout
au long de l’histoire, la Kabylie se fut toujours présentée comme une ile
inabordable, une région qui restera longtemps fermée à la curiosité et aux
convoitises de l’étranger ou du conquérant. Ainsi protégés par leurs montagnes,
auxquelles ils s’attachent intensément, les habitants de ces hautes régions
eurent la bonne fortune de se prémunir et de préserver leurs caractères
identitaires spécifiques du joug et de la corruption multiforme de l’étranger
pendant de longs siècles.
Unité historique de
la Kabylie
La Kabylie, jalouse
sans doute de son identité, de sa liberté, de ses intérêts et de son
indépendance, résistant à toute pénétration extérieure d’allure même pacifique,
vécut libre durant sa longue histoire, échappant aux agressions, à la violence
et la domination des divers conquérants de l’Afrique du Nord jusqu’à cette fatidique année 1871, date où
elle fut déchue de sa souveraineté. La Kabylie, défaite en 1871, vit
jusqu’à nos jours sous humiliation. Ses habitants furent systématiquement
expropriés de leurs terres et déchus de leur personnalité, leur identité et
leur honneur flétris, notamment en 1895;
ses notabilités et ses responsables politico-religieux furent
sommairement et physiquement éliminées. Certains furent contraints à l’exil
forcé ou carrément déportés outre-mer (Nouvelle Calédonie). La langue Kabyle
fut progressivement persécutée (jusqu’à
être interdite dans l’enceinte des premières écoles), les spécificités
socioculturelles du peuple kabyle et ses institutions villageoises furent petit
à petit mises de côté. Leurs
constitutions ne furent plus reconnues. Pour coiffer le tout, la Kabylie, bien
que s’étant montrée toujours solidaire de l’ensemble algérien, demeurait depuis
cette date toujours marginalisée et méprisée politiquement par tous les
pouvoirs centraux qui se furent établis à Alger, que ce soit sous le
régime colonial ou après « l’indépendance ». Nous n’avons vécu,
depuis, que sous des pouvoirs spoliateurs de la souveraineté populaire.
Par ailleurs, c’est
à peu près, à partir de cette année 1871 qu’il convient de dater l’irruption du
phénomène d’émigration au sein de la société kabyle. Ses habitants, faute de
collaborer avec le pouvoir central, furent en effet contraints de s’expatrier
de la Kabylie, fuyant la répression et les mesures coercitives avilissantes de
l’occupant. Ils ont migré vers des horizons plus cléments en se disséminant en
diasporas un peu partout à travers plusieurs régions d’Algérie ou de l’Afrique
du Nord d’une façon générale, et même outre-mer. En somme, ce furent des
conséquences désastreuses inéluctables qui sanctionnent toujours toute perte
tragique de souveraineté politico-territoriale par un peuple aimant la liberté.
En effet, pour revenir à son histoire, il faut sans doute bien souligner que
les trois siècles de la domination turque en Algérie ne parvinrent nullement à
ébranler l’indépendance des Kabyles. A l’instar de leurs ancêtres, ceux-ci ont su
résister à l’envahisseur en défendant leurs libertés, en protégeant leur
culture, leur langue, leurs traditions et leur cohésion contre toute ingérence
étrangère. Si certaines tribus de la basse Kabylie ont subi l’influence
politique des conquérants turcs, sous prétexte de l’Islam, en revanche aucune
d’elles n’a définitivement accepté leur loi et encore moins adopté leur langue,
leur rite religieux ou leurs coutumes.
Voici ce que nous
encourrons en confiant aveuglément notre précieuse souveraineté à un pouvoir
central corrompu jusqu’aux os, comme ce fut le cas jadis, à l’époque de la
Régence d’Alger, avec le pouvoir corrompu de l’Odjak. En effet, devraient-on
rappeler qu’une fois l’ennemi français débarqué sur nos rivages, l’armée des
Janissaires et des yoldaches se fut si promptement volatilisée et ce fut aux
farouches et valeureux Izwawen (Kabyles) qu’on fit appel pour faire face
aux bataillons de l’ennemi bien armé et très bien entrainé à la bataille qu’il
avait méthodiquement préparée ! En effet, le 14 juin 1830, au matin, le
maréchal de Bourmont débarqua à Sidi Fredj avec pas moins de 40 000 hommes. Le
19 juin, lors de l’unique bataille de Staoueli, les troupes françaises prennent
l'avantage sur l'armée des kabyles. Cette défaite des kabyles ne fut possible
qu’à cause de l’absence de logistique que le Dey ne leur avait pas assurée en
cette contrée étrangère pour eux. Pire, les combattants Kabyles se retrouvent
pris entre deux feux ! Le Dey avait en effet promis une forte récompense
pour toute tête de Roumi tué, et ce sont des Kabyles, au faciès
européen, que les hordes des Janissaires se mirent à tuer pour encaisser les
primes promises par la Régence Turque d’Alger.
Le 5 juillet, les
troupes françaises occupent Alger et, le jour même, le dey Hussein signe l'acte
de capitulation, non sans ménager ses intérêts bassement personnels. Il s’était
assuré de conserver ses biens personnels ainsi que son droit à l’exil vers le
lieu de son choix. Les caisses de ce qui reste comme État seront bien entendu
pillées et il quitte définitivement, sans le moindre remord, le pays avec sa famille à bord d'un navire
français à destination d'un port italien. Le 11 juillet 1830, 2 500
janissaires d'Alger sont expulsés pour l'Asie Mineure. Ainsi, nous le voyons,
après 313 années, sans la moindre peine, les Turcs abandonnent cette
« Algérie », qui ne fut jamais leur patrie, pourtant un pays qu'ils
ont gouverné depuis plus de trois longs siècles !!! Le souvenir du
désastre de cette tragédie, notamment de la malheureuse défaite de Staoueli du
19 Juin 1830 est encore vivace dans la mémoire kabyle. Elle fut
l’unique bataille à laquelle furent confrontés les soldats français et
elle fut livrée par les braves Zouaves (Izwawen, Kabyles) avant la chute
d’Alger et la capitulation du Dey Hussein le jour même ! Pris au dépourvu
et cueillis à court d’armes et de munitions, aux portes d’Alger en juillet 1830
ils durent laisser sur le carreau des milliers de morts [2]. Ainsi, au moment
où l’hideuse occupation coloniale française progressait et s’étendait sur tous
les territoires abandonnés par les indus occupants Ottomans, et par la faute de
ce pouvoir turc corrompu et traître, la Kabylie fut prise au dépourvu. Elle
n’avait pas encore réussi à trouver un moment de répit et de paix pour se
consacrer à l’édification institutionnelle de son Etat. Ce fut ensuite
l’inéluctable bataille d’Icherriden au printemps 1857 qui consacra la
supériorité militaire française sur la Kabylie et le prix que les Kabyles
durent payer, à cause de leur absurde imprévoyance politique, fut exorbitant. A
la longue, la Kabylie cesserait un jour d’exister en tant qu’entité
nationalitaire séculière !
4. Le fait religieux et la laïcité en Kabylie face au péril de l’islamisme
politique
Le fait religieux
en Kabylie
Commençons cette
analyse par l’invocation des faits saillants de l’histoire de la Kabylie. Les
confédérations villageoises kabyles, d’essence foncièrement républicaine
étaient si bien assises sur un fondement social autonome des plus solides
qu’elles étaient satisfaites de leur mode de fonctionnement selon une
organisation sociopolitique propre à elles et librement consolidée par la
pratique et l’usage au fil des siècles. Ni la famille, ni la cité ne voulurent
prêter l’oreille à toutes sortes d’innovations que les puissances dominantes
successives ne cessaient de leur proposer d’adopter, car celles-ci furent
perçues comme étant dangereuses, susceptibles d’ébranler et de porter atteinte
à cet équilibre séculier, devenu naturel pour la société kabyle. Ainsi, sur le
plan religieux, la Kabylie avait fini par avoir un islam spécifique
majoritaire, adapté à sa conception de la spiritualité et de la temporalité. On
l’appelle d’ailleurs l’islam kabyle. Il est aujourd’hui la cible de divers
prosélytismes religieux auxquels la Kabylie a toujours opposé une résistance
très vive tout le long de son histoire. Nous devons rappeler un fait indéniable
sur lequel se fonde notre propos. En effet, il est notoirement connu que sur le
plan juridique, les seules lois d’essence islamique qui furent admises par
toutes les confédérations villageoises kabyles, respectées et harmonieusement
intégrées par leur société, furent uniquement celles qui étaient conformes à
l’esprit et à la lettre des Kanouns séculiers, (l’Azref, le Droit
coutumier, proto-constitution), souverainement établis par Tajmayt
(l’Assemblée du village). Dès lors que son droit coutumier lui donnait
entièrement satisfaction, Tajmayt continuait résolument à méconnaitre
toutes les autres dispositions et exigences juridiques du Coran car jugées
incompatibles avec leurs Kanouns.
Le laïcisme, valeur
ancestrale du peuple kabyle
Devant une telle
opposition aussi catégorique, la loi coranique (Charia) se trouva donc
impuissante à s’implanter dans la cité kabyle. Le caractère théocratique de la
législation musulmane ne pouvait alors s’allier avec l’esprit essentiellement
républicain et laïc du peuple kabyle. Les grands bouleversements induits par
l’arrivée violente de l’islam en Tamazgha n’avaient pas pu affecter
profondément la Kabylie et ce principe séculier. La loi foncièrement laïque du
peuple kabyle ne toléra, dès le début, aucun empiétement sur son domaine social
et politique. Ainsi, ni le régime féodal, ni le régime théocratique auxquels
les Turcs essayèrent, à partir du XIe Siècle, de les soumettre, par l’influence
de quelques personnages religieux, ne purent supplanter définitivement les
coutumes et traditions kabyles antiques [1]. Bien plus, les confédérations
villageoises kabyles, basées sur l’esprit républicain et démocratique et sur
leur amour irréfragable de liberté, ont su préserver l’essentiel de leurs
traditions et leur culture, survivre aux dures et longues périodes d’agitation
et d’anarchie qui secouaient régulièrement le reste de l’Afrique du Nord. Armé
d’un esprit réfractaire à toute sujétion étrangère, voulant toujours jouir du
maximum de sa liberté, animé par son génie et sa volonté de fer, le Kabyle a
toujours défendu résolument le régime républicain légué par ses ancêtres. Les
influences d’essence autocratique ou théocratique qui purent se constater par
certaines périodes dans la vie sociale des Kabyles ne sont que des compromis
stratégiques de survie, des accidents dont l’histoire n’ignore pas les raisons
et les origines.
Pour conclure ce
bref survol de l’histoire, nous devons rappeler également un fait beaucoup plus
récent qui remonte seulement aux premières élections pluralistes de l’Algérie
postindépendance, en juin 1990, plus précisément. En effet, la spécificité
sociopolitique laïque de la Kabylie fut mise en évidence d’une manière
éclatante que nul ne peut raisonnablement contester. Alors que le principal
parti islamiste algérien de l’époque prônant avec véhémence l’instauration
d’une république théocratique islamique en Algérie, triomphait magistralement
sur tout le territoire algérien, en Kabylie, le peuple Kabyle s’est prononcé
nettement contre lui, en votant pour le seul parti politique en lice qui
prônait résolument le projet républicain, démocratique et laïc. Cela s’était
répété aux législatives de décembre 1991. Quel meilleur argument que celui-ci
pourrait-on opposer à ceux qui continuent de nier absurdement la spécificité
sociopolitique, le fait religieux et le laïcisme de la Kabylie au sein de ce
vaste ensemble algérien ? En vérité, l’unique explication pertinente de ce
comportement vient du fait qu’en s’islamisant, tout en sauvegardant sa langue
ancestrale, le Kabyle n’a pris de l’islam que ce qui est conforme à l’esprit
laïc et républicain de ses lois et de ses traditions socioculturelles
séculières. Ce faisant, on peut dire que
le Kabyle s’est majoritairement islamisé sans rien renier de
lui-même.
L’irruption de
l’islam politique dans l’ensemble algérien
Examinons
maintenant les menaces récurrentes d’agression qui planent sur la spécificité
sociopolitique et culturelle de la Kabylie, résultant notamment de l’ingérence
de la religion dans le champ politique. Soutenue et encouragée par les
structures institutionnelles du pouvoir central, la religion est
instrumentalisée au service de la politique. L’origine de la crise algérienne
de ces trente dernières années est justement le fait de l’irruption de
l’intégrisme islamiste sur la scène politique. Pourtant, il est bien connu que
le fanatisme et le fondamentalisme, de quelque religion qu’ils soient, ne
conduisent qu’à des résultats négatifs. Les tyrannies religieuses du Moyen-âge
ne menèrent les peuples, en Europe ou en Afrique du Nord, qu’à la barbarie dont
les effets ont été néfastes au progrès et à la civilisation du genre humain. Le
fondamentalisme et le fanatisme sont pour ainsi dire des pathologies
religieuses aux effets dévastateurs. Ils conduisent le peuple qui en est
atteint à sa déchéance et à l’avilissement de ses valeurs de liberté, de
justice, de tolérance, de création.... Nous en savons quelque chose en Algérie
à la fin de ce 20ème siècle ! Il est bon de diagnostiquer ici
brièvement l’origine de ce mal.
Pourquoi la Kabylie
est demeurée à l’abri de cette pandémie dévastatrice ?
En effet, nous
devons souligner que cette dangereuse pathologie qu’est l’islam politique
hégémonique en Algérie, même promu par les structures de l’Etat-Nation, ne
s’est pas encore répandue en milieu kabyle. Cependant, s’il venait à s’y
implanter il menacerait dangereusement la cohésion et la paix sociales du
peuple kabyle. Mohammed Arkoun, l’imminent islamologue kabyle de notoriété
internationale, nous a suffisamment éclairés sur l’origine et la propagation de
ce fléau [4]. En effet, le fondamentalisme religieux en général est basé sur un
postulat archaïque selon lequel toute forme de connaissance scientifique qui introduit un regard purement
historique, sociologique, linguistique, anthropologique et critique sur la
croyance orthodoxe et les rites qui l’expriment, doit être à priori écartée. Il
refuse dès lors de s’interroger. On devine alors ce que devient toute religion
quand elle renonce aux exigences intellectuelles et scientifiques de la raison.
Les dérives fanatiques dont on parlait ci-dessus aliènent profondément les
rapports qu’entretient le citoyen avec lui-même déjà. En Algérie, l’intégrisme
religieux nourrit les violences politiques après avoir poussé à la disparition
des codes socioculturels traditionnels assimilés dès l’enfance, dans le cadre
des cultures orales. Ces codes ont été remplacés par des dogmes nouveaux, soit
par l’école publique pervertie (expurgée de sa mission d’éducation, du sens
civique et de l’esprit critique) soit par la mosquée (dévoyée de sa mission
spirituelle pure). Libre cours fut donné à un prosélytisme débridé et à la
diffusion d’un islam caricatural, outrancier, réduit à des expressions
rituelles, à des formules sans lien avec son patrimoine intellectuel, culturel,
moral et spirituel. C’est donc un islam badigeonné de toutes les perversions
qu’on tient soigneusement à l’écart de tous les acquis émancipateurs, pourtant
incontournables et vivificateurs, de la modernité. La Kabylie fut épargnée de
ce fléau du fait que ses mosquées, même
avec des imams spécialement nommés pour la contaminer et la gangréner, sont
encore gérées selon la tradition respectant le code kabyle ancestral. À cet
égard, la comparaison avec le parcours du christianisme en Occident face à la
modernité, le pendant de la Renaissance, et aux révolutions scientifiques du
« Siècle des Lumières » est très instructive. Ainsi l’islam en
Algérie, en tant que profession de foi avant tout, se trouve depuis
l’indépendance pris en otage à l’intérieur même des structures de l’État.
Pouvoir et Opposition refusent toujours de suivre l’exemple de l’Église qui
garde le monopole de l’autorité morale et spirituelle sur la société sans pour
autant s’exposer, comme elle l’avait fait pendant de longs siècles du
Moyen-âge, aux compromissions et aux errances qui sont le propre de tout
pouvoir temporel. C’est cela le concept du laïcisme kabyle dont il est fait
référence précédemment, que vous l’appeliez autrement ne change rien à la
nature de ce fait religieux.
La Kabylie s’oppose
farouchement à l’islam politique
Voyons, en revanche,
ce qui se passe dans un pays comme l’Iran, auquel aime souvent s’identifier
l’Algérie officielle. La Révolution « islamique » de Khomeiny a opté
pour l’histoire à rebours de celle ouverte par les Révolutions anglaise,
américaine et française. Cette inversion des temporalités historiques par la
pire violence politique au nom d’une religion, a plongé le monde actuel dans
des guerres absurdes et sans issue visible favorable à la condition humaine.
C’est là une voie que la société kabyle refuse obstinément d’emprunter. A cet
égard, la Kabylie a constamment refusé cette impasse historique où prédomine la
violence idéologique sur une base religieuse (voyez l’Irak, l’Afghanistan, le
Pakistan, l’Algérie, etc.). Bien plus ! De tout temps la Kabylie s’est
opposée à l’étatisation de la religion. L’islam soumis à une surenchère meurtrière
n’est qu’un bricolage idéologique. En ayant pour base l’antikabylisme, il a
généré l’union sacrée de l’État algérien avec des catégories sociales aliénées,
il s’est lancé dans des guerres d’une autre époque. L’effondrement de
l’idéologie prolétarienne a réactivé parmi les partisans de l’islam politique
l’espoir d’un nouveau Califat mondial. Ils font leurs les promesses de
l’eschatologie classique mais en la
vidant de la foi à laquelle ils substituent, par des récits aussi faux que
brouillons, des fantasmes idéologiques. Ceux-ci sont injectés dans de frêles
cerveaux d’innocents écoliers à travers l’école et la télévision. Ils sont
aussi nous retrouvons dans les sermons hebdomadaires des mosquées, toutes
contrôlées justement par le Parti-Etat-Nation (Pouvoir et Opposition
confondus). Ces discours de la haine du Juif et du Chrétien auxquels est
assimilé le Kabyle, sont aussi relayés dans les conversations courantes, dans
les discours « élitistes », dans la littérature de bas étage et
jusque dans les cassettes charlatanesques vendues à même les trottoirs… Le
Parti-État-Nation qui avait exercé le monopole du contrôle sur l’islam comme
“combustible politique fécond”, quelque peu dépassé sur le terrain de la
légitimité par les leaders islamistes qu’il a lui-même fabriqué et crédibilisé,
est désormais contraint de se livrer lui aussi à la surenchère islamiste et au
racisme antikabyle. Le résultat en est que, dans le dos du peuple kabyle devenu
l’adversaire commun, les couteaux sont en train de s’aiguiser.
L’affirmation du
laïcisme ne peut se faire que dans le cadre d’une Kabylie autonome
Que pouvons-nous en
conclure ? Si nous sommes aujourd’hui déterminés à revendiquer l’autonomie
de la Kabylie, plus que nous ne l’avions fait naguère, c’est surtout par souci de
prémunition non seulement de la Kabylie mais de l’ensemble de Tamazgha de ces
effets pervers que suscite ce fléau ravageur. Il s’agit avant tout de préserver
notre Kabylie ancestrale de cette fatale pandémie fanatique qui semble
atteindre tous les états musulmans. L’islamisme dont nous devons nous prémunir
risque de nous emporter les uns après les autres vers la déliquescence à
travers un processus inexorable d’extinction. La Kabylie est trop chère pour
que nous consentions à la laisser à la merci de l’impéritie et l’incurie d’un
pouvoir central corrompu jusqu’à la moelle et faisant table rase de tous les
idéaux de patriotisme avec une ahurissante irresponsabilité. Si donc l’histoire
des religions nous conforte dans cette idée, elle ne nous en apprend pas moins
par sa rationalité, son esprit critique et sa méthode discursive que la foi
n’est pas toujours vérité absolue et qu’une croyance aveugle, coupée de sa
raison, ne mène qu’à l’intolérance et au sectarisme. Ceux-ci sont des signes
précurseurs de notre inéluctable décrépitude et de l’avilissement irrémédiable
de notre pensée, moralement et intellectuellement. Ainsi, l’affirmation
du laïcisme dans le cadre d’une Kabylie autonome apparait comme une exigence
historique. Ainsi, les facultés de l’esprit – raison, imagination, imaginal,
imaginaire, mémoire personnelle et mémoire collective – demeurent toujours en
éveil, vigilantes, accueillantes à toutes les données qui tissent le passé, le
présent et le futur des hommes en société. Car la Kabylie compte faire prévaloir
cette valeur ancestrale perçue comme hygiène de l’esprit. En ayant son
autonomie, la Kabylie préservera ses droits, ses libertés et sa vocation à la
connaissance sans cesse partagée, revisitée, soumise à confrontation, testée
continuellement dans sa validité, car évolutive face aux épreuves du temps. A
l’instar des idées, la spiritualité et la manière de la vivre doivent évoluer
avec le temps. « Fides quaerens
intellectum » (la foi en quête d’intelligence), répète l’adage
théologique chrétien ; je rappelle cette formule pour souligner que, dans
l’islam pris en otage par trop d’extrémistes, il n’y a ni théologie, ni
philosophie ou toute autre éthique de la connaissance nécessaire dans toute
pratique responsable des sciences de l’homme et de la société. Un peuple aliéné,
car infecté par le virus du
fondamentalisme, se retrouve irrémédiablement condamné à l’atrophie qui
l’empêche de se développer et de s’épanouir. Un peuple animé par cette maladie
intégriste ne pourrait survivre longtemps et sa dégénérescence devient
inéluctable. Il faut en prémunir le peuple kabyle !
Aujourd’hui, après
avoir héroïquement libéré l’Algérie de la domination et du joug colonial
français, étant dotée de qualités et de richesses humaines parmi les plus
remarquables, la Kabylie ne peut plus vivre entravée, assujettie à cette
humiliation d’un autre âge. En effet, pour reconquérir son indépendance, elle
s’employait à toujours aller par des voies difficiles, des sentiers sans issue.
Elle est à ce jour en quête de sa liberté perdue en cette année
fatidique de 1871, l’année de la révolte (aseggwas n tnekkra). Ce faisant,
privée de son autorité, elle n’a fait que reproduire les mêmes erreurs, les
mêmes tragédies avec leur lot d’infortunes et de désillusions. La répression à laquelle
elle s’expose depuis 1962 est toujours suspendue comme une épée de Damoclès au
dessus de sa tête. Ce pouvoir ne manquera pas de lui rendre la vie encore plus
laborieuse, plus pénible qu’elle ne l’a jamais été ! Alors, Basta ! De
cette vie de déchéance, de prison à ciel ouvert, la Kabylie n’en veut
plus ! A chaque fois, elle frôle de justesse son extinction, sa
dissolution irréversible dans une nébuleuse arabo-islamiste. Les apothicaires
apprentis-sorciers de ce pouvoir charlatan et intégriste, inculte et méprisant
les réalités socioculturelles kabyles, ne cessent de s’évertuer à
synthétiser une forme de « lotion magique » pour dissoudre la
Kabylie !
Aujourd’hui, la
nécessité de survie de la Kabylie nous interpelle plus que jamais. Nous ne
voulons plus sombrer dans les limbes de l’histoire moyenâgeuse, à cause de
l’impéritie du pouvoir central. Nous sommes mis en demeure de se réapproprier
nos valeurs ancestrales protectrices d notre tissu social, restaurer et
reconquérir plus d’espace, mais surtout plus de liberté, notre unique sève
nourricière. A l’aube de ce troisième millénaire, prenons les devants. Un
ennemi d’un genre nouveau, la mondialisation, est au seuil de nos foyers, dans
les villages les plus reculés aux confins de nos montagnes. Cette adversité
galopante charrie dans son sillage la menace grandissante de notre
désintégration. Si nous n’y prenons garde, si nous ne nous donnons pas les
moyens appropriés et les instruments efficaces pour nous en prémunir, elle ne
fera de nous qu’une bouchée. L’heure est grave !
5.
L’autonomie de la
Kabylie est une nécessité historique pour un nouveau départ
Nous voyons alors qu’après un examen minutieux de la
question relative à l’entité kabyle, du point de vue politique, identitaire,
sociologique, religieux, culturel et géostratégique, tous les arguments
invoqués plaident d’une manière incontournable pour la nécessité de
l’instauration en Kabylie d’un Etat régional doté d’une large autonomie et
rattaché à l’ensemble algérien, son milieu naturel. Les valeureux fils de
Kabylie doivent se sentir tous interpellés pour la concrétisation de cet
objectif sur le terrain. Ils sont sommés par l’Histoire de riposter
efficacement, dans l’unité des rangs, comme un seul homme. Les Kabyles
devraient donner libre cours à toute leur intelligence, en multipliant leurs
activités régénératrices et vivifiantes dans tous les domaines de la
civilisation contemporaine. Et qu’importe si d’aucuns, au sein même de
l’ensemble algérien, par esprit d’égoïsme ou de jalousie bien étroit, trouvent
déjà notre entreprise trop ambitieuse, débordant les limites qu’ils lui
auraient arbitrairement fixées. Car ce faisant et à coup sûr, les fils de la
Kabylie ne manqueront pas demain de se faire vite distinguer dans le concert
des nations. Ainsi, l’activité et le renouveau kabyles susciteront la juste
reconnaissance qui leur fait défaut, particulièrement dans le bassin
méditerranéen, eu égard à leur précieuse et incontestable contribution au
progrès de l’Occident dont désormais ils sont partie intégrante. En effet, la
dimension méditerranéenne par excellence du peuple kabyle devra être soulignée
et affermie davantage. Car la société kabyle est, pour le sociologue Pierre
Bourdieu, un véritable conservatoire de l’inconscient méditerranéen et sa
tradition culturelle constitue "une réalisation paradigmatique de la
tradition méditerranéenne". Son histoire est imbriquée avec celles des
peuples méditerranéens. Sa culture et sa langue portent les influences de
plusieurs cultures, phénicienne, latine, grecque, arabe, française…. L’inverse
est également vrai. Le peuple kabyle doit naturellement s’inscrire dans toutes
les dynamiques méditerranéennes et entretenir une relation privilégiée avec les
peuples de la Méditerranée, creuset des grandes civilisations que compte
l’humanité.
Cependant, cela
relève même d’une loi dans l’évolution de l’être humain, le labeur et
l’intelligence sont les seules conditions essentielles à tout homme qui aspire
à l’émancipation, au bien-être et au progrès. Admirablement doué par la nature,
le Kabyle, comme tous les êtres humains, a le droit et le devoir de chercher à
perfectionner sa vie culturelle,
économique et politique, de faire en sorte que tous ses efforts tendent
vers la réalisation de son idéal civilisationnel ancré dans son patrimoine
ancestral. Aujourd’hui, comme autrefois, les bienfaits et les acquis de la
modernité, à l’accomplissement desquels il a cependant pris une part active, en
Algérie ou sous divers cieux à travers le monde, ne laissent guère insensible
sa patrie : La Kabylie. Engagée
résolument et audacieusement dans cette voie de l’abolition du centralisme
jacobin de l’Etat, relique du colonialisme français, la Kabylie est plus que
jamais déterminée à affronter son destin. Elle doit se consacrer entièrement à
la promotion de son indépendance socioculturelle et à la construction de sa
propre économie moderne. Elle ne doit plus compter sur l’économie rentière du
pouvoir central. Celle-ci est non seulement évanescente mais pernicieuse. En
effet, la Kabylie, consciente de la force et de l’envergure de ses ailes, avide
d’espace et de liberté, peut en toute sécurité quitter la cage dans laquelle on
a de tout temps cherché à l’enfermer comme une bête féroce, en voie
d’extinction, bien que trop exiguë pour la contenir. Elle a à s’envoler de ses
propres ailes vers des horizons de liberté. Cette alternative bienfaitrice pour
elle-même n’est pas incompatible avec l’ensemble algérien auquel elle pourra
demeurer loyale, et solidaire comme ce fut le cas durant bien des épreuves à
travers les tourments et les caprices de l’Histoire.
Voici, pour les
Kabyles, quelques objectifs immédiats atteindre dans le moyen terme:
1-
Se reconstruire en tant que nation porteuse de ce qui
leur est spécifique : langue, institutions, histoire, coutumes et valeurs,
mythes…
2-
Se recentrer sur ce qui leur est propre, en prônant
les valeurs positives comme la démocratie directe et participative de Tajmayt (Assemblée villageoise),
l’autonomie comme mode d’organisation, la solidarité, l’égalité, la bonne
gouvernance, le respect des lois et la dignité humaine, et en s’ouvrant sur
certaines valeurs actuelles, nécessaires pour avancer avec toute l’humanité
acquise au progrès, en trouvant de justes mesures pour intégrer les femmes, la
jeunesse. Les notions de libertés individuelles seront les conditions de leur
pérennité.
3-
Créer de nouveaux espaces politiques culturels,
économiques, sur leur propre territoire, devrait se conjuguer avec la recherche
de collaboration avec d’autres ensembles ou parties de l’Algérie et du monde,
méditerranéen notamment,
Ce n’est pas un
repli sur nous-mêmes que nous recherchons, bien au contraire. Les individus
comme les peuples fragilisés ont tous besoin, ponctuellement, de retrouver
leurs repères pour se restructurer et reconstituer leurs forces. Toutefois, une
fois cette étape franchie, nous pourrons avoir assez de capacités pour nous
ouvrir sur les autres et nous enrichir à leur contact, sans risque de nous
désintégrer.
En retrouvant leur
personnalité, les Kabyles reconstitueront les liens et le ciment de leur
communauté et pourront parler enfin en termes de droits et de destin collectif
avec les autres.
Par conséquent,
c’est parce qu’elle est mue par son charisme d’avant-garde nord-africaine, de
matrice génitrice de modernité et de progrès, que la Kabylie prône aujourd’hui
résolument son autonomie régionale. La Kabylie, de l’Etoile Nord Africaine
d’Amar Imache et ses camarades jusqu’à nos jours, s’est de tout temps distinguée par son
atavisme et son attachement invétéré à la générosité et la solidarité à l’égard
des autres composantes nord-africaines. Elle entend toujours respecter
scrupuleusement la dignité des autres dans le respect de chacun à sa souveraine
autodétermination à choisir librement le destin qu’il estime être approprié à
sa société, sans pour autant que ce choix ne vienne s’imposer arbitrairement au
peuple kabyle. La Kabylie est libre de définir de son coté souverainement les
nouvelles perspectives qui lui paraissent historiquement viables et cohérentes
avec ses caractères identitaires et civilisationnels (langue, histoire,
institutions, valeurs, culture, coutumes et mythes…) afin de façonner elle-même
son devenir pour être pleinement maitresse de son destin. Cette démarche sera à
même de lui garantir son plein essor, tout comme celui de l’ensemble
nord-africain. Car la Kabylie a de tous temps été (et elle le demeurera
toujours) ouverte à l’amitié, à l’hospitalité et à la solidarité avec les
peuples. En effet, son amour inné pour la liberté, ses luttes constantes et
immémoriales pour l’indépendance, la défense et la sauvegarde de la dignité
humaine, ses compétences et ses aptitudes travail, son amour pour l’ordre, ses
qualités faites de loyauté, de prévoyances et d’organisation, son tissu social
solidaire… permettent de lui prédire, dans cette voie d’émancipation, une
évolution à une vitesse vertigineuse et la certitude chevillée d’un avenir
brillant au sein du bassin méditerranéen.
Pour peu que son peuple consente aux sacrifices qui lui sont demandés en ce
domaine et fasse résolument sienne cette ancestrale ambition de vivre en peuple
libre épris de paix et de solidarité avec son environnement géographique et
politique. Cependant, souvenons-nous en : L’autonomie ne se demande pas,
ne se revendique pas et ne se décrète pas : Elle se construit avec
détermination, patience et persévérance, abnégation et conviction. Ce à quoi
nous nous attelons résolument.
Il s’agira alors
d’un nouveau départ que tous les Kabyles patriotes espèrent et attendent.
Celui-ci ne manquera pas d’ouvrir de nouvelles perspectives, ô combien
attrayantes pour cette autonomie d’où, le moindre doute, viendra le salut de la
Kabylie et de ses enfants. Car, en définitive, c’est à partir de ce concept que
nous pourrons vraiment envisager de bâtir une démocratie authentique et durable
autour de nous.Dahmen At Ali,
Militant de base du MAK
Références et
notes :
1. Si Amar Boulifa, « LE
DJURDJURA à travers l’histoire, depuis l’Antiquité jusqu’en 1830, Organisation
et in dépendance des Zouaoua (Grande Kabylie) », Alger, J. Bringau, 1925.
2.
Hamdan ben Othman
Khodja, « L’Aperçu
historique et statistique de la Régence d’Alger : Le Miroir », publié
à Paris, en octobre 1833, directement en langue française. Il a été réédité à
Paris par les éditions Sinbad en 1985. Son auteur, Hamdan ben Othman Khodja, un
Kouloughli (fils d’un Turc et d’une autochtone, est un notable de la Régence
d’Alger, riche propriétaire terrien et négociant, proche de l’entourage du Dey.
Les fausses allégations que comporta cet ouvrage, qui a été par ailleurs réfuté par le Maréchal
Clauzel, nous édifient à plus d’un titre de la prévarication outrancière et de
la décrépitude de du pouvoir des corsaires d’Alger. En effet, une lecture
sereine et objective de cet ouvrage historique, et surtout du récit qui en est
fait par l’auteur est révélateur à plus d’un titre de la profondeur du gouffre
qui sépare les préoccupations réelles des derniers gouverneurs Turcs de la
Régence d’Alger des aspirations patriotiques sincères et loyales du peuple
kabyle. A travers ses pages, une brève lecture vous donne vraiment froid au dos
et vous édifie de l’innommable mépris et la condescendance outrageuse réservés
aux Kabyles par ces envahisseurs étrangers, combien même musulmans de
confession. Nous saurons à travers ce
témoignage incontestable, écrit par une personnalité éminemment influente du
pouvoir des deys d’Alger, qu’au cours des
pourparlers de négociation de la capitulation, les gouverneurs turcs
étaient en fait occupés à sauver bassement leurs biens matériels, leurs
intérêts personnels et quelques dividendes à travers leur collaboration avec
les nouveaux Maîtres d’Alger. On découvrira avec effroi, qu’ils furent empêtrés
dans une obséquieuse mesquinerie la plus dégradante et la plus vile, plutôt que
de se préoccuper du sort des malheureuses populations autochtones opprimées et
rackettées pendant plus de trois siècles. Ils ne feignirent encore moins
d’invoquer ou de tenter de faire prévaloir une
quelconque justice internationale ou souveraineté imprescriptible sur ce
qu’ils considéraient dans leurs écrits être
« leur peuple », professant pourtant la même religion qu’eux
et qu’ils sont soi-disant censés administrer et protéger! Malgré tous ces témoignages accablants,
l’histoire officielle de l’Etat Algérien indépendant nous a imposé ce sinistre
corrompu Hamdan Khodja, auteur de cette « précieuse pièce à conviction »,
comme, tenez-vous bien, « Le premier militant nationaliste algérien »
!!! Quelle audacieuse supercherie! Vu le patriotisme pernicieux et hypocrite de
ceux qui nous gouvernent aujourd’hui, il y a lieu de méditer vraiment sur notre
devenir.
3.
Réfutation de l’ouvrage d’Hamdan Khodja :
« Aperçu
historique et statistique de la Régence d’Alger »,
rédigée et publiée par l’entourage du maréchal Clauzel dans l’Observateur des
Tribunaux français et étrangers, juin 1834.
4.
Mohammed Arkoun, « Religion
et laïcité: Une approche laïque de l'islam », L'Arbrelle, Centre Thomas
More, 1989;
Autonomie :
La seule solution
Il est inutile d’épiloguer sur
l’évanouissement du Mouvement citoyen de 2001 ; mais il a montré au moins
à la face du pouvoir algérien que la Kabylie sait se mobiliser comme un seul
homme lorsque l’adversité l’y contraint. En l’occurrence, l’assassinat, par des
forces armées nationales censées les protéger, de 126 de ses citoyens
innocents, à la fleur de l’âge pour la majorité d’entre eux, a été ressenti
comme une entreprise génocidaire à l’égard de tout un peuple et a entraîné le
14 juin 2001, un mouvement citoyen pacifique unique dans les annales par son
ampleur. Et 8 ans après le massacre, la blessure est restée intacte dans le
cœur de chaque Kabyle comme un stigmate rédhibitoire à toute forme de
compromission avec le régime actuel.
Cette manifestation pacifique
dévoyée par le pouvoir qui l’a stigmatisée comme une “ invasion de Kabyles
dans la capitale ” est une réaffirmation solennelle du peuple kabyle à
vivre dans la liberté et la dignité en toutes circonstances. Cette tentative de
détournement de l’opinion a produit l’effet inverse chez l’immense majorité des
Algériens qui a vu, à travers ce mouvement populaire, une possibilité de
réalisation de sa propre autodétermination.
Depuis, le pouvoir, à travers la
gendarmerie et parfois l’armée, multiplie les provocations sanglantes par ce
qu’il présente comme des “bavures” et son allié l’intégrisme s’affiche en pays
conquis malgré un quadrillage militaire de la région digne d’un état de siège.
Entre les deux, “des groupes armés non identifiés” organisent le racket et
l’assèchement de la sève économique régionale par des assassinats
d’entrepreneurs ou leur enlèvement en vue d’extorsion de sommes d’argent qui
anéantissent leurs projets. En toute quiétude !
À ce jour, pas un gendarme,
militaire ou policier, responsable de meurtre, n’a été inquiété ni par sa
hiérarchie ni par la justice. Pas plus qu’aucun kidnappeur n’a été appréhendé.
Le phénomène est tel que le
citoyen le plus ordinaire tire de lui-même la conclusion qu’entre tout ce beau
monde il doit nécessairement exister une connivence qui, dans bien des
situations vécues, parait comme une évidence.
En fait, la mise en déréliction
que subit actuellement la Kabylie de la part du pouvoir qui, dès 1962, a ravi
la victoire aux Algériens en général et à la Kabylie en particuliers, remonte
bien au-delà. Par la ruse, la compromission, l’assassinat et même la délation
de patriotes au profit de l’ennemi, les tenants de l’idéologie arabo-islamique
ont systématiquement éliminé les élites kabyles depuis l’épopée de l’Étoile
Nord-africaine en 1926.
Aujourd’hui, la région subit une
offensive acharnée de “normalisation” qui se manifeste par l’arabisation et
l’islamisation à outrance. L’imposition
de la langue arabe a pour simple vocation de tuer la langue kabyle tandis que
l’islamisation sert à dépersonnaliser le peuple kabyle et le dépouiller de ses
valeurs ancestrales de liberté, de laïcité, de tolérance et de respect de
l’autre. Et comme si les moyens financiers et humains déployés par l’État
algérien, dans cette entreprise éperdue d’acculturation et d’aliénation de la
Kabylie, ne suffisaient pas, ce dernier n’a pas hésité à brader une
“souveraineté nationale” chatouilleuse en d’autres circonstances, pour appeler
en renfort une puissance étrangère.
Mais las ! Les Kabyles ont
pris définitivement conscience que dans de pareilles conditions, une seule
option s’impose à eux pour assurer leur survie en tant que peuple à part
entière : l’autonomie régionale dans les limites territoriales
historiquement assises avant l’insurrection anticoloniale de 1871 (Tanekkra n
71).
Cette option n’est pas un choix,
c’est une nécessité et l’autonomie, outre qu’elle est une bonne solution, se
révèle être la seule solution. Quoi qu’il en soit, le peuple kabyle ne sera
jamais enclin à aliéner ses droits historiques.
Plus que jamais la Kabylie a
intérêt à se démarquer politiquement et administrativement d’une Algérie qui se
transforme ouvertement en royauté d’un clan avec le compagnonnage d’un large
éventail de partis politiques dont les représentants siègent sans état d’âme
dans des assemblées où se votent à main levée les lois d’arriération du pays.
Actuellement, le pouvoir s’arroge
tous les moyens dont dispose le pays pour consolider un appareil répressif
destiné à contenir partout les révoltes citoyennes. En direction de la Kabylie,
en plus de la répression et de l’intimidation, il fait usage d’un matraquage
démagogique quotidien par le biais des médias publics dans le but de la
stigmatiser et la désigner comme bouc émissaire de sa propre incurie. En dépit
de tout cela, de plus en plus de compatriotes d’autres régions manifestent
ouvertement leur solidarité à la Kabylie. Ces soutiens qui nous viennent de
l’Algérie profonde sont un baume au cœur pour nous. Ils témoignent de la
compréhension et de l’intelligence de nos concitoyens arabophones qui se
rendent enfin compte que le combat de la Kabylie ne sert qu’à les tirer vers
leur propre émancipation.
À quelque chose malheur est bon.
C’est l’arrogance et le mépris du pouvoir envers les Algériens qui a fini par
fédérer contre lui tous les peuples d’Algérie. Aujourd’hui, tout le monde sait
qu’il ne reste dans le gouvernement que ceux qui sont capables d’immoler à leur
cupidité tout le pays aux 4 coins cardinaux, comme certains Kabyles-de-Service
qui prêtent à l’ennemi de leurs congénères, leurs mains, leurs discours et leur
silence.
En plus des dénis linguistique,
culturel et économique des peuples premiers, la
falsification de l’histoire est aussi un moyen d’effacer leur existence même.
Cette propension est l’apanage de tous les impérialismes et des régimes
dictatoriaux qu’ils ont enfantés.
Ainsi, l’histoire officielle
occidentale affirme que Christophe Colomb a découvert l’Amérique. Les
Américains originels, c’est-à-dire ceux qu’on appelle les Indiens assurent pour
leur part que ce sont leurs ancêtres qui ont “découvert” Christophe Colomb,
moribond, l’ont soigné et sauvé d’une mort certaine.
Chez nous, les envahisseurs
prétendent la même chose et l’outrecuidance du régime l’amène jusqu’à proclamer
dans le préambule de la Constitution que « l’Algérie est une terre
arabe ».
En Amérique, les peuples
amérindiens qui étaient en voie de disparition recouvrent petit à petit tous
leurs droits fondamentaux.
Chez nous, les dénis et la
répression demeurent les seules réponses à des revendications légitimes.
Au sein du MAK, nous continuons
sans faillir le combat pour notre peuple et avec lui parce que nous savons ce
que sera demain.
Par Azru Loukad
Secrétaire national à la Culture
et au Patrimoine
Ferhat Mehenni.
Président du Mouvement pour
l’autonomie de la Kabylie :
« Le policier tunisien m’a
dit : nous ne voulons pas de problème avec l’Algérie »
Vous venez d’être refoulé de Tunisie où
vous vous rendiez pour y rencontrer votre mère. Pouvez-vous nous raconter les
circonstances de votre refoulement ? Quel est l’argument avancé pour vous
empêcher d’entrer dans ce pays ?
J’étais très heureux d’arriver à Tunis où, jusque-là, je n’avais jamais mis
les pieds. Pour des raisons de sécurité, je n’avais avisé personne en dehors
d’un neveu qui devait se débrouiller pour me ramener ma mère, très âgée,
jusqu’à cette capitale d’un pays « frère ». Une fois sur place, je me
suis dirigé vers un guichet et j’ai attendu mon tour pour les formalités policières
d’entrée en territoire tunisien. L’opération a semblé déstabiliser quelque peu
le policier ayant pris mon passeport. En introduisant mon nom dans le fichier
de la police tunisienne des frontières, une information codée s’est affichée
sur l’écran de son ordinateur. Il a demandé de l’aide à un de ses collègues,
qui a appelé un chef hiérarchique en civil. Ce dernier me demande de le suivre,
loin de la sortie des voyageurs. Là, il me demande de rester derrière
l’enceinte d’un lieu qui fait office de bureau, où il appelle ses supérieurs.
D’un supérieur hiérarchique à un autre, il me pose des questions sur mon
métier de chanteur auquel visiblement il ne voulait pas croire. Cela ne devait
peut-être pas correspondre aux informations en sa possession. Au bout de 25 minutes,
je lui demande ce qui ne va pas. La réponse ultime vient enfin :
« Désolé, mais nous sommes au regret de vous remettre dans l’avion dans
lequel vous êtes arrivé. » Il ajoute discrètement : « Nous ne
voulons pas de problème avec l’Algérie ! » Une réservation est
immédiatement faite et je fus le dernier passager à entrer dans l’avion du
retour. J’ai passé, en tout, une demi-heure à l’aéroport Tunis-Carthage. Ma
mère, qui s’apprêtait à prendre la route le lendemain, a éclaté en sanglots en
apprenant par téléphone qu’à 84 ans, elle ne pourra pas m’embrasser. Et tout
cela s’est passé le jour anniversaire de la Déclaration universelle des droits
de l’homme ! Devrais-je en déduire que Bouteflika et son régime auraient
fait de la petite et charmante Tunisie une république bananière ? Je ne me
le permettrais pas.
Si on a bien compris, vous êtes également
interdit d’accès en Algérie. Pourquoi ? Qu’est-ce que vous risquez si vous
revenez au pays et est-ce que les autorités algériennes vous ont notifié que
vous ne pouvez plus y revenir ?
Il n’y a pas d’interdiction officielle émise contre ma rentrée au pays.
Mais le mandat d’amener lancé à mon encontre, dont la presse algérienne avait
fait part en janvier dernier, n’est pas de nature à me rassurer sur mon sort si
je venais à rentrer en Algérie. Des fuites m’ont également averti sur un
scénario catastrophe selon lequel mon éventuelle arrestation serait suivie d’un
attentat « terroriste » dans lequel je perdrais la vie. Je prends
tout cela non pas pour de la vérité mais pour des vraisemblances. Je ne suis ni
paranoïaque ni naïf. Il est certain que je rentrerai un jour chez moi. Ce sera
quand je le déciderai.
Pour le moment, au vu des graves accusations portées contre moi,
particulièrement par la presse arabophone faisant de moi l’ennemi public numéro
un, le sioniste par excellence, le va-t-en-guerre de je ne sais quelle folie,
je ne peux m’en remettre qu’à un dépôt de plainte symbolique auprès des
tribunaux algériens pour diffamation, à partir de mon exil. Je ne me fais
aucune illusion sur son aboutissement. Dès lors que la commission rogatoire
dépêchée à Azazga ne pourra pas m’entendre, un PV de carence sera établi et le
non-lieu prononcé. En Algérie, nous ne sommes pas dans un Etat de droit. Je ne
peux oublier l’injustice faite à Benchicou ou les poursuites contre El Watan,
Dilem, Belhouchet, Alilat... Les hommes et les femmes politiques qui font face
à un pouvoir illégitime et terroriste savent tous les risques qu’ils encourent
à chaque bravade de leur part.
Que comptez-vous faire pour reprendre
votre droit de vous rendre dans votre propre pays ?
Je compte, en Algérie, sur le soutien de la Kabylie et des démocrates même
si, chez ces derniers, la valeur solidarité a perdu de sa chaire. Ils ne sont
plus nombreux à protester devant l’infamie. A l’assassinat de mon fils, aucun
communiqué de quelque parti que ce soit ne fut rendu public. Je compte sur les
instances internationales pour faire condamner un pouvoir qui fait de la
liberté et des droits de l’homme son cauchemar. La sortie de M. Zerhouni,
ministre de l’Intérieur, le 24 novembre dernier, à la conférence des ministres
de l’Intérieur de la Méditerranée occidentale, est on ne peut plus claire. Pour
lui, le danger en Algérie, ce ne sont pas les terroristes islamistes mais, en
faisant les déductions qui s’imposent, les démocrates. Il rejoint en cela son
inspirateur, Bouteflika qui, à la télévision, disait aux terroristes encore en
2005 « si j’avais votre âge, j’aurais été des vôtres ! ». Tirer
sur de jeunes et pacifiques manifestants kabyles est plus courageux que d’aller
éradiquer le terrorisme islamiste !
Le dernier match Algérie-Égypte a donné
suite à une crise politique entre les deux pays, mais il a aussi réussi à
susciter une prise de conscience des Algériens qui se sont mis à revendiquer
leur identité berbère. Qu’en pensez-vous ?
Cette crise politique est avant tout un problème interne à l’Egypte. Il n’y
a qu’elle qui, un mois plus tard, n’arrête pas de gesticuler. Elle considérait
probablement jusque-là l’Algérie comme relevant de sa politique intérieure et
non de ses affaires étrangères. Après le somnifère idéologique de la
« oumma arabe » du nassérisme, le réveil est brutal. Toutefois, en
Algérie comme en Egypte, on confère à un match de football une dimension qui
lui est étrangère. On prend le sport pour de la politique là où la politique
devrait faire valoir l’esprit sportif. Ceci dit, je ne crois pas en ce réveil
des consciences par lequel les Algériens se mettraient à revendiquer une
identité amazighe. Il n’y a que les Kabyles qui y croient. L’Algérie se décrète
arabe et tous ses ténors officiels n’ont pas arrêté de le rappeler en répétant
que cette victoire footballistique acquise sur l’équipe égyptienne était
« avant tout une victoire arabe ! ». Là aussi, dur sera le
réveil pour les Kabyles dont les repères ont été brouillés par l’euphorie, le
temps d’une jubilation. Les problèmes sociopolitiques qui sont les nôtres ne
peuvent être occultés par des victoires sportives. Et puis, tout cela va
retomber à la première défaite qui ne manquera pas de survenir.
N’est-il pas le début d’une prise de
conscience générale qui pourrait être un élément déclencheur pour une
officialisation de la langue amazighe et la promotion de l’identité amazighe en
Algérie ?
Il me semble que vous faites preuve d’un excès d’optimisme que j’aurais
aimé partager avec vous et avec tous ceux qui y croient. Je refuse d’être naïf
à ce point ! Par ailleurs, en ce qui me concerne, la reconnaissance
officielle de l’amazighité, bien qu’elle aurait pu constituer un pas pour nous
avant le Printemps noir de 2001, participe au contraire de nos jours à la
dissolution de l’identité kabyle, travaille à la perte de nos repères
identitaires. Or, c’est notre « kabylité » qui nous garantit autant
notre amazighité que notre algérianité et non l’inverse. Les Algériens
arabophones qui admettent leur dimension amazighe ne le font que du bout des
lèvres, puisque de toutes les façons, ils sentent qu’au fond d’eux-mêmes ils
l’ont perdue depuis toujours.
Cela fait longtemps qu’on ne vous a pas
entendu parler du MAK. Que devient le Mouvement pour l’autonomie de la
Kabylie ?
Le MAK est et demeure le seul espoir de la Kabylie et du peuple kabyle. Le
MAK et le projet d’autonomie de la Kabylie sont les faveurs d’une refondation
démocratique de la République. Il sort dans la rue quand il estime devoir le
faire. Il appelle ainsi toute la jeunesse kabyle à participer aux marches qui
auront lieu le jour de Yennayer, à Vgayet et Tizi Ouzou.
Par Madjid Makedhi
TIMANIT I TMURT N YEQVAYLIYEN
MOUVEMENT POUR L’AUTONOMIE DE LA
KABYLIE
M. FERHAT MEHENNI REFOULE DE TUNISIE
En ce jour
anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, le 10
décembre 2009, Ferhat Mehenni, opposant kabyle au régime algérien, a été
refoulé à l’aéroport de Tunis-Carthage. Tunis, en exécutant servile des ordres
et des basses besognes du dictateur algérien et de son pyromane ministre de
l’intérieur, vient de ternir un peu plus son image et surtout de bafouer un
droit universellement reconnu : celui de la libre circulation des
personnes.
A la demande insistante de sa mère, âgée de 84
ans, qui voulait le revoir au moins une dernière fois avant de mourir, le fils
avait convenu avec elle de se rendre en Tunisie. Le choix de ce pays s’est
imposé pour sa mère du fait d’un côté de
sa proximité par voie terrestre, et de l’autre d’un impossible visa Schengen.
M. Mehenni aurait pu se rendre lui-même en Kabylie n’était le mandat d’arrêt émis par le régime algérien
contre lui, il y a de cela près d’un an, pour des raisons politiques. En
Algérie sa liberté et surtout sa vie y seraient gravement menacées.
Arrivé à
Tunis par le vol AF 2584, vers 15h 15’, il se présenta au guichet de contrôle
des passeports. Le nom introduit dans le fichier de l’ordinateur de la police
des frontières fait ressortir une information selon laquelle il serait
recherché en Algérie.
Après des
discussions policières au téléphone durant lesquelles il entendit dire
« Nous ne voulons pas de problèmes avec l’Algérie ! », il a été
mis aussitôt dans le même avion dans lequel il était arrivé et reprit malgré
lui la voie des airs vers paris par le vol AF 2585 ; empêchant du coup une
mère qui devait y arriver le lendemain,
d’embrasser enfin son fils exilé.
Bouteflika, non
content d'interdire à un citoyen de rentrer chez lui, s'emploie à lui
interdire de se rendre même dans d'autres pays.
La Tunisie
qui se couche devant l’Algérie ne regarde que les Tunisiens. Le régime
despotique d’Alger est quant à lui notre affaire. Cet épisode qui aurait pu se
terminer de manière encore plus grave pour la victime vient rappeler les
tentations hégémonistes et dictatoriales de l’Algérie sur les peuples voisins.
Il nous montre une fois de plus, combien la construction d’un Etat kabyle est
une nécessité vitale pour l’avenir des enfants kabyles.
Le MAK
révolté par cet acte qui attente à la liberté d’un démocrate, élève une
protestation solennelle contre la Tunisie et l’Algérie auprès des Nations
Unies, de l’Union Européenne et des ONG dont Amnesty International, Human
Rights Watch, FIDH…
En ce jour
symbolique de la célébration des Droits de l’Homme durant lequel le Président
des Etats-Unis, Mr Barak Obama s’est vu remettre le Prix Nobel de la Paix, ce
sont les dictateurs d’Alger qui ont à craindre pour leur avenir et non les
démocrates épris de liberté.
Kabylie le
11/12/2009
Conférence
de Ferhat Mehenni
Le 12/09/2009 à la « Fête de l’Huma »
L’état-civil kabyle a été le fait de l’administration
coloniale. Il a été établi suite à un recensement général de la population de
la Kabylie en 1895.Jusque-là, les Kabyles n’éprouvaient pas le besoin de
se compter ou d’établir un état-civil. Les denses relations qui encadraient les
individus à travers les familles, les clans, les çofs, les villages, les
fédérations et confédérations… étaient suffisantes pour établir l’identité de
chacun. La Kabylie avait une telle organisation sociale que la traçabilité des
familles était aisée pour qu’entre elles des contrats et des alliances se
concluent en toute sérénité. Ce peuple qui n’avait jamais estimé bon de
construire des prisons, la criminalité y était si rare, se passait aisément
d’une police et de sa propension à ficher chaque individu. L’état-civil est
avant tout un outil de contrôle des personnes et des groupes. C’est la liste
d’appel dans une prison à ciel ouvert. C’est le besoin de prévenir d’autres
insurrections kabyles, comme celle de 1871, qui avait poussé les militaires
français à établir vers 1895 un recensement des villages et des populations qui
n’aurait aucun sens sans un état-civil. En Kabylie l’état-civil est une étape
supérieure de la victoire des forces militaires coloniales sur la société
kabyle. Il est la marque et le témoin de la défaite des Indigènes. C’est le
trophée narcissique du vainqueur. Le scalp d’un peuple ornant la ceinture du
guerrier colonialiste français.
L’acte était en soi suffisant. Avoir un état-civil des
Kabyles était presque une fin en soi. C’était une obsession qui trainait depuis
1837, du temps où la Kabylie n’était pas encore défaite. En effet, un décret de
cette année-là interdisait, dans l’Algérois, d’embaucher des Kabyles qui ne se
faisaient pas recenser auprès de l’administration coloniale. Mais une fois la
victoire acquise sur la Kabylie (1857 et 1871), pour connaitre
approximativement le nombre de rebelles potentiels auxquels ils pourraient
avoir à faire, les années à venir, les militaires chargèrent des
Administrateurs de recenser les Kabyles qui s’avérèrent tourner alors autour de
deux millions d’âmes.
Ces administrateurs, dans l’exécution de leur tâche,
ne montrèrent aucun respect pour les recensés qui se retrouvèrent, un par un et
du jour au lendemain, attifés d’un nouveau nom qui peu à peu va supplanter
(sans parvenir à l’effacer) leur véritable identité. Comme nous sommes au
lendemain du rêve de Napoléon III de créer un « royaume arabe », les noms des
Kabyles furent tous arabisés par les « Bureaux arabes ». Les Aït, At qui sont
les préfixes patronymiques kabyles, sont remplacés par les Ben Bou, Ibn, Beni,
Ould… arabes. Par ailleurs, pour distinguer les prénoms homnymes dans une même
famille, il a été décidé de fonder des lignées distinctes à partir de chaque
membre mâle d’une même fratrie. Ainsi, on se retrouve dans une même famille
avec trois à quatre noms différents, sans aucun rapport avec eux. Mais comme en
Algérie fraîchement colonisée la situation s’est répétée un peu partout, et
qu’en plus l’Administrateur était à court de noms, il donna le même nom un peu
partout en Algérie à des familles qui n’ont jusqu’ici aucun lien de parenté. On
se retrouve dans cette étrange situation qui donne des noms différents à des
membres d’une même famille tandis qu’on partage le même nom avec des étrangers.
L’Etat algérien, en décidant d’arabiser l’état-civil
kabyle a amené, par la graphie arabe, sa part de distorsion des noms légués par
la colonisation sans pour autant les remettre en cause.
Nous profitons de ce stand de la Kabylie à la Fête de
l’Humanité 2009 à La Courneuve pour soumettre à débat entre Kabyles sur ce
crime culturel commis contre notre véritable identité et poser la question de
savoir si le moment ne serait pas venu de tenter d’en limiter les dégâts dans
un premier temps et, dans un second temps d’en réparer les torts. Ne devrait-on
pas, sous l’autorité d’une institution neutre à mettre sur pied, établir à
titre symbolique une CARTE D’IDENTITE NATIONALE KABYLE pour ceux qui en
feraient la demande et permettre ainsi à chacun de réhabiliter le nom de ses
ancêtres ? Bien sûr, pour la traçabilité des noms, il sera fait référence sur
la nouvelle carte à l’identité imposée par l’administration coloniale. La
question épineuse de la nationalité des Kabyles pourrait être résolue par la
citoyenneté. Aujourd’hui, tous les Kabyles se sentent appartenir à la nation
kabyle. Donc il y aurait lieu d’indiquer sur cette carte symbolique pour chaque
intéressé, la citoyenneté qui, pour d’aucuns serait canadienne, voire
québécoise, américaine, pour d’autres française, allemande, suédoise, anglaise,
hollandaise, norvégienne…
Nous recueillerons vos avis et vos votes à travers nos
sites web et ceux qui nous sont amis, les réunions publiques en Kabylie et dans
la diaspora... En fonction des résultats que nous aurons au bout de 45 jours de
campagne de discussions et de positions affichées, nous abandonnerons le projet
ou nous mettrons sur pied les structures et moyens à même de réaliser
symboliquement cette réparation
de notre histoire.
Le témoignage de Kamel
Mezoued
Kamal Mezoued est kabyle. Il est né en Algérie, mais
il vit en France depuis 15 années. Il est éducateur spécialisé. Il nous raconte
l’histoire mouvementée de son nom de famille.
Demandez à ma mère comment je m’appelle, elle vous
dira : Kamal At-Aissa. En Kabylie, cette région de montagnes du nord de
l’Algérie, là où je suis né, cela signifie "Kamal descendant
d’Aissa". Nous, les Kabyles, sommes l’un des nombreux peuples berbères
dispersés dans le nord de l’Afrique. Ne nous confondez pas avec les Arabes :
nous avons des origines et une langue bien distinctes. Mon nom de famille
kabyle n’est pas un nom arabe.
Je m’appelais donc Kamal At-Aissa. Et puis, il y a eu le
jour de mon entrée à l’école, le jour où tout a changé. Nous étions en 1975,
j’avais 6 ans, et je m’en souviens comme si c’était hier. Au moment de faire
l’appel, l’instituteur prononça le nom de "Kamal Mezoued". Je n’ai
pas réagi. Ce nom m’était complètement étranger. Pourtant, c’est bien de moi
qu’il s’agissait. Ma deuxième surprise, ce jour-là, fut d’entendre que mes
camarades avaient eux aussi des nouveaux noms. Tous avaient un point commun :
ils commençaient par la lettre M. Au début, j’ai pris ça pour un jeu. Après
tout, mes copains aussi avaient tous changé de nom ! C’était peut-être comme
ça, à l’école ? Mais plus le temps passait, plus la question me taraudait :
pourquoi donc ce changement de patronyme ? Pourquoi m’appelais-je Kamal Mezoued
? Et qu’était devenu Kamal At-Aissa ? Ma mère, à qui je demandais des
explications, était incapable de m’en donner. Comme tous les gens du village,
elle m’appelait toujours Kamal At-Aissa. Je me retrouvais en fait avec deux
noms de famille !
La confusion s’installa dans mon esprit. D’autant plus
que selon les professeurs, à l’école, la prononciation de mon « nouveau nom »
changeait sans arrêt. Pour les uns c’était Mezoud, pour d’autres Mezouad, voire
carrément Merzoud… Bref, c’était un peu compliqué. Avec le temps, j’ai fini par
accepter ce nouveau nom, et même à le défendre. Je fais toujours attention à ce
qu’il soit bien prononcé : "me-zou-ed"
Un jour, enfin, un vieil homme de mon village m’a
donné l’explication de ce brutal changement d’identité.
Au XIXe siècle, lors de la conquête de l’Algérie, la
France a mis en place dans le pays un réseau de "bureaux arabes".
Leur but initial était de créer un contact entre les autorités françaises et
les autochtones. Les Français avaient besoin d’être au plus près de la population,
pour comprendre sa langue, sa culture, ses règles politiques – et ainsi mieux
la contrôler. Peu à peu, ces bureaux se sont aussi vus confier des tâches plus
administratives : ils rendaient la justice, percevaient les impôts,
s’occupaient de l’état civil…Et c’est ce dernier point qui nous intéresse. Les
"bureaux arabes" ont en effet participé à la politique d’arabisation
de la Kabylie. Comme nous l’avons déjà vu, le kabyle, langue berbère, n’a rien
à voir avec l’arabe. Or, la population kabyle avait la mauvaise habitude de se
soulever contre le colonisateur français, notamment lors des révoltes de 1871.
L’ "arabiser", donc lui enlever son identité, était une manière de
casser sa cohésion. C’est ainsi que les noms de lieux, mais aussi les noms de
famille kabyles, ont été systématiquement remplacés par des noms arabes.
Souvent très fantaisistes, comme en témoigne l’histoire de mon
arrière-grand-père.
Celui-ci, en allant s’inscrire à l’état civil, eut la
mauvaise idée de s’encombrer d’une outre. Qui, en arabe, se dit
"mezoued". L’officier d’état civil n’eut pas à se creuser la tête
longtemps pour trouver un nom arabe à mon bisaïeul… Et depuis ce jour, notre
nouveau nom de famille – Mezoued - est gravé dans le marbre de l’état civil.
Sauf au village, où ma famille s’appelle toujours At-Aissa. Mais alors, me
demandez-vous, pourquoi tous mes camarades kabyles portaient-ils eux aussi un
nom arabe commençant par la lettre M ? Parce qu’il avait été décidé que tous
les noms "arabisés" d’un même village commenceraient par la même
lettre. C’est aussi simple que cela.
Kamal
Mezoued
Université d’été 2009
MAK et peuple kabyle : une parfaite symbiose
Le MAK a
organisé son Université d’été du 1er au 04 août 2009 au village
Tizi n Tsemlal, dans la daïra d’Adekkar.
Cette
manifestation politique et culturelle a été dédiée aux militantes et militants
disparus :
- Saïd El hadj
Djilali,
- Amezyan
Mehenni,
- Mme Lhadj
Ouerdiya,
- Mme Naït Sid
Yamina ,
- Mokhtar
Boufaden,
- Mustapha
Mouzaï.
Les tentatives
d’intimidation sur les organisateurs de l’événement ont été nombreuses mais
vaines. Pas moins de 4 visites étaient effectuées par la police et la
gendarmerie. Devant la détermination et la force morale affichées, les
représentants des autorités ont versé dans des provocations où le ridicule le
dispute avec l’incongruité. Ils ont demandé par exemple s’il n’y avait pas de
délégation juive invitée et si M. Ferhat Mehenni n’aurait pas été
miraculeusement parachuté à Tizi n Tsemlal pour prendre part aux travaux. À signaler
que ces intimidations n’étaient pas le fait d’agents plus ou moins zélés mais
effectuées par les commissaires de police de Leqser et de Vgayet en personnes.
Ainsi, le discours qu’on croyait relever de lubies de pseudos journalistes de
la presse arabophone est érigé en doctrine officielle puisque des représentants
les plus officiels de l’État tiennent le même langage.
Après un
recueillement solennel observé en mémoire de toutes les victimes kabyles,
l’Université d’été du MAK a été officiellement ouverte par M. Muhend Larvi
Tayev, Président du Conseil national. À sa suite, le Secrétaire général du
Mouvement et d’autres membres de l’Exécutif ont pris la parole.
Jour 1 :
Les travaux ont
été entamés par la lecture de la communication transmise par M. Ferhat Mehenni,
Président du Mouvement.
La teneur de la
communication porte essentiellement sur l’aspect organique. Il a été
souligné que suite à la formidable
mobilisation populaire du 20 avril 2009, le MAK se doit de dépasser tout
amateurisme dans son action future. Le Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie
doit tendre à s’ériger progressivement en autorité parallèle acceptée par le
peuple kabyle.
La discipline,
les diverses formes de militantisme, la stratégie ont été passées en revue et
largement débattues au cours de la séance.
Jour 2 :
L’Université
d’été du MAK a reçu une délégation du Congrès Mondial amazigh composée de
représentantes et représentants des Canaries, du Maroc, de Libye et d’Algérie.
M. Belkacem Lounès, Président du CMA a délivré une communication
particulièrement suivie sur les droits des peuples amazighs consacrés par la
communauté internationale et entérinés par certains états concernés dont
l’Algérie.
En soirée, M.
Hachim Mohand Ouamer a animé une conférence sur l’expérience vécue dans le
Mouvement citoyen par la frange non dialoguiste.
Jour 3 :
Dans la matinée
du troisième jour, M. Mouloud Boumekla a délivré une communication sur
l’expérience du Mouvement citoyen en tant que partie prenante de la frange
dialoguiste avec le Gouvernement algérien.
Au cours de
l’après-midi, le Docteur Saïd Chemakh, enseignant au Département de langue et
culture amazighes de l’Université Mouloud Mammeri de Tizi Wezzu et chercheur
associé à l’Inalco (Aix-en-Provence) a animé une conférence sur le thème de la
littérature kabyle. Cette conférence assidûment suivie par l’assistance a donné
lieu à un débat riche et dense.
En soirée de
cette 3ème journée des travaux, le Docteur M.L Tayev, Président du
Conseil national du MAK et enseignant à l’Université Mouloud Mammeri a animé
une conférence sur le thème de la saga des républiques kabyles qui ont jalonné
l’histoire de notre pays. Le débat qui s’en était suivi est la fidèle
illustration d’une ambiance de convivialité fusionnelle où aucune frontière
n’existe entre rhéteur et assistance.
Jour 4 :
L’entame de la
dernière journée a été inaugurée par la conférence donnée par M. Ahmed
Cheballa, Secrétaire national aux perspectives économiques. Dans son message,
M. Cheballa a mis en exergue l’existence de potentialités économiques avérées
de Kabylie. La conférence de M. Cheballa se veut aussi une réponse cinglante et
documentée à tous les nihilistes qui ânonnent encore la sentence qui consiste à
ressasser que la Kabylie autonome ne peut être viable économiquement.
À la suite de M.
Chebbala et pour en conforter les thèses, M. Naït Amara Moussa a animé une
remarquable conférence sur le thème bien réel de“ La budgétisation économique
dans la Kabylie autonome ”.
L’Université du
MAK a eu le privilège de recevoir un ami Flamand qui a exposé un aperçu sur
l’expérience de la Flandre, une région de Belgique qui aspire à son
indépendance.
Pour sa part, M.
Chérifi Ahcène a fait part de son témoignage sur l’expérience vécue par
lui-même et d’autres camarades lors de l’affaire dite des “poseurs de bombes”
en 1976.
En dernier lieu,
M. Bouaziz Aït Chébib, Secrétaire national à l’organique, a animé une
conférence sur le boycott scolaire où il a rétabli bien des vérités sur les
tenants et aboutissants de cette action militante qui reste un haut fait dans
l’histoire du Mouvement Culturel Berbère.
L’Université
d’été du MAK de 2009 a clôturé ses travaux à 1h 00 du matin du mercredi 5 août.
Le MAK tient à
rendre un vibrant hommage à l’abnégation de ses hôtes de Tizi n Tsemlal, en
particulier M. Arezki Mohamed dont le courage et la persévérance ont assuré la
pleine réussite des travaux de l’Université d’été 2009 du Mouvement pour
l’Autonomie de la Kabylie.
Kabylie,
le 5 août 2009
128e victime : Communiqué du MAK
FARID ACID
Le 128e martyr du printemps noir
Farid ACID, un
jeune de Tizi-Ghennif (80km Sud-Ouest de Tizi-Ouzou), vient de rendre l’âme.
Alors qu’il n’avait que 21 ans lors des événements du « printemps
noir » (Kabylie 2001) il fut atteint par les gendarmes qui, dans sa
localité aussi, avaient ouvert le feu sur les manifestants dont il faisait
partie. Il avait fallu beaucoup d’interventions pour avoir jusqu’à un élévateur
à même de le faire monter dans l’avion qui l’avait transféré en France. Après
huit années d’hospitalisation à l’Hôtel-Dieu de Nantes, condamné à la chaise
roulante pour le restant de sa vie, il avait de temps en temps nourri espoir de
guérison. Il vient d’y succomber à ses blessures.
Le MAK s’incline à la mémoire de Farid ACID et assure la famille de
cette 128eme victime de sa solidarité et de sa compassion.
Le MAK rappelle qu’il saisira bientôt les instances internationales
sur les jeunes kabyles assassinés par le pouvoir algérien de 2001 à 2004.
Ce martyr nous rappelle cruellement tous ses camarades et nous
invite au recueillement pour leur rendre hommage. Il nous rappelle aussi que
tant que la Kabylie n’aura pas son autonomie régionale, les assassins qui nous
gouvernent peuvent récidiver.
Paix à nos martyrs
TIMANIT I TMURT N IQVAYLIYEN - M—A—K
Vive la Kabylie libre et autonome
Kabylie le 31/08/2009
L’AUTONOMIE POUR LA MARTINIQUE :
UNE REVOLUTION FRANCAISE
Le président de
la république française, M. Nicolas Sarkozy, a annoncé vendredi 26 juin 2009
qu’il propose aux Martiniquais un référendum sur l’autonomie de leur territoire.
Cette information entièrement censurée en Algérie est pourtant un événement
capital sans précédent en France et dans les pays qui relèvent de la sphère
d’influence de celle-ci. Elle signe à elle seule la fin du centralisme étatique
à la française dont les dérivés africains, pires que la version originale qui,
en métropole a su tant bien que mal évoluer, sont nécessairement appelés à
s’effondrer. L’autonomie de la Martinique va être pour le jacobinisme ce que la
chute du Mur de Berlin a été pour l’ex Bloc de l’Est.
Le MAK salue cette sage initiative et encourage la France à la
suggérer aux pays anciennement colonisés par elle afin qu’ils puissent évoluer
dans le sens du respect de la volonté de leurs peuples.
En tous les cas, contrairement au président algérien, une fois de
plus M. Nicolas Sarkozy, en agissant comme il vient de le faire, se révèle dans
toute la splendeur d’un homme d’Etat. Il a refusé de céder sous la pression au
moment des grandes grèves qui avaient secoué ce Territoire d’Outre Mer au début
de l’année en cours mais s’empresse, une fois la tempête passée, de reprendre
l’initiative et de faire une proposition de sortie définitive de crise.
En comparant cette attitude d’un homme qui a le souci des
aspirations profondes des peuples qui l’ont élu et celle d’un Bouteflika qui
fait , après le « printemps noir » de 2001 durant lequel plus d’une
centaine de jeunes et pacifiques manifestants kabyles furent tués, comme si de
rien n’était, le contraste est saisissant.
Les autonomies régionales qui commencent à se répandre à travers le
monde depuis six mois (autonomies régionales en Bolivie avec la révision
constitutionnelle du 25 janvier 2009, accession du Groenland à son autonomie
vis-à-vis du Danemark ce 21 juin 2009), s’avèrent pour le moment comme de
vraies solutions aux conflits identitaires qui minent de nombreux pays. Leur
succès démontrent, si besoin est, la justesse de notre combat que diabolise le
pouvoir algérien et la presse sous ses ordres. C’est d’ailleurs pour ne pas
mettre en relief la légitimité du MAK que cette information sur le référendum
pour l’autonomie martiniquaise reste toujours censurée en Algérie. Jusqu’à
quand ?
Le MAK invite les tenants du pouvoir algérien à avoir de l’audace et
un meilleur sens des responsabilités en proposant sans tarder un
référendum à la Kabylie sur son
autonomie. Une plaie se cicatriserait.
Paris le 27 juin 2009-06-28 - P/Le MAK, Ferhat Mehenni, Président
APPEL
DE FERHAT
Québec
- Kabylie
Avant de prendre le chemin du retour pour
Paris, Ferhat Mehenni a lancé un ultime appel pour l'adhésion des Kabyles à son
projet politique en Amérique du Nord. Le Mouvement de l'Autonomie de la Kabylie
compte bien tirer profit de sa présence à l'Instance Permanente des Peuples
Autochtones aux Nations Unies. Dans une entretien accordé à notre
correspondante, Ferhat Mehenni suggère l'idée de ce qu'il faut bien appeler un
impôt communautaire.
KABYLE.COM :
Azul Mas Mehenni, la Kabylie était présente pour la première fois à l'Instance
Permanente des Peuples Autochtones aux Nations Unies. Vous avez parlé au nom de
la Nation Kabyle un peu en chef d'Etat, pouvez-vous nous parler de votre
intervention ?
Ferhat MEHENNI :
C’est en effet, pour la première fois que
le peuple kabyle est représenté es-qualité à cette tribune des Nations-Unies.
L’Algérie qui ne reconnait même pas la Kabylie en tant que région
administrative devrait en méditer la leçon. La Kabylie est arrivée à
maturité pour réclamer son droit à la maîtrise de son destin. Nous ne nous
arrêterons pas à cette action d’éclat. S’il faut actionner toutes les instances
et l’opinion internationales pour aboutir à la reconnaissance du peuple kabyle,
nous le ferons. Les martyrs kabyles de 2001-2003 réclament toujours justice.
Comme celle de l’Algérie est désactivée par la loi sur l’amnistie et la
« réconciliation nationale », nous allons nous adresser à la justice
internationale. Certes, les moyens financiers nous manquent mais nous comptons
sur la mobilisation de tous les Kabyles pour y pallier.
K. C. :
En Kabylie, le pouvoir
algérien s'adonne au lynchage médiatique de votre Mouvement de l'Autonomie de
la Kabylie. On annonce une nouvelle visite de M. Bouteflika à Tizi-Ouzou pour
les jours à venir, qu’en pensez-vous?
Ferhat MEHENNI :
Il est vraisemblable que cette visite soit la réponse du pouvoir à
notre montée au créneau contre lui à la tribune des Nations-Unies. Le faire réagir
de cette façon est pour nous une victoire. Ceci dit, nous sommes contre cette
visite et M. Bouteflika n’est toujours pas le bienvenu chez nous. Le jour où il
demandera pardon à la Kabylie et au peuple kabyle pour tous les crimes commis
par le régime qu’il incarne, nous pourrons envisager une autre attitude.
Pour le moment, si sa santé de vieillard le lui permet, nous savons
qu’il va réquisitionner les fonctionnaires pour lui faire la haie d’honneur et
ramener par train et par bus quelques milliers de personnes étrangères à la
Wilaya de Tizi-Ouzou pour l’acclamer en arabe dans nos rues. Pour autant,
il ne trompera personne sur son attitude raciste et belliqueuse envers les
Kabyles. Si, c’est un plan de développement qu’il souhaiterait annoncer, il n’a
pas besoin de venir jusqu’à Tizi-Ouzou. Il peut l’annoncer de n’importe quel
lieu non seulement d’Algérie, mais du monde entier, y compris depuis Genève où
il est pour des soins d’urgence. Et puis, quel crédit accorder à des annonces
de plans de développement économique qui n’existent même pas sur papier encore
?
K. C. :
Revenons à votre voyage en
Amérique. Vous avez rencontré les membres de la communauté Kabyle à Washington
et à New-York, pouvez-vous nous faire un résumé de vos rencontres ?
Ferhat MEHENNI :
Je suis honoré par l’accueil que la communauté kabyle m’a
réservé. Aux États-Unis, ce sont les Kabyles qui habitent à Philadelphie qui
ont demandé à ceux de New York d’organiser cette rencontre. Ils étaient venus
même de régions ayant un décalage horaire avec le lieu du rendez-vous.
J’ai salué individuellement chacun d’entre eux. Par contre à Montréal, il y a
concentration de Kabyles dans cette mégalopole qui en compte environ trente
mille. Il y en a quand même qui étaient venus d’Ottawa et de la ville de
Québec. J’ai remarqué que les mentalités ont évolué positivement en faveur du
MAK et du projet d’autonomie pour la Kabylie. La conférence à l’UQAM a été une
occasion de faire le point sur notre propre histoire de ces dix dernières
années. J’espère avoir contribué à en donner un éclairage objectif. Il est fort
probable que je rende visite à cette communauté deux fois par an pour faire le
bilan de notre action et prendre ses conseils pour les actions à venir pour
l’autonomie de la Kabylie.
K. C. :
Une conférence a eu lieu à
Montréal le samedi 6 juin, un fief important pour votre mouvement dans la
diaspora...
Ferhat MEHENNI :
Aujourd’hui, tout le monde s’est rendu compte de l’impasse qui était
la nôtre en suivant, jusque là, la ligne de l’ex Mouvement Culturel Berbère se
limitant à la revendication de « tamazight langue nationale et
officielle ». Nous voyons qu’en tant que Kabyles, en tant que peuple, la
langue est certes très importante, mais pas suffisante. Seule la maîtrise de
notre destin par nous-mêmes est en mesure de résoudre les problèmes qui sont
les nôtres et qui se sont aggravés au fil des décennies depuis l’indépendance
de l’Algérie. Par ailleurs, la justesse de nos positions et notre fidélité à
nos valeurs et à nos principes ont permis de reconstruire l’espoir là où les
déceptions, voire les trahisons avaient détruit toute idée de confiance en
notre classe politique. Toutes les arguties développées par les adversaires du
projet d’autonomie régionale, de même que les mensonges colportés contre nous
ont eu le temps de montrer leur véritable nature. L’accueil qui m’a été réservé
par la communauté kabyle en Amérique a pour moi la même signification que la
marche du 20 avril 2009 en Kabylie : Une adhésion à un projet crédible,
portant les espoirs d’un avenir plus sérieux pour nous en tant que peuple.
K. C. :
Vous avez participé à
la marche pour la langue française organisée par le MMF, vous avez
également rencontré plusieurs personnalités politiques du Québec, pouvez-vous
nous faire un résumé de ce qui a été discuté ?
Ferhat MEHENNI :
J’ai été invité au rassemblement du Mouvement Montréalais pour le
français. J’y ai été par solidarité et j’y ai rencontré toutes les
personnalités québécoises œuvrant pour la défense de la langue française au
Québec. Un compte rendu sur ces rencontres va être publié demain.
K. C. :
Quelle conclusion feriez-vous au terme de ce voyage ?
Ferhat MEHENNI :
Le militant que je suis n’est jamais tout à fait satisfait de son
action. J’aurais aimé faire plus que mes moyens actuels ne le permettent.
Cependant, j’ai des motifs de satisfaction : Avoir réussi à faire entrer
pour la première fois la langue kabyle dans le Palais des Nations Unies, début
d’internationalisation de la question kabyle, développement d’un réseau de
solidarité international avec le peuple kabyle, conférences et débats enrichissants
pour notre cause et adhésions de nombreux cadres au MAK. Nous pouvons toujours
faire mieux.
Je remercie les organisateurs de ces rencontres et ceux qui s’y sont
rendus. Je félicite pour leur sens de la solidarité toutes celles et tous ceux
qui ont cotisé pour payer mes frais de voyage. Il serait bon d’ailleurs que le
réflexe de solidarité par une petite cotisation mensuelle devienne régulier.
Nous sommes sur la bonne voie. Le pouvoir algérien va réagir soit
par la répression, soit par la séduction (voyage de Bouteflika en Kabylie) soit
par le mensonge contre nous, comme il l’a fait avec ses journaux tels
« Ennahar ». Il pourrait même les combiner ensemble. Mais du fait que
nous avançons à grands pas vers notre liberté, ses réactions sont d’ores et
déjà vouées à l’échec. Aussi, donnez-moi la main, j’ai besoin de l’aide de
chaque Kabyle.
Tanemmirt
Entrevue réalisée le 8 juin 2009 par Tassadit Ould-Hamouda pour
Kabyle.com
- NATIONS
UNIES
INSTANCE
PERMANENTE DES PEUPLES AUTOCHTONES
HUITIÈME
SESSION
COORDINATION
DES AUTOCHTONES FRANCOPHONES
C—A—F
L’ALGÉRIE
OPPRIME LE PEUPLE KABYLE
L’UNE
DES PREMIÈRES NATIONS
AMAZIGHES
D’ALGERIE
Massa Taselwayt, inevgawen n lherma, imceyâen n
igherfan imenza, azul sghur Tamurt n Iqvayliyen. Meqqar d sin wawalen-a s
teqvaylit di tejmaât n legnas yedduklen,
ad nelli yissen tiwwura n tudert tagraghlant tunsivt i weghref aqvayli.
Madame la Présidente,
honorables représentants des peuples autochtones, le peuple kabyle vous salue
dans sa langue pour marquer son entrée officielle au Palais des Nations Unies,
en ce mardi 26 mai 2009.
Le peuple kabyle est, depuis
l’indépendance de l’Algérie (1962), le souffre-douleur du régime qui s’est
imposé par la force. En stigmatisant chaque jour les Kabyles et en les
désignant à l’opinion comme une grande menace sur l’unité nationale, le pouvoir
algérien s’en sert comme bouc-émissaire et comme un formidable moyen de
diversion politique à l’échelle du pays. La Kabylie a une forte personnalité
qui lui donne une identité indissoluble dans tout ensemble politique qui ne la
reconnait pas et ne la respecte pas pour ce qu’elle est.
Ainsi, les 47 années que
viennent de passer ensemble ce pouvoir et la Kabylie sont faites d’un
interminable bras de fer dont les apogées sont cycliques :
-Insurrection armée en
1963-65, révolte pacifique au « printemps amazigh » de 1980,
-création de la première Ligue
Algérienne des Droits de l’Homme en 1985,
-Boycott scolaire durant toute
l’année 1994-95
-Révolte pacifique suite à
l’assassinat du grand chanteur populaire kabyle Matoub Lounès en 1998.
-Assassinat de 126
manifestants pacifiques kabyles par les gendarmes algériens en 2001-2003
auxquels s’ajoutent plus de 1200 handicapés à vie par balles réelles.
-Boycott de toutes les
élections présidentielles depuis 1999 dont les dernières, le 9 avril avaient
donné lieu à de violents affrontements entre les citoyens kabyles (surtout dans
la région de Tuvirett : Rafur, Imceddalen, Cherfa, At Hamdun, Taqervuzt,
Tazmalt, At Zellal…) et les troupes dépêchées par Alger pour voter à la place
des électeurs.
-Il y a 10 jours encore, Tala
Ifassen et la localité de Vouândas (Kabylie-Est) ont connu des échauffourées
opposant 1600 gendarmes aux citoyens de la localité qui exigeaient le
rattachement de leur localité à une circonscription administrative kabyle.
Trente neuf d’entre eux viennent d’être injustement condamnés à la prison lors
d’un procès expéditif dans lequel leur défense n’était pas assurée.
Il faut rappeler que si le
pouvoir mobilisait ne serait-ce que 800 gendarmes pour éradiquer le terrorisme
islamiste, on n’en entendrait plus parler en Kabylie, et ce, en très peu de
temps.
L’oppression
identitaire
Le déni d’existence opposé au
peuple kabyle, l’une des premières nations de ce qu’il convient d’appeler
l’Algérie, fait de son identité, de sa langue, de sa culture et de son histoire
un tabou. Pour le pouvoir algérien, le Kabyle ne doit avoir ni identité, ni
langue, ni territoire. La Kabylie ne devrait même pas avoir de nom puisque,
d’après lui, elle n’aurait pas d’existence. Le problème nodal est donc
existentiel. Selon les tenants du régime algérien, elle ne devrait exister
qu’une fois son identité morte, digérée par celle d’un pouvoir raciste,
antikabyle.
L’occupation
militaire et l’insécurité
Actuellement, et surtout
depuis les élections présidentielles de 2004, Bouteflika, le président dont
l’élection a toujours été sujette à caution, a quadrillé militairement l’espace
kabyle pour prévenir une insurrection armée qui n’existe que dans sa tête.
Malgré cette présence massive de militaires sur notre territoire, le ministre
de l’Intérieur vient d’annoncer qu’il va y déployer des renforts de gendarmes
auxquels il promet une caserne dans chaque commune de la Kabylie. A-t-on une
intention génocidaire contre le peuple kabyle au sommet de l’État algérien?
Nous sommes forcés de le croire dès lors que l’insécurité est savamment
entretenue dans cette partie du pays où les terroristes islamistes qui y sont
des étrangers se promènent en toute impunité depuis 15 ans. Les kidnappings
d’entrepreneurs y sont devenus une industrie très lucrative, plus d’une
vingtaine en trois ans. Les faux-barrages routiers, souvent dressés à quelques
centaines de mètres de ceux, officiels, tenus par des forces conjointes de la
gendarmerie et de l’armée, rackettent de pauvres citoyens dans les voitures
quand ils ne donnent pas lieu à des assassinats de jeunes appelés sous les
drapeaux.
Le
sabotage économique
Les autorités algériennes
sabotent l’économie de la Kabylie pour en affamer le peuple et le réduire à la
mendicité. Cela en faciliterait la soumission et l’aliénation, la
dépersonnalisation. Ce sabotage se réalise à travers plusieurs pratiques :
§ Obstruction à l’investissement public et privé par le
refus d’agrément aux projets de création d’entreprises et d’industries viables.
§ Refus d’assiette de terrain devant servir à
l’implantation de l’usine ou de l’entreprise de services
§ Refus d’accès à des devises pour l’importation de
machines-outils
§ Pression fiscale inégalée ailleurs et par laquelle,
d’une part le pouvoir écume la plus value dégagée afin d’éviter son réinvestissement,
et d’autre part pour pousser les industriels qui y sont implantés à quitter la
région pour d’autres cieux plus cléments.
Même l’agriculture a été prise
pour cible. C’est à coups d’incendies allumés par des gendarmes et des
militaires que les autorités ont anéanti en l’espace de deux ans (2007-2008)
plus d’un million cinq cent mille oliviers, ces arbres mythiques dont l’espèce
est endémique, remontant à des millénaires et qui font l’économie, la santé et
la fierté de la Kabylie.
Ses forêts (environ 200 000
ha) sont soumises à des incendies criminels depuis plus de vingt ans sans que
les autorités ne s’en inquiètent ou tentent de les éteindre. Bien au contraire,
y compris lorsque les flammes lèchent les maisons, les militaires interdisent à
leurs propriétaires de les éteindre. Les seules années où nos forêts n’ont pas
brûlé, ce sont celles durant lesquelles la Kabylie avait chassé les gendarmes
de son territoire, pendant les « événements du printemps noir 2001-2003.
La
démagogie de l’Algérie à l’ONU
Démagogique, l’Algérie a
souscrit à toutes les déclarations de l’ONU sur les droits humains et a même
voté celle du 13 septembre 2007 sur les Droits des Peuples autochtones. Sur le
terrain, elle en viole l’ensemble des dispositions.
Avec l’appui de la communauté
internationale et des organes des Nations Unies chargés du respect des pactes
internationaux relatifs aux droits sociaux économiques et culturels, nous
espérons faire ensemble pression sur le pouvoir algérien pour que le peuple kabyle
puisse jouir de l’ensemble de ses droits que seule une autonomie régionale
qu’il revendique à travers le MAK, lui donnera. La marche qu’il a organisée à
cet effet le 20 avril dernier à Tizi-Wezzu et qui a drainé plus de 20 000
manifestants en est une preuve édifiante.
J’en appelle personnellement à
toutes les consciences éclairées de par le monde pour aider ce peuple de 10
millions d’âmes qui, même en état de légitime défense, préfère une solution
politique, l’autonomie régionale, à une solution militaire.
La solution de l’autonomie est
celle qui pourrait régler bien des conflits dans le monde dont celui de
l’Afghanistan, du Kenya, de l’Irak, de la Côte d’Ivoire, de la Somalie ou, plus
proche de nous, celui opposant l’Algérie à travers le Polisario au Maroc qui,
depuis quelques années, propose avec sagesse une autonomie régionale pour la
bande du Sahara anciennement colonie espagnole.
Après avoir été à
l’avant-garde de l’Algérie dans sa lutte de libération nationale, la Kabylie
assume avec fierté le même rôle pour nombre de peuples du monde en bute à des
problèmes de déni d’existence et d’oppression identitaire et culturelle.
New York, Palais des Nations
Unies, le 26/05/2009
Ferhat
Mehenni - Président
du Mouvement pour l’autonomie e la Kabylie
La gendarmerie algérienne terrorise
le village kabyle d’At Zellal
L’après
réélection de Bouteflika
Mission
punitive contre la Kabylie après le boycott des présidentielles
LE
REGIME DE BOUTEFLIKA impose la responsabilité collective aux populations
innocentes de Kabylie
Le pouvoir
algérien vient d’inventer une nouvelle mission à la Gendarmerie en Kabylie.
Celle de terroriser les citoyens du village d’At Zellal.
En effet, depuis
l’élection de Bouteflika, les gendarmes arrêtent systématiquement dans les
barrages routiers tous les citoyens du village At Zellal pour les embarquer à
la brigade de Freha où ils subissent un interminable interrogatoire avant
d’être fichés.
Ils ciblent sans
distinction tous les citoyens de la contrée d’At Zellal. Certains gendarmes
astreints à cette corvée qu’ils réprouvent se désolent et invoquent des ordres
venus « d’en haut ».
Pour rappel,
c’est dans ce même village que les citoyens ont détruit les urnes pour empêcher
la mascarade de l’élection présidentielle du 9 avril 2009. La vengeance de
Bouteflika s’effectue sans quartier et ne se gêne aucunement de s’en prendre
aux vieux, aux handicapés et même à des jeunes filles, tous parfaitement
innocents.
Cette pratique
qui rappelle le principe de la responsabilité collective imposée à la
population par l’armée coloniale est la nouvelle trouvaille de Bouteflika pour
exprimer sa haine et son ressentiment envers les populations kabyles.
La hargne
brutale de Bouteflika a transformé l’Armée algérienne qui se dit digne
héritière de la glorieuse ALN en bourreau de son propre peuple.
Le MAK dénonce
avec la plus grande fermeté cette mesure discriminatoire et le climat de
terreur envers des villageois pacifiques mais politisés. Il met en garde le
pouvoir qu’il tient pour responsable de ces dérives alimentant un climat de
haine entre les populations civiles de Kabylie et les services de sécurité
transformés en services de répression.
Les partis
politiques démocrates, les syndicats, les représentants de la société civile et
les intellectuels où qu’ils soient doivent réagir à cette folie avant qu’il ne
soit trop tard, car la population kabyle, unie et solidaire ne se laissera pas
indéfiniment maltraiter. Déjà, les citoyens d’At Zellal et des environs
envisagent de riposter à la mesure de l’affront qu’ils subissent. La situation
est grave.
Kabylie, le 11 mai 2009
LE TERRORISME EN KABYLIE
Plus le terrorisme redouble de férocité, plus Bouteflika, depuis son arrivée au
pouvoir, pense en amadouer les partisans barbus en les caressant dans le sens
du poil. De reddition en capitulation devant les terroristes islamistes, le
pouvoir algérien a encouragé les partisans de l'Etat théocratique auxquels il
offre, cerise sur le gâteau, la construction à Alger de la plus grande mosquée
d'Afrique à coups de milliards de dollars. Cet argent qui aurait pu être
utilisé pour déminer les forêts kabyles et les débarrasser des semeurs de la
mort est ainsi gaspillé dans une vaine entreprise de charmeurs de serpents.qui,
sentant leur victoire toute proche, s'en servent de moyen de propagande pour recruter
des jeunes que l'école elle-même prépare à prendre les armes dès l'adolescence
au nom d'Allah !
Qu'entre temps
les Kabyles soient soumis à l'insécurité totale ne semble déranger personne au
sommet de l'Etat. Bien au contraire, les "faux barrages" dressés par
des terroristes, les kidnappings de nos entrepreneurs pour les racketter, les
pousser à quitter la Kabylie et partir investir ailleurs, le quadrillage
militaire dont la mission réelle ne paraît pas être la lutte antiterroriste
dont nous avons grand besoin....sont autant d'éléments qui relèvent d'une
politique insensée visant à nous faire payer notre attachement à notre identité, notre
langue, notre culture et notre liberté.
La mine qui
vient d'endeuiller Azrou N Koulal et la région de Michelet en tuant le jeune
Karim, vient nous rappeler tous les dangers auxquels nous sommes volontairement
exposés par le pouvoir incarné par Bouteflika.
Le MAK qui
s'incline à la mémoire de la jeune victime, dénonce de toutes ses forces cette
collusion du terrorisme islamiste avec les autorités algériennes contre le
peuple kabyle épris de paix.
P/ le MAK
Ferhat Mehenni - Prague le 26/04/2009
CENSURE !!!!
Le Président du
MAK a accordé une interview à Amnay Iflissen qui l'avait proposée
à sa rédaction qui l'avait refusée. Alors, il s'est adressé à d'autres
rédactions qui, en raison de la solution d'autonomie pour l'ex Sahara Espagnol,
ont elles aussi, gentiment repoussé la demande de publier.
Heureusement que
nous avons le net où les ennemis de la liberté d'expression ne peuvent nous
atteindre.
Entretien avec Ferhat
Mehenni
Amnay Iflissen : Comment expliquer à la jeune génération ce
qu'est le 20 avril ?
Ferhat :
La jeune génération a sa propre histoire et son glorieux
« printemps noir ». Il est son repère et sa boussole militante. Il
restera gravé en lettres de lumière et de sang dans sa mémoire. C’est en
connaissant cet épisode de leur vie que les jeunes d’aujourd’hui seront amenés
à se poser la question de ses origines, de sa genèse. Le simple fait de se
demander pourquoi le printemps noir avait eu lieu à cette date précise, les
amènera automatiquement vers le printemps berbère de 1980. C’est en effet dans
le cadre des cérémonies commémoratives de ce dernier que Guermah Massinissa fut
assassiné par la gendarmerie et que l’Histoire s’était emballée une fois de
plus en Kabylie. Ainsi, le printemps
noir est la suite plus dramatique du printemps berbère. La génération kabyle de
1980 avait brisé la peur de la prison pour sa langue et son identité, celle du
printemps noir a fait voler en éclats la peur de la mort pour sa dignité. Comme
les deux générations se donnent encore la main, la compréhension du printemps
berbère par les jeunes kabyles d’aujourd’hui est d’autant plus aisée que leurs
deux révoltes ont pratiquement les mêmes causes : le déni identitaire
opposé par le pouvoir algérien au peuple kabyle.
Amnay Iflissen : Est
ce qu'il ya eu un "avant" 20 avril 1980?
Ferhat :
L’Histoire est une succession de causes et d’événements dont les
derniers sont presque toujours conditionnés par ceux qui les ont précédés. Elle
est quasiment linéaire. Imaginez une boule de neige qui roule de manière
ininterrompue et vous saisirez la marche des peuples et du monde.
Bien sûr qu’il y avait un « avant » 20 avril 80. Il y a eu
le soulèvement de la Kabylie contre le pouvoir algérien en 1963 sous la
direction du FFS de Hocine Ait Ahmed. Et avant le FFS de 1963, il y avait la
colonisation française, le Mouvement National et sa Crise berbère de 1949, la
guerre d’indépendance et l’assassinat d’Abane Ramdane… Ce que l’on peut dire
est que depuis 1962, la défiance entre la Kabylie et le pouvoir algérien est
permanente. Un feu ne s’éteint entre eux qu’une fois un autre allumé. La
Kabylie a besoin de reconnaissance pour ce qu’elle est. La lui refuser c’est la
pousser chaque jour un peu plus vers l’extérieur du pays et c’est ce que tous
les « présidents » algériens, de Ben Bella à Bouteflika sont
incapables de comprendre et d’admettre, encore moins de réparer.
Amnay Iflissen : Qu'en est-il du 20 avril 1980 au 20 avril 2009
? Quel chemin parcouru?
Ferhat :
Le 20 avril 1980 est un jalon de notre histoire. Ses revendications
très timides étaient celles formulées en fonction des contraintes historiques
de l’époque. A mesure que le temps passait, le MCB gagnait en audace jusqu’aux
revendications de respect des droits de l’homme (1985), de démocratie (octobre
1988) et de tamazight langue nationale et officielle (boycott scolaire de
1994-95). Enfin, le printemps noir couvé par tous ces faits historiques a donné
naissance à la revendication d’une autonomie régionale que la Kabylie n’est
plus la seule à porter aujourd’hui, en Algérie. Chez nos voisins, au Maroc
notamment, pour résoudre la question de l’ex Sahara espagnol et mettre un terme
à la guerre qui y sévit depuis 1975, c’est la solution autonomiste qui est
proposée et qui est en passe de triompher.
Amnay Iflissen : Quelles sont les actions qui doivent se faire encore afin d'atteindre
l'objectif?
Ferhat :
Les seules actions à mener sont celles qui consistent à arracher
notre autonomie régionale et faire en sorte que notre langue, sans avoir à
l’imposer à qui que ce soit ailleurs, devienne langue nationale et officielle
en Kabylie.
Amnay Iflissen : En conclusion, avez-vous un message à
transmettre au peuple Amazigh?
Ferhat :
Je dis juste ceci : Il n’y a pas UN peuple amazigh, mais DES
peuples amazighs, certes frères mais différents. Il n’y a pas UN peuple
algérien mais DES peuples d’Algérie qui ont à coexister dans le respect et la
reconnaissance de chacun. Si cela est inconcevable pour certains «Algériens»,
nous serons alors condamnés à vivre perpétuellement des «Berriane» de Maghnia à
El Tarf et d’Alger à Tamanghasset.
Interview réalisée par internet le 17 avril 2009
DECLARATION DE FERHAT A PRAGUE
Déclaration de Ferhat Mehenni à Prague
Je viens pour la première fois en République tchèque. Le pays de la « Charte des
77 » restera pour nous et pour
toute l’humanité un symbole de la
résistance pacifique d’un peuple contre sa domination par un pouvoir qui n’est
pas le sien. Le « printemps de Prague » fut un tel séisme dans le
monde de 1968 que l’une de ses répliques s’est appelée le « printemps
berbère » de 1980 dont je suis venu commémorer l’anniversaire dans cette
capitale historique de la « Révolution de velours » ; cette aire
de la Raison où s’est réalisé entre deux nations sœurs le premier divorce
politique à l’amiable de l’Histoire contemporaine. Au-delà de la belle
architecture de cette ville, alliant tradition et modernité, j’y trouve comme en
Catalogne, en Flandre ou au Québec, au Pays Basque ou en Corse, en Ecosse ou en
Kabylie, l’ancrage de tout un peuple dans une mémoire dédiée au combat
identitaire. J’y trouve aussi, cette
audace de l’idée européenne se construisant sur la base de l’adhésion
volontaire des peuples et non sur la contrainte, le déni, l’humiliation et la
soumission. En me penchant sur la trajectoire historique de la Tchéquie, j’ai
l’impression de me mirer dans celle de la Kabylie, à quelques exceptions près.
En se tendant la main, nos deux peuples pourront sûrement développer un
compagnonnage fraternel et instructif. En attendant, nous poursuivons seuls
notre voie vers la liberté.
Sans la Kabylie,
et pour la troisième fois, l’Algérie vient de réélire à sa tête un homme qui porte
la responsabilité morale du massacre de 126 Kabyles, lors du « printemps
noir » de 2001. En venant chez
nous, fin mars 2009, dans le cadre de sa campagne électorale, accabler leur
mémoire en défendant les gendarmes qui avaient tiré sur nos jeunes, Bouteflika
a fait preuve de cynisme et d’arrogance, de haine et défiance qui ont toujours
caractérisé l’attitude du régime algérien envers la Kabylie depuis, 1962.
Hormis l’épisode
de l’insurrection armée de 1963 et qui était typique de toutes les révoltes de
l’époque dans les pays dits du « Tiers monde », pacifiquement et avec
dignité, la Kabylie tient la dragée haute à un pouvoir qu’elle n’est toujours
pas prête à reconnaître.
De son côté le
régime algérien qui se définit comme arabo-musulman n’a de cesse de fourbir ses
armes et de mobiliser toutes ses
ressources pour arabiser la Kabylie, la dépersonnaliser. Même les repentis
terroristes islamistes qu’il a amnistiés, en dépit du Droit et du bon sens,
sont transférés en Kabylie où il leur octroie logements et locaux de commerce
pour s’y installer définitivement et œuvrer à convertir les Kabyles à
l’islamisme, vecteur de l’arabisme.
La dernière
empoignade entre les deux parties est celle des présidentielles du 9 avril 2009
où Bouteflika a envoyé des troupes pour voter et faire voter de force la
Kabylie. La bravoure des citoyens kabyles, face aux grenades lacrymogènes et
autres assauts violents est telle qu’elle rappelle celle du peuple tchèque face
aux chars soviétiques.
De ce haut-lieu
de la résistance du civisme contre les politiques de l’infamie et de l’horreur,
permettez-moi de louer devant le monde entier la vaillance du peuple kabyle
qui, après tant d’épreuves, reste toujours debout, continue de se battre pour
ses droits légitimes. Et c’est au moment
où d’aucuns annonçaient sa fatigue et son renoncement politiques qu’il se
dresse comme un seul homme pour boycotter
les élections présidentielles. C’est à ce moment où d’aucuns croyaient
chez lui, l’espoir enterré qu’à l’appel
du Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie il est descendu dans la rue pour
dire clairement qu’il est décidé, plus que jamais, à prendre en main son destin
et gagner respect et liberté face à son oppresseur, le pouvoir algérien.
Permettez-moi, à
partir de cette patrie de Vaclav Havel, de saluer la mémoire de ceux parmi les
miens qui sont tombés depuis 1963 pour notre liberté, de témoigner ma
reconnaissance à toutes celles et tous ceux qui ont été torturés, blessés,
incarcérés, handicapés à vie pour briser en eux la volonté de se battre pour
leur identité. Permettez-moi de vous dire toute la grandeur et la noblesse du
peuple kabyle qui va, je l’espère, accéder à son autonomie régionale, dans un
proche avenir.
Ferhat Mehenni
Prague le
24/04/2009
Timanit i tmurt n iqvayliyen
Mouvement pour l’autonomie de la
Kabylie
M-A-K - 20 AVRIL2009
LA MEMOIRE ET L’AVENIR
Tafsut
Imaziγen yak° d tafsut taverkant.
Il y a 29 ans, grâce à de valeureux militants,
la revendication identitaire a fusé en public pour défier la peur, l’anathème
et le déni.
Il y a 29 ans, nous y étions et d’autres nous
ont rejoints dans un flot ininterrompu de jeunes, sans cesse renouvelé. Ainsi,
il y 8 ans, le pouvoir algérien a tiré sur nos enfants désarmés en faisant
parmi eux 126 morts et des milliers de blessés. Nous sommes réunis pour honorer
leur mémoire et leur combat.
Hier déjà, nos sœurs et nos frères sont sortis
Place de la République à Paris pour porter notre
voix et nos espérances. Nous ne le remercierons jamais assez de leur courage et
de leur disponibilité. Qu’ils sachent que leur mobilisation est allée droit
dans nos cœurs.
Aujourd’hui, 20 avril 2009 ; à Tizi Wezzu,
le MAK imprime une autre page de notre histoire.
Nous sommes venus de Tubirett, de Vgayet, de Vumerdes,
de Tiaret, de Aïn Oussera, de Djelfa, d’Alger et d’ailleurs pour soutenir la
renaissance de la Kabylie que nous ressentons
comme le fleuron de notre propre renouveau et de notre propre libération.
Ces soutiens qui nous viennent de partout sont
pour nous le meilleur témoignage de la justesse de notre combat.
Cette marche que nous venons de faire est
l’expression de notre reconnaissance pour toutes les générations de Kabyles qui
avaient consentis de lourds sacrifices pour que nous arrivions aujourd’hui au combat
pour l’autonomie de la Kabylie. Elle est mémoire et avenir.
Les intimidations et la répression qui n’ont pu
venir à bout du combat identitaire et linguistique des acteurs des années de
parti unique ne peuvent, aujourd’hui comme toujours, que renforcer notre
détermination à aller de l’avant.
Si l’assassinat de nos frères lors du
« printemps noir » a montré le vrai visage du régime face à la
Kabylie,
il n’a pas pu pour autant arrêter la marche de l’Histoire vers notre destin de
liberté. Bien au contraire, il lui a fait faire un bond qualitatif inégalé avec
la naissance du MAK.
Le rejet par la
Kabylie
des élections présidentielles du 9 avril 2009 est une énième gifle pour tous
ceux qui, au pouvoir, n’ont jamais conçu d’autre politique que celle de la répression
contre les Kabyles. Le message que la Kabylie a toujours envoyé à
Alger est celui-ci : « J’exige respect et reconnaissance de mon
identité, de mon peuple et de mes droits légitimes à la place du déni
d’existence qui m’est opposé ! »
C’est le message délivré par nos parents à la
France
coloniale qu’elle envoie inlassablement à l’Etat algérien depuis 1963 ;
que ce soit avec le FFS d’alors, en 1980 avec le MCB, en 2001 avec les Ârchs et
aujourd’hui avec le MAK.
Nous l’envoyons désormais en clair, sans
cryptage ni sous-entendu, en prenant à témoin l’Histoire et l’opinion.
Tizi-Ouzou le 20 avril 2009
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