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MOUVEMENT CITOYEN DES AARCHS
C.A.D.C. de TIZI-OUZOU
DECLARATION
La
problématique du bâillonnement des libertés, le verrouillage des espaces
d’expression politique et médiatique, l’absence de démocratie, le déni
identitaire, l’exclusion sociale et la systématisation du règne de la Hogra
qui ont provoqué le soulèvement populaire du printemps noir de 2001, suite au
génocide perpétré par le régime criminel, maffieux, corrompu et corrupteur, coûtant la vie à 128 jeunes fauchés à fleur
d’âge, blessant des milliers de victimes dont des centaines handicapés à vie,
saccageant et pillant des biens des citoyens et des commerçants et maintenant
toute la région de la Kabylie
pendant des années dans un état de guerre demeure posait intégralement.
Le monopole
des médias lourds, le maintien sous contrôle de la presse écrite, le traitement
archaïque réservé de la revendication amazigh maintenue toujours à l’état
embryonnaire, l’instrumentalisation de la justice, l’institutionnalisation de
la corruption et l’accentuation de la misère sociale sur un fond de négation
des droits socio-économiques sont porteurs des graines d’une implosion sociale.
En effet, au lieu d’apporter des solutions appropriés justes et définitives, le
régime honni s’entête à poursuivre sa logique tyrannique, entretenant l’impunité, le terrorisme, la criminalité, le
suicide, le chômage, les passe-droits, les malversations, et une répression tout azimut contre toute action
autonome exprimant un ras-le-bol
généralisé.
Ce régime
mystification, qui veut berner l’opinion nationale et tremper l’opinion
international, mise souvent sur l’usure et les dissensions qu’il stimule pour
miner toute velléité d’organisation et de protestation. Un véritable caméléon
qui souffle le chaud et le froid et qui ne lésine pas sur les moyens pour
employer la carotte et le bâton face aux manifestations organisées ou
spontanées, plus grave encore, il innove en entretenant une répression
intelligente.
Si non,
comment explique que l’ensemble les engagements pris solennellement et publiquement
par l’Etat lors du dialogue Aarchs - Gouvernement
depuis 2005 ne sont toujours pas honorés! Notamment, le jugement des
commanditaires, ordonnateurs et exécutants des assassinats, la consécration de
la langue amazigh comme langue officielle (les deux décrets portant sur la
création de l’académie de la langue Amazigh et du Haut Conseil supérieur à
langue et culture Amazigh endossé par le conseil du gouvernement depuis 3 ans
sont transformés en promesse électorale par Sidna Abdelaziz), le rattrapage
économique. Etc.
Que peut-on attendre d’un régime
qui entretien le statu quo sur le traitement et le règlement définitif des
dossiers des victimes du printemps noir. A titre indicatif, rien que pour la
wilaya de Tizi-Ouzou, nous constatons
depuis un bon moment le blocage de la commission instituée pour étudier les
dossiers des événements du printemps noir
alors qu’il y a toujours :
-
7 dossiers des martyrs du printemps noir qui ne sont
pas reconnus ;
-
30 dossiers des familles qui attendent leurs indemnisations
totales ou complémentaires ;
-
Des dizaines de dossiers d’aggravation ne sont pas
traités, l’assistance de la tierce personne n’est pas accordée et de nombreux
blessés attendant des soins adéquats
souffrent en silence (aucune réinsertion sociale n’a été mise en place et les
pensions n’ont jamais été revalorisées);
-
180 blessés attendent leurs convocations, qu’ils n’ont
jamais reçues, pour le contrôle médical ;
-
3 dossiers (de 500 demandes de reconnaissance) stagnent
au niveau de la justice ;
-
391 dossiers rejetés pour cause du taux IPP de 0%, sans
aucune voie de recours ;
-
571 dossiers rejetés pour cause de délais de recours
(souvent les notifications arrivent après les délais) ;
-
37 dossiers incomplets rejetés, souvent pour manque de
certificat médical ;
-
Un nombre indéterminé de victimes n’ont pas pu déposer
leur dossier dans les délais ;
-
200 sinistrés commerçants et particuliers ayant subi des dégâts matériels n’ont pas reçu
d’indemnisation.
C’est dans ce
cadre que le mouvement citoyen a pris l’initiative pour dénoncer cette
situation, exiger une prise en charge
concrètes de ces revendications justes et légitimes, ainsi que l’application
des engagements portant sur la mise en application des revendications de la
plate forme d’El Kseur et le châtiment des profanateurs de la stèle érigée à la
mémoire des martyrs du printemps noir, de lancer un appel à la marche qui aura
lieu le mercredi 26 mai 2010 à 10H, du siège de la C.A.D.C. vers la Wilaya.
ULAC SMAH ULAC
LE COMBAT CONTINUE
HALTE À L’IMPUNITE - JUGEZ LES ASSASSINS
Tizi-Ouzou le 24 mai 201
MOUVEMENT CITOYEN DES AARCHS
C.A.D.C TIZI OUZOU
DECLARATION
DE DENONCIATION
A
peine inaugurée après sa réparation, à
l’occasion du double anniversaire du Printemps Amazigh 80 et du Printemps Noir
2001, la stèle dédiée aux martyrs du Printemps noir vient de subir un saccage
en règle, commandité par le pouvoir mafieux et assassin et exécuté par des
sbires qui ont opéré au milieu de la nuit du 22 au 23 avril 2010. Cette stèle commémorative,
réalisée pourtant avec des plaques de tôle boulonnées et rivetées, a été arrachée
par les quatre côtés et il n’en reste aucune trace de ses éléments
constitutifs. Preuve que la sale besogne a été préméditée et confiée à des maîtres
d’œuvre professionnels en destruction, sous le regard des policiers en faction.
Le
Mouvement citoyen des Aârchs tout en dénonçant cette énième forfaiture commise,
à la faveur de l’obscurité de la nuit par un pouvoir clandestin et discrédité,
tient à prendre à témoin l’opinion nationale sur cet acte ignoble et
profanateur visant la mémoire des martyrs du
Printemps Noir.
Il
est évident que ces lâches et abjects agissements procèdent d’une velléité
affichée et assumée d’en finir avec tout ce qui rappelle et appelle l’exigence
de lever l’immunité et l’impunité sur les auteurs et commanditaires des
assassinats des tragiques événements du Printemps Noir.
En
fait, si les panneaux de cette stèle ont été arrachés et emportés, à la
dérobée, c’est pour une raison très claire qui tient dans une seule petite
phrase, mais qui dérange énormément : « Jugez les
assassins ! » Une phrase lourde de sens qui ne finit pas
d’interpeller les consciences et de rappeler la véritable nature d’un régime
qui se perpétue par la violence étatique et l’impunité consacrée. En dépit des
coups tordus, des tentatives d’intimidation et de l’acharnement du pouvoir
mafieux à gommer de la mémoire des citoyens l’exigence du jugement des
assassins, le mouvement citoyen qui en fait l’une de ses revendications
cardinales ne cessera jamais de crier haut et fort et à chaque occasion
« Jugez les assassins ! »
Cela
étant, dès que le constat eut été fait à
la place des « Martyrs du Printemps Noir », une délégation du Mouvement s’est rapprochée
du commissariat du centre-ville, situé au même lieu, pour dénoncer cet acte
inqualifiable et demander des éclaircissements. Suite à l’information donnée
par le commissariat selon quoi ce sont des ouvriers de la mairie, la délégation
du mouvement a fait venir le maire en personne qui a tenu à démentir toute
implication dans cette affaire. Après quoi, la délégation est allée au commissariat
central où elle a porté l’affaire et a demandé que les auteurs de cette
forfaiture soient démasqués. Les responsables de la police de permanence ont
demandé un délai de 48 heures et suite à quoi la délégation a décidé d’y
retourner le dimanche pour avoir les résultats
de l’enquête.
ULAC
SMAH ULAC
JUGEZ
LES ASSASSINS
LE
COMBAT CONTINUE.
Tizi-Ouzou le 23 avril 2010
Quelle preuve de plus ..
Quelle preuve de haine de plus avons-nous
besoin de leur part ?
Je suis
sidéré d’entendre encore en 2010, de la part de quelques frères kabyles,
souvent des politiciens professionnels et carriéristes, les mêmes discours qui
ne nous ont amené que ruine et que désastre.
L’annonce par le
MAK pour la création d’un gouvernement provisoire a donné libre cours à l’ancienne
rengaine. Les adeptes de l’algérianisme et de la dilution du kabyle dans son
magma, ont trouvé encore une occasion pour se lâcher et débiter les imbécilités
habituelles sur l'unité du pays, la main étrangère. Même le FFS, à qui le
pouvoir nauséabond d'Alger a toujours mis l'étiquette d'un parti
instrumentalisé de l'extérieur, se met aussi à utiliser cette arme désuète
envers le MAK et son président. Le RCD, pour sa part, la seule échappatoire
trouvée est qu'il faudrait que le projet d'autonomie soit pour toutes les régions d'Algérie. Nous
aimerions bien mais nous ne pouvons être à la place des autres Algériens. Il
faudrait donc, pour satisfaire Sadi et son parti, que le peuple kabyle use de sa patience jusqu'à
ce que les autres régions se décident enfin à demander leurs autonomies, et là
le peuple kabyle pourrait s'autoriser peut être à la demander
aussi.
Quelle
absurdité! Le parti du docteur Sadi a juste oublié, ou feint d’oublier, que la Kabylie est un ensemble
homogène sur le plan linguistique, culturel et sociétal et que seule la Kabylie
subit l’apartheid économique et
culturel décidés depuis 1962 par cette clique anti-Kabyle qui dirige l’Algérie. La Kabylie, et d’une manière continue, est stigmatisée,
attaquée, sujet à des complots nauséabonds fabriqués dans les laboratoires de
la SM. Les Kabyles subissent un racisme des plus pires et des plus sauvages. La
Kabylie a besoin, c’est une question
de vie ou de mort, d’un gouvernement
ou d’un pouvoir régional qui la
protégera des dessins diaboliques du pouvoir d’Alger
à son égard. Non Messieurs du RCD et du FFS, la Kabylie n'est pas une région
comme toutes les autres. La Kabylie a son peuple, son histoire, sa culture, ses
us, sa langue et aspire à vivre autrement que sous la dictature. La Kabylie ne
veut pas lier son destin à cette Algérie qui ne veut et ne souhaite être qu'arabe
et qui est à l’aise sous un régime
dictatorial et corrompu. Chacun a ses valeurs, nous avons les nôtres, et nous n’avons aucune prétention à les imposer aux
autres.
Ces deux partis
n’ont pas d’arguments valables pour s’opposer
au projet du MAK, alors ils disent du n’importe
quoi. C’est juste de la dérobade.
La seule crainte
qui les tourmente, c'est de perdre leur ancien fief vu l'ancrage réel et
profond du MAK qui ne cesse de grandir et qu'on ne peut ni nier ni travestir
sauf à être de mauvaise foi. Il devient irréversible.
La Kabylie, leur
seul fief dans toute l’Algérie, ce n’est pas par hasard. Mais pas du tout. Ces
deux partis étiquetés kabyles, malgré la danse de charme et de séduction du
docteur Sadi et de Ait Ahmed pour paraitre plus algériens et plus nationaux que
quiconque allant jusqu'à se renier complètement, l'Algérie,
système et peuple, les a confinés en
Kabylie. Une Kabylie qu'ils n'ont
jamais cessé de diviser, ils ont semé le germe de la division et de la haine
entre Kabyles, ils sont allés jusqu'à opposer les membres d'une même famille
les uns contre les autres oubliant l’essentiel
et ne se portant que sur le futile et le superficiel. Ils nous ont désarçonnés,
ils ont dérouté tout le peuple kabyle jusqu'a douter en sa noble cause.
Il est temps de
redresser la barre, de redonner aux Kabyles la foi dans leur cause, c’est le chantier gigantesque du MAK qui
devra affronter non seulement l'hostilité
habituelle et farouche du pouvoir algérien et de tous les adeptes de l'islamo-baathisme,
mais doit prendre aussi garde au pouvoir
de nuisance que le FFS et le RCD n'hésiteront pas à utiliser comme si le passé
ne leur a rien enseigné.
Quel bilan pour
ces deux partis « kabyles » mais très
algérianistes ? Que du négatif.
Leur crime suprême est d’avoir
tout le temps divisé les Kabyles au bénéfice de notre grand ennemi : le pouvoir
arabo-arabe de l’Algérie, et d’avoir succombé aux machinations infernales
de ce même pouvoir envers tout ce qui est kabyle. J'ai vu l'absurdité de ces
deux partis atteindre le summum, c'est lors de l'assassinat du grand combattant
Matoub Lounès. Quelques heures après cet assassinat lâche commis par nos
ennemis, le RCD s'était précipité d'affirmer, sans aucune décence et pudeur,
que ce sont les terroristes qui ont tué Matoub innocentant ainsi le pouvoir
pourri d'Alger, et le FFS, quant à lui, affirmait que c'est l'œuvre de la DRS,
innocentant ainsi à son tour les terroristes islamistes. Le RCD s'est occupé à
blanchir le pouvoir et le FFS les terroristes. Les tâches sont bien partagées.
Et le cocu dans tout ça c’est le
peuple kabyle et sa cause légitime. Cet événement triste pour notre peuple a
révélé les stratégies catastrophiques et suicidaires suivies par ces deux
partis. Ils ont écœuré et lassé le peuple kabyle, ils ont failli le détourner à
jamais de sa noble cause : sa liberté.
Et certains
«intellos» kabyles, souvent des plumes des différents clans du régime, s’offusquent de la déclaration du MAK de peur
de «diaboliser encore les Kabyles et de légitimer le pouvoir…»! Comme si les Kabyles ne sont pas déjà
diabolisés par le régime algérien. De quelle autre preuve supplémentaire
ont-ils encore besoin ces gens là? Le
projet de diabolisation des Kabyles a commencé bien avant «l'indépendance» de l'Algérie,
le pouvoir a tout fait pour ancrer la haine du kabyle dans les cœurs des
algériens jusqu'à faire de lui l'ennemi à abattre coûte que coûte. Dans l'imaginaire
de tout Algérien, peuple et pouvoir, le Kabyle
est pire que le Juif, et nous connaissons tous et bien la haine qu'ont
généralement les arabo-baathistes pour les Juifs. Alors imaginez bien celle qu'ils
ont pour nous. Pour ces «intellos», le bon Kabyle est celui qui rase les murs,
qui ne la remmène pas, qui se tait, qui courbe l’échine,
qui ne revendique rien, qui vit sa sous-citoyenneté dans la satisfaction, ils
préfèrent le Kabyle docile, servile, celui qui n’osera
jamais remettre en cause le pouvoir du maître arabe. Surtout, ils adorent le Kabyle
qui ne parle pas kabyle. Ces Kabyles «mous», ont-ils besoin d’autres preuves supplémentaires de la haine
profonde du régime algérien envers tout ce qui est kabyle pour ouvrir enfin les
yeux et voir la réalité en face au lieu de la travestir ?
Ce pouvoir nous
a tout fait et il continue de nous faire subir humiliation et abaissement. C'est
dans leur programme, le seul qu'ils ont et qu'ils réalisent. La volonté de
stigmatisation du Kabyle et son éloignement de toute influence sur le pays a
commencé bien avant l’Independence.
Qui ignore l'épuration ethnique opérée
par Messali Elhadj dans la direction et cellules du PPA/MTLD à l'égard
des militants kabyles et les liquidations physiques qui s'en étaient suivies ?
Durant la guerre
d'Algérie, la direction du FLN se méfiait de la wilaya III et avait tout fait
pour l'anéantir et pour l'étouffer sans hésiter à liquider physiquement ses
cadres : Amirouche, Abane Ramdane toute tête kabyle qui dépassait, il fallait
la couper par ceux qui préparaient au Maroc et en Egypte, et dans les
détails, la prise du pouvoir en Algérie.
L’assassinat de Kabyles n’a pas cessé avec l’indépendance, la même clique a continué sa sale besogne :
Tuer le plus de Kabyles. Krim Belkacem a été liquidé, 500 combattants kabyles
massacrés par l’armée de Ben Bella en
1963, leurs corps ont été exposés sur les places des villages kabyles pour
exemple, ils avaient fait défiler les villageois, gare à celui qui détourne les
yeux, pour marquer leurs esprits à
jamais. Les corps de ces braves, tombés presque pour
rien, avaient été livrés aux chiens qui se régalaient de leurs cervelles. Ils
ont fini tous dans la fosse commune.
Cette même bande
de voyous qui tient les rênes du pouvoir en Algérie, n’a pas hésité une seconde en 2001 à lâcher gendarmes et
policiers, déjà bien animés par une grande haine anti-kabyle bien
ordinaire, en leur ordonnant de tirer à
bout portant avec des balles réelles et explosives sur des enfants kabyles qui
n’offraient que leurs torses nus face
à ces criminels. Ils ont assassiné froidement 126 enfants kabyles et rendu des
milliers handicapés à vie. Ils n'ont pas hésité non plus à liquider froidement
Matoub Lounes, Mouloud Mammeri et tous ces intellectuels assassinés uniquement parce
qu'ils sont Kabyles (Tahar Djaout, Mekbel etc.). Ces énergumènes, pour
intimider le père, ils ont tué le fils, à la fleur de l’âge. Ils ont froidement assassiné Ameziane Mehenni en plein
Paris. Ils sont capables de la pire des lâchetés.
L’indépendance de l’Algérie a commencé par la négation de tout ce qui est kabyle,
c’était le programme des nouveaux
maîtres d’Alger et il continue à être
leur unique programme. Le seul qui fonctionne jusqu'à maintenant. Ils ne se
limitent pas seulement à nous tuer, ils veulent aussi nous humilier et nous
anéantir à jamais. Ils nous ont tout interdit, nous ne pouvons parler notre
langue, nous ne pouvons donner nos prénoms berbères à nos propres enfants, nous
ne pouvons accéder à tous les postes,
notre langue et notre culture sont bafouées, niées et ignorées, nos valeurs et
nos traditions piétinées. Le racisme anti-kabyle guette dans chaque coin et
recoin de l’Algérie, il est quotidien.
Ils ont
transformé la Kabylie en un terrain de jeux propice à leur magouilles
sanguinaires et donnent libre cours à tous leurs crimes et à leurs sales
besognes et réalisent ainsi leur rêve ultime et leur grand fantasme : casser
encore et encore du kabyle.
Mais ça ne leur
suffisait pas, ce n’est pas assez pour
eux, il faudrait alors inventer autre
chose, de plus pernicieux et de plus dégueulasse. Il faut terroriser les Kabyles, exporter la terreur jusqu'au cœur de la
Kabylie. Pour eux, un Kabyle qui a peur oubliera à coup sûr tout le reste.
Alors, des
hordes de terroristes affluent par centaines de toutes parts vers la Kabylie,
suivies par des bandits de grands chemins, des repris de justice… et bien sûr des milliers de soldat de l’armée algérienne qui joueront aux pompiers
pyromanes. Les Kabyles sont cernés, la Kabylie est livrée au terrorisme, au
banditisme, aux enlèvements, aux brigandages, aux tueries, aux lynchages… tous les maux s’y concentrent et le pouvoir d’Alger
se frotte les mains.
Mais ce n’est toujours pas assez pour eux, alors ils
s’attaquent à la famille kabyle, il faut casser ce socle de
toutes les résistances. Ils envoient par convois entiers des prostituées
arabophones pour semer la déchéance, la débauche et la ruine morale de notre
peuple. Aux mêmes moments, l’arabisation
continue à gagner du terrain et à grignoter des parcelles entières de notre
Kabylie, elle va crescendo, la stratégie de colonisation de peuplement y aide
fortement. Rien ne les arrête dans la folie anti-kabyle qui les anime, ils sont
allés jusqu'à refuser pour la région des projets financés par des organismes
internationaux, tout en continuant à détourner vers les régions arabophones
tous les projets viables. Ils veulent notre appauvrissement et notre
anéantissement. Ils complotent et comploteront toujours contre nous.
Les Kabyles
subissent un apartheid des plus pires, discrimination sur tous les plans :
économique, culturel, emploi, logement
même en plein cœur de la Kabylie. Les appelés kabyles dans l’armée algérienne subissent l’enfer et un racisme atroce, traités pour
des moins que rien, tabassés et humiliés pour des prétextes fallacieux, ils
sont la chaire à canon pour les décideurs d’Alger.
Ils sont mis toujours devant en première ligne lors des différents ratissages
face aux couteaux des islamistes. De la chaire à canon dans une guerre
arabo-arabe !! Ils ont fait de nous des sous-citoyens, de très bas niveau, ils
ont instauré une tutelle sur nous, ils font ce qu'ils veulent de nous.
Quelle preuve de
plus à vouloir quand on voit l’état de
déchéance de notre région et de notre peuple. Une déchéance programmée et bien
planifiée.
Il est temps de
se prendre en main, nul peuple n’a
besoin de tutelle pour se diriger, le peuple kabyle n’a pas besoin de tutelle arabe ou islamo-arabe pour gérer ses
affaires. Nous sommes un peuple adulte. Le temps de l’affirmation est venu. Nous étions trop dispersés dans le
passé, égarés par nos querelles intestines, le temps de l’unité est arrivé pour un vrai projet pour
notre peuple kabyle et uniquement pour lui. Nous ne pouvons nous substituer à
tous les Algériens, nous ne devons et nous ne pouvons nous consacrer qu'à notre
peuple : le peuple kabyle.
Je salue le
combat du MAK, il a su donner un vrai sens à nos revendications, pour une fois
de notre histoire, l’objectif de notre
combat est clairement identifié : la liberté du peuple kabyle et son autonomie.
Un projet kabyle pour les Kabyles. Il a su ressaisir nos élites de leurs
errements passés.
Le MAK a donné
le cap, réaliste et légitime, c’est à
notre peuple et à ses élites de saisir ce train en marche, de tourner la page
définitivement des échecs et des querelles passés. L’oppression que nous subissons doit un jour cesser et ce jour
est proche.
Une stratégie
qui n’a produit que du négatif est une
stratégie condamnée et doit être abandonnée. C’est
le bon sens. Rien ne sert de s’acharner
à rendre tous les Algériens démocrates, laïques, humanistes… Il ne sert à rien
d’apprendre à marcher et à se tenir
debout à celui qui n’aime que ramper.
Je le dis et je le répéterai encore et encore à qui veut l'entendre que le
bilan des deux partis «kabyles », le FFS et le RCD, est très négatif pour notre
peuple et pour notre cause, que les dirigeants de ces deux partis réalisent
enfin qu'ils n'auront jamais un destin national, qu'ils cessent de faire le jeu
de ce pouvoir pourri : notre division.
Qu'ils reconsidèrent leurs lignes politiques, qu'ils œuvrent aussi pour
la réussite de ce beau et merveilleux projet : notre liberté et notre
autonomie.
La majorité des
militants et sympathisants de ces deux partis ont les mêmes aspirations de
liberté, d’autonomie et de
reconnaissance de leur identité que leurs frères du MAK, que leurs dirigeants s’en souviennent et ne freinent pas cet élan
d’unité et d’unification de nos forces sinon l’histoire sera impitoyable, elle les accablera et les maudira à
jamais.
Vive la Kabylie
libre et autonome. Vive le MAK
Par F. ATTOUI
Appel du MAK
A la veille de la
commémoration de son double printemps 1980-2001, La Kabylie subit une violence
extrême à tous les niveaux. Dans les affreux jours de crise multidimensionnelle
(morale, sociale, politique, économique …) que nous traversons, et au moment où la conscience populaire
parait s’obscurcir et désespéré de l’attitude des partis politiques
classiques jugée stérile, en prétendant
représenter la Kabylie sans assumer le peuple Kabyle.
Les revendications portées
par les milieux politiques kabyles se fixent et se sédentarisent dans une
revendication conceptuelle et idéaliste appelée communément « Amazigh » qui empêche
l’émergence d’une vraie alternative pour
le peuple kabyle.
Après les événements
traumatisants de 2001, la rupture devient totale entre le peuple Kabyle et le
pouvoir. D’un colonisateur à un autre, la Kabylie n’a jamais eu un état qui lui
soit propre, qui freinerait
l’acharnement du pouvoir central qui s’entête à la dépersonnaliser par l’islamisation
abusive et l’arabisation à travers l’école, la mosquée, et les medias.
Le quadrillage militaire et
sa présence massive en Kabylie n’empêche pas paradoxalement une recrudescence du terrorisme, et plus
dangereux encore l’apparition de nouveaux fléaux tel les rapts et les
kidnappings.
En outre, la Kabylie victime d’un isolement économique qui
s’illustre par l’absence totale d’infrastructures de bases, et l’inexistence
d’une stratégie de développement, Bien que notre région contribue aux gains de l’état
par le versement de sommes colossales par voie de fiscalité.
De ce fait, le projet de
l’autonomie de la Kabylie (PAK) s’impose comme seul est unique alternative pour
mettre fin à cette crise, mais surtout pour doter la Kabylie d’institutions
légitimes et représentatives qui prendront en charge ses préoccupations et
attentes démocratiques, laïques et progressistes.
Universitaires
kabyles !!!
Le constat est grave et si alarmant que nous ne pouvons pas rester
indifférents et démissionnaire par rapport à notre devoir de citoyen. A cet
effet le CU-MAK-B appelle l’ensemble du corps universitaires à rejoindre
massivement les diverses structures citoyennes et universitaires du mouvement
pour l’autonomie de la Kabylie.
Pour qu’il y ai une révolution dans
la rue, il est impératif qu’il y ai une dans les esprits , les obstacles morals
infranchissables dressés devant nous par
un fatalisme hérité de l’idéologie arabo-islamique, dont la fameuse supériorité
des autres peuples et leurs civilisations à la notre , tout cela n’est qu’un conditionnement délibéré, inoculé par l’école
Algérienne qui érige l’obscurantisme et le défaitisme comme mode de pensée .
Toutes ces atteintes a notre liberté
ne peuvent être réparées que par l’instauration
d’une Autonomie qui consacrera un
environnement sain de toute violence et injustice qui redonnera espoir
et propulsera même la Kabylie où on ne
l’a jamais imaginée.
Nous universitaires kabyles avons
le devoir de sortir et de briser ce cercle dans lequel notre histoire ainsi que notre avenir se
meut. Nous n’avons pas à prouver à qui que se soit que nous sommes les êtres
les plus courageux sur cette planète par
des révoltes épisodique et stérile tous les 20 ans, nous devrons apprendre les méthodes tranquilles,
se mobiliser intelligemment et efficacement dans la perspective d’atteindre des
objectifs préalablement établis. Le sentiment victimaire et cette rage ne
servent finalement qu’à dégonfler une peau alimentée par des postures infécondes telle que Tirrugza, Nnif et Lherma qui n’ont aucune efficacité ni substance
quand il s’agit de grandes questions collectives, où bien plus haut encore,
quand il s’agit du destin d’un peuple.
Votre avenir et celui de
votre progéniture tel que conçu et programmé par le pouvoir en place est de même nature que la
sienne : arabe de langue et de culture, islamique de religion et esclave
de statut.
Travailler quotidiennement et
inlassablement sans aucune contrepartie à mobiliser et à sensibiliser les uns et
les autres, tranquillement, calmement avec un sang froid et une connaissance
précise de nos moyens existants et ceux qui restes à concrétiser à fin de
redonner à l’université la place qui lui revient de droit et de devoir en
l’occurrence la locomotive de la société kabyle .
Le Mouvement pour l’Autonomie de
la Kabylie vous appelle toutes et tous à rejoindre massivement la marche de
notre liberté qui aura lieu le 20 avril 2010 à Bgayet.
Iténéraire :
Targa Uzemmur ------à Wilaya à 10h30
Vive le
peuple Kabyle libre et autonome.
MOUVEMENT POUR L'AUTONOMIE
DE LA KABYLIE
M-A-K - COMMUNIQUÉ
Le
Comité exécutif du Mouvement a tenu une session de travail le samedi 3 avril
2010, dédiée à la préparation de la célébration du 30ème anniversaire
du Printemps amazigh et la commémoration du 9ème anniversaire de l’insurrection
citoyenne du Printemps noir de 2001.
À
l’issue de ses travaux, le Comité exécutif a examiné la situation générale qui
prévaut en Kabylie et à ce titre, il communique en direction de l’opinion
publique algérienne et internationale ce qui suit :
1-
Le MAK salue et soutient sans réserve la mobilisation citoyenne du village At
Kufi (Aït Koufi) et des villages environnants de Vu$ni
(Boghni) en vue de faire libérer par leurs propres moyens un de leurs citoyens
kidnappé par des hommes armés depuis le lundi 29 mars.
Cette
réaction de légitime défense du peuple kabyle embastillé par un déploiement
militaro-policier jamais connu même au temps de la Guerre de libération et des
groupes armées qui assassinent, rackettent et kidnappent à l’envi est la
meilleure preuve de la justesse de l’option autonomiste prônée par le MAK
depuis sa création.
2-
En l’espace de quelques jours, le peuple kabyle est endeuillé par la perte de 3
citoyens innocents, victimes soit de bavure militaire à At Yahya Musa (Aït
Yahia Moussa) ou de bombe artisanale qui explose en plein jour à l’entrée d’Aïn
Zaouia sur une route nationale censée être une des plus sécurisées du
département. En l’espèce, le MAK note que la simultanéité et la récurrence de
ces agressions sanglantes ne peut relever du hasard.
Les
nombreuses alertes lancées par le MAK ont suffisamment instruit l’opinion
publique qui ne peut plus, aujourd’hui, ignorer la volonté du pouvoir algérien
d’enferrer la Kabylie dans la terreur et le sang. Par ces faits, le peuple
kabyle est en plein droit d’exercer sa légitime défense par tous les moyens à
sa portée.
3-
Le MAK dénonce la campagne d’intimidation menée par la police contre ses
militants et les brigades d’affidés rémunérés à arracher ou escamoter
systématiquement l’affichage de ses appels aux marches du 20 Avril 2010.
En
fin de séance, le Comité exécutif adopte la motion suivante :
Le
Comité Exécutif du Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie se réjouit et se
félicite de la totale adhésion de notre communauté établie à l’étranger à l’éventualité
de la proclamation d’un gouvernement provisoire pour la Kabylie, constatée à l’occasion
de la tenue de l’Assemblée générale de MAK-France au cours de laquelle le
Président Ferhat Mehenni en a fait l’annonce solennelle.
Kabylie, le 3 avril 2010
OPINION :
Non, Je ne suis pas arabe et je
ne pourrais être que kabyle.
«To be or not to be, that's the question».
Cette question existentielle posée par
Shakespeare, il y a déjà des siècles, revient au devant de la scène médiatique
algérienne sous forme de « Sommes-nous, ou pas, arabes ». Suite à la
terrible escalade de violence, physique et verbale, médiatique et politique,
qui a émaillé le « Match » Algérie/Égypte du 18 Novembre dernier, des
voix se lèvent pour décréter, comme par désenchantement, «la fin de la
communauté arabo-musulmane»(1) à l'image de l'ancien ministre français, délégué
à la promotion de l'égalité des chances, Azouz Begag et d'autres, plus modérés,
pour appeler à revoir, comprendre remettre en cause, l'identité algérienne qui
serait finalement pas arabe, et par ricochet, peut être aussi pas musulmane.
Kamel Daoud, du Quotidien d'Oran, repris par Le Matin.dz, appelle cela «la
décolonisation horizontale» (2).
Écartant Azouz
Begag, citoyen français, ex-ministre de la république française de surcroit, et
déniant lui la parole. Malgré son statut de chercheur au CNRS, il n'aurait pas
le droit de s'exprimer sur son pays d'origine ni d'y émettre un avis, même
savant, car ce serait de «l'ingérence étrangère», devise chère aux gouverneurs
algériens mais reprise en boucle, dans un nationalisme désuet et aveugle par
tout algérien «jaloux de son pays» et penchons-nous sur la contribution,
brillante a priori, du journaliste algérien «et fière de l'être» Kamel Daoud
qui a subjugué les internautes, et certainement ses lecteurs, et a collectionné
les congratulations. Une contribution qui ne caresse pas dans le sens du poil,
du politiquement correct, mais qui ne va pas, non plus, dans le sens de
l'histoire. Une contribution «limpide» et «courageuse» mais pleine d'implicite
et de« cens caché »(3).
C'est moins une
déclaration de guerre contre l'arabité, mais ce n'est pas une déclaration
d'amour à la Kabylie. Bien au contraire, c'est un pamphlet contre la
«berberité», comprendre la Kabylie qui, selon l'auteur, est la cause de tous
les maux de l'Algérie et surtout de son désarroi identitaire, preuve à l'appui
:Il a fallu une rencontre sportive entre deux pays «frères», suivie d'un déluge
d'insultes et de coups mutuels, pour que le journaliste, et à travers lui les
autres, se pose la question de l'identité algérienne en remettant en cause son
arabité qui n'est, finalement, qu'«alimentaire». Autrement dit opportuniste et
rentière. Effectivement l'arabité n'a servi que les successifs dictateurs
algériens, de Ben Bella, son chantre par excellence, qui décréta, déjà, à
l'aube de l'indépendance par le fameux triptyque que «nous sommes arabes» et
affirmer ainsi sa soumission totale au parrain et Grand frère égyptien, à
Bouteflika, son serviteur le plus servile, qui jura, aussi, en pleine
décomposition, baptisée à l'occasion «réconciliation», nationale et face à des
millions de kabyles, qui attendaient un geste d'apaisement et de reconnaissance
de ce messie autoproclamé et qui flirte aussi bien avec la langue de voltaire
qu'avec celle d'El jahidh, que Tamazight ne sera jamais langue officielle,
insistant ainsi sur le déni commis par ses prédécesseurs et confirmant son
inféodation à ses Émirs lointains dans l'Arabie, ses protecteurs dans sa
traversée du DESERT.
La politique
économique de celui-ci atteste de l'arabisme zélé du personnage en offrant les
marchés juteux de la téléphonie mobile et du bâtiment aux égyptiens, au
détriment des opérateurs nationaux, pendant que les braconniers émiratis et
saoudiens chassaient les dernières gazelles du Sahara algérien. Le tout
couronné par des méga concerts, animés par Majda, Raghib et autre Nawel,
célébrant de la sorte l'arabité au grand dam de l'Égypte. Tous les algériens et
surtout les algériennes connaissent leur chansons au même titre qu'ils vénèrent
Mahmoud Yacine et Yamina rizk, dieux sacrés de la télévision, non égyptienne
mais, algérienne.
Entre les deux
il y avait Boumedienne, poulain du premier et parrain du dernier, architecte et
défenseur de cette arabité, tant décriée, en arabisant l'école avec toujours la
bénédiction de l'Egypte qui envoyait des milliers de coopérants pour apprendre
aux potaches algériens l'Alif Baa en ramenant aussi dans leurs valises les
fetwas de Qotb et autre El ghazali, des fetwas qui déboucheront, des années
plus tard, sur un génocide humain, culturel, intellectuel et économique.
Tout cela a échappé à notre respectable journaliste qui, à aucun moment de sa
«brillante» contribution, n'y fait, au moins allusion. Je peux comprendre qu'il
ne se mêle pas de la politique mais il doit savoir que l'identité est avant
tout politique. Notons au passage que ces trois vautours de la politique,
complexés de l'identité qu'ils sont et éternels inféodés à l'Egypte sont
oranais. Ils viennent de l'ouest algérien, probablement du même patelin que
l'auteur de l'article, ce qui justifie son esquive et son passage sous silence.
Nommer les choses et mettre des mots sur les maux, afin de mieux comprendre,
peut rendre mal à l'aise pour un certain temps mais le salut ne peut venir de
la feinte et de tartufferie, voire de la complicité et de
l'omission.
M. Daoud, au
lieu de se pencher sur la Genèse de cette maladie, qu'il découvre
«guérissable», et déceler le microbe, ou les microbes, qui gangrène le corps
algérien, afin de l'éradiquer, découvre aussi, par la même occasion, que «Nous
avons ressenti le besoin d'être nous-mêmes » et que «Nous n'avons pas
besoin d'être arabes pour être musulmans ni d'être musulmans pour être
algériens». Quelle superbe découverte! Fait-il sciemment ou pas? Je ne peux le
savoir, mais oublie-t-il que, depuis l'indépendance, un grand nombre de ces
algériens disent exactement la même chose, sans qu'une oreille daigne les
écouter. Ces algériens qui n'ont jamais renoncé à leur algérianité mais qui ont
refusé l'arabité, sans pour autant contester l'arabité des autres. Ces
algériens qui ont beaucoup donné pour que l'Algérie ne serait qu'algérienne.
Personne ne les a entendu ou plutôt personne n'a voulu les entendre. Un rappel
des faits pourrait rafraichir la mémoire aux amnésiques et éventuellement la
remplir aux ignorants.
C'est dans le
silence complice que Abane Ramdane a été exécuté en 1957, c'est dans le silence
complice que les militants du FFS ont été liquidés en1963. C'est dans le silence complice
que les militants du MCB ont été emprisonnés et torturés dans les années 80.
Idem pour les fondateurs de la Ligue Algérienne des droits de l'Homme en1985. C'est dans le silence complice
qu'un million d'écoliers kabyles a boycotté l'école algérienne en1994. C'est dans le silence complice
que Matoub Lounès a été assassiné en1998.
C'est dans le même silence complice que 127 jeunes
kabyles ont été lâchement abattus par les gendarmes algériens. Ces algériens «
de seconde zone », à défaut d'être « des amazighs de première zone », n'ont pas
attendu un match de football pour clamer que « Nous n'avons pas besoin d'être
arabes pour être algériens » et plus clairement pour les sourds « Nous ne
sommes pas arabes ». Donc la question, oh combien importante, de
l'identité algérienne ne date pas d'hier. Des fleuves de sangs ont été versés,
Monsieur Daoud. Ce volet de l'histoire contemporaine de l'Algérie a été aussi
occulté par le journaliste qui pose naïvement, et malheureusement, très
tardivement, la lancinante question de « qui sommes-nous ?». Occulté mais pas
ignoré, en tous cas, puisque Kamel Daoud , dans sa quête identitaire, refuse
d'être « une brebis capturée par un chant de sirène non comestible » car dans
lequel cas il ne serait qu'un « Berbère? Berberiste? Autonomiste? Culturaliste?
Curieusement les quatre qualificatifs choisis font référence uniquement, et
exclusivement, à la Kabylie. Berbère et culturalise viennent des années 80. Ils
qualifiaient les militants du MCB (Mouvement Culturelle Berbère). Berberiste
vient de très loin, de 1949 lors de la crise Anti-berberiste où l'on a exclu et
même exécuté des militants de PPA-MTLD, (comme Imache Amar, Mbarek at
Menguellet et Amar Ould Hamouda pour ne citer que ceux là) pour la simple
raison qu'ils s'opposaient au choix exclusif de l'arabité comme idéologie du
futur Etat Algérien en latence, et affirmaient ainsi que l'amazighité aussi
fait, et fera, partie de l'identité nationale. Autonomiste fait allusion,
explicitement, au MAK (Mouvement pour l'Autonomie de la
Kabylie).
Ainsi M. Daoud
refuse, dans sa fuite de l'arabité, aussi d'être ou d'être assimilé, pas au
berbère/amazigh, ce qui n'est pas une exclusivité de la Kabylie, mais surtout
pas au kabyle tout court, ce qui n'est pas facile à dire, et même à écrire sous
la plume du journaliste du Quotidien d'Oran applaudi. Il lui préfère, par une
incroyable parabole, le signifier, le montrer et l'indexer par une magique
formule «...des maquis de l'identité poussés vers la montagne et le
radicalisme, prompts à l'exclusion et fascinés par des retours impossibles vers
des origines privatisées, folklorisées » et tout cela n'est que l'autre mal
dérivé de l'obsessionnel refus de l'arabité de Kamel Daoud. Bravo l'artiste
(plutôt que le journaliste), incroyable raisonnement: Si la Kabylie s'arabise
elle tombera dans le délire identitaire qui s'est emparé subitement de vous et
de vos semblables, de vos compatriote j'allais dire, et si elle s'entête à ne
pas perdre son âme, en s'attachant à sa langue, ses us et se valeurs, universelles
par ailleurs, c'est qu'«elle est radicaliste, prompte à l'exclusion» . Je ne
connais pas meilleure manière de tuer son chien en l'accusant de rage. Il faut
attendre le passage suivant pour comprendre réellement le propos de l'auteur et
à travers lequel on peut, sans peine, se rendre compte que ce qui dérange,
après l'arabité, le porte parole des Lost identitaires, c'est la
kabylité.
Avec la
question:« Pourquoi lorsqu'on parle de l'amazighité des algériens on tourne le
regard automatiquement vers la Kabylie et pas vers le sud ou l'ouest ou le
reste du pays et des algériens?» l'interrogateur confirme ses intentions et «le
masque» tombe. Dans la fièvre existentielle qui s'est emparé de l'auteur, et
pour apaiser ses douleurs et soulager ses souffrances, la Kabylie reste
l'ultime sacrifice. Comme le pigeon blanc égorgé pour les femmes enceintes,
chez nous, et qui emporterait avec lui tous les maux du foyer et toutes les
malédictions.
Tout le monde,
et notamment l'algérien, connait la signification du maquis. Depuis la guerre
d'indépendance jusqu'au terrorisme islamiste le maquis signifie prendre les
armes et défendre sa «cause » et cela ne peut se faire que dans le maquis,
autrement dit la montagne (adrar). Depuis quand la Kabylie, car c'est bien d'elle
qu'il s'agit, contrairement aux autres, a pris les armes pour défendre sa
«cause» ou même pour se défendre ? Cela ne s'est pas vu même lorsque le régime
algérien abattait, de sang froid, ses enfants. Depuis quand la Kabylie est
prompte à exclure, une personne, une religion ou même une culture quand ils ne
sont pas conquérants ? Depuis quand la Kabylie a «privatisé ou folklorisé ses
origines» alors qu'elle ne cessait de réclamer l'amazighité pour tous les
algériens, jusqu'au point de renier sa kabylité (car une grande nuance existe
entre les deux concepts, l'un est général et générique, l'autre pertinent et
spécifique) et la démocratie pour toute L'Algérie. Cette Kabylie qui depuis un
demi siècle ne cesse de donner ses enfants comme chair à canon pour la
libération, la réappropriation puis à la démocratisation de l'Algérie. Cette
Kabylie qui ne veut pas sombrer dans le sommeil identitaire car sachant
pertinemment que celui qui ne connait pas son histoire est condamné à la
revivre.
Cette Kabylie
qui a offert les meilleurs de ses enfants pour l'Algérie car, pour elle, être
kabyle c'est nécessairement être algérien et être algérien suffit humblement
pour être kabyle. Cette Kabylie qui ne voulait pas d'une Algérie arabe et
encore moins berbère, mais simplement d'une Algérie algérienne, c'était le rêve
de Abane et de Didouche. A ce stade d'intox et de désinformation «La peau
»n'est plus noire mais arabe et « le masque » n'est plus blanc
mais algérien.
Pour ma part, et
pour des millions d'algériens comme moi, la question qui vous chagrine et qui
vous met dans ce pitoyable état, cette fameuse question ne m'effleure même pas
l'esprit. Je sais qui je suis. Je le savais le jour ou ma mère m'a mis au
monde, quand je commençais à balbutier: « yemma, vava, dadda, yaya »
et je prononçais mes premiers mots, car mes anges me parlait kabyle comme
disait Takfarinas. Je le savais le jour ou je reçus une gifle du directeur de
l'école primaire de mon village parce que je parlait kabyle dans la cour de
recréation, ce que l'institution m'interdisait. Je le savais en écoutant ferhat
chanter aattar, nekkini id nnigh et tahia barzidane; Matoub chanter lwed-aissi
et aghourrou, ce que la télévision algérienne ne diffusait pas. je le savais,
lycéen, en lisant les chemins qui montent de Feraoun et la colline oubliée de
Mammeri, ce que l'école algérienne ne m'enseignait pas. Je le savais quand des
jeunes kabyles tombaient sous les balles explosives des gendarmes algériens,
exécutant les ordres de leur sinistre tuteur, ministre de l'intérieur, sieur
Zerhouni, bizarrement originaire de l'Ouest aussi. Je le savais, étudiant, un
certain 19 Mai 2001, à la cité universitaire de Hydra, à Alger, quand d'autres
étudiants algériens de différentes provenance, et devant notre tristesse et
notre désarroi face au carnage en Kabylie, jouissaient de fêter la journée de
l'étudiant, et de tabasser, avec le soutien des habitants des bidonvilles
avoisinants et devant le regard du directeur de la résidence, les étudiants
kabyles qui n'avaient pas le cœur à la fête. Voici ce que représente pour moi
l'algérianité et ces pour ces raisons que je la rejette. Comme vous ne voulez
pas être amazigh de seconde zone je ne veux pas être, et je ne serai jamais, un
algérien de seconde zone. Je suis amazigh au même titre que les français, les
espagnols et les italiens sont latins. Cela ne les a pas empêché de s'émanciper
chacun dans sa langue et sa culture. Je suis kabyle, ma langue maternelle est
le kabyle, je suis né et j'ai grandi en Kabylie, je ne pourrais être autre chose.
Je n'ai pas attendu le MATCH pour savoir qui suis-je. Toutes les injustices et
tout le déni que j'ai subi, moi et les miens, m'ont apporté la réponse. Libre à
vous d'être arabe de seconde zone ou algérien de première.
Concernant le MAK (Mouvement pour l'Autonomie de la Kabylie) auquel il est
fait, insidieusement allusion, journaliste que vous êtes, vous devriez savoir
qu'il n'est ni un mouvement séparatiste, ni extrémiste et encore moins
raciste(4). C'est un mouvement qui a vu le jour dans le sang et les larmes,
pendant le printemps noir de Kabylie, quand des jeunes kabyles désarmés,
manifestant encore une fois pour plus de liberté et de démocratie en Algérie,
tombaient sous les balles explosives du pouvoir algérien sans qu'une voix, de
l'Est ou de l'Ouest, s'élève pour dire « arrêtez, ces jeunes sont les
nôtres et ce qu'ils revendiquent est le nôtre ». C'est la cristallisation
de tous les combats, et de toutes les revendications portées par la Kabylie,
revendications qui sont, finalement, aussi « mal partagées ».
L'autonomie de la Kabylie, dans un cadre national, est seule garante à même de
protéger ses enfants, de promouvoir sa langue et sa culture, de réaliser ses
aspirations de progrès, de laïcité et de modernité(5). Ces aspirations qui font
peur au pouvoir algérien qui interdit au président du MAK, Ferhat Mehenni, de
rentrer dans son pays, pays auquel son père s'est sacrifié et, à travers ses
sous-traitants tunisiens(6), de l'empêcher même de voir sa famille, le tout
dans un silence absurde de la presse algérienne
« indépendante »!
Vous ne devriez
pas avoir honte, de ne pas être kabyle, M. Daoud. Car à défaut d'être
« une brebis capturée, par un chant de sirène non comestible » vous
ne seriez qu'une brebis galeuse reniée par le troupeau et abandonnée par le
berger. Et au lieu de défouler sur la Kabylie, éternel cauchemar des déracinés
de l'idéologie et des oubliés de l'histoire cherchez remède à vos maux du coté
de la psychologie et « Sentez-vous bien quand vous vous dites arabe ». Vous
n'avez pas trop le choix car comme le dit le grand Lounis :«lasl-ik izegl-ik win tebghid yug-ik mliyid
wi ikilan» Je traduit, car apparemment cette langue kabyle qui me vient des
fins fonds de l'antiquité, malgré les aléas de l'histoire, jalousement protégée
par mes ancêtres contre les envahisseurs du Nord et d'Orient, et soigneusement
transmise par mes grands-parents malgré le déni et l'oppression, est «mal
partagée », comme si , au final, c'est aux kabyles d'aller
« kabyliser » des gens qui ont, depuis longtemps troqué leur
amazighité, de gré ou de force, contre des honneurs éphémères et des identités
empruntées:« Ton origine t'a renié, celui que tu veux t'a refoulé, dis moi qui
est-tu ?»
Cette Kabylie
orgueilleuse, comme une grande dame qu'on ne peut atteindre, aux heures des
combats qu'elle mène n'inspire, dans le meilleure des cas, que la jalousie et
l'envie de la conquérir, et au pire la méfiance et l'envie de la détruire. Et
si elle tient à son identité, et la dessus elle ne se pose pas de question, ce
n'est pas un retour impossible aux origines incertaines mais une implantation
dans le cœur de l'histoire qui la projette dans l'avenir. Un avenir de paix et
de tranquillité. Un avenir de progrès et de développement. Un avenir de
reconnaissance et d'ouverture. Un avenir meilleur que l'ensemble algérien ne
peut pas lui offrir. Contrairement à l'algérianité bien décrite par le
journaliste « Dedans, il n'y a encore ni palmiers, ni oliviers, ni contes, ni
traces, ni cimetières d'ancêtres, ni signes exhumés » un vide en gros, un grand
vide, la Kabylie a ses oliviers et figuiers( tizemrine akw tnaqline), ses
contes et ses légendes (tiqsidine akw tmuchouha), ses traces et ses
racines(izourane) et c'est exactement ce que l'algerianité, à défaut de ne
pouvoir le lui prendre, a voulu détruire. L'algérianité ne serait pas
aussi vide si elle a pu conjuguer, et réunir en symbiose, la Kabylie et ses
oliviers, le Sahara et ses palmiers (et son pétrole), l'Algérois et ses
orangers, l'Oranie et ses vignes, le Constantinois et ses chênes. Cela
s'appelle la Terre M. Daoud et ce n'est pas dénué de sens. C'est en fin de
texte que le chercheur d'os découvre qu'« en voulant savoir qui nous sommes,
nous sommes remontés à plus loin que la colonisation française, pour retomber
dans les travers d'une colonisation plus ancienne et que nous avons confondu
avec notre portrait que renvoie notre terre ». Chassez le naturel, il revient
au galop dit le proverbe. A force d'ignorer son aliénation on retombe dans sa
défense. Il n'y a pas de décolonisation verticale ni oblique ni horizontale. Il
y a une seule et unique décolonisation, elle est symbolique, historique,
idéologique et culturelle. C'est une décolonisation politique. Le jour ou les
intellectuels algériens, les journalistes et les écrivains commencent à bannir
l'incartade et à dire ce qu'elles sont les chose, réellement, à montrer la voix
aux populations et à traduire leurs aspirations, à cesser d'invectiver les
autres en se remettant en cause, à prendre le pari de l'intelligence et non
celui de l'allégeance, à nommer le totalitarisme et descendre les fossoyeurs
des identités, ce jour la les colonisateurs, tous les colonisateurs tomberont
et l'oranais, l'algerois, le kabyle, le chaoui, le targui retrouveront leurs
identités et vivront pleinement leurs spécificités. Ce n'est que de la sorte
que tout un chacun, en s'émancipant des tutelles choisies ou imposées fera
partie intégrante de la communauté nationale, communauté à la fois diverse et
unie, ce jour là l'Algérie ne sera pas vide. Elle ne sera pas non plus
assassine et corrompue. Elle donnera une place à ces peuples qui la composent,
elle saura honorer ces hommes et ses femmes qui l'ont libéré ( ma pensée va à
Djamila Bouhired (7) qui se plaint de sa misère à la présidence au moment au
les joueurs algériens gagnent des sommes hallucinantes pour la qualification en
coupe du monde(8) ), à connaître son histoire pour, enfin envisager l'avenir.
L'identité des
peuples ne peut être l'effet d'improvisation forcenée au gré d'une victoire,
sportive soit-elle ou autre. C'est un héritage inconditionnel, perpétué et
protégé par des générations qui se succèdent. En attendant la Kabylie a tracé
son chemin, celui de l'autonomie, son seul espoir et son seul salut sur la
terre de ses ancêtres. Les retardataires suivront ou à défaut, périront dans le
sommeil identitaire et rejoindront les poubelles de l'histoire.
H.
Mekdam, département jeunesse et université, MAK-France
Notes:
(1) Azouz Begag et C. Delorme, La fin de la communauté
arabo-musulmane, lemonde.fr,
04/12/09.
(2) Kamel Daoud, L'inévitable décolonisation
horizontale, lematindz.net
, 21/12/09.
(3) Daniel Gaxie, Le cens caché, editions du Seuil,
Paris 1978.
(4) PAK, projet pour l'autonomie de la Kabylie, mak.makabylie.info
(5) H. Mekdam, Pourquoi l'autonomie de la kabylie, afrique-du-nord.com, 23/04/09
(6) Ferhat mehenni refoulé, tsa-algerie.com, 11/12/09.
(7) Djamila Bouhired, je vous demande de ne plus nous
humilier, lematindz.net ,
13/12/09.
(8) Cadeau de qualification au Mondial, tsa-algerie.com, 22/12/09.
ALERTE ROUGE - MAK
REDEPLOIEMENT DE LA GENDARMERIE EN KABYLIE
Un site web vient d’annoncer le
redéploiement de la criminelle gendarmerie en Kabylie. Ce territoire qu’elle
avait été contrainte de quitter en 2002 suite au génocide qu’elle y a perpétré
en 2001, en assassinant plus de 120 Kabyles lors des événements rebaptisés
« Printemps Noir » et sur lequel le régime s’est autoamnistié, va de
nouveau être quadrillé. Ce redéploiement touchera non seulement toutes les
casernes et brigades qu’elle avait dû abandonner mais sera élargi à chaque
commune kabyle où des bâtiments destinés à l’accueillir sont en construction.
D’une couverture actuelle de 47%, le pouvoir militaire d’Alger va passer à
celle de 100% d’ici la fin 2010 en Kabylie seulement.
Non content de cette nouvelle
invasion, le régime l’a renforcée avec de toutes nouvelles unités spéciales
appelées les SS-I aux pouvoirs illimités et qui n’existent nulle part ailleurs
en Algérie. On pense que la torture sera leur pratique essentielle pour
terroriser les Kabyles et leur extorquer de faux aveux.
Tout porte à croire que, l’armée
algérienne et Bouteflika préparent une nouvelle guerre et un nouveau génocide
contre la Kabylie.
Le MAK exige l’arrêt immédiat de
ce processus qui risque d’entrainer la Kabylie dans une nouvelle spirale de la
violence. Il alerte l’opinion internationale sur les intentions criminelles des
autorités algériennes contre le peuple kabyle, démocrate et pacifique. A cet
effet, il va saisir qui de droit (ONU, USA, UE, Amnesty International, Human
Right Watch…
Le Mouvement pour l’Autonomie de
la Kabylie appelle tous les Kabyles à la vigilance et à se tenir prêts à
déjouer un nouveau massacre visant leurs enfants.
Descendons toutes et tous dans la rue, le 20 avril
prochain pour dire :
NON A L’OCCUPATION MILITAIRE DE LA KABYLIE !
VIVE LA KABYLIE LIBRE ET AUTONOME !
VIVE LE PEUPLE KABYLE, LIBRE DE DECIDER DE SON
DESTIN !
Kabylie le 22/01/2010
Que fait l’armée
algérienne en Kabylie ?
Tôt le matin, le 22 octobre 2009, neuf gardiens surveillant les
travaux d’un barrage sont mitraillés à
Amchras, alors qu’ils se rendaient à leur travail dans un fourgon. Sept d’entre
eux sont tués sur le coup et les deux rescapés sont toujours entre la vie et la
mort. On se souvient des quatre policiers municipaux qui, en août dernier,
furent tués près de Tadmaït. Dans les deux cas, la rue, attribue ces
assassinats aux militaires stationnés en pays kabyle. Hier, deux bombes ont
explosé entrainant une victime à Azazga et la mise hors d’usage de la seule
voie ferrée reliant Tizi-Ouzou à Alger. Par le net on apprend qu’aux Ouacifs,
ce sont les militaires qui ravitaillent en nourriture les terroristes
islamistes, faute de soutien populaire dont sont privés et les troupes du
régime et celles de Ben Laden.
Les actes de ce type sont devenus quotidiens ces derniers temps. Les
kidnappings d’entrepreneurs pour rançon, un
réseau de dealers mis en place par la gendarmerie, les mosquées kabyles
nanties de prêtres fraichement descendus des maquis terroristes islamistes en
tant que « repentis »… Tous ces facteurs sont autant de fléaux qui
relèvent d’une volonté politique au sommet de l’Etat algérien pour,
pensions-nous à juste titre au début, anéantir tout esprit de résistance
kabyle.
Et si entre temps la stratégie avait changé ? Et si toutes ces
agressions n’auraient d’autre objectif que celui de pousser la Kabylie à la
révolte et à prendre les armes ?
En effet, comment se fait-il que plus de cinquante mille militaires
et plus de 100.000 paramilitaires déployés en Kabylie depuis bientôt six ans
n’arrivent pas à bout de quelques dizaines de terroristes ? On se souvient
que pour la manifestation pacifique d’un village kabyle de Sétif demandant, il
n’y a pas longtemps, son rattachement à un département kabyle s’était vu
encerclé par pas moins de 1800 soldats. Avec une unité pareille, il est
possible d’éradiquer tout résidu terroriste islamiste dans la région en moins
de deux mois.
Le déploiement de tant de troupes en Kabylie viserait en fait à
multiplier les provocations en y assurant l’insécurité. Le but recherché est
d’excéder les Kabyles et de les canaliser vers la violence et la lutte armée
que le régime pense maîtriser mieux que le combat politique pour l’autonomie
régionale.
Selon nos informations, il y a lieu de s’attendre à une
démultiplication des actes d’agression contre les individus et les villages,
jusqu’au chaos.
Le MAK dénonce avec vigueur la violence et l’insécurité qu’organise
le régime algérien contre le peuple kabyle épris de paix et de liberté.
Le Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie alerte l’opinion et les
instances internationales sur les dérives criminelles de l’Algérie en Kabylie
où un génocide est planifié par les services de Bouteflika.
Il appelle chaque Kabyle à rester vigilant et à se tenir prêt à
déjouer les provocations du régime et à gérer avec sang-froid les dramatiques
situations qui ne manqueront pas de survenir.
Kabylie le
29 octobre 2009
-Soutien au peuple kabyle
Le 31 août,
l'Association d'amitié Allemagne-Kabylie présidée par Lyazid Abid a
organisé une conférence animée conjointement par MM. Ferhat Mehenni, Président
du MAK et Ulrich Delius, Président de la "Société des peuples
menacés". Au début de son intervention, Ferhat a invité l'assistance
à observer une minute de silence à la mémoire de Farid Acid, décédé la veille à
Nantes des suites de ses blessures par balles au "printemps
noir 2001".
L'intervention
de Ferhat ayant pour titre "retour sur l'autonomie de la
Kabylie" a donné de nouveaux éclairages sur le concept et le projet
d'autonomie régionale pour la Kabylie.
La communication
que nous vous livrons est celle d'Ulrich Delius. Elle est très
intéressante dans la mesure où elle est l'expression du premier
regard allemand sur la Kabylie et son combat actuel pour son
autonomie.
SOUTIEN AU COMBAT POUR L’AUTONOMIE DE LA KABYLIE
Mesdames,
Messieurs, Chers amis Imazighen,
Parlez des Imazighen
en Allemagne et vous comprendrez dans les regards interrogatifs de vos
interlocuteurs combien ce peuple y est méconnu. La Kabylie demeure inconnue
pour la majorité des Allemands. Pour les Allemands, le mot
« Berbère » renvoie davantage à des tapis qu’à un groupe humain. En
Europe, les Autochtones de l’Afrique du Nord attendent toujours la
reconnaissance de leur culture.
En Algérie
aussi, 40 ans après l’indépendance du pays, les Imazighen attendent la
reconnaissance de leur culture et de leurs droits fondamentaux. Certes,
aujourd’hui, ils représentent environ 25% de la population algérienne, mais
sous le régime autoritaire d’une élite arabo-islamiste, les droits qui doivent
être légitimement les leurs ne sont toujours pas accordés. Les Kabyles sont les
plus nombreux parmi les Imazighen. Les Touaregs, un autre groupe berbère, sont
plus connus en Allemagne. Les Imazighen ont été le fer de lance de la
lutte pour l’indépendance de l’Algérie. A l’époque, ils espéraient avoir,
à la fin de la guerre, un Etat algérien impartial qui, bien sûr, reconnaîtra leur
culture. Aujourd’hui, les Imazighen attendent toujours ce minimum.
Ceci dit, il est
important de préciser que les Imazighen ne font pas qu’espérer, mais ils sont
aussi actifs. C’est un honneur pour moi d’être ce soir ici, aux côtés de Ferhat
Mehenni, un des militants les plus reconnus et engagés pour la cause amazighe.
Au cours des 30 dernières années, il a vécu toutes les péripéties de la lutte
des Imazighen. Il a été arrêté au moins douze fois et il a connu la
cruauté des prisons algériennes. Sa vie reflète la lutte des
Imazighen pour la reconnaissance de leur langue et de leur culture ainsi que
pour plus d’autonomie pour la Kabylie.
Il y a 23 ans, quand
j’ai entamé mon travail à la Société pour les peuples menacés (SPM) (en allemand: Gesellschaft für
bedrohte Völker), il était, une fois de plus, emprisonné. En 1985, il a été
condamné à trois ans de prison pour avoir milité pour les droits des
Imazighen et pour avoir été l’un des fondateurs de la première ligue
indépendante pour la défense des droits de l’homme en Algérie. A l’époque, une
des premières choses que j’ai faites au sein de la Gesellschaft für bedrohte
Völker fut d’avoir lutté pour sa libération et celle de dizaines d’autres
Imazighen qui, en 1980, au cours du « printemps berbère », avaient
revendiqué la reconnaissance de leur culture et de leurs droits
fondamentaux A l’époque, les forces de sécurité ont brutalement écrasé la
manifestation pacifique des Kabyles. En même temps, la révolte des Kabyles en
1980 a révélé l’autoritarisme du FLN et à quel point le régime piétinait
les droits de l’homme.
Néanmoins, les
puissances étrangères n’ont pas vigoureusement dénoncé ce déni des droits de
l’homme. L’Algérie, pays non-aligné important, était le chouchou de
l’Internationale Socialiste. Dans certains milieux politiques, il était hors de
question de critiquer le régime algérien étant donné qu’il était considéré
comme intermédiaire entre eux et le monde arabe et qu’elle pouvait jouer
un rôle décisif dans le cas d’une prise d’otages ou de détournement d’avion.
Par contre, sur le plan intérieur, le régime algérien n’était pas à l’écoute
des besoins de la population et a accéléré l’arabisation et l’islamisation du pays.
La victime
principale n’était pas seulement la démocratie, mais aussi les Imazighen, qui
s’engageaient en vain pour la reconnaissance du caractère arabe et amazigh du
pays, ainsi que pour plus de liberté de la presse et d’opinion ainsi que pour
la reconnaissance de leur langue et traditions. Une tradition qui, par exemple,
donne plus de droits à la femme que dans la tradition arabe.
Aujourd’hui, presque
30 ans après le printemps berbère, les Kabyles attendent toujours le grand
changement et la reconnaissance de leurs droits. Le pouvoir en Algérie essaie
rarement de les calmer en leur accordant un minimum de droits. Pourtant, la
Kabylie bouillonne, le mécontentement face au régime paralysé à Alger est de
plus en plus grand.
Quelles sont les
alternatives? De plus en plus de personnes souhaitent l’autonomie de la
Kabylie, Ferhat Mehenni est l’un des militants les plus engagés pour
l’autonomie. Pour les médias de langue arabe et pour les autorités
sécuritaires, cela suffit pour le discréditer publiquement comme “agent
sioniste”. C’est un reproche souvent utilisé et très efficace lorsque certaines
personnes posent des questions qui ne plaisent pas.
Même si le régime en
Algérie se montre souvent critique à l’égard de l’ancienne puissance coloniale,
il a néanmoins adopté le système centralisé de la France qui nie les
particularités régionales et qui veut concevoir l’Algérie uniquement comme pays
arabe. Il n’y reste pas de place pour la culture des Imazighen, plusieurs fois
millénaire, qui existait longtemps avant l’immigration des Arabes en Afrique du
Nord.
Il est absurde et on
ne peut pas accepter qu’un Etat qui se dit démocrate criminalise l’action des
militants pour l’autonomie. L’autonomie ne met en danger ni l’intégrité
territoriale ni la survie de l’Etat algérien. L’autonomie est une manière
parmi plusieurs d’exercer le droit des peuples de disposer d’eux-mêmes, un
droit affirmé, par exemple, dans la Charte des Nations Unies.
Actuellement, il
existe des régions autonomes dans beaucoup de pays différents. Certaines
d’entre elles ne sont autonomes que sur le papier (Tibet/ Xinjinag, Chine),
d’autres sont de véritables exemples phares. Les régions où l’autonomie est un
véritable succès sont les suivantes:
-
le
Nunavut (Canada) pour la population indigène à l’Arctique
- pour les Inuits au
Groenland (Danemark)
- sur l’archipel d’Aland
(situé entre la Suède et la Finlande)
- le Trentin-Haut-Adige
(Italie)
- la Catalogne (Espagne)
Il est frappant que
les régions où l’autonomie constitue un véritable succès se situent toutes dans
des Etats démocratiques. Dans un état comme l’Algérie où le système politique
est autoritaire il sera très difficile de réaliser une autonomie réussie.
En général, les
conditions qui doivent être remplies pour que l’autonomie régionale soit une
réussite sont les suivantes:
-
L’Etat-Nation doit être pluraliste et démocrate
-
La région autonome doit disposer des moyens budgétaires adéquats
-
Le pouvoir doit être réparti de façon très précise entre le pouvoir
central et la région autonome
-
L’autonomie doit être assurée dans la constitution
-
Une institution indépendante pour régler les conflits entre le pouvoir
central et la région est indispensable
L’Algérie, avec son
système politique de « démocratie, autoritaire et centralisé »
est donc encore loin de pouvoir réaliser une autonomie crédible pour la
Kabylie. Malgré cela nous devrons continuer à lutter, étant donné le fait que
la culture et les droits de l’homme des Kabyles ne peuvent être protégés que
dans le cadre d’une autonomie.
En quoi l’UE et
l’Allemagne pourraient-elles influencer le destin de l’Algérie et de la
Kabylie? Certes, aujourd’hui, l’Algérie n’est plus le chouchou des socialistes
européens et de leurs social-démocraties, mais elle est devenue de plus en plus
importante pour les gouvernements européens.
Les gouvernements
européens, au sujet de l’Algérie, évitent de parler des déficits en ce qui
concerne les droits de l’homme. On peut dire que l’UE et les Etats-Unis ont
laissé carte blanche à l’Algérie et aux pays de l’Afrique du Nord pour violer
les droits de l’homme car ils sont tous considérés comme des partenaires
importants dans la lutte mondiale contre le terrorisme.
En tant que
fournisseur d’énergie, l’Algérie est pour l’Allemagne d’une importance
croissante. En août 2008, lors de son déplacement à Alger, la chancelière
Angela Merkel a véritablement courtisé le régime. L’Algérie dispose d’immenses
réserves d’hydrocarbures et l’Allemagne cherche à être plus indépendante de la
Russie et de la Lybie concernant l’alimentation en énergie. De plus, les
projets récents visant à construire des panneaux solaires au Sahara pour
transporter du courant électrique en Europe seront probablement réalisés dans
le sud de l’Algérie. En outre, grâce au prix élevé de l’énergie, les caisses de
l’Etat algérien sont bien remplies, ce qui fait que pour le secteur des
exportations, l’Algérie pourrait jouer un rôle important.
Pour toutes ces
raisons il n’est pas facile pour nous de tourner l’attention des Allemands plus
vers les demandes justifiées des Kabyles. Néanmoins, la Gesellschaft für bedrohte Völker continuera à lutter pour
l’autonomie de la Kabylie et pour plus de droits de l’homme pour les Kabyles.
München, le 31
juillet 2009Ce texte est traduit de l’allemand par Franziska Widmann
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