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Association culturelle N'Imazighen

Bruxelles

Rédaction

 

 

                                            Soutien aux Touaregs de l'AZAWAD

                                                 La Kabylie à l'honneur

                                            Soutien aux Imazighen libyens

                                               Ccix el Kanun décroche un prix

                                               Tamazight brimée à Oran

                                                

 

         Les Touareg du MNLA lancent un nouveau conflit armé contre l'Etat malien

 

Le 17 janvier, des hommes solidement armés ont attaqué des cantonnements militaires à Menaka, Adaramboukare et Tessalit, trois localités sahariennes du nord du Mali.

 

Les combats, âpres, se sont poursuivis plusieurs jours, faisant des victimes. Le 20 janvier, un accrochage sérieux a eu lieu à Aguelhok. Les attaques ont été revendiquées par le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), un groupe politique et militaire indépendantiste né le 16 octobre. Dans la région, l'armée malienne se déploie en force. Difficile de dresser un bilan fiable des affrontements en l'absence d'observateurs impartiaux : si l'armée malienne décrit des rebelles en déroute, abandonnant des dizaines de morts sur le terrain, les communiqués du MNLA évoquent des militaires en fuite, subissant de lourdes pertes. Des photos publiées sur Facebook montrent une carcasse d'avion brûlé, supposément un MIG-21 abattu par des rebelles.

Qui compose le MNLA ? Le Mouvement national de libération de l'Azawad est né de la fusion du Mouvement national de l'Azawad (MNA), un groupe de jeunes intellectuels et de militants politiques, avec les guérilleros de l'ex-Alliance Touareg Niger Mali (ATNM). Ces derniers constituent les fidèles d'Ibrahim Ag Bahanga, leader des rébellions touareg de 2006 à 2009, mort dans un mystérieux accident de voiture le 26 août dernier. A ces deux composantes fondatrices sont venus s'ajouter des groupes d'ex-rebelles touaregs qui, dans les années 1990, ont fui le Mali pour s'engager dans l'armée libyenne de Mouammar Kadhafi. Beaucoup de ces hommes ont déserté le "Guide" libyen durant le conflit qui l'a opposé au Conseil national de transition et à l'OTAN. Lourdement armés, certains ont fait la jonction avec le MNLA. C'est d'ailleurs Mohamed Ag Najim, ancien officier de l'armée libyenne, qui en est aujourd'hui le chef d'état-major.

"Droit à l'autodétermination"

Quelles sont les revendications des rebelles ? Pour Mossa Ag Attaher, chargé de communication du MNLA contacté par Le Monde.fr, l'objectif est clair : "Se libérer du colonialisme malien". Pour lui, le territoire de l'Azawad se compose des territoires des trois gouvernorats septentrionaux du Mali actuel, soit ceux de Tombouctou, de Gao et de Kidal. Il affirme que "le MNLA est l'émanation des aspirations des Touareg et d'une bonne partie des Songhaï, Peuls et Maures de l'Azawad" et lutte pour le "droit de la population de l'Azawad au libre choix de son mode de gouvernement, à l'autodétermination et, si elle le souhaite, à l'indépendance". Selon lui, "les fonctionnaires de l'Etat malien dans nos villes sont tous des sudistes. Les gouverneurs de Kidal, Tombouctou et Gao sont des Bambaras, venus du Sud en mission. Il en va de même pour les hauts fonctionnaires régionaux ainsi que pour les gradés de l'armée et des autres services de sécurité".

Dans un entretien accordé au journal arabophone mauritanien Al-Akhbar, Bilal Ag Chérif, secrétaire général du MNLA, affirme que son mouvement est "pacifique et croit en une démarche de dialogue pour atteindre ses objectifs". Le MNLA avait d'ailleurs organisé des marches pacifiques le 1er novembre. Pour Bilal Ag Chérif, l'Etat malien porte la responsabilité de l'escalade militaire : "Le militarisme [de l'Etat] et les opérations de provocations ont provoqué le déclenchement du mouvement de libération, en réaction contre les agissements de l'armée malienne."

L'histoire des Kel Tamacheq

En quoi cette rébellion diffère-t-elle des précédentes ? Ces événements découlent d'une histoire de conflit quasi ininterrompu entre Touareg et Etat malien. Appartenant à l'ensemble ethno-linguistique amazigh (berbère), les Touareg (qui se nomment eux-mêmes Kel Tamacheq) occupent la zone saharienne, où ils vivent traditionnellement d'élevage et de commerce. Sur une population générale estimée à 1,5 million de Touareg, 550 000 vivraient au Mali (850 000 au Niger, 50 000 en Algérie et le reste en Libye et au Burkina-Faso). Dès 1958, le Mouvement populaire de l'Azawad (MPA), basé à Kidal, réclame la constitution d'un Etat touareg. En 1963, soit trois ans après l'indépendance du Mali sur un modèle unitariste jacobin, éclate la première rébellion touareg, durement réprimée par l'Etat. Suivent les sécheresses des années 70 et les camps de réfugiés en Algérie et en Libye, où de jeunes Touareg sont entraînés et enrôlés par l'armée. Aguerris, certains d'entre eux fondent en 1988 le Mouvement populaire de libération de l'Azawad (MPLA) et déclenchent une insurrection en 1990, qui débouche sur la signature des accords de Tamanrasset (1991) et du Pacte national de 1992. En 2006, une seconde rébellion force l'Etat malien à de nouvelles négociations avec les Touareg, lesquelles aboutiront à l'accord d'Alger du 4 juillet 2006.

Ces textes visent à une meilleure intégration sociale, économique et culturelle des populations du Nord (Touareg, mais aussi Peuls, Maures arabophones et Songhaï) dans l'ensemble malien. Paradoxalement, ils ont généré une double frustration. D'un côté, l'opinion malienne, majoritairement sudiste, ne comprend pas que l'Etat crée des programmes de développement spéciaux pour le Nord, alors que tout le pays souffre de pauvreté. La presse nationale regorge d'éditoriaux critiques à l'égard de nordistes assimilés à des enfants capricieux ou à des maîtres chanteurs. De l'autre, pour les militants du Nord, rien n'a changé : "Il faut ignorer les réalités de l'Azawad pour affirmer qu'il s'agit d'une région gâtée", affirme Mossa Ag Attaher. Il ajoute : "Les régions du Nord composent la moitié du territoire malien et ne sont quasiment pas couvertes en terme de santé publique, d'éducation et d'accès à l'eau. La région de Kidal est la seule au Mali où l'on doit parcourir plus de 100 kilomètres entre chaque point d'eau. Les grands projets de l'Etat sont des montages : il lève des fonds auprès des organisations internationales, lesquels sont ensuite accaparés et détournés par des responsables corrompus du Sud."

Tandis que les rébellions précédentes n'ont jamais officiellement franchi le pas du séparatisme, pour la première fois le MNLA demande explicitement l'autodétermination de l'Azawad et une potentielle indépendance. Les cadres du MNLA ne parlent d'ailleurs plus de rébellion mais de "mouvement révolutionnaire".

Quel est l'impact de cette rébellion au Mali ? Le premier tour de l'élection présidentielle malienne aura lieu le 29 avril. L'importance du scrutin tient au fait que l'actuel président, l'ex-général Amadou Toumani Touré, devra quitter le pouvoir après deux mandats consécutifs. La presse et les principaux candidats se sont saisis des événements dans le Nord du pays pour ranimer la flamme patriotique, dénoncer les "bandits armés" du MNLA et appeler à un raffermissement de l'autorité de l'Etat sur tout le territoire malien. Dans le nord du pays, la reprise des affrontements pourrait déboucher sur une nouvelle crise humanitaire et à la fuite de populations civiles vers les pays voisins. Faisant planer le spectre d'affrontements internes à la région, des milices pro-gouvernementales y ont pignon sur rue : les Maures du colonel Ould Meidou, les Touareg du colonel Ag Gamou ainsi que les Songhaï de l'ex-Ganda Koy (milice ouvertement raciste qui sema la terreur dans les années 1990, se livrant notamment à des pogroms de Touareg et de Maures).

Quelles sont les relations entre le MNLA et Al-Qaïda ? Cette nouvelle rébellion touareg intervient dans un contexte délicat : la présence depuis 2003 d'Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) et de son ancêtre, le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) algérien, dans la zone saharo-sahélienne. Multipliant les enlèvements d'étrangers et le racket des trafiquants de cocaïne et de migrants clandestins qui sillonnent la zone, les hommes d'AQMI ont installé plusieurs bases au nord du Mali. Essentiellement algérien, le groupe a tenté de s'acheter les bonnes grâces des populations locales via des mariages (notamment parmi les tribus maures), le recrutement de jeunes désœuvrés et quelques actions sociales. Une petite organisation djihadiste touareg autochtone, Ansar Al-Din, a également vu le jour le 15 décembre.

La facilité avec laquelle Aqmi agit dans la région nourrit les interrogations : selon l'anthropologue britannique Jeremy Keenan, le groupe serait une création du DRS. Pour le MNLA, c'est au contraire l'Etat malien qui utilise Aqmi pour déstabiliser la zone de l'Azawad et bénéficier d'une assistance militaire étrangère grâce à laquelle il combat la résistance touareg plutôt que les djihadistes. Tous les responsables du MNLA insistent sur leur refus de tout sectarisme religieux et leur détestation d'Aqmi. Ils réfutent les affirmations de certains journaux maliens qui affirment que MNLA et Aqmi travailleraient main dans la main. Au contraire, affirme le MNLA, si les pays de la région et les grandes puissances cherchaient réellement à se débarrasser d'Aqmi et des trafiquants dans le Sahara, ils aideraient ses guérilléros, familiers du terrain et animés du désir de "nettoyer le territoire de l'Azawad". Lors de la rébellion de 2006, des affrontements meurtriers avaient eu lieu entre les Touareg et le GSPC.

Azawad a peu de soutien

De quels soutiens bénéficie le MNLA ? Il y a peu de chances que l'Union africaine, qui consacre l'intangibilité des frontières de ses Etats membres, apporte son soutien aux partisans de l'autodétermination de l'Azawad. Au Niger voisin, où des révoltes touareg ont suivi celles du Mali en 1992-1995 et en 2007-2009, le président de la République a déjà appelé au calme. La France, qui importe près de 20 % de son uranium du Niger, notamment exploité par Areva dans la région touareg de l'Aïr, n'a aucun intérêt à favoriser ce qui serait pour elle un facteur d'instabilité supplémentaire. L'Algérie a toujours joué un rôle de puissance régionale dans les conflits entre Touareg et Etat malien, abritant les négociations de paix. Aujourd'hui, des sources du MNLA affirment au Monde.fr que "l'Algérie refuse de recevoir et soigner les blessés de guerre du MNLA". En Libye, le nouveau gouvernement fait face à suffisamment de difficultés internes pour ne pas reprendre le jeu permanent de soutien suivi de lâchage auquel se livrait Mouammar Kadhafi avec les divers groupes touareg. A l'heure actuelle, le MNLA ne bénéficie que du soutien moral de mouvements pacifiques de défense de la cause amazigh en Afrique du Nord (Congrès mondial amazigh, Mouvement pour l'autonomie de la Kabylie, ONG Tamazgha...).

Quelle issue pour le conflit ? Mieux armé que les mouvements précédents grâce au stocks d'armes rapportés de Libye, le MNLA est également beaucoup mieux structuré idéologiquement. Souvent efficaces sur le terrain militaire, les rebelles touareg ont par le passé fait montre d'un flou politique préjudiciable. L'insistance sur la notion d'autodétermination donne une cohérence politique inédite au MNLA. Cependant, le mouvement risque l'isolement sur deux tableaux : au Mali, outre le climat d'intransigeance nationaliste attisé par la campagne électorale au Sud, il risque d'être perçu comme un mouvement exclusivement touareg par les autres composantes ethniques de l'Azawad. Quant aux soutiens étrangers, il ne semblent guère probables dans une zone déjà perçue comme une poudrière du fait de la présence d'Al-Qaïda. Les porte-parole du MNLA, notamment Hama Sig Ahmed et Bilal Ag Chérif, répètent à l'envi leur désir d'un authentique dialogue avec les autorités de Bamako. Celles-ci semblent davantage enclines à maintenir la pression militaire.

Yidir Plantade

 

                       

         YENNAYER 2012

LA KABYLIE A L’HONNEUR A L’ASSEMBLEE NATIONALE FRANCAISE

LEVER LES MALENTENDUS DE L’HISTOIRE

 

Chers amis, Azul  

 

Le moment est historique, le fait inédit : La Kabylie est admise dans l’enceinte de l’Assemblée Nationale Française. La symbolique est si forte que l’Histoire s’en trouve forcément convoquée.

De la Bataille d’Icherridène le 24 juin 1857 à l’insurrection de 1871, de la création du Mouvement National en 1926 à la guerre d’Algérie le 1er novembre 1954, de l’émigration kabyle en France tout le long du XXe Siècle, dont notamment les douloureux événements à Paris du 17 octobre 1961, au flux massif des Sans-papiers kabyles issus de la révolte populaire du Printemps Noir en 2001, les relations entre la France et la Kabylie ont été marquées par un malentendu qu’il est enfin temps de dépasser. Cet instant que nous sommes en train de vivre et qui met la Kabylie à l’honneur en ces prestigieux lieux est un premier pas dans la bonne direction. Nous en félicitons tous ceux qui ont œuvré à sa réalisation, au premier rang desquels il y a l’Ancien ministre de la République Française et actuel député-maire du Raincy, M. Eric Raoult. Ce malentendu n’a jamais été traité pour des raisons géopolitiques. La Kabylie n’ayant pas récupéré sa souveraineté à l’indépendance de l’Algérie, en 1962, par formalismes bureaucratique et protocolaire, son dossier a été transféré à l’Etat algérien qui en use et abuse pour éviter de refermer les plaies du passé qui compromettent la construction d’un avenir de solidarité entre nos deux peuples.

Il est temps que la Kabylie reprenne ses droits et ses attributs pour apporter à l’Afrique du Nord et au Bassin Méditerranéen sa contribution à la paix et la prospérité économique régionale, même de manière tout à fait modeste. La Kabylie n’accepte plus que sa mémoire soit instrumentalisée par des tiers contre elle-même et contre des pays et des peuples amis. Son patrimoine mémoriel doit servir l’amitié et la fraternité entre les peuples et non la discorde et la guerre. Qu’on se le dise ! La Kabylie n’a jamais combattu un peuple ou un pays. La Kabylie s’est toujours battue pour la Liberté et la dignité humaine. Et c’est ce qui témoigne de son ancrage dans les valeurs universelles qui ont besoin d’un acteur supplémentaire comme elle pour les diffuser et les faire rayonner dans un environnement évoluant ces derniers temps de mal en pis. L’émergence d’une Kabylie de laïcité et de liberté ne peut que renforcer la communauté internationale éprise de paix et de stabilité. Pour cela, il serait bon que cette même communauté internationale, à commencer par la France, reconnaisse à la Kabylie le droit à son autodétermination. Le Gouvernement Provisoire Kabyle a besoin du soutien de tous pour la réalisation de ce noble objectif.

Le pouvoir algérien a perdu toute légitimité sur la Kabylie qu’il réprime, agresse, occupe, colonise, ravage et traite en ennemie depuis 1962. Non content de tuer des Kabyles, il veut tuer jusqu’à leur âme : Leur identité, leur langue et leur culture. Il serait fastidieux de retracer ici toutes les politiques visant à dépersonnaliser la Kabylie en lui imposant, depuis 1962, une autre langue, d’autres pratiques religieuses et d’autres mœurs. Dès la révolte du Printemps Berbère de 1980, le sabotage économique est une constante du régime en Kabylie (désinvestissement, délocalisations, budgets administratifs au compte-gouttes, pression fiscale pour écumer une plus-value d’un peuple travailleur…).

A partir de 1997, avec l’accord conclu entre les paramilitaires du Front Islamique du Salut, le terrorisme islamiste qui sévissait ailleurs, particulièrement contre les Kabyles, est transféré massivement en Kabylie. Il a servi entre autres à lui faire endosser l’assassinat du chanteur populaire, le Rebelle Matoub Lounes. A l’arrivée au pouvoir de Bouteflika, cette poignée de terroristes sert de prétexte pour un déploiement militaire sans précédent en Kabylie. Il est pour le moins étrange qu’autant d’incessants renforts militaires instaurent davantage d’insécurité qu’ils ne sont censés en combattre. L’insécurité n’est plus un phénomène conjoncturel. C’est une politique criminelle délibérément décidée par les plus hauts dignitaires du régime algérien visant à ramener par la peur les Kabyles dans le giron officiel. Ainsi, les Kidnappings sont devenus un moyen de faire fuir les opérateurs économiques de la Kabylie. En 5 ans, il ya eu plus de 70 rapts contre lesquels les services de sécurité n’ont jamais bougé le petit doigt. Ceux qui ont eu la chance d’être libérés le doivent à la mobilisation des villageois et non aux corps officiels dédiés à cet effet. Et ceci est déjà connu des chancelleries ayant leur antenne à Alger, puisque même un câble WikiLeaks, daté du 12 septembre 2008 est consacré à la situation sécuritaire et sociale en Kabylie Le câble relève qu’entre le 12 octobre 2006 et le 28 août 2008, la région a été victime de pas moins de 18 opérations terroristes.

L’auteur du câble se fait l’écho de l’indignation de la population qui est convaincue que le pouvoir algérien « utilise des hors-la-loi pour justifier l’oppression du peuple kabyle, réprimer les autonomistes (…) et étendre les pouvoirs des forces de police ». « Nos collègues kabyles nous disent être victimes d’islamistes qui agissent dans leur région sans être de leur région. Ces derniers multiplient les faux barrages (…). Ils sermonnent les gens, reprochent aux femmes de s’habiller d’une façon indécente et tancent les hommes qui boivent de l’alcool. (…) Ces check-points sont aussi utilisés pour récupérer de l’argent et des moyens logistiques. »

Quant à l’armée algérienne, elle tue sans raison de paisibles citoyens kabyles. Depuis juin 2011, il y a en moyenne un citoyen abattu chaque mois par les militaires. Le bilan connu de ces trois derniers mois est comme suit : Il y a eu 5 enlèvements par des groupes armés, 13 attentats à la bombe ayant fait 2 morts et 8 blessés civils, 6 débits de boissons attaqués et rackettés par des groupes islamistes armés et 5 civils abattus de sang froid ou dans des expéditions punitives militaires contre des villageois. Ce matin, un impressionnant dispositif répressif a été déployé à Tizi-ouzou pour empêcher une marche du Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie. Le pouvoir cherche une confrontation violente avec la Kabylie pour resserrer les rangs autour de lui à travers la haine antikabyle qu’il nourrit et entretient depuis toujours à travers l’Algérie. C’était déjà le cas en 1963 lors de l’insurrection de la Kabylie menée par Ait Ahmed, puis en avril 1980 et au Printemps Noir lorsqu’il a tiré sur nos manifestants en en tuant 150 d’entre eux. Vous voyez à travers cet exposé que ce qui oppose aujourd’hui le pouvoir algérien à la Kabylie est bien plus lourd que le malentendu qui a pu exister de 1857 à 1962 entre la Kabylie et la France.

Chers amis,

En dépit de l’insupportable oppression dont est victime la Kabylie, permettez-moi au nom du Gouvernement Provisoire Kabyle et en mon nom personnel, de présenter à la Kabylie et à la Nation Kabyle mes vœux de liberté pour 2012.

Aghref   aqvayli, Aghlan   aqvayli, aseggas n tlelli.

Igherfan imazighen, aseggas ameggaz

Assemblée Nationale Française, le 12/01/2012

M. Ferhat Mehenni

 

              APPEL A LA MARCHE

TIKLI N YENNAYER 2962

DI TIZI-WEZZU GHEF 11

MARCHE POPULAIRE A TIZI OUZOU

LE 12 JANVIER 2012 A 11H

 

ISEGH –TADDUKLI – TILELLI

TAQVAYLIT – TIMANIT – TALWIT

    

AVRID : TASDAWIT – TAGHIWANT TAQDIMT

ITINERAIRE : UNIVERSITE – ANCIENNE MAIRIE

              

                     Soutien aux Imazighen de Libye

 

Lettre ouverte aux membres de l’OTAN et principalement aux trois Etats directement impliqués dans la chute du régime de Kadhafi (France, Grande Bretagne, USA)

 

M. Nicolas Sarkozy, Président de la République Française

M. David Cameron, Premier Ministre du Gouvernement de Grande Bretagne

M. Barack Obama, Président des Etats Unis d’Amérique

 

Messieurs les représentants des Etats membres de l’Otan,

 

Sous mandat de lONU, l’Otan a contribué de manière déterminante à la chute du régime dictatorial de Kadhafi et à la libération du peuple libyen. La justification proclamée de cette intervention était la protection des populations et l’instauration de la démocratie. L’écrasante majorité des populations de toutes les régions du pays ont souhaité et accueilli avec joie les frappes de l’Otan contre les points stratégiques de l’armée de Kadhafi et toutes les composantes de la société libyenne ont pris part activement à leur révolution. Les Amazighs de l’Adrar Nefussa et des autres régions ont joué un rôle décisif dans la chute de la dictature et la libération du pays.

Le 23 octobre dernier, jour de la proclamation officielle de la libération de la Libye, on s’’ttendait à ce que les nouvelles instances annoncent les étapes d’un processus démocratique. Au lieu de cela, le président du Conseil National de Transition (CNT) annonce publiquement que le pays sera régi par le régime de la charia islamique, ce qui signifie l’instauration d’un régime théocratique radical, c’est-à-dire tout le contraire de la démocratie.

Cette surprenante déclaration du président du CNT a été fortement dénoncée par une partie de la société libyenne et en particulier par les représentants des organisations amazighes libyennes car elle ne correspond en rien aux principes du droit universel ni aux objectifs démocratiques prévus.

Le 22 novembre 2011, le nouveau premier ministre, M. Abdel Rahim Al-Kib, annonce la composition du premier gouvernement provisoire de la Libye libre. Ce gouvernement ne comprend aucun représentant des régions montagneuses de Nefussa et de Zwara, Ghadamès, Oubari, Ghat, Aujila mais y figure Fathi Terbel qui a eu l’occasion de déclarer publiquement son hostilité aux Amazighs et à leur culture. Les représentants de ces régions ont immédiatement exprimé leur indignation et déclaré leur non reconnaissance de ce gouvernement illégitime.

Nous sommes très inquiets de cette mise à lécart des populations autochtones de Libye qui pourraient subir à l’avenir, le même sort que leur réservait le régime de Kadhafi. L’APMM et le CMA ne sauraient accepter une telle situation qui nous ramènerait en arrière, comme s’il n’y avait pas eu de révolution, comme si tous les sacrifices ont été consentis en vain.

Si les pays occidentaux qui ont permis la libération de la Libye ne montrent pas leur attachement effectif aux valeurs démocratiques et au respect des droits humains lors de la mise en place du nouveau régime, cela confirmerait l’idée que leur intervention était motivée uniquement par la mainmise sur les richesses naturelles du sous-sol libyen.

Il est donc impératif et urgent pour les membres de l’OTAN et de l’ONU, dagir fermement pour protéger les populations autochtones amazighes contre les abus des nouveaux gouvernements et veiller à la mise en place de la démocratie effective pour tous. Le droit international l’exige, la stabilité de ce pays l’impose.

 

Paris, 2/12/2011

Jean LASSALLE, Président de l’APMM

Fathi NKHLIFA, Président du CMA

Copie : M. Ban Ki-Moon, Secrétaire Général de l’ONU

 

Cheikh el kanoun‘ décroche le prix du meilleur texte.

 

Ruh' a mmi, ruh'

Asalu yerz'a-t Mâemmri

Imazighen n Wehran

Maççi d la ççiççi

Taz'rigt tis-mraw (10) n wussan umezgun amazigh

(Tizi-Wezzu, seg 22 ar 27/12/2011)

Tamezgunt ‘ Ccix-lkanun ‘ tekkes-d arraz n wed'ris amyifi.

 

10ème édition des journées théâtrales nationales d’expression amazighe

(Du 22 au 27 /12/2011 à Tizi ouzou)

 

Journées théâtrales d’expression amazighe

Le grand prix non attribué

 

Par : Kouceila Tighilt

 

La grande salle de la maison de la culture Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou a abrité hier la clôture de la 10e édition des Journées nationales théâtrales d’expression amazighe, en hommage au dramaturge Omar Fatmouche, qu’a organisée l’association culturelle Amzgun n’Djerdjer d’Aït Bouadou, daïra des Ouadhias. Ce dernier jour d’activité a été une occasion pour les organisateurs de remettre des tableaux d’honneur aux participants et de donner les résultats du concours, dont le prix du meilleur spectacle n’a pas été décerné. Il a été, par ailleurs, remplacé par un prix spécial jury qui a été attribué à la troupe Talletat Nat Wassif. Le premier prix d’interprétation féminine, quant à lui, est revenu à une très jeune et douée comédienne Wissam Ouatmani de la troupe Akoufi Igoujilen de Berbacha, dans la wilaya de Béjaïa, alors que le prix de la meilleure interprétation masculine fut décerné à deux comédiens, en l’occurrence Boukhnouf Khaled de l’association Ithrane, d’Illoula Oumalou et Chiter Sofiane de l’association Numidia d’Alger. Suivant le classement, le prix du meilleur texte est revenu à l’association Numidia d’Oran et le prix d’encouragement à celle de Ouargla. Lors de cette rencontre autour de cet art plus que séculaire, un atelier de formation sur l’expression corporelle a été animé par Mme Tounes Aït Ali où pas moins de vingt jeunes comédiens amateurs venus de toute la wilaya de Tizi Ouzou ont été initiés à l’art de la planche. À ce propos, Omar Fetmouche dira au final que “la formation dans le domaine théâtral reste un pilier fondamental pour ne pas tomber dans la médiocrité”, avant d’annoncer sa volonté d’organiser, en collaboration avec le théâtre régional de Tizi-Ouzou, un grand programme de formation théâtrale scientifique suivant des normes universelles. K.T http://www.liberte-algerie.com/culture/le-grand-prix-non-attribue-journees-theatrales-d-expression-amazighe-168952

 

Tajmilt i Uumar Fet'muc: ‘Tughalin n weqcic ijah'en’.

Imedyazen n ‘ Leǧwad* ‘ srun-d ula d lewḥuc ‘ Wuḥuc.com** ‘!

*D tamezgunt n Ɛebdelqader Ɛellula i yenɣa rrebrab deg Wehran, aseggas 1994.

**D tamezgunt n Ɛumar Feṭmuc i wumi tuɣal tejmilt.

 

Aït Yahia Moussa : Il est directeur du théâtre régional de Bejaïa

Le dramaturge Omar Fetmouche honoré par les siens

Par Amar Ouramdane 25 Décembre 2011

 

A l’initiative de l'association culturelle Tighri N'Ath Haoualhadj d’Aït Yahia Moussa, de l’association Amzgun N'Djedjer d'Ath Bouaddou et du village de Tafoughalt, le dramaturge

et directeur du Théâtre régional de Bejaïa, Omar Fetmouche, a été chaleureusement accueilli dans sa région. Pour cet événement, unique en son genre dans cette contrée, un programme riche et varié a été concocté, aussi bien par les organisateurs que par le directeur du Théâtre Kateb Yacine de Tizi-Ouzou, M. Smail Ameyar. Avant-hier, le dramaturge a été d’abord reçu au siège de l’APC d’Aït Yahia Moussa où une grande foule l’attendait, avant qu’il ne soit accueilli par les enfants de la troupe théâtrale de lassociation Taneflit N’Tmazight de Draâ El Mizan, qui tenaient des pancartes sur lesquelles étaient inscrites les titres des œuvres artistiques de l’auteur et de ses adaptations, notamment Le fleuve détourné de Rachid Mimouni, Les vigiles de Tahar Djaout. Les jeunes acteurs lui ont offert des fleurs avant de laisser place aux prises de paroles. Très ému, Omar Fetmouche écoutait attentivement l'intervention d'un membre de l'association Thighri. “Vous vous trouvez actuellement sur un lieu historique. C'était la résidence du Caïd Dahmoune. Dans deux jours, nous serons le 25 décembre et ce sera le 64e anniversaire du premier acte de rébellion contre l'ordre colonial mené par Krim Belkacem et six autres militants nationalistes de la région pour dénoncer la falsification des élections. D'ailleurs, c'est à partir de ce jour là, le 25 décembre 1947, que ces héros ont rejoint les maquis. En dépit des arrestations, Krim Belkacem avait appelé toute la population à se rendre à Draâ El Mizan pour exiger la libération des personnes arrêtées”, dira M. Seddiki Mohamed. Et de s'adresser directement à l'enfant de Tafouhalt : “soyez le bien venu dans votre région”. De son côté, Smaïl Ameyar a dressé le portrait glorieux de Omar Fetmouche, qui a tant donné et continue à le faire pour la promotion de la création théâtrale.

C'est à ce moment que la troupe Numidia d'Oran entre en scène pour présenter l'une de ses pièces. Personne n'a retenu ses larmes devant cette interprétation dont la symbolique est immense.

Dans son bureau, le maire d'Aït Yahia Moussa a ensuite reçu tous les invités. “Au nom de toute la population, au nom de l'assemblée, je remercie tous ceux qui ont contribué à la réussite de cet événement dans notre commune. Quant à vous, M. Fetmouche, vous n'êtes pas seulement invité puisque vous êtes chez vous. Je souhaite vous voir revenir souvent parmi les vôtres, a souligné M. Rabah Menguellet en sa qualité de P/APC. Sur ce, la file de voitures a pris la route vers le village d'origine de Omar Fetmouche, Tafoughalt, distant de douze kilomètres du chef-lieu, où la fête allait se poursuivre. Avant l'arrivée de cette procession humaine au centre du village où est érigé le Mémorial des 19 Zaouias d'Iflissen, un haut lieu de l'histoire du village, les villageois et une troupe d'Idhaballen attendaient le retour de l'enfant prodige. A son arrivée au niveau de cette place, des femmes sont sorties et, à leur manière, lui ont réservé un accueil chaleureux en lançant des youyous. Entouré des organisateurs, le dramaturge découvre des visages qu'il n'a jamais vus, lui qui est né à Bordj Menaïel, car son père avait quitté le village au début des années 40 à la recherche d'un travail. Omar Fetmouche et la délégation qui l'accompagnait dans ce “pèlerinage“ apprécient cette hospitalité des humbles villageois et des membres de sa famille. C'est l'un des ses oncles, M. Fetmouche Saïd, qui l'embrasse le premier, et leur étreinte dure quelques minutes avant que leurs larmes ne se confondent. Ce sont des retrouvailles indescriptibles. Aâmmi Saïd lui offre un burnous blanc et Omar, très émotif, ne retient pas ses larmes, avant de regarder toute cette foule qui l'entourait. Ce sont, en tout cas, des moments qui resteront gravés dans sa mémoire parce que c'est la première fois qu'il voit le village de ses ancêtres et c'est, désormais le point de départ pour renouer les contacts avec les siens. L'autre lieu incontournable dont a été convié l'artiste est le carré des martyrs, lieu de la “Bataille du 14 mars 1955”, où reposent les cent cinquante six martyrs du village. Les organisateurs lui font alors la visite avant de se recueillir sur les tombes des membres de sa famille. Puis c'est vers l'école primaire Frères Salemkour que la délégation s'est dirigée et où un autre programme a été mis en place. En plus de l'exposition de coupures de journaux relatant le parcours d’Omar Fetmouche, il y a eu des projections vidéo de ses créations théâtrales. Mais ce quil y a lieu de souligner, ce sont toutes les interventions aussi émotives les unes que les autres. Omar Fetmouche a été honoré d'une manière particulière par les siens. Il rentrera chez lui tout content et fier surtout du fait d'être reconnu par les siens, promettant de revenir en d'autres occasions et de faire en sorte à devenir le parrain des troupes théâtrales de sa région. “Nous allons vous donner tous les moyens pour vous former. Vous serez les porte-flambeaux de cet art dans la région”, a-t-il d'ailleurs dit aux enfants de la troupe théâtrale de l'association culturelle Taneflit n'Tmazight, qui s'est distinguée en remportant trois fois la première place du concours organisé par l'ODEJ de Tizi-Ouzou à l'intention des maisons de jeunes et des associations. Enfin, l'originalité dans cet événement est, sans doute, le couscous aux fèves vertes qu'on appelle dans la région “laghmoud”, avec du lait caillé, dégusté à la fin de la cérémonie.

Amar Ouramdane

 

http://www.depechedekabylie.com/cuture/103519-le-dramaturge-omar-fetmouche-honore-par-les-siens.html

 

Asnemmer-nneɣ i imezdaɣ n wedrum (lɛerc) n Yeflisen n Melli s umata, imezdaɣ n taddart  Tafuɣalt  ladɣa, ilmend umager n tegmat swayes i ɣ-d-mmugren.

 

Awlawal seg Wehran

              Hommage aux Kabyles


 

 

                  Affaire  Saïd ZAMOUCHE :

 « L’association « Numidya » est un cadre indésirable à Oran »

 

L’Association Culturelle et Sportive «Numidya» est une des rares associations qui active dans le domaine de la revendication identitaire amazighe en dehors de la Kabylie, ses membres son très bien motivés, à l’image de leur président qui en plus du fait d’être à la tête de cette association est aussi membre du Bureau Mondial du Congrès Mondial Amazigh (C.M.A.).

Mais ceci, ne lui vaut pas que des amis, la preuve, il est, depuis 2003, sous le coup de poursuites judiciaires qu’on peut qualifier, à juste titre, d’aberrantes. Il risque, en effet, d’être condamné à une année de prison et 20 000 D.A. d’amende, parce que des personnalités belges, qu’il a invitées à se rendre à Oran, pour des conférences, se sont rendues en Kabylie après l’annulation de ces activités.

Kabyle.com a voulu s’enquérir de cette affaire, il a rencontré, pour vous, M. Saïd ZAMOUCHE et s’est entretenu avec lui de la genèse des faits et de leurs tenants et aboutissants, voici ce qu’il nous a dit, nous vous laissons le soin de juger.

Saïd ZAMOUCHE

 

Kabyle.com : Avant toute chose, qui est Saïd ZAMOUCHE ?

 

Saïd ZAMOUCHE : Je vous remercie tout d’abord pour tout ce que vous faites et pour tous les efforts que vous fournissez afin que tous les Imazighen, particulièrement les Kabyles, soient informés de tout ce qui concerne leur région, leur langue et leur culture ancestrales.

Pour revenir à votre question, je suis un Kabyle oranais, je suis né en 1963 à Oran où j’y vis toujours. Comme tous les Kabyles d’Oran, j’ai toujours été un fervent supporteur de la J.S.K. (Jeunesse Sportive de Kabylie), depuis mon bas âge, ce qui m’a ouvert les yeux et permis de prendre conscience des injustices dont sont victimes nous les Imazighen où qu’ils soient, en général, particulièrement concernant leur langue et leur culture. En 1979, nous nous sommes lancés, mes compagnons de lutte et moi, entre autres, je citerai Chaâbane Achouri et Djamel Benaouf, qui sont toujours parmi nous (dans l’association, NDLR), dans le Mouvement Culturel Berbère (M.C.B.).

Étant donné que nous vivons dans une région un peu hostile, nous étions contraints d’activer d’une manière implicite et c’est à partir de là que nous avons créé « Imnayen n Numidya » (Les cavaliers de la Numidie), une équipe de football qui a rassemblé beaucoup de Kabyles vivant à Oran, chose qui nous a permis de créer un cadre où nous discutions toutes les questions relatives à la revendication identitaire, tout en y distribuant différents tracts, des brochures, des petites publications, particulièrement l’alphabet amazigh.

 

En 1989, l’équipe est devenue un collectif culturel et sportif « Amazday Adelsan Anaddal Numidya », une année après, soit le 13 septembre 1990, les « Cavaliers de la Numidie » se réunissent en Assemblée Générale constituante pour donner naissance à l’Association Culturelle et Sportive Numidya où dont j’ai été élu président, une responsabilité qui m’incombe jusqu’à nos jours.

Je tiens juste à vous préciser qu’il a fallu attendre une année et 12 jours, et entreprendre démarches sur démarches, jusqu’à nous rendre au ministère de l’Intérieur, pour arracher l’agrément, tout cela à cause de cette expression qui figurait dans les statuts de l’association : « L’enseignement de Tamazight ».

Je suis également membre du Bureau Mondial du C.M.A. (Congrès Mondial Amazigh), depuis août 1999 (Congrès de Lyon), réélu en août 2002, au Congrès de Roubaix et, en 2005, au Congrès qui a eu lieu, pour la première fois, sur une terre amazighe, en l’occurrence à Nador, au Maroc.

 

Des poursuites judiciaires ont été enclenchées à votre encontre, que pouvez-vous nous en dire ?

Dans le cadre des activités de l’association, j’ai envoyé en 2003, des invitations à des personnalités belges (des parlementaires, des avocats et des universitaires) afin d’animer des conférences à Oran pour la journée du 24 octobre 2003, les services consulaires n’ont pas délivré les visas dans les délais souhaités, ils ne le seront que la veille de l’activité, c’est-à-dire le 23 octobre 2003.

Et comme vous le savez, pour organiser une activité quelconque, il faut déposer tout un dossier de demande d’autorisation, au moins 48 heures avant, aux services départementaux, étant donné que la confirmation des conférenciers faisait défaut, nous étions contraints d’annuler la conférence, les invités, eux, ont décidé de se rendre donc en Kabylie, en compagnie du président du C.M.A.

 

Racontez-nous la réalité des faits et qu’est-ce qui vous est, officiellement, reproché au juste ?

Au mois de novembre 2004, j’ai reçu deux convocations de la part des services des Renseignements Généraux (R.G.) pour subir deux interrogatoires. Un mois après, j’ai reçu deux autres convocations de la part de la Police Judiciaire où j’ai subi une autre fois, des interrogatoires terriblement serrés. Au mois de février 2005, j’ai reçu une convocation du juge d’instruction, ce dernier m’a fait subir, une fois de plus, un autre interrogatoire, pour conclure en me disant : «Vous êtes accusés d’escroquerie, de déclaration mensongère et de faux et usage de faux. »

 

Quels-sont, selon vous, les tenants et les aboutissants de cette affaire ?

Je crois que les choses sont claires, l’association est un cadre indésirable à Oran, d’autant plus qu’elle refuse d’être un bouc émissaire. Il est clair également qu’ils cherchent à déstabiliser les membres actifs de l’association. Il s’agit d’une machination qui veut étouffer toute voix de l’amazighité dans une région qui s’appelle l’Oranie.

 

Vous estimez-vous léser et victime d’une machination sans fondement légal ?

Absolument.

 

Quelle-est la sentence que vous risquez à l’issue de cette poursuite ?

J’étais déjà condamné, en première instance le 22 juin 2005, à une année de prison avec sursis et 20 000 D.A. d’amende. J’ai, tout de suite, interjeté un appel. Le 5 décembre 2005, je me suis présenté à la Cour d’appel. Une autre fois, le juge confirme le même verdict, à savoir, un an de prison avec sursis et 20 000 D.A. d’amende.

 

Des incidents regrettables ont entouré le premier procès qui s’est tenu le 5 décembre, pouvez-vous-nous en parler ?

Tout d’abord, tout le monde était surpris par l’acharnement du procureur qui a demandé deux ans de prisons ferme. Étant donné que le dossier était vide, d’un point de vue juridique, et après les questions et les plaidoiries des trois premiers avocats, en l’occurrence, maîtres Khemisti, Bensadek (barreau d’Oran) et Bouzetine (barreau de Paris), maître Hanoune (barreau de Tizi Ouzou) est revenu, une autre fois, à la charge avec une série de questions.

Le juge qui s’est senti gêné, a interrompu l’audience sans me donner même la parole. Une militante, parmi l’assistance, s’est levée pour dénoncer cet arbitraire. Le juge ordonna de l’arrêter. Les choses ont failli prendre une autre tournure si ce n’est la sagesse de maître Khemisti qui leur a bien expliqué les conséquences que pourraient engendrer une telle décision et qui a su calmer les esprits des militantes et militants surchauffés.

 

Vous avez interjeté un pourvoir en cassation suite au verdict de ce dernier, quand-est-ce qu’est programmé le nouveau procès et êtes-vous optimistes ?

Après consultation avec mes avocats et les membres de l’association, j’ai, tout de suite, décidé de me pourvoir en cassation, à partir du moment où je sais que je n’ai rien fait de mal, je resterai toujours optimiste.

 

Avez-vous quelque chose à ajouter pour conclure ?

Je remercie Kabyle.com de m’avoir accordé cet entretien. Je vous souhaite beaucoup de courage. Je tiens également à rendre un vibrant hommage à toutes les personnes qui m’ont soutenu lors du procès. Et comme l’a bien dit Ferhat Imazighen Imoula :

 

« A wid i gh-ikerhen,  (A ceux qui nous détestent)

Nekni s Imazighen,     (Nous les Berbères)

Bdut targagit si tura.   (Commencez à trembler dès maintenant)

Lehbus ur gh-zmiren   (Les prisons ne nous contiendront pas)

D tikli-nnegh i yettghawalen (C’est l’allure de notre marche qu’elles dopent)

Wi iteddun ghef tidet yessawed. » (Celui qui oeuvre pour la vérité réalise son objectif)

 

Note : La traduction du texte de la chanson de Ferhat Imazighen Imoula a été réalisée par la Rédaction, que l’auteur nous excuse s’il juge que le sens de ses mots n’a pas été complètement restitué.

Pour Kabyle.com – Rédaction de Tizi Ouzou – 16 février 2006 Entretien et transcription : Djamel B. (Rédaction de Tizi Ouzou)

 

          Bienvenue à Idirad

 

Idir est né en 1979 dans le village d’Ouaitslid, province de Michelet, en Kabylie. Juste une année avant le soulèvement du peuple kabyle en avril 1980, qui a vu la naissance du Printemps berbère et de la révolte pour la revendication de la langue et de la culture amazighes.

Fils d’un musicien et guitariste, Idir a été imprégné jusqu’au fond de son âme de cette poésie des profondeurs du terroir kabyle, de cette tradition transmise oralement de génération en génération, de l’arrière grand-mère à la mère, de la mère aux enfants.

Dans ces contrées du bout du monde nous naissons, dans nos villages kabyles, tous un peu poètes, un peu bergers mais tout à fait libres de penser et de composer.

Durant toute son enfance, Idir a été élevé, bercé et marqué à jamais par ces chants et mélodies d’autrefois, cette richesse sauvegardée et héritée de nos ancêtres. S’il est beaucoup plus facile, dans ces villages perchés plus haut près des étoiles, pour une jeune fille douée musicalement d’intégrer une chorale où elle pourra développer son talent, ce n’est pas du tout la même chose pour un garçon de se lancer dans la chansonnette. Ce n’est pas toujours bien vu dans nos chaumières où la pudeur se révèle presque un mur infranchissable. Il faudrait alors grimper, parfois avec ses moutons ou ses chèvres se réfugier derrière un des nombreux sommets de cette majestueuse chaîne de montagne du Djurdjura, là où la paix, la tranquillité trouvées à l’ombre accueillante des quelques arbres qui se font de plus en plus rares de nos jours. C’est souvent là où tout jeune débutant peut s’exercer à son art favori en rédigeant les premiers vers de sa chanson sur un air musical hésitant, sortant d’une guitare bricolée, et qui est encore loin de ressembler à une mélodie harmonieuse.

Ici, il est permis de gratter son instrument musical, mandole ou guitare sans risque de nuire à personne sinon les oiseaux, peut-être les moutons et le ruissellement paisible du cours d’eau de source qui jaillit au printemps descendant ce versant pour inonder la plaine.

C’est le seul endroit où nos artistes en herbe, chacun selon ses mots et son verbe, chantent la liberté, la noblesse mais aussi la sagesse de ces montagnards de Kabylie. C’est ici, derrière ces pics de montagne où l’amour encore tabou, que l’on n’ose exprimer ouvertement tant notre société kabyle demeure fermée et recroquevillée sur elle-même à l’image d’une coquille d’huître ou plutôt d’un oursin sous l’un de ces rochers surplombant la plage de Tigzirt ou celle de Dellys.

 

C’est à Bruxelles-Belgique, après deux à trois ans de travail et de recherche, qu’Idirad, groupe musical amazigh formé autour d’Idir Aït Dahmane, vient de sortir son premier album à qui, bien sûr, nous souhaitons plein de succès dans ce monde musical berbère où il n’est pas simple de trouver son chemin. En est-il terminé de cette période  où chacun prédisait plutôt des lendemains qui déchantent en envoyant la chanson kabyle au musée de l’histoire ? L’avenir ne tardera pas à nous démontrer le contraire eu égard à toutes ces nouvelles pousses de chanteurs qui jour après jour nous font renaître cette mélodie ancestrale enrichie et adaptée aux temps modernes. Nous pensons qu’Idir fait partie de cette nouvelle génération d’artistes qui porteront encore plus loin le flambeau de la chanson kabyle dans la même tradition d’engagement que nos pionniers comme FERHAT, Aït-Menguellat, IDIR, Matoub et bien d’autres encore.

Voilà donc une réponse à celles et ceux qui pensent que la chanson kabyle était sur le déclin.  Avec ce nouvel album et son premier CD, «Jadis» ou «Zik», Idir vient d’apporter un cinglant démenti en nous proposant presque une nouveauté, voire une œuvre inédite bien loin des imitations déguisées ou des reprises folkloriques en tout genre. Il y a du texte, de l’expression, des messages et des appels.

 

N’est-ce pas FERHAT qui avait écrit que la chanson kabyle est la respiration d’un peuple ?

 

Il est certain que la chanson et l’art musical kabyles loin d’être voués à la disparition se trouveront  rehaussés dans cette série de nouvelles chansons sur le plan de la nouveauté et de la création musicale.

 

Le message d’Idir Aït Dahmane, auteur et compositeur kabyle, pudique, authentique mais profondément convaincu de la richesse de son terroir, rencontrera sans aucun doute un écho favorable auprès des amateurs respectueux de la langue kabyle.

 

Voici quelques titres de cet album qui en contient une dizaine.

 

·        Titre 1 : « Le monde berbère ou Amvil umazigh » est un cri pour signifier à tous que cela suffit maintenant.  C’en est assez d’ignorer et de bafouer la première identité de cette terre nord-africaine. C’est également un appel lancé  à tous les Imazighen de Tamazgha (Berbères d’Afrique du Nord) pour l’union commune dans cette revendication culturelle et pacifique. A tous les Berbères du monde de vivre dans l’affirmation au quotidien de cette langue et culture plusieurs fois millénaire.

 

« Afus deg wfus a Yimazi$en

Ad yecreq yiîij fell-awen »

« Main dans la main ! Tous les Berbères

Le soleil rayonnera bien sur vous »

 

·        Titre 2 : « Jadis ou Zik », nom de cet album, est un morceau qui nous invite au passé, au souvenir où jadis, en effet, régnaient dans la société kabyle la solidarité, le respect, la parole donnée,  «Tiwizi» ce coup de pouce spontané et sans condition de toute la communauté villageoise, bref toutes nos vraies valeurs qui tendent à disparaître aujourd’hui chez les Berbères.

Ne tombez pas dans l’indifférence et n’oubliez pas nos différences !

 

« £urwat, $urwat ad nettu »

« Rappelez-vous ! Prenez garde de ne pas tomber dans l’oubli »….

 

·        Titre 3 : «Rose du désert ou Tanewaôt n tniri » est un message d’amour maternel, plein de tendresse adressé à toutes les mamans du monde en guise de remerciement et de gratitude pour toutes ces peines encourues durant leurs vies souvent pénibles afin d’assurer une certaine éducation à leur progéniture dans la tradition amazighe. Que grâce leur soit rendue de nous avoir permis de continuer de vivre dans notre identité.

 

« Sserse$ deg yejdi i yemma

Tibratin d kra wawalen s ccna

Tamacahut ugeldun n yejdi, nassawal-itt

I yal weqcic amecîuê”

« J’ai posé dans le sable pour maman

30 lettres, puis des mots tout en chantant

L’histoire du prince des sables, on la raconte

A chaque enfant »….

 

·        Titre 4 : « Wiza », prénom féminin amazigh, est une autre chanson d’amour où ce qui était hier encore tabou commence tout doucement à se libérer. Le langage est pudique, indirect et encore plein de sous-entendus, cependant, cette audace autorise une nouvelle expression de liberté de déclarer ses sentiments à l’élue de son cœur.

 

« A Wiza ddukan yid-i

Am tafukt teddukkel d ugefur »

“A Wiza viens avec moi

Tel le soleil après la pluie” …. 

 

Il y a tous les autres titres tels que : «Tayri» (l’amour), «Iîij» (le soleil), «Atargui» (le Touareg ou le Targui), «Gume$» (je n’en peux plus) et «Azul» (le salut berbère) où chacun découvrira toute la subtilité et la richesse de la langue kabyle et écoutera  une musique rythmée pleine de nouvelles sonorités qui feront le plus grand plaisir à entendre.

 

C. H.

 

 

       11eme édition du festival du film amazigh

          Compte rendu en marge du Festival

 

         Chronique dédiée au peuple japonais

 

A quelques jours d’intervalle, un bilan s’impose. C’est donc contraint par une vague de souvenirs précis de conversations superbes, de réminiscences vagues d’interlocuteurs géniaux, de réflexions profondes, d’éclats de voix, d’éclats de rires que je m’attable pour mettre un peu d’ordre dans ce fatras.

D’abord, il faut souligner la particularité de cette 11eme édition qui s’est déroulé dans une région exquise, une région qui a enfanté tant d’artistes qu’elle mériterait l’ancrage d’un festival.

Les connaisseurs m’ont dit que le nom d’AZEFOUNE désigne un animal marin qui serait peut-être la langouste, pourtant je persiste à croire en l’explication que je connais depuis toujours : c’est un terme dérivé de la racine ZF qui renvoie au Vent. Comment rechigner a adopté une explication si poétique ? Ait Feroukh explique si bien ce Vent spirituel qui enchevêtre parfaitement, malgré le siècle de distance Chikh Mohand et Ait Menguelet et note admirablement la signification que lui attribut le Kabyle d’antan : Souffle Divin, Souffle fécond, vent d’amour du savoir, vent d’intelligence, de beauté et parfois de sublime folie !

 

« In the wind » ou « Azefoune as we like »:

En arrivant, la première fois, dans le cadre cette onzième édition du FCNAFA, nous trouvâmes une ville suspendue comme seuls les petites bourgades du littorale algérien savent le faire. Un soleil timide réchauffait de rares passants et la vie même semblait sommeiller ; Hors Saison presque HS (hors service), à croire qu’une dépense excessive d’énergie durant l’été n’en laisse rien pour l’hiver. La terre grasse des embouchures nous collait aux souliers et la mer en furie certainement en voulait au « petit paradis » pour le harceler de la sorte ! Faut-il comme d’habitude parler de la mer comme d’une amie ? La connaît-on vraiment nous les montagnards qui ne trompons nos pieds dedans que au cœur de l’été? Pour nous, le bord de l’eau est justement Thalassa (la frontière) qu’il ne faut jamais dépasser. L’inquiétant grondement de l’écume sur les galets d’Azefoune pénètre l’âme d’une frayeur indescriptible ! C’est normal, c’est encore l’hiver, une saison tenace qui voudrait manger un peu de printemps.

Le maire nous rassura sur toutes nos appréhensions et il tient parole : le jour J Azefoune se réveilla, embellie, parée. Elle apparut alors comme nous l’aimons : une ruche d’abeilles bienveillantes et travailleuses. Cette petite ville mérite d’être et de rester un pole culturel. Elle en a les moyens humains, géographiques et artistiques. La disponibilité de ses habitants, leur comportement durant les séances de projections et durant les galas, sont autant d’indices d’un sens élevé du beau et d’un amour de l’art hors du commun.

 

La culture c’est physique.

Transformer une salle omnisport dédiée à la culture physique en salle de projection demande des efforts que ne peuvent fournir que des passionnés à l’exemple des membres du staff a leur tête Mr Assad, tous sous des dehors impassibles et calmes couvent des tourbillons de volonté  de soif d’agir et de’ courage. Usalas (Salem Ait Ali Belkacem) en arrangeant des sièges improvisés déclare que la culture est aussi une médecine bien plus efficace que la moitié des mixtures pharmaceutiques qu’il prescrit à ses patients. Les braves techniciens de l’OREF, silencieux et professionnels travaillaient afin d’élever les mats de la scène et leur technique ressemblait a celle des marins puisque ce faisant l’un d’eux battait la mesure pour qu’en même temps les quatre coins de la charpente s’élèvent. Sans ce rythme les fragiles transversales portant les amplificateurs et les projecteurs casseraient ! Beaucoup de sueur largement récompensée par une salle grandiose et accueillante. Les premiers réglages des basses, comme à l’accoutumée, produisent d’immenses ondes, de déferlantes nous traversant le corps jusqu'au tréfonds de l’âme.

Tsunami :

L’ouverture s’annonce laborieuse. Malgré les mille siéges mis en place en sus des quelques centaines, fixes de la salle, beaucoup de monde restait dehors à attendre, une fracassante que seul le calme des organisateurs et celui des habitants a su canaliser. Tout le monde finit par enter et profiter du spectacle même debout sur la pointe des pieds. Quand le spectacle commença, le jeune public n’apprécia pas les longs discours, avide de chansons de fête et de films d’amour, il hua de tout cœur et hurla d’impatience et puis une puissante lumière vient frapper l’écran pour nous raconter DJAOUT.

Le film hors compétition de Abderezak Larbi Cherif donna le ton de ce festival empreint de nostalgie et depuis nous connaissons tous la réponse a la fameuse question de Lounès : un poète peut-il mourir? Il suffit d’aller à Oulkhou le village de Tahar pour comprendre …

 

Les cinés bus :

Le CNCA toujours fidèle au festival du Film Amazigh apprêta trois cinés bus et Oulkhou comme Iazouzene, Aghribs, Taboudoucht, Ait Ouchene et Ait Rhaouna, furent au programme. Des empêchements de dernières minutes ont fait qu’Aghrib se décommande et le bus, naturellement, prit la route d’Ighil Mhenni qui, accueillant, reçut « La montagne de Baya » de A Medour, avec plaisir. Le lendemain un décès Ait Rhaouna annula la projection devant s’y dérouler mais au pays des artistes il est facile de changer de cap : Tazaghart désignée à l’improviste ouvrit son école aux villageois qui se laissèrent conter « Machahu » de B. Hadjadj  comme au bon vieux temps des veillées autour du feu.

Mais la sortie la plus belle était  celle vers le village où plane encore l’âme de Tahar : Oulkhou !

Durant toute la préparation de la projection Mr Gasmi nous parlait de Son Ami d’enfance dont il demeure un  fervent lecteur. De mémoire, il cite des passages entiers de l’œuvre de l’enfant du pays, la fierté des siens.

Non décidément Tahar n’est pas mort !

Son esprit planait ce soir là sur son cher village.

Comme le ferait des pèlerins pieux nous avons fait le tour de la petite cité et nous avons foulé les sentiers de l’oiseleur (Abrid Lmehrab) en compagnie de vigiles refusant d’être expropriés vers les enclos barbelés des villes ! Et d’une terrasse nous avons contemplé le panorama époustouflant qui enchaînait le poète à Oulkhou. Quand se fut l’heure du film l’assistance émue par l’hommage rendu à Tahar par un de ses compagnons dévora des yeux l’écran où Omar Hekar racontait « La Maison Jaune »

Le soir lors de la réunion de minuit, mon ami Hamza Ould Mohand me reprocha de ne pas avoir prit de photos, je lui répondis que ce sont des scènes à jamais fixées dans ma tête : des familles entières disciplinées et silencieuses venues voire dans la dévotion un film en Chaouia. Des femmes, des hommes toujours habités par celui qu’ils croyaient simple (comme ils disent) et qui en fait derrière ses lunettes contenait un monde. Contenait Le monde. Cette projection se passa dans une vague tourbillonnante d’émotions, mélange de douleurs de nostalgie, de regrets et de fierté d’avoir côtoyer Un Grand. A chaque fois que j’y pense la même vague me traverse le cœur et je suis certain que aucun appareil photo ne pourra saisir ce Vent presque imperceptible qui dresse nos sens et qui signe le passage de l’Esprit.

C’est à regrets que nous avons quitté Oulkhou et même maintenant en écrivant c’est à regrets que je me laisse emporter par une autre vague, une vague venue d’une Ile : « l’Ile de beauté ».

 

La Corse :

La conférence de Mr Pascal Genot sur « l’image filmée des Corses » débuta dans un chahut indescriptible car notre pressante jeunesse crut devoir ouïr un discours verbeux. Par je ne sais quel sortilège, la voix calme et pondérée de Pascal réussit à instaurer un silence de cathédrale. Il faut être pédagogue pour se faire écouter et un peu magicien pour se faire entendre. Nous avons entendues nos ressemblances et nous avons surtout compris que Colomba aurait bien pu s’appeler Kenza. Un jour Mérimée pour convaincre ses détracteurs qui l’accusaient entre autre d’exagération leur dit :la Corse dont je vous parle existe toujours et si vous voulez en avoir le cœur net faites donc un tour en pays Kabyle !

La ressemblance ne s’arrête pas là nous souffrons aujourd’hui des mêmes préjugés, des mêmes haines, nous sommes clichés de la même façon et nous souffrons surtout de la même soif de notre langue, soif de notre culture, la vraie.

Merci Danièle  pour cette vague de fraîcheur une onde que votre Kabyle de père vous légua en patronyme car Maoudj en dialecte algérien veut dire Vague !

 

En marge du festival :

A coté des symposiums sérieux sur   « l’objectivité de l’art » ou sur « le développement du sens critique » à coté des tables rondes sur « le cinéma et l’Amazighité » il y a eut la deuxième session d’initiation et formation d’animateurs de cinés clubs pour plus de soixante stagiaires mais le plus important sans doute ce sont les ateliers de formation pour enfants.

Le premier est une formation accélérée pour les petits d’Azefoune dans le domaine du dessin caricaturale. Un atelier qui a eut un franc succès chez les enfants et pas que puisque des adultes ont manifesté un intérêt soutenu durant les cours.

Le deuxième c’est la suite du feuilleton merveilleux pour les élèves d’Ait Saada et d’Ait Daoud dans la commune de Yattafene  qui continuèrent leur formation avec cette fois Djilali Beskri comme maître. Ces réalisateurs en herbes peaufinèrent pour nous cinq courts métrages montrés lors de la cérémonie de clôture.

Il ne faut oublier de saluer les initiatives toujours heureuses de Madame Amhis qui a su improviser des contes et parfois même des chansons pour les groupes d’enfants venus voir ce qu’est le Festival du Film Amazigh. De l’intérieur du grand chapiteau blanc fusaient souvent des chansons d’Idir que les chérubins reprenaient avec bonheur ce qui concurrençait un peu les films projetés dans la salle B au grand damne de quelques cinéphiles purs et durs.

La cour de la maison de jeunes Tahar DJAOUT ressemblait alors à une mer agitée par un Vent d’esprit ; ici des étales  de livres en séance dédicaces avec Hadjira Oubachir, là des DVD et plus loin des tableaux de peinture, partout des petits groupes se formaient pour discuter, pour chanter ou déclamer des poèmes. Il arrive de distinguer dans la foule quelques âmes en peine errant entre l’écume de ses vagues ne sachant qui suivre, ne sachant que voir. Ballottés par tant de déferlantes une partie du jeune public ne put que chasser quelques photos souvenirs avec les vedettes venues au Festival.

 

Le grand gala :

« Viens voir les musiciens, viens voir les magiciens » chantaient les choristes de l’association culturelle Abzim de Sidi Ali Bounab dirigés par Ali Ighil Mellah reprenant Aznavour ils invitaient le pulic a ecouter la sublime Zen le légendaire groupe Tagrawla, la belle Taous et beaucoup d’autres magiciens qui sans se produire sur scène tenaient a marquer leur soutien au Festival a l’exemple Lounis Ait Menguelet du poète Ben Mohammed de Kamal Hemmadi des freres Hilmi de Ifticene de Haroune Hocine et de Zayen.

On craint toujours les débordements car il est connu que la musique adoucit les mœurs mais voila le public s’est défoulé rien de plus et puis Zen et surtout Taous ont eut raison de sa fougue : les jeunes n’en pouvaient plus de danser ! Ce soir là il y eut Overdose de musique. Le lendemain à la soirée de clôture Belaid et son groupe Tagrawla finirent de rassasier cette jeunesse sevrée d’art qui réclamait à chaque intervalle Taous, Taous …

J’ai demandé à un groupe de jeunes le pourquoi de cette fervente admiration ils me répondirent qu’elle avait les mots justes pour vaincre cette vague d’intolérance qui frappe le pays. Belle leçon de simplicité : «  contre le blues des jeunes rien de mieux que l’art ».

 

Pensée :

Il y a eut des films, nous en reparlerons. Cela mérite une autre table et une autre feuille blanche car c’est le cœur même du festival mais avant de terminer posons nous cette simple question : Sans la technologie des japonais, sans leurs usines, sans leur savoir y aurait-il autant de films ? Autant de photographies ? Autant d’artistes ?

Sans eux rares seront ceux qui pourront se permettre ne serait-ce qu’un petit appareil photo, ou même un téléviseur !

Voila pourquoi tout le long du festival la mer parut inquiétante et voila pourquoi ce texte est agité par une gigantesque lame de fond.

Le Tsunami qui a frappé le pays du soleil levant est un grand malheur pour l’humanité entière car ce peuple digne et fier, intelligent et surtout généreux a donné à l’art et aux artistes plus que tout autres sur la planète.

Les japonais en démocratisant l’informatique ont offert a l’Homme  ce qu’il y a de mieux dans la création : l’Art.

 

 

Djamel LACEB - Enseignant

Djamellaceb2003@yahoo.fr

       

      VIENT DE PARAITRE AUX EDITIONS L’HARMATTAN :

                           LA GRANDE POUBELLE

     Journal d’un ancien détenu politique en Algérie, de Smaïl MEDJEBER

 

Les faits rapportés dans ce Journal ont eu lieu dans l’une des prisons d’Algérie d’horrible réputation : celle de Berrouaghia. Ils sont authentiques. Les personnages cités sont réels. Parmi eux, des personnalités connues, à l’instar de Me ALI-YAHIA Abdenour, l’un des fondateurs de la première Ligue Algérienne pour la Défense des Droits de l’Homme.

Dans son Introduction, Smaïl MEDJEBER fustige le pouvoir algérien qu’il qualifie de : « despotique, tyrannique, oppressif,répressif ».

Ce travail d’écriture, secret et dangereux pour l’auteur, avait été fait dans le seul but de témoigner, de déchirer le voile lourd et opaque qui pèse sur ce milieu carcéral infernal très fermé, verrouillé, hermétique ; de dénoncer les conditions carcérales inhumaines, la férocité de l’administration pénitentiaire et des geôliers tortionnaires, sadiques, comme cet arracheur de poils des pubis aux détenus. Entre autres atroces sévices.

Il abordera aussi un sujet tabou : la souffrance sexuelle des détenus. On lira également, en documents annexes, des témoignages relatant le carnage qui avait eu lieu dans cette prison en novembre 1994. Faits dévoilés par l’Observatoire des Droits Humains en Algérie.

Cet ouvrage est, aussi, un devoir, une mission humanitaire très difficile mais accomplie à l’égard des détenus que l’auteur avait côtoyés dans cet enfer carcéral algérien. Pour ne pas les oublier et les décevoir.

PLANTU, par sa pertinente caricature, illustrant la couverture, nous montre La Grande Poubelle de l’extérieur, Smaïl MEDJEBER, par son émouvant Journal, nous la fait découvrir de l’intérieur…

 

L’AUTEUR :

 

Né en 195O en Kabylie (Algérie), Smaïl MEDJEBER est un penseur, un militant de la langue berbère de longue date. Détenu politique, condamné à mort, ayant subi d’atroces tortures, après onze ans et demi d’un horrible calvaire, il sera libéré grâce aux interventions d’ONG de défense des Droit de l’Homme et de Sa Sainteté le Pape Jean-Paul II.

Engagé, incorruptible, fidèle à ses convictions, prenant sa revanche contre le pouvoir algérien, il continuera son combat intellectuel en éditant et en dirigeant une revue culturelle. Dévoiler, aujourd’hui, son Journal écrit en prison il y a vingt cinq ans, est également une autre revanche vis-à-vis de ce même pouvoir dictatorial, briseur de vies.

 

Cet ouvrage de 410 pages, ISBN : 978-2-296-13819-3, paru en janvier 2011, est disponible chez :

L’Harmattan, Edition-Diffusion, 7, rue de l’Ecole Polytechnique  75005 Paris, Librairie L’Harmattan, 16, rue des Ecoles 75005, Paris , FNAC, GIBERT Jeune… Ou sur commande chez votre libraire habituel.  Prix : 36 € 

 

Chronologie de  La Grande Poubelle - Journal…  (Extraits)

 

 

28 juillet 1985 : Un détenu est un citoyen.

30 juillet 1985 : Courage mes frères !

31 juillet 1985 : Grève de la faim.

  1er août 1985 : On n’a pas peur de la prison.

    2 août 1985 : La soupe de ce soir est dégueulasse.

    3 août 1985 : Alors, bâtard ! Tu avances ?

    7 août 1985 : Vous briserez ma carrière !

  11 août 1985 : Une gifle.

18 août 1985 : Prison écurie et meurtrière.

 19 août 1985 : Nous ne voulons pas croire.

 20 août 1985 : Au sujet du gréviste tunisien.

 21 août 1985 : Dites-le avec des fleurs !

 22 août 1985 : Un câble noué autour du cou.

 23 août 1985 : Cesse de le frapper !

25 août 1985 : Réquisitoire de Me Ali-Yahia, contre l’agent arracheur de poils.

27 août 1985 : Une mutinerie à l’infirmerie.

29 août 1985 : Nous sommes tous des frères.

30 août 1985 : L’exploitation de détenus.

31 août 1985 : Une atteinte à l’éthique.

5  septembre 1985 : Un miracle !

6  septembre 1985 : Morpions, poux, punaises, syphilis.

7  septembre 1985 : Mensonges du ministre.

8  septembre 1985 : Une  douche et des soins : ce sont des droits humains.

10  septembre 1985 : Du courage les frères !

12 septembre 1985 : Une course poursuite.

14 septembre 1985 : Déclaration de guerre. 

             

15 septembre 1985 : Mépris, nazisme, injustice.

16 septembre 1985 : Hé ! Gardiens ! Ouvrez !

17 septembre 1985 : Détenu, embrasse la main qui te tabasse !

20 septembre 1985 : Rumeur de transfert vers…l’enfer !

21 septembre 1985 : Diviser pour régner.

22 septembre 1985 : Faîtes vos bagages !

23 septembre 1985 : Rosse-le !

24 septembre 1985 : Ce casse-pieds de chef.

27 septembre 1985 : Visite historique d’Amnesty International.

  9 septembre 1985 : Un ministre menteur et massacreur.

30 septembre 1985 : Tu ne dois pas nous décevoir.

3 octobre 1985 : De la méchanceté gratuite.

5 octobre 1985 : Dehors !

6 octobre 1985 : Berrouaghia, le  village  pénitencier.

7 octobre 1985 : Il y a un convoi !

 8 octobre 1985 : Lambèse : l’épée de Damoclès.

 9 octobre 1985 : Bande de salopards.         

12 octobre 1985 : Un détenu dans un si piteux état !

13 octobre 1985 : Du jamais vu, en prison !

14 octobre 1985 : Café et harissa : des interdits !

16 octobre 1985 : Maître Ali-Yahia est malade.

18 octobre 1985 : Les injures du temps et les injustices des hommes.

21 novembre 1985 : Un coup de force.

22 novembre 1985 : La barricade.

23 novembre 1985 : La partie de bras de fer continue.           

 

 

Pleure, ô pays bien-aimé !

Par Smaïl Medjeber

 

Pleure, ô pays bien-aimé ! Pauvre Algérie ! Une Algérie qui devrait être un grand paradis, par ses belles montagnes, ses magnifiques collines, ses belles plages, son soleil, ses belles filles et ses beaux garçons, en plus de ses ressources souterraines. Cette Algérie qui fut le grenier à blé de Rome. Ce pauvre et pourtant riche pays, est devenue un enfer pour le peuple. Ce peuple qui se retrouve écrasé par les tenants du pouvoir totalitariste, des généraux j’m’en foutistes, des sans âme, des prédateurs, entourés de leurs larbins, leurs bonniches, leurs sous fifres, leurs valets, leurs majordomes, leurs lèche bottes, leurs baise mains et baise c…ls. Tous ces pourris, ces malpropres, ces malfrats sans scrupules, tous ces voyous, ces truands, ces mercenaires, ces vampires, ces concierges du pouvoir, qui ne pensent qu’à se remplir les poches. Tout ceux à qui, en Algérie, depuis l’indépendance à ce jour, profitent les crimes de l’usurpation, de l’imposture, de l’oppression et de la répression. Tout cela, au détriment des intérêts et des droits du peuple. Comme l’avait si bien écrit, le grand écrivain, l’intellectuel révolté, Kateb Yacine, dans sa préface à l’ouvrage, Histoire de ma vie, de Fadhma Aït Mansour : «  Trop de parâtres exclusifs ont écumé notre patrie, trop de prêtres de toutes religions, trop d’envahissements de tout acabit se sont donné pour mission de dénaturer notre peuple, en l’empoisonnant  jusqu’au fond de l’âme, en tarissant ses plus belles sources, en proscrivant sa langue ou ses dialectes et en lui arrachant jusqu’à ses orphelins.»

C’est vraiment dommage, mille fois dommage, que dis-je ? Des millions de fois dommage, que cette belle Algérie, alors qu’elle venait juste de renaître, de se libérer de l’emprise colonialiste, elle retombe, sans même avoir eu le temps de jouir de cette renaissance et de cette libération, dans une autre emprise, celle d’un gang militariste, avide de pouvoir et de richesses, des spoliateurs, des rapaces, des sanguinaires.

Sous le joug de ces dictateurs auto proclamés, de cet Etat policier omnipotent, barbare, l’Algérie continue donc de souffrir.

Et que dire encore, de ces bourgeons d’algériennes et d’algériens, qui se sont sacrifiés à la fleur de l’âge, ne sachant pas à quel Saint se vouer, pour réclamer leurs naturels et légitimes droits, à l’instar de moi-même et de mes camarades, tombés entre les mains de ces dictateurs, de ces rapaces, de ces sanguinaires, rien que pour réclamer le légitime et naturel droit d’écrire et parler berbère ? Combien, comme nous, connus (es) ou inconnus (es), ont donc souffert ? Tous les algériens ont souffert, comme le confirme cet article – osé – de l’hebdomadaire national Algérie-Actualité, dans son numéro 1120, paru le 8 avril 1987, dont voici un extrait, lequel résume tout sur la dictature que subit le peuple algérien : « …L’algérien était ankylosé puis momifié dans des textes qui lui interdisaient même jusqu’au moindre murmure. La toute puissance étatique et l’appareil politique réfléchissaient pour lui, veillaient sur lui et géraient même jusqu’à son intimité. Pour un tour de chant, une animation de quartier, un robinet à réparer… »      

Les paroles s’en vont, les écrits restent. Par cet ouvrage, je témoigne et témoignerai de ce qui s’était passé à l’intérieur de ce petit carré carcéral – « petit », par rapport à la dimension géographique territoriale de ce grand carré carcéral qu’est l’Algérie…

            

 (Extrait de  La Grande Poubelle, Journal d’un ancien détenu politique en Algérie)

 
     FestivaldepoésieamazigheAdrarnFad.
Préambule de la 9e
édition 2011
 
Préambule du festival de poésie

La poésie, ce genre littéraire qui nous permet de décrire le
monde, non pas le monde tel qu’il est conçu par des uns, celui dont on veut
nous imposer, mais le véritable monde, avec ses multiples facettes et ses
vraies images, qu’il soit celui d’amour ou de haine, d’honnêteté ou
d’hypocrisie, de riches ou de pauvres, de violence ou de tendresse, de rejet ou
de tolérances …en un mot tel qu’il est vie par les populations. Dans le but de
laisser une libre tribune aux poètes de s’exprimer, de décrire ce monde, un
espace d’échanges leurs est crée pour ces créateurs du verbe, une rencontre
entre les forgerons du verbes amazighs et les spéciali stes dans le domaine ;
ce qui fait de ce carrefour une école qui servira à cout sûr à promouvoir la
poésie, cette emblème qui fait vibrer les âmes et les consciences, d’ailleurs
c’est l’objectif principal sur lequel les membres d’ADRAR n FAD, organisateurs
de ce festival, se penchent de manière rationnelle depuis la première édition
en 2003.

Cette année encore, et toujours, le festival de poésie amazighe que nous organisons pour la neuvième fois consécutive aura lieu les 24, 25 et 26 mars, soit trois jours durant lesquelles les membres de l’association et les citoyens de la région d’Ait Smail se consacrerons pour cet évènement tout en s’appuyant sur les œuvres de Mouloud MAMMERI. Ce festival dédié à une personnalité telle que MAMMERI, ne peut et ne doit qu’être meilleur, le souci de l’association ADRAR N FAD est d’honorer cette personnalité monumentale, d’où l’arbitraire, le laisser-aller et le mépris sont chassés des consciences des responsables et organisateurs de ce rendez-vous culturel unique en son genre. Etant berbère et méconnaitre Mouloud MAMMERI, ignorer son œuvre, négliger son combat, dévier de sa trajectoire, c’est l’assassiner encore une fois car, aujourd’hui, il n’est pas mort « ghas ulac-it yella », puis se suicider, historiquement et culturellement parlant.

Ce festival, qui évolue au fil des ans, est d’une inestimable importance aux yeux des connaisseurs et spécialistes en la matière, où l’art et l’enchantement, la créativité et la compétition, la diversité et l’expérience sont synonymes de l’ampleur du festival. Son impact est grandement visible grâce aux activités présentes et à la richesse des programmes qui sont entre autres des conférences, tables rondes, récital poétique, chants, théâtre, ateliers et sorties distractives. Mais il ya une importance évidente : la qualité, le niveau et la pérennité de ce festival sont assurés par ses collaborateurs, en l’occurrence, la commission de jury, composée ess entiellement d’universitaires, les candidats, les conférenciers, tous adhérents bénévolement au projet. Et les sponsors qui prennent en charge les lourdes dépenses engendrées par ce festival, durant lequel, même, le transport, l’hébergement et la restauration sont assurés gratuitement pour tous les présents

Et pour ce neuvième festival, l’âme, l’esprit autant que le corps se trouveront assurément réunis dans les conditions de créations et de plaisances nécessaires pour une émergence sûre dans ce concours purement académique.

« Les ouïes enchantés, les esprits submergés, le plaisir d’assister,

de vivre cette expérience qu’est nul autre que le festival de poésie. »

« Notre cause, nos cris se font entendre et transmis par l’écho de vos voix »

«Vous, nous et tous sommes le festival»

l'équipe d'Adrar n Fad.
 
 
Les candidats désirant participer au festival doivent
envoyer trois poèmes écrits en caractère latin saisi de préférence avec l'outil
informatique avant le 26 février a la dite association ; acafdz@yahoo.fr
/ tel/fax:034383312 / mob: 0771721643. 
Association culturelle 
Adrar n Fad 
06044 Poste tergregt Cme Ait Smail
Bougie
http://aokas-aitsmail.forumactif.info/t4359-festival-de-poesie-amazigh-adrar-n-fad-preambule-de-la-neuvieme-edition-2011#27349
 

 

 

             De la graphie arabe pour tamazight ?

                  Réponse à Lahouari Addi

                    Par : Djaafar Messaoudi

 

Dans votre édition du lundi 16 août 2010, monsieur Lahouari Addi a dit, en parlant de tamazight, que « Son avenir se joue dans sa formalisation en langue écrite avec l’alphabet arabe », se positionnant ainsi à côté des islamo-arabistes [1] qui n’ont jamais cessé d’exercer de la pression afin d’amener l’État algérien à officialiser un système que ni les vrais praticiens de la langue amazighe, ni les linguistes berbérisants n’ont choisi et ce pour des raisons que nous allons exposer ci-dessous.

 

  1. L’inadaptabilité du système d’écriture arabe à tamazight :

 

Le système phonologique de la langue amazighe contient des oppositions impossibles à représenter par le système d’écriture arabe. À titre d’exemple, comment représenter avec les caractères arabes ce qui signifie en tamazight « j’ai laissé » / « j’ai guéri », « elle a planté » / « elle a grillé », « tu as rassasié » / « tu as troublé » ? En caractères purement arabes, on écrira respectivement : « اجيغ » / « اجيغ », « ثزا » / « ثزا », « ثرويض » / « ثرويض ». L’on voit bien que les énoncés données en paires sont écrites sans distinction aucune, ce qui provoque de l’ambiguïté. Certains diront qu’on peut modifier les caractères arabes d’une façon à les rendre adaptés au système phonologique amazigh, comme cela s’est déjà fait pour certaines langues indo-européennes comme le kurde, le persan, etc. Sachant que les caractères arabes sont déjà chargés de signes diacritiques, tout ce que l’on y rajoute ne sera qu’une charge de plus qui rendra lesdits caractères très lourds et surtout inesthétiques, voire illisibles sous une forme réduite de l’écriture. Pour ceux qui s’appuient sur l’argument selon lequel les Kurdes, les Perses, les Pakistanais, etc., ont adopté l’alphabet arabe modifié sans problème, la réponse est que les systèmes phonologiques de ces langues sont dépourvus de phonèmes emphatiques et de certaines affriquées qui posent problème dans la tentative d’adapter l’alphabet arabe à tamazight.

 

Contrairement aux caractères arabes, les caractères gréco-latins sont légers en ce sens qu’ils ne contiennent pas de signes diacritiques, ce qui les rend facilement modifiables et sans créer des lettres lourdes, moches et illisibles et surtout sans risque d’ambigüité. Cela est observable dans des énoncés comme celles données plus haut, regardez: « ǧǧiγ » / « jjiγ », « yeẓẓa » / « yezza », « tewi » / « terwi ».

 

En plus de cela, ne représentant pas les voyelles graphiquement et ne démarquant pas avec précision les limites des mots, le système d’écriture arabe adapté à tamazight engendrerait de nombreux faux homographes et / ou faux homophones que même le contexte ne pourrait parfois éclaircir, à côté de nombreux mots difficilement identifiables. À titre d’exemple, comment écrire sans confusion, en caractères arabes, les mots et la phrase qui signifient en kabyle « écrire / enfanter », « il lui a entièrement troublé le cerveau avec de mauvaises idées » ? Pour les deux premiers mots, vous obtiendrez deux formes similaires donc ambigües; pour la phrase, vous obtiendrez tantôt une succession de fragments de mots mêlés à leurs affixes, en raison de la cursivité très imparfaite de la graphie arabe, et tantôt une agglutination de plusieurs mots, ce qui rend ceux-ci difficilement identifiables dans la chaîne parlée et le lecteur, même le plus averti, ne peut alors qu’être égaré. [2]  

 

  1. L’ancienneté de la tradition d’écriture en caractères gréco-latins :

 

L’usage du système d’écriture à base latine remonte à plus de 150 ans. Depuis les premières années de l'invasion française de l'Afrique du Nord, des sociologues et des linguistes venus d'Europe et travaillant sous les ordres des autorités militaires, sillonnaient les territoires berbérophones dans le but de connaître la société et la langue amazighes pour mieux maîtriser les Berbères qui leur montrèrent une farouche résistance. Comme résultat des missions effectuées par ces Européen-là, beaucoup d’ouvrages  (recueils de textes en berbère, manuels de grammaire, dictionnaires bilingues) transcrits en alphabet latin modifié, virent le jour.

 

Après l'indépendance, des intellectuels kabyles - tous francophones - prirent la relève et se lancèrent dans l'écriture en leur langue en utilisant des caractères latins ou gréco-latins. Et au fur et à mesure de la pratique, le système s’améliorait jusqu’à devenir de nos jours très homogène, du moins parmi les praticiens kabyles. Pour cette raison, et de surplus en raison de l'absence sur le terrain de tout autre système d’écriture concurrent sérieux [3], le système à base gréco-latine s'impose par lui-même. Il va de soi que le choix de tout autre système  signifierait un retour en arrière de plus d’un siècle et demi.

 

Telles sont donc, monsieur Addi, les raisons pour lesquelles l’avenir de tamazight ne pourra jamais se jouer dans sa formalisation en langue écrite avec l’alphabet arabe. Le choix du système d’écriture gréco-latin ne nous a été dicté ni par la francophilie, ni par l’arabophobie. C’est un choix basé sur la continuité d’une tradition ; c’est un choix basé sur plusieurs études linguistiques et soutenu par la pratique des locuteurs de tamazight. Vous n’avez qu’à faire un tour dans les bibliothèques et les librairies pour re-constater cette réalité que vous voulez à tout prix et malhonnêtement dissimuler aux Algériens pour des considérations idéologiques. Et puis d’autres peuples musulmans, commela Turquie,la Bosnie et l’Indonésie ne nous ont-ils pas précédé dans l’adoption de ce système universel que vous et vos semblables nous ressortez à chaque fois comme une preuve de notre haine pour tout ce qui est arabe ?

 

_________________________ 

 

  1. La position de Addi n’est donc pas différente de celle de certains islamo-arabistes qui, à défaut de ne plus pouvoir empêcher l’émergence de tamazight écrite en Algérie en raison des pressions des mouvements berbéristes, veulent entraver son développement avec un système graphique archaïque et inadaptable. En 1989 déjà, des Djaballah et des Chadli ont déclaré hypocritement que « nous ne sommes pas contre tamazight, mais qu’elle soit écrite en arabe », la raison selon eux étant que « nous sommes des berbères arabisés par l’islam » !
  2. Le problème avec la graphie arabe ne se limite pas uniquement à l’écriture cursive, mais s’étend également au script qui est généralement produit avec une machine. Ainsi, les mots et la phrase susmentionnés seront écrits approximativement de la manière suivante : «أرو / أرو », «  يروياس أك ألاغيس سير ثكثوين». Or, de tels problèmes ne se posent pas avec la graphie gréco-latine, observez : « aru / arew », « yerwi-as akk allaγ-is s yir tiktiwin ».
  3. L’usage actuel par l’État algérien de graphie arabe sur la chaîne « amazighe » TV-4 n’est fondé sur aucune étude et n’est guidé par aucune norme. Cette graphie ne peut être considérée comme une concurrente de la graphie gréco-latine et l’initiative des autorités algériennes n’est destinée que pour semer la zizanie entre les usagers de tamazight dans l’espoir de retarder encore le développement de celle-ci. 

                                    

                             TIMANIT I TMURT N YEQVAYLIYEN

MOUVEMENT POUR L’AUTONOMIE DE LA KABYLIE

 

               Parlement Européen, Brussel-Bruxelles, le 04.03.2010

               Conférence-Débat sur la "Diversité linguistique"

 

A l'initiative du groupe Alliance Libre Européenne et du député européen Corse, François ALFONSI, une conférence-débat sur la diversité linguistique a eu lieu à Bruxelles le 04.03.2010.

Plus d’une quarantaine de défenseurs des langues minoritaires d'Europe ont participé à cette conférence.

 Invité à ce rendez-vous, le MAK a participé à cet événement en y posant la question du sort des langues présentes en Europe à l’issue de flux migratoires telle que la langue kabyle en France.

 La participation du MAK à cette conférence sur la diversité linguistique en France et en Europe, a permis de poser deux problèmes auxquelles sont confrontés les quelques deux millions de kabyles vivant en France.

1) Le fait de proposer de manière systématique aux enfants kabyles d’apprendre, dès l’élémentaire, la langue arabe comme langue d’origine, prolonge le déni identitaire et linguistique dont le peuple kabyle est victime en Algérie. Par ricochet, cette politique participe de la perte de repères identitaires des jeunes Kabyles en France où ils sont poussés à se reconnaître dans la communauté islamique, grossissant ainsi les rangs de l’intégrisme dans l’Hexagone et dans le monde Occidental.

2) Les difficultés que rencontrent au Baccalauréat les candidats d’origine Kabyle  faisant le choix de passer une épreuve de langue écrite, dans leur vraie langue d’origine cette fois-ci, mais sans qu’au préalable ils aient eu la possibilité d’accéder à son apprentissage dans les écoles françaises !!!

 

Le Parlement Européen est-il en mesure d’interpeller l’Etat Français sur ces deux questions ?

Le MAK souhaiterait que l’Education Nationale Française envisage de proposer aux enfants des diasporas l’apprentissage de leurs  vraies langues d’origine, celle des peuples et non celles des Etats et de proposer dans le secondaire un enseignement qui soit à même de préparer les bacheliers à l’épreuve écrite de langue kabyle au BAC.

Au cours de la conférence, un tableau global de la situation des langues non officielles au sein de l’Europe a été brossé.  Les situations dans lesquelles se trouvent les langues sans Etat en Europe sont nombreuses et variées. Le sort des langues minoritaires les moins répandues au sein des Etats membres a été soulevé, car menacées à terme de disparition. Le cas des langues corse et bretonne en est un exemple inquiétant.

 

La croissance constante de la diversité linguistique en Europe fait que le multilinguisme revient au centre des discussions de l’Union Européenne. Les conférenciers ont souligné l’importance pour l’être humain de vivre, de travailler et d’accéder aux institutions de son pays dans sa langue  et qu’il est important que les Etats cessent de lier la revendication légitime de disposer officiellement de sa langue au danger de séparatisme. Or, la question très sensible des langues est au centre des droits humains les plus fondamentaux et la diversité linguistique doit être intégrée par les Etats au sein de l’Europe et des Etats membres.

 A cet effet, la question du statut des langues co-officielles au sein des institutions européennes a été soulevée pour les langues sans Etat, à l’exemple du catalan. Actuellement le catalan est autorisé au parlement mais pas en plénière. Les Catalans demandent à ce que leur langue bénéficie d’un statut juridique de langue officiel à l’image du Gaélique qui est officiellement langue technique du Parlement.

Pour quand la langue kabyle aura-t-il son statut de langue officielle ? Le jour où la Kabylie aura son Etat. En attendant, une fois de plus, le MAK porte haut les couleurs de la Kabylie dans les instances internationales.

 

 

                 A lire pour Connaître…

 

          Avez-vous lu le second volume d’ABC AMAZIGH

Une expérience éditoriale en Algérie (1996-2001) de Smaïl Medjeber ?

 

Il est temps de le lire !

 

 « Pourvu qu’il ne vous arrive point tel le sort de cet arbre lequel,une fois coupé de ses racines, ses feuilles vertes se faneront et dépériront.

    Un arbre sans racines est condamné à mourir.

    Ne soyez pas, vous gens d’aujourd’hui, tels des gens sans racines...

    Faîtes en sorte de ne pas devenir des éternels pauvres de la Connaissance la plus large d’esprit et de cœur…     

    A présent, la Connaissance se puise dans les livres.   C’est pour cette raison, que j’ai écrit ce livre : pourvous tous, pour qu’il vous soit une référence, un exemple à méditer, un fondement sur quoi vous appuyer et construire. » (Mouloud Mammeri)

 

C’est, pour suivre l’exemple de Mouloud Mammeri, que Smaïl Medjeber a fait ce livre : une réédition, en deux volumes, de  textes publiés auparavant dans les quarante et un numéros, ainsi que quelques inédits d’ABC Amazigh qui paraissait, difficilement, en Algérie.

     Ce second volume reprend divers thèmes : linguistique, littérature, éducation et culture, histoire ancienne et contemporaine, toponymie, monographie, biographie, onomastique, patrimoine équin, azref le droit amazigh, l’art berbère, les droits des enfants…

    Dans cet ouvrage, nous lirons, aussi, par devoir de mémoire, d’émouvants hommages aux militants, intellectuels, artistes et journalistes : Miloud Salmi, Mohand Amokrane Haddag, Mohamed Haroun, Lounès Matoub, Mouloud Mammeri, Mohand Arab Bessaoud, Smaïl Yefsah…

   « En retraçant l’histoire d’ABC Amazigh, vous [Smaïl Medjeber] témoignez utilement pour une revue qui fut un  vecteur remarquable de la réflexion et de la culture berbères.

    Que cette expérience précieuse puisse nourrir demain de nouvelles espérances ! » (Bertrand Delanoë, Maire de Paris.)

 

L’auteur, Smaïl Medjeber, est un militant berbériste de longue date, connu des organisations internationales de défense des droits fondamentaux depuis de longues années.

Il est l’un des penseurs de la revendication berbère.

En éditant et en dirigeant la revue ABC Amazigh, qu’il a fondée en 1996, il réalisa son voeu  le plus cher : sortir de la clandestinité et donner la possibilité à toutes les sensibilités de s’exprimer, communiquer leurs opinions et leurs idées portant sur la revendication berbère.

Prix : 20€, le volume I, 20€, 50 le volume II (+frais d’envoi).

Les deux volumes sont disponibles.

Vous pouvez les avoir en les commandant  par courriel à :

defiberbere@hotmail.fr

Avec une dédicace de l’auteur en plus !

et transmettre la Connaissance : pour ne pas être des gens sans racines et ne pas devenir des éternels pauvres  de la Connaissance la plus large d’esprit et de cœur…

 

 

           LA SPÉCIFICITÉ DE LA LANGUE KABYLE

         Par Ferhat Mhenni

Communication donnée aux « Jeudis de la langue »

Montréal le, jeudi 14 janvier 2010

  La linguistique n’est pas ma spécialité. Toutefois, pour les nécessités de mon combat, j’ai eu à en fréquenter quelques arcanes, depuis les années soixante-dix. Comme chez la plupart des militants kabyles dits « berbéristes » ayant cheminé le long du fleuve amazigh, mes connaissances, approximatives ou approfondies dans ce domaine, m’avaient apprêté davantage à défendre le postulat de l’unité de la langue amazighe qu’à le remettre en cause. Le conflit vertical qui nous opposait au pouvoir algérien empêchait un débat horizontal, entre nous, sur ce sujet. Aujourd’hui que le combat pour l’autonomie de la Kabylie nous a ouvert les yeux sur une tout autre réalité, nous avons pour devoir de lever tous les obstacles idéologiques qui se dressent encore sur le chemin de la liberté du peuple kabyle, à commencer par ces idées sur la langue, reçues en héritage de nos aînés et dont n’ont pu s’affranchir nos devanciers sur la scène politique.

Pour avoir été un militant berbériste depuis ma tendre jeunesse, j’ai, moi aussi, ma part de responsabilité dans cette confusion des genres par laquelle nous avons tous entretenu notre propre auto-dévalorisation en tant que peuple. Que nul ne se sente visé par ces propos, c’est, avant tout, mon autocritique que je formule. Mais, « que celui qui n’a jamais péché lance la première pierre! »

Depuis environ 60 ans, les élites kabyles sont prisonnières d’une erreur d’appréciation sur notre langue, ayant nourri dans nos propres consciences un double déni :

1) Ayant cru en l’unité de la langue amazighe, nous avons soustrait au kabyle le droit à un statut de langue à part entière. Le kabyle a été, ainsi, rabaissé au rang de dialecte, de « patois », c’est-à-dire, de sous-langue.

2) Puisqu’il n’y a qu‘une seule langue, la langue amazighe, il n’y aurait donc qu’un seul peuple et une seule nation amazighe. Ceci est d’autant plus insidieux que le bon sens admet volontiers que là où il y a patois, nécessairement, il n’y a pas de peuple. La logique équationnelle établit tacitement que langue=peuple, dialecte=ethnie. La conséquence de ce raisonnement sous forme de jeu de quilles, en a été le ravalement du peuple kabyle au rang de simple « ethnie » berbère.

Quand bien même l’existence d’une langue commune n’entrainerait pas automatiquement celle d’un seul et même peuple, nous avons longtemps cru que le destin des Amazighs était un et indissociable. Nous avons même ignoré le fait que les Arabes, avec une seule et même langue, forment plusieurs peuples, nations et plusieurs États sans que cela ne les chagrine outre mesure. Chez les Amazighs, tout en étant identitairement et linguistiquement fort distincts, ils sont nombreux à s’entêter à nous projeter comme un seul peuple avec une seule langue. Il est des phantasmes à la peau dure!

Maintenant que nous savons que même une langue « amazighe » commune n’invalide pas l’existence d’un peuple kabyle parmi les Amazighs, voyons en quoi consiste la spécificité de sa langue.

Le kabyle est une langue

Il est pour le moins choquant de se retrouver devant des interlocuteurs auxquels vous devriez faire la preuve ou la démonstration de votre existence. Pour survivre, leurs catégories idéologiques et politiques sont tenues de vous tuer. Ces promoteurs ne réalisent pas que leurs idées sont révolues, qu’elles incarnent un passé inapte à garantir l’avenir et que leurs catégories jouent à des prolongations qu’elles n’ont pas méritées. Alors, tordons-leur le cou.

1)   En linguistique, la parenté n’est pas l’identité

La parenté du kabyle avec les autres « idiomes » amazighs n’est plus à démontrer. Mais la parenté n’est pas l'identité. Tout comme chez les humains, les frères et sœurs linguistiques sont des individus, chacun avec sa propre identité. Autrement, nous serions dans le cas des enfants siamois dont l'un doit survivre au détriment de l'autre. Dire que le touareg est la même chose que le chleuh, que celui-ci est la même langue que le mozabite ou le kabyle est un grossier mensonge qui ne résiste même pas à la pratique quotidienne. Il y a deux ou trois ans, j’ai vu une émission sur Berbère-TV dans laquelle une journaliste kabyle est allée au Gourara interviewer des artisans bijoutiers. Notre kabyle posait des questions que les Gourari ne comprenaient pas, mais qui, devant le micro tendu, se sentaient en devoir de répondre… nécessairement à côté. La journaliste qui ne comprenait pas les réponses avait une série de questions qu’elle continuait de poser sans se soucier de ce que ses interlocuteurs disaient. Un beau dialogue de sourds pourtant tout empreint de bonne volonté de part et d’autre. Ce qui nous amène à notre deuxième thèse.

2)   La langue amazighe n’existe pas, il existe une famille de langues amazighes.

Il était admis que tamazight est une langue qui regroupe tous les parlers qui lui sont apparentés dont le kabyle. Si tel était le cas, a) nous ne serions pas devant des situations aussi absurdes que celle que je viens de décrire b) où est-elle? Sommes-nous devant le cas du latin ou celui du vieux grec qui sont encore enseignés dans les écoles en tant que langues mortes? Non! Nous sommes plutôt devant le cas des langues germaniques ou celui des langues slaves. Elles se ressemblent entre elles sans qu’il y ait de langue étalon comme dans le cas des langues latines. Ainsi, quand on connait le danois, l’allemand, l’anglais ou le néerlandais, on est frappé par leurs saisissantes ressemblances, mais nulle ne se confond avec l’autre, avec sa sœur. Si, un jour, une langue amazighe unique a dû exister, nous n’en avons pas encore la preuve. Pour le moment, nous assistons à l’absence d’intercompréhension linguistique naturelle entre le mozabite et le touareg, le kabyle et le chleuh… Mais peut-on en créer une qui soit une langue standard entre Amazighs?

3)   Une langue artificielle est possible en tant que mort-née

Croire que la solution est dans la création volontariste d’une langue commune aux Berbères est une autre absurdité. Bien sûr que matériellement cela est possible, mais elle serait la langue de qui? Dans « Algérie : la question kabyle », j’avais déjà évoqué l’impasse dans laquelle nous nous mettrions en essayant de créer une langue commune sur la base de celles qui existent. Dix langues berbères auront à donner chacune 10 % pour la bâtir. Au bout du compte, nous aurions comme résultat une langue étrangère à 90 % pour chacun de nous. Dans le même registre, nous pouvons méditer sur l’infortune de l’espéranto qui, au lieu de devenir la langue internationale pour toute l’humanité, arrive à peine, quarante ans après sa création, à n’avoir que quelques milliers de pratiquants. Par ailleurs, pourquoi faut-il créer une langue commune lorsque la nature et l’Histoire nous ont si bien dotés de langues aussi belles que les nôtres? Qui a le courage de tuer sa langue pour une autre qu’il ne connait même pas? En ce qui me concerne, ma langue, le kabyle est si vital pour moi que je n’accepterais pour rien au monde de la changer contre une autre. Pourquoi?

4)   Le kabyle est une langue et non une « variante » du berbère

Le kabyle est la langue du peuple kabyle au même titre que le touareg est celle du peuple touareg; le néerlandais celle du peuple flamand. Le réduire à une simple « variante » de la langue berbère est une insulte envers nous-mêmes et envers l’humanité. C’est un racisme linguistique. Utiliser la notion de « variante » d’une langue, pour en caractériser une autre, est juste une manière d’éviter de blesser ses interlocuteurs. On use diplomatiquement du mot « variante » là ou les vocables « patois », « dialecte » et autres « sabirs » susciteraient de vives réactions d’indignation et de révolte. Mais, pour revenir au kabyle, que ses détracteurs dévalorisent à souhait, connaissez-vous un patois de dix millions de locuteurs? Un non-sens!

Sans vouloir faire violence à la linguistique que certes je ne maîtrise pas autant qu’un linguiste, ma fréquentation du monde amazigh m’a montré que le kabyle ne se confond avec aucune autre langue amazighe. En dehors de quelques mots qui sont communs dans toute famille de langues, la langue kabyle a une morphologie, une grammaire et une lexicologie distinctes de ses sœurs. La Kabylie lui a donné son cachet et le peuple kabyle son âme, à nulle autre pareille.

Conclusion

Pour aller de l’avant vers son destin de liberté, le peuple kabyle a besoin de réhabiliter sa langue et son identité. Il ne s’agit pas pour nous de l’éloigner des autres amazighs, mais de cesser de le confondre avec eux, par respect pour chacun d’entre eux et pour lui-même. Mon intervention vise à larguer les amarres de mon peuple en nous souhaitant bon vent ! Le laisser là où il est, c’est le condamner à une mort certaine.

Pour que le peuple kabyle accède enfin à une nouvelle vie officielle, le détour par la linguistique pour en briser les obstacles était pour moi une nécessité.

Montréal, le 14 janvier 2010

 Par Ferhat MEHENNI

 

              Ahmed Hamoum

Conscient que le militantisme en faveur de tamazight (langue & culture) ne peut avoir d'effet que par la production et la pratique, Ahmed Hamoum se met alors à écrire et à publier à son propre compte des ouvrages d'expressions amazighes. D'un style combinant l'humour et la dérision, et d'un verbe simple et plein de sens, il réécrit des contes jadis circulant uniquement de bouche à oreille - donc menacées de disparition - et en invente d'autres pour traiter des thèmes en étroite relation avec le quotidien dela Kabylie contemporaine. Un écrivain à encourager avec tous les moyens.

Ahmed Hamoum, né à Takerboust en 04/03/1955, est un enseignant de tamazight au CEM Tazaghart Achour. Après 18 années passées comme enseignant d’arabe au primaire, il s’est converti à l’enseignement de sa langue maternelle. Voulant sans doute contribuer à l’épanouissement de celle-ci, il s’est mis à l’écriture en tamazight. Actuellement, il a déjà publié, à compte d’auteur, 3 ouvrages (contes / fables) et le 4e (une traduction de la fable de Maupassant) est en voie de publication.

  1. Aheggan n Wakli (2005)

Cet ouvrage, qui s’étale sur 32 pages, est un conte basé sur une mythologie berbère qui a donné naissance à une des périodes du calendrier agraire kabyle, « aeggan n Wakli » qui se situe entre le 5e et le 11e jour du mois d’avril.

 

Résumé : un jeune homme noir tombe amoureux de la fille d’un roi. Il va alors demander sa main à son père. En bon parleur qu’il est, il finit par séduire le roi, mais celui-ci ne peut satisfaire sa demande en raison de la tradition qui sépare les nobles des esclaves. Alors, avec ses conseillers, il trouve une astuce pour que ce mariage contre-nature n’ait pas lieu : en guise d’épreuve conditionnant le mariage, ils emmènent le jeune noir loin et l’enferment dans un moulin à eau, un endroit humide et glacial, où ils espèrent le retrouver mort à la date fixée. Mais le jeune homme s’avère résistant, ce qui menace l’honneur de la noblesse royale, car à l’expiration de l’échéance, le mariage doit avoir lieu. Le roi fait recours alors à la sagesse du Vieux-Sage – Amүar Azemni – qui lui conseille de priver le jeune noir du feu. Le feu éteint, le pauvre jeune homme meure alors tragiquement du froid glacial d’une des périodes d’hiver. Depuis, l’événement est gravé dans la mémoire collective des Kabyles, qui en ont fait une période néfaste pour l’agriculture.     

  1. Tamacahut n Temqerqert  (2005)

 

Cet ouvrage, qui s’étale sur 32 pages, est un contre kabyle, dont les personnages sont tous des animaux.

 

Résumé : un jour, monsieur Grenouille épouse mademoiselle Crabe. S’avérant de jour en jour paresseuse et maladroite, elle est vite divorcée et monsieur Grenouille épouse cette fois-ci une grenouille. Cependant, à cause d’un malentendu, celle-ci se répudie chez elle et ne veut plus revenir.

Ayant eu pitié de monsieur Grenouille, les autres animaux essaient un à un de convaincre madame Grenouille de rejoindre son mari ; en vain, à chaque fois, la récalcitrante et irrespectueuse dame les renvoie humiliés. Quand enfin arrive le tour du rouge-gorge, un oiseau petit et chétif, tous les animaux se sont moqués de lui, le croyant incapable de faire ce dont eux-mêmes, plus grands, ont échoué. Mais, malin comme il est, Rouge-Gorge va en trombe chez madame Grenouille, défonce la porte et use carrément de menaces pour la convaincre de venir avec lui. Effrayée, celle-ci prend ses bagages et se met devant le petit oiseau. Depuis, le rouge-gorge a gagné l’estime et le respect de toute la communauté animalière et est consulté dans toutes les affaires.

 

Moralité : On ne doit jamais mépriser une personne à cause de sa faiblesse physique ou de sa pauvreté, car elle peut s’avérer utile pour la société par sa sagesse.

        

  1. Lekdeb Imzenneq (2007)

 

Cet ouvrage, qui s’étale sur 42 pages, est un conte de fée crée de toutes pièces par l’auteur.  Le lecteur sera enchanté par les événements miraculeux dans lesquels évoluent les personnages (humains, animaux, esprits, plantes).

Résumé : Pour s’amuser, un roi despotique fait venir à son château des gens pour lui raconter des contes. Il promet cependant à ceux qui peuvent l’amuser des cadeaux. Mais à chaque fois, pour lui faire plaisir, les invités versent dans des histoires élogieuses pour la personne du roi. Ennuyé par tant d’hypocrisies, celui-ci se met alors en colère et leur coupe la tête. Un jour, se présente devant le roi un misérable homme qui souhaite relever le défi. Quand l’homme se met à improviser des contes merveilleux, le roi affiche sa satisfaction absolue. Finalement, en guise de reconnaissance, l’homme reçoit du roi une caisse de perles qu’il se partagera avec tous les miséreux de son village.        

Les œuvres de Ahmed Hamoum sont disponibles dans certaines librairies et ne coûtent que 50 DA. L’auteur dispose encore d’un stock chez lui ; donc ceux désirant en acheter peuvent aussi contacter directement l’écrivain à ce numéro 0772888750.

L’achat de livres amazighs est un acte de haut militantisme.

 

Par : D.Messaoudi 

Nouvelle publication sur Cheikh El Hasnaoui

« Lêesnawi d Ccix » (El-Hasnaoui, le Maître) d’Ajgu ABELQAS

À l’occasion du colloque scientifique sur la vie et l’œuvre du grand Maître de la chanson kabyle Cheikh El hasnaoui, sous le thème : « Cheikh El Hasnaoui : Une Œuvre, Une Vie, Une Destinée », une nouvelle publication traitant de ce personnage vient de paraître.

Le livre, intitulé : « Lesnawi d Ccix » (El-Hasnaoui, le Maître), composé de 240 pages contenant une notice biographique, les textes kabyles et leur traduction en langue française, une rubrique « annexes » où on pourra trouver la discographie du Maître, une iconographie riche et inédite ainsi qu’une lettre de sa femme encore en vie.

L’ouvrage, écrit par Ajgu ABELQAS, journaliste et expert en NTIC, a été édité, en Algérie dans un premier temps, à l’occasion du colloque scientifique sur la vie et l’œuvre du grand Maître intitulé : « Cheikh El Hasnaoui : Une Œuvre, Une Vie, Une Destinée » qui a eu lieu à Tizi-Ouzou du 20 au 22 juin 2009.

À côté d’une notice biographique et une rubrique iconographique riches, le livre regroupe toutes les chansons, en langue kabyle, disponibles à la vente aussi bien en Algérie qu’en France, au nombre de 34 dont certaines sont en plusieurs versions.

Fiche technique :

Titre kabyle : Lêesnawi d Ccix

Titre français : El-Hasnaoui : le Maître

Auteur : Ajgu ABELQAS

Nombre de pages : 240

Format : 24 cm /17 cm

Dépôt légal : 2534-2009

ISBN : 978-9947-0-2641-0

Prix : 400 DA

 

La vie de deux orphelins

 

Ahmed Ararbi est auteur, compositeur, interprètre, né le 08-05-1966 a At-Wasif - Tizi-Wezzu - Algérie, membre de la SACEM en France et de l'ONDA en Algérie depuis 1993.

Dès l'âge de 11 ans, il se consacre à l'écriture. 

Il a produit un recueil de poésie "les nuits de l'enfance" et il a rédigé plusieurs articles de presse. Ce romancier est également, poète, comédien doubleur. Il a participé à plusieurs films tel que : Fadhma Nsoumer, Med Hilmi et bien d'autres encore.

Actuellemnt il est affilié au SNAC à Paris.

  Ce roman raconte une histoire de deux enfants qui ont traversé un long chemin semé d'embûches.

Une vie cauchemardesque a illuminé l'esprit des orphelins qui cherchaient depuis longtemps comment se débarrasser du fardeau de la vie qu'ils portaient sans avoir la force requise.

Fort heuresement, ils se font assister et accueillir par un vieux couple qui a pris soin d'eux.

Par cet acte de bienfaisance, le vieillard veut corriger l'erreur d'avoir chassé son propre fils de la maison.

Le temps passa, le couple se retrouve sous assistance du fils légitime. Ni celui-ci, ni encore les deux vieux ne se rendent compte du lien de parenté qui les unit, sauf à un laps de temps ou le père allait mourir.

Par Ahmed ARARBI.

 

MOUVEMENT CITOYEN DES ARCHS – C.A.D.C TIZI-OUZOU

                                                      DECLARATION

          Les souvenirs, les messages et les acquis des deux printemps chers à la Kabylie rappellent encore cette année que le combat pour l’aboutissement des revendications d’identité, de langue et de culture amazighs ; de liberté, de justice sociale et de démocratie formulées par les artisans du printemps amazigh d’avril 1980 et le mouvement citoyen des archs en 2001 demeure l’unique voie de réappropriation de tous les repères historiques et de civilisation pour le recouvrement libre et entier de tous les droits politiques, économiques et  sociaux légitimes et justes des populations amazighes d’Algérie et de Tamazgha.

C’est justement à la noblesse et à la grandeur de ce combat porté par plusieurs générations que se heurtent actuellement les agressions mesquines menées avec l’argent du trésor public et au sein même des institutions étatiques, partout dans le pays et particulièrement en Kabylie, par des tacherons ripoux de la politique contre la mémoire et les belles leçons de sacrifices des luttes successives du peuple amazigh. Bouteflika, sa caste mafieuse et ses courtisans corrompus qui, après avoir dévoilé le 12 novembre 2008 leurs intentions hégémoniques en déplafonnant le nombre de mandats présidentiels, ont tenté à l’occasion de la mascarade électorale du 09 avril 2009 de souiller par l’argent sale les symboles et les repères de la Kabylie qui demeurera le bastion de la libre expression et de l’opposition démocratique et le rempart  contre l’amnistie, n’en déplaise aux cultivateurs de l’amnésie.

 Le mouvement citoyen fera du jugement des instigateurs et des assassins des martyrs du printemps noir 2001 une exigence morale majeure à la hauteur des sacrifices des victimes, martyrs et blessés des événements du printemps noir. C’est toujours ULAC SMAH ULAC sans la vérité et la  justice. Aucune concession ne sera par ailleurs faite sur la revendication d’officialisation de la langue tamazight.

Notre combat abattra les plans d’acculturation, d’arabisation et d’islamisation forcée des populations amazighes, fera de tamazight la première langue officielle et son enseignement obligatoire sur tout le territoire amazigh et l’amazighité comme seul élément politique de définition de l’identité.

Notre combat ruinera la volonté de Bouteflika et CO d’imposer une monarchie sous la  domination des multinationale sur la terre des vaillants amazighs et chassera toutes les formes d’obscurantisme, d’inégalités sociales et est résolument tourné vers la liberté, le progrès et la modernité. Nous sommes convaincus d’aboutir, nous nous donnerons les moyens d’y arriver. Nous sommes sur la bonne voie.

GLOIRE AUX MARTYRS DE LA GUERRE D’ALGERIE ET DU PRINTEMPS NOIR 2001 ET A TOUS LES MARTYRS DE TAMAZIGHT ET DE LA DEMOCRATIE

ULAC SMAH ULAC

LE COMBAT CONTINUE

    Tizi-Ouzou, le 20 avril 2009

 

Son enseignement est loin d’être généralisé même dans les régions berberophones

Campagne douteuse contre tamazight

 

La politique de l'enseignement de Tamazight prônée par le ministère de l'Education nationale (MEN) n'est pas faite pour promouvoir cette langue, encore moins la généraliser comme annoncé à plusieurs occasions.

Ainsi, si à Bouira, une campagne douteuse est menée pour chasser Tamazight du centre-ville et que les postes budgétaires sont ouverts au compte-gouttes, en dépit d'une forte demande de la part des écoliers mais aussi de la part des nombreux licenciés en tamazight qui frappent vainement à toutes les portes ; à Tizi Ouzou, 33 nouveaux postes pour enseignants et trois postes pour inspecteurs viennent d'être ouverts officiellement la semaine dernière, affirme une source fiable. Ce qui porte le nombre d'enseignants dans cette wilaya à 454 ! Tous les licenciés de Tamazight  fraîchement sortis de l'université Mouloud Mammeri sont pratiquement recrutés et La Direction de l'éducation (D.E) risque de ne pas trouver de candidats pour pourvoir ces postes, pendant qu'à Béjaïa un enseignant est obligé de travailler dans 3 à 4 écoles différentes pour faire face à la forte demande. Le nombre d'enseignants est insuffisant pour satisfaire toutes les demandes exprimées à travers la wilaya.

Par ailleurs, depuis plusieurs années, les enseignants réclament à tue-tête des inspecteurs au niveau du primaire, du moyen et du lycée, mais en vain! A Béjaïa, il n’existe qu’un seul inspecteur et il ne pourra pas couvrir toute la wilaya à lui seul!

 

Au secondaire, des dizaines de PES attendent leur titularisation depuis des années dans toutes les wilaya.

Des inspecteurs de la formation et de l'éducation (IEF) d'autres matières (français et arabe) sont chargés temporairement pour prendre en charge les PES, mais face à la charge de leur travail, et à la non-maîtrise de Tamazight, ils ne pourront jamais s'occuper convenablement de cette langue ni sur le plan de la formation ni sur celui de l'administration.  A quoi joue donc le MEN si ce n'est à la politique de trois poids trois mesures ? Pourquoi de telles incohérences? "Cette stratégie n'est pas nouvelle et n'est pas dénuée d'arrière-pensées politiques", souligne un enseignant de Bouira.

Contactés par nos soins, certains enseignants des trois wilaya, disent ne rien comprendre et surtout outrés par de telles décisions qui visent à créer des déséquilibres entre les régions amazighophones. Ils comptent réagir par l'intermédiaire de leurs associations respectives pour que Bgayet et Bouira bénéficient à leur tour de nouveaux postes budgétaires et pourquoi pas généraliser tamazight comme le stipulent les nombreux décrets et circulaires ministérielles.

"De toutes les façons, affirment un enseignant de Bgayet, le combat pour Tamazight n'est pas fini et que la vigilance doit demeurer de mise."

B. Hakim

 

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